13/08/2020

Payerne, la nouvelle tour de contrôle est opérationnelle !

DSC_8056.jpeg

Elle était désuète l’ancienne tour de contrôle de l’aérodrome de Payerne, il fallait la remplacer. C’est chose faite, avec la mise en service de la nouvelle tour. Mais c’est également la refonte de l’organisation de la base aérienne qui a été réalisée. La nouvelle infrastructure permet à Skyguide et aux Forces aériennes de renforcer leur collaboration dans la surveillance de l'espace aérien. Les deux organisations collaborent étroitement pour assurer la sécurité de l'espace aérien civil et militaire en Suisse et à proximité. Le bâtiment de l'ancienne tour sera conservé, mais la "tête de verre" sera démontée.

    DSC_8065.jpeg

Le nouveau complexe qui entoure la nouvelle tour de contrôle abrite désormais l’ensemble des acteurs qui font marcher l’aérodrome. Jusqu’ici ces différents acteurs (pilotes, commandement, contrôleurs aériens) étaient engagés à différents endroits de la base, sans pouvoir se croiser.

Le nouveau bâtiment abrite désormais le complexe des opérations. Il permet de réunir « Skyguide » et les membres des Forces aériennes dans un même lieu. Le bâtiment ultra-sécurisé offre la possibilité aux différents acteurs de la base de se rencontrer, de manger ensemble et surtout de pouvoir communiquer directement. Imaginez, qu’il y a peu, les pilotes de chasse ne connaissaient par exemple que la voix du contrôleur aérien. Cette nouvelle situation permet de renforce les liens de travail entre les différents métiers qui composent la base aérienne de Payerne.

DSC_8069.jpeg

Le positionnement de la nouvelle tour permet d’agrandir le champ de vision par rapport à l’ancienne. Le nouveau complexe a reçu quelque 120’000 mètres de câble en fibre optique et 2’500 nouveaux connecteurs RJ-45 pour des télécommunications sécurisées. Ceux-ci ont été montés lors de la construction de la nouvelle tour de contrôle, afin de faciliter le transfert des systèmes de sécurité. De nouveaux systèmes modernes ont été installés et offre une coordination plus facile et plus rapide en cas de problème.

DSC_8071.jpeg

Payerne en chiffres :

L’aérodrome de Payerne enregistre en moyenne 11’000 mouvements en ce qui concerne les avions de combat par an, 2’500 pour les avions militaires à voilure fixe et 5’000 pour les hélicoptères. S’ajoutent 600 mouvements pour l’aviation civile. La nouvelle tour de contrôle a coûté 70 millions de nos francs, le budget a été respecté dans les temps et financièrement. Mais la Base de Payerne est en pleine mutation, les autres travaux vont durer jusqu’en 2028 pour un montant de 108 millions de francs. Il faut également compter sur la réfection de la base logistique de l’armée et les casernes pour des montants de respectivement 99 et 144 millions.

La surveillance aérienne :

DSC_8075.jpeg

La protection de l’espace Suisse est garanti par la collaboration des Forces aériennes suisses avec Skyguide. Quand un avion inconnu pénètre dans l’espace aérien suisse, la police de l’air se rend immédiatement sur place en suivant les instructions des contrôleurs aériens militaires de Skyguide. Ces derniers guident également des avions militaires depuis les bases aériennes jusqu’à leur secteur d’engagement et aident les pilotes militaires lors de leurs exercices de combat aérien tactique.

Le service de police aérienne est actuellement l’une des principales missions des Forces aériennes, qui doivent identifier à bref délai tout aéronef inconnu, quelles que soient les conditions météorologiques, et l’intercepter si besoin est. Le service de police aérienne garantit ainsi l’intégrité de l’espace aérien national et défend la souveraineté territoriale, tout en venant en appui aux services de la navigation aérienne.

Pour accomplir cette mission, des patrouilles sont actuellement détachées des exercices en cours et affectées à une « live mission » ou à une « hot mission ». Alors qu’une force de réaction rapide permanente (Quick Reaction Alert) n’existait pas jusqu’à présent, Skyguide assure ses fonctions pour les Forces aériennes durant les weekends également à partir de 2017. Dans le cadre du projet PA24, les heures de service seront progressivement augmentées jusqu’à atteindre 24 heures sur 24 en 2020. 

Les interventions PA24 sont particulièrement complexes, car le temps de préparation est très court et la coordination avec d’autres instances demande un effort considérable. La plupart des missions ont lieu dans l’espace aérien civil et se déroulent sous la supervision des contrôleurs aériens militaires de Skyguide. En Suisse, le contrôle aérien civil et militaire est fusionné, les contrôleurs civils travaillent avec leurs collègues militaires.

DSC_8078.jpeg

Photos : 1 Le nouveau complexe avec la tour de contrôle 2,3 dont l'ancienne tour plus bas, 4 Vue depuis la nouvelle tour 5 Centre de contrôle aérien 6 Le complexe @ P.Kümmerling

 



 

10/04/2020

Tensions accrues en Mer de Chine !

jasd-005w.jpg

Le contexte territorial est de plus en plus tendu en mer de Chine. La Chine se montre très agressive avec la revendication des îles Spratley. Les forces armées des Philippines ont déclaré qu’elles doivent faire face à une augmentation des incursions « étrangères » à proximité des Spratley. La situation pourrait embraser toute la région, depuis qu’une guerre de l’ombre a éclaté en 2011. Taïwan se plaint également des actions considérées comme dangereuses de la part des chinois.  Le Japon note également une explosion des incursions chinoises à proximité de son espace aérien.

16396550-0-image-a-17_1563890865744.jpg

Rapport de la Japan Air Self-Defense Force :

Dans un rapport mis à jour, la Japan Air Self-Defense Force (JASDF) a engagé 675 fois ses avions de combat au cours de l'exercice 2019 (FY 2019) en réponse à des avions militaires chinois approchant de l'espace aérien du pays: une augmentation de 5,8% par rapport à la même période de l'exercice 2018.

Le chiffre, qui est le deuxième plus élevé enregistré en réponse aux avions chinois sur une période d'un an depuis 1958, représente 71% du nombre total d’engagement de la JASDF entre le 1er avril 2019 et le 31 mars 2020, selon les données publiées par le ministère de la Défense (MoD) à Tokyo le 9 avril dernier.

Les chasseurs japonais ont également répondu 268 fois aux mouvements d'avions militaires russes, contre 343 fois au cours de la même période au cours de l'exercice 2018. Les quatre autres incidents concernaient des avions d'autres pays.

Au total, la JASDF a engagé 947 fois ses avions dans le cadre de la Police du ciel au cours de l'exercice 2019 pour répondre aux aéronefs étrangers approchant de l'espace aérien du pays. Une baisse par rapport au 999 fois de l'exercice précédent. Ce chiffre représente le troisième plus grand nombre d’interceptions effectuées par le service en un an depuis le début de ces opérations en 1958. A noter, que les incursions ont diminué dès l’automne 2019, faut-il y voir là le début de l’infection au COVID-19 en Chine ?

Reprise des incursions chinoises :

Le ministère de la Défense a souligné que le JASDF avait engagés à ses chasseurs le 23 mars 2020 pour intercepter des avions de collecte de renseignements Shaanxi Y-9 de l'Armée populaire de libération de l'Armée de libération du peuple (PLANAF) qui ont été repérés au-dessus de la mer de Chine orientale pour la première fois. Les chasseurs japonais ont également répondu à d'autres appareils de type Shaanxi Y-9 et à la plate-forme aéroportée d'alerte précoce et de contrôle Shaanxi Y-8 traversant le détroit de Tsushima, qui relie la mer du Japon (mer de l'Est), la mer Jaune (mer de l'Ouest) et l'est Mer de Chine.

3027-trtworld-194200-228176_0.jpg

Photos : 1 Mitsubishi F2 et F-15 japonais sont très sollicités pour la police du ciel 2 Avions russes et chinois fréquemment intercepté 3 Avions espion chinois Y-8@JASDF

 

 

 

16/12/2019

Protection aérienne accrue dans le ciel Genevois !

48118254.jpg

Du 17 au 18 décembre 2019, des restrictions de vol supplémentaires au-dessus de Genève seront en vigueur. Il s'agit de mesures de sécurité temporaires à l'occasion du « Forum mondial sur les réfugiés », organisé au siège des Nations unies à Genève, sous l'égide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En outre, le service de police aérienne sera renforcé

Avions de combat et défense sol-air :

Le 6 décembre, sur demande des organes de sécurité de la Confédération et des autorités genevoises, Le Conseil fédéral a ordonné une restriction de l'espace aérien durant le déroulement du «Forum mondial sur les réfugiés» à la mi-décembre. La participation de nombreux chefs d'Etat, dont la Suisse doit assurer la sécurité en vertu du droit international public, rend cette mesure nécessaire. La police du ciel est ainsi renforcée avec des avions de combat Boeing F/A-18 C/D « Hornet » armés. Au sol, un certain nombre d’unités de feu sol-air dotées de canons à tirs rapides de 35mm couplés aux conduites de tir radarisées « Skyguard » sont engagés

EL6Wvo2XUAA7H4x.jpeg

Puisque la protection de l'espace aérien relève des Forces aériennes, celles-ci ont été chargées de déterminer les conditions de survol de l'espace aérien au-dessus de Genève et ont mis en place les restrictions nécessaires. Ainsi, du 17 décembre à 8h00 jusqu'au 18 décembre à 20h00 au maximum, le trafic aérien sera réduit dans un rayon de 10 milles nautiques (environ 19km) autour de la Place des Nations à Genève. En principe, aucun mouvement aérien ne sera toléré dans cette zone. Le trafic aérien commercial à l'aéroport international de Genève n'est pas concerné par ces mesures supplémentaires. En outre, dans un rayon de 25 milles nautiques (environ 46km), tous les avions doivent allumer leur transpondeur. Les mêmes restrictions sont valables pour l'espace aérien français limitrophe.

Concernant le service de police aérienne transfrontalier, la Suisse travaille en étroite collaboration avec la France dans le cadre de l'accord sur la sécurité aérienne contre les menaces non militaires. Outre l'échange d'informations, cet accord permet aussi aux avions de combat de traverser la frontière lors d'engagements. Les mesures de l'Armée suisse complètent le dispositif de sécurité des autorités cantonales.

Photos : 1 Hornet en patrouille de nuit 2 Défense sol-air avec conduite de tir Skyguard & canons 35mm près de Genève @ DDPS

08/12/2019

Service de police aérienne renforcé !

Capture.png

Le Conseil fédéral a approuvé lors de sa séance du 6 décembre 2019 une restriction temporaire de l’espace aérien lors du Forum mondial sur les réfugiés, organisé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés les 17 et 18 décembre 2019, à Genève. Cette restriction concerne les petits aéronefs et complète les mesures de sécurité prévues par les autorités cantonales. Afin de garantir la sécurité, l’armée renforce également le service de police aérienne.

Dans le cadre des mesures de sécurité entourant le premier Forum mondial sur les réfugiés, le Conseil fédéral a approuvé une restriction temporaire de l’espace aérien dans la région de Genève. Une telle mesure est nécessaire s'agissant d'une réunion internationale de haut niveau à laquelle participeront notamment plusieurs chefs d'Etat. La Suisse, en vertu du droit international public, est tenue d'assurer leur protection. Ainsi, lors de ce type de conférences, de telles mesures constituent la norme. 

Cette restriction sera active du 17 décembre 2019, à 8 heures au 18 décembre 2019, à 20 heures et se limitera à une zone centrée sur la place des Nations à Genève. Elle complétera le dispositif sécuritaire mis en place par les autorités cantonales. Elle ne concerne que le déplacement des petits aéronefs, soit les avions de tourisme et les hélicoptères. Les vols commerciaux en provenance et à destination de l’aéroport international de Genève ne sont pas touchés par cette restriction.

Photo : tous les types d’aéronefs peuvent subir un contrôle aérien @ DDPS

 

27/11/2019

La Mongolie réactive sa Force aérienne !

29ub.jpg

La Mongolie réactive sa Force aérienne avec la réception de MiG-29UB. La cérémonie d’acceptation a eu lieu le 26 novembre, jour de l’indépendance du pays, sur la base militaire située à proximité de l’aéroport international Chinggis Khaan qui dessert la capitale du pays, Ulaan-Baatar.

Un peu d’histoire :

Sous l’ère de l’Union Soviétique, le ciel de la Mongolie était sous protectorat de l’aviation russe. Celle-ci entretenait plusieurs bases aériennes. Mais suite à l’effondrement du Mur de Berlin, l’espace aérien Mongol a été en  partie délaissé, hormis un contrôle ponctuel de l’aviation russe.

Le premier embryon de l’Armée de l’air Mongole est créé en mai 1925 avec l’entrée en service d’un Junkers F.13, appuyée par l'aviation soviétique. En 1937, la force aérienne est renommée Corps aérien de la république populaire de Mongolie. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques fournissent des Polikarpov I-15, I-16, Yak-9 et Iliouchine Il-2. Le MiG-17, le premier avion à réaction de l'armée mongole entre en service en 1970 et cela jusqu'au milieu des années 1970 avant d'être rejoint par des MiG-21, des Mi-8 et des Kamov Ka-26. Après la fin de la guerre froide, la force aérienne reste au sol du fait du manque de carburant et de pièces de rechange.

Activation de la nouvelle armée de l’air :

5dde241b1eeb9.jpg

La Mongolie a accepté un premier lot constitué d’une paire d’avion de combat MiG-29UB donnés par la Russie, selon l’ordre donné par le président Poutine. Ces premiers appareils vont servir à former les premiers nouveaux pilotes, puis serviront progressivement à reprendre la surveillance de l’espace aérien du pays. D’autres MiG-29 devraient suivre et venir grossir la Force aérienne, cependant, ni le nombre ni de dates n’ont été évoqués pour l’instant.

S'exprimant lors de l'événement, le commandant des forces aériennes mongoles, le brigadier général Enkhbayar, a décrit cette opération comme "l'ouverture d'une nouvelle page pour l'aviation mongole". Il a ajouté que les deux avions, reçus gratuitement, amélioreront l'efficacité au combat du service et lui permettent de s'acquitter de sa tâche principale consistant à patrouiller l'espace aérien mongol et à garder le contrôle des frontières du pays. S'adressant au personnel des escadrons 303 et 337, il leur a demandé de considérer les deux MiG comme "les symboles de notre coopération avec la Russie".

MiG-29UB :

Le chasseur d'entraînement au combat MiG-29UB est conçu pour assurer l'entraînement en vol et opérationnel du personnel navigant et mener des missions de combat. Le MiG-29UB peut être efficace pour développer et améliorer les compétences des pilote pour voler, naviguer, exécuter des manœuvres de combat et employer des chasseurs de type MiG-29, en mission solo ou en groupe. Il peut également être utilisé pour engager des cibles aériennes et terrestres, effectuer un soutien aérien des troupes au sol et des forces de débarquement, interdiction aérienne du champ de bataille et reconnaissance aérienne.

Le MiG-29UB de base dispose d’un système de contrôle de tir radar Phazotron RLPK-29 qui comprend le radar N010 Zhuk-M et le calculateur numérique Ts100.02-02. L’appareil est doté d’un IRST S-31E2 KOLS. L’armement du MiG-29 comprend un seul canon GSh-30-1 de 30 mm dans la racine de l’aile gauche. Trois pylônes sont fournis sous chaque aile (quatre dans certaines variantes), pour un total de six (ou huit). Les pylônes intérieurs peuvent contenir un réservoir de carburant de 1’ 150 litres, un missile air-air Vympel R-27 (AA-10 "Alamo") à moyenne portée, des bombes ou des roquettes non guidées. Les pylônes extérieurs portent généralement des missiles air-air R-73 (AA-11 "Archer"), bien que certains utilisateurs conservent encore l'ancien R-60 (AA-8 "Aphid"). Un réservoir unique de 1’500 litres peut être installé sur la ligne médiane, entre les moteurs.

Note : l’aide russe à la Mongolie comprend un volet sur la coopération technico-militaire centré sur les expéditions d'équipement militaire provenant de stocks de l'armée russe. En plus des MiG, Moscou a fait don de systèmes sol-air à moyenne portée de type Almaz-Antey Pechora-2M.

Photo : 1 MiG-29UB de face  2 MiG-29UB aux couleurs mongoles @ VVS