29/12/2020

La Police du ciel pleinement opérationnelle 24/24 !

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Au 31 décembre, la police du ciel (PA24) est pleinement opérationnelle en Suisse. Deux avions de combat Boeing F/A-18 « Hornet » armés seront prêts 24 h sur 24, 7 jours sur 7. Le projet Police aérienne 24 (PA24) a ainsi été mis en œuvre avec succès dans le délai prévu. Désormais, le service de police aérienne veille 24 h sur 24 à garantir la sécurité et la souveraineté sur l’espace aérien suisse. 

Rappel : 

Basé sur une motion du conseiller d'Etat Hans Hess (PLR(droite))  et du mandat parlementaire qui en découle, le projet PA24 a été lancé. Ce projet visant la disponibilité opérationnelle permanente de deux avions de combat armés, prêts à décoller dans un délai de 15 minutes au maximum et 3 minutes en cas d’alerte extrêmes s’est déroulé en quatre étapes :

La première a été réalisée en 2016 : les deux avions étaient prêts à être engagés du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h, pendant cinquante semaines. Cette disponibilité opérationnelle a été étendue à 365 jours dès 2017.

À partir du début de l’année 2019, les avions étaient prêts à intervenir de 6 h à 22 h. Et à la fin de 2020, ils seront disponibles 24 heures sur 24, 365 jours par an.

Il n’est jamais trop tard :

Le projet de police du ciel aurait pu être mis en place depuis longtemps en Suisse, mais il a fallu compter sur insouciance de certains milieux politiques qui n’y voyaient pas l’intérêt. Pires, un renforcement de l’armée qui pouvait contrecarrer les espoirs de suppressions de cette dernière. De plus, pour les milieux antimilitaristes, la police du ciel était un outil inutile étant donné que la Suisse est entourée de pays amis capables de la protéger. Grave erreur, nos pays voisins sont alliés, mais la Suisse reste un partenaire de sécurité important au centre de l’Europe tout en restant maître de sa souveraineté. Aucun avion de combat étrangers n’ayant par exemple été autorisés à traverser le pays pour rejoindre des théâtres d’opérations extérieurs sans l’aval du gouvernement suisse.

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La police du ciel aurait donc pu être mise ne place plus tôt, avec une demande datant de 2002. Malheureusement, la politique et ses nombreux rouages n’ont fait que ralentir le projet qui finalement a été adopté en 2009.  

Pourquoi faut-il attendre 2020 ? 

Pour beaucoup de citoyennes et citoyens, il est incompréhensible que la mise en activité de notre police du ciel, soit aussi lente à mettre en œuvre. A cette question, le commandant de la base aérienne de Payerne de l’époque, le Colonel EMG Benoît Studemann explique les raisons de la montée en puissance progressive qui a été mise ne place : la mise en activité du projet PA24 demande une réorganisation en ce qui concerne le personnel de la base. En effet, pour assurer le bon déroulement d’une patrouille de F/A-18 « Hornet » de jour comme de nuit et les week-ends, il était impératif d’augmenter le nombre du personnel au sol et ceci, afin d’assurer un tournus de celui-ci. Mais ce personnel requiert une formation particulière, dont la moyenne est de trois ans. Par exemple, il faut 9 contrôleurs aériens supplémentaires, Skyguide ne peut former que deux nouvelles recrues par année et il faut trois années pour être qualifié.

Recrutement et formation additionnelles requis (3 années de formation) :

FA = 54 mécaniciens/électroniciens, 5 chefs d’équipe.

Base logistique de l’armée (BLA)= 20 mécaniciens/électriciens.

Base d’aide au commandement (BAC) = 1 électroniciens.

Skyguide : 9 contrôleurs aériens.

Il faut également noter qu’une partie du personnel au sol est également formé en tant que pompier avec un entraînement spécifique pour intervenir et neutraliser le feu sur un avion de combat armé de munitions réelles (missiles, obus). Le temps de réaction est très court, soit 90 secondes.

Le recrutement et la formation de ces personnes sont nécessaires pour renforcer les équipes déjà présentes pour assurer le tournus de la PA24, il faut pouvoir disposer de deux relèves de 11 personnes au sol sur la base et ceci en permanence. A cela s’ajoute 5 pilotes.

Surveillance radar 24/24 depuis 2005 : 

La surveillance active de l’espace aérien est déjà une réalité depuis 2005. Sa grande utilité a été démontrée à plusieurs reprises. On oublie souvent, que si les avions n’ont pu décoller par le passé, ce sont bien les aiguilleurs du ciel de l’armée qui ont coordonné les interventions des Forces aériennes voisines. Coordination par exemple, lors du cas de l’avion d’Ethiopian Airlines détourné sur Genève a été escorté d’abord par les Italiens, puis par les français.  Le projet PA24 va permettre de réaliser la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de 15 minutes au maximum QRA15 (Quick Reaction Alert).

15 « Hot missions » et 290 live missions en 2020 : 

Même en temps de COVID avec une réduction quasi-totale de l’aviation civile, la PA24 a été engagée cette année lors de 15 « Hot missions » et 290 « live missions », contribuant ainsi grandement à la sécurité de l'espace aérien et à l'application de la souveraineté sur l'espace aérien suisse.

Les deux F/A-18 armés sont essentiellement engagés pour des « Hot missions » et des « live missions ». Dans le premier cas, il s’agit d’engagements déclenchés par la présence d’aéronefs qui violent l’intégrité de l’espace aérien de la Suisse ou qui commettent de graves infractions aux règles du trafic aérien. Les live missions, quant à elles, consistent en des contrôles ponctuels des aéronefs d’États étrangers, qui ne peuvent survoler le territoire suisse qu'avec une autorisation diplomatique (diplomatic clearance).

La disponibilité de la flotte en constante augmentation :

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La mise en activité de la PA24 s’est aussi une amélioration des infrastructures des bases aériennes dont celle de Payerne. La nouvelle infrastructure permet à Skyguide et aux Forces aériennes de renforcer leur collaboration dans la surveillance de l'espace aérien. Les deux organisations collaborent étroitement pour assurer la sécurité de l'espace aérien civil et militaire en Suisse et à proximité. Le bâtiment de l'ancienne tour sera conservé, mais la "tête de verre" sera démontée.

Le nouveau complexe qui entoure la nouvelle tour de contrôle abrite désormais l’ensemble des acteurs qui font marcher l’aérodrome. Jusqu’ici ces différents acteurs (pilotes, commandement, contrôleurs aériens) étaient engagés à différents endroits de la base, sans pouvoir se croiser. 

Le nouveau bâtiment abrite désormais le complexe des opérations. Il permet de réunir « Skyguide » et les membres des Forces aériennes dans un même lieu. Le bâtiment ultra-sécurisé offre la possibilité aux différents acteurs de la base de se rencontrer, de manger ensemble et surtout de pouvoir communiquer directement. Imaginez, qu’il y a peu, les pilotes de chasse ne connaissaient par exemple que la voix du contrôleur aérien. Cette nouvelle situation permet de renforce les liens de travail entre les différents métiers qui composent la base aérienne de Payerne.

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Le positionnement de la nouvelle tour permet d’agrandir le champ de vision par rapport à l’ancienne. Le nouveau complexe a reçu quelque 120’000 mètres de câble en fibre optique et 2’500 nouveaux connecteurs RJ-45 pour des télécommunications sécurisées. Ceux-ci ont été montés lors de la construction de la nouvelle tour de contrôle, afin de faciliter le transfert des systèmes de sécurité. De nouveaux systèmes modernes ont été installés et offre une coordination plus facile et plus rapide en cas de problème.

La Base aérienne de Payerne est le site principal du service permanent de police aérienne. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet PA24, cette capacité sera prochainement renommée QRA (Quick Reaction Alert ou état de préparation opérationnelle de la défense aérienne). Dans certaines circonstances (p. ex. lorsque la piste est fermée à Payerne pour y effectuer des travaux d’assainissement), les engagements de police aérienne s’effectuent au départ d’Emmen ou de Meiringen. Comme en raison des nouveaux horaires de la PA24 du personnel technique sera désormais disponible 24 h sur 24 pour l’état d’alerte, notamment des mécaniciens sur avions, des travaux de maintenance supplémentaires pourront être effectués sur la flotte de F/A-18 en dehors des heures ordinaires d’exploitation. Grâce à cette synergie la disponibilité de la flotte sera continuellement améliorée, ce qui profite à l’instruction et à la disponibilité opérationnelle des Forces aériennes.

Pour la finalisation du projet fin 2020, près de 100 postes supplémentaires au total ont été créés aux Forces aériennes, à la Base logistique de l’armée et à la Base d’aide au commandement. L'augmentation de la capacité police aérienne sur 24 heures entraîne des coûts supplémentaires à près de 30 millions de francs par an. Ce montant comprend essentiellement des coûts liés au personnel, pour le contrôle du trafic aérien et de frais d’exploitation.

Avec la PA24 ou QRA il est possible que des jets de combat effectuent des vols en dehors des horaires habituels du service de vol militaire et en cas de nécessité même à vitesse supersonique. Cela est nécessaire pour assurer en permanence la sécurité de l’espace aérien suisse et sauvegarder la souveraineté de la Suisse.

Un espace aérien très fréquenté :

Notre pays se trouve au cœur des couloirs aériens européens, plus de 3'000 aéronefs de toutes tailles survolent au quotidien notre pays en moyenne. Les pannes, erreurs de pilotage et autres violations sont malheureusement choses fréquentes. Les avions de ligne, jets privés évoluent à haute altitude et souvent à grande vitesse. Les pilotes de « Hornet » doivent parfois, selon les cas, accélérer jusqu’au passage du mûrs du son, afin de rattraper l’avion sujet à un problème, causant malheureusement quelques désagréments en termes de bruit à la population. Cependant, il faut garder à l’esprit que ceux-ci ne sont rien face aux drames que de telles interventions ont probablement permis d’éviter. Pour l’année 2019, la PA24 enregistre déjà 11 « Hot Missions » et 166 « Live missions ».

La Police du ciel c’est :

Plus de sécurité, afin d’éviter une catastrophe dans notre espace aérien.

Une amélioration de la collaboration avec les Forces aériennes voisines. La Suisse est un partenaire incontournable pour la sécurité au centre Europe.

L’application de notre souveraineté aérienne et politique. 

La création de 100 emplois sur le site de Payerne avec aujourd’hui 364 emplois sur la base aérienne.

Un meilleur taux de disponibilité des avions. Les mécaniciens de piquets pour la PA24 sont occupés, lorsqu’ils ne sont pas à préparer un décollage en urgence, à la révision d’avions 24/24, ainsi que le week-end. Les cycles de révision G3 (300heures) et G6 (600h). 

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Photos : 1 Contrôle d’un A380 dans le ciel suisse @ DDPS 2 Contrôle d’un Fokker 50 hollandais @ DDPS 3 Nouvelle tour de contrôlle 4 Hornet prêt au décollage et armés @ 5 Décollage de nuit pour une Live Mission @ P.Kümmerling

 

24/11/2020

Police du ciel, un King Air en difficulté !

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Hier en fin de matinée, l'intervention rapide des Forces aériennes dans le cadre d'une « Hot Mission », un avion d'Air-Glaciers a pu effectuer un atterrissage d'urgence contrôlé lundi après-midi, malgré des problèmes de train d'atterrissage. 

Hier à 11h20, les Forces aériennes ont reçu un appel d'urgence d'un bi turbopropulseur  Beechcraf King Air 200 d'Air-Glaciers en vol à destination de Sion. Le pilote a signalé qu'il n'avait aucune indication claire que son train d'atterrissage avant était correctement sorti et verrouillé pour l'atterrissage.

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Les Forces aériennes ont alors déclenché une Hot Mission pour effectuer une vérification visuelle du train d'atterrissage du King Air 200. En quelques minutes, deux FA-18 étaient sur place et ont pu confirmer que le train d'atterrissage avant n'était que partiellement sorti. Grâce à cette assistance des Forces aériennes, le King Air, a pu tourner en cercle afin de s’alléger en toute sécurité. Alors à court de carburant, il a pu effectuer un atterrissage d'urgence contrôlé à Sion à 14h35 et l'équipage a pu quitter l'avion de manière autonome.

En touchant la piste, le train avant s’est affaissé et l’avion a piqué du nez, mais il ne s’est pas enflammé, les pompiers ayant immédiatement répandu un tapis de mousse. (Sources : DDPS, Aéroport de Sion)

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Photos : 1 & 2 le King Air 200 en vol contrôlé par la nacelle FLIR d’un Hornet@ DDPS  3 au sol @ Police de Sion

 

13/08/2020

Payerne, la nouvelle tour de contrôle est opérationnelle !

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Elle était désuète l’ancienne tour de contrôle de l’aérodrome de Payerne, il fallait la remplacer. C’est chose faite, avec la mise en service de la nouvelle tour. Mais c’est également la refonte de l’organisation de la base aérienne qui a été réalisée. La nouvelle infrastructure permet à Skyguide et aux Forces aériennes de renforcer leur collaboration dans la surveillance de l'espace aérien. Les deux organisations collaborent étroitement pour assurer la sécurité de l'espace aérien civil et militaire en Suisse et à proximité. Le bâtiment de l'ancienne tour sera conservé, mais la "tête de verre" sera démontée.

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Le nouveau complexe qui entoure la nouvelle tour de contrôle abrite désormais l’ensemble des acteurs qui font marcher l’aérodrome. Jusqu’ici ces différents acteurs (pilotes, commandement, contrôleurs aériens) étaient engagés à différents endroits de la base, sans pouvoir se croiser.

Le nouveau bâtiment abrite désormais le complexe des opérations. Il permet de réunir « Skyguide » et les membres des Forces aériennes dans un même lieu. Le bâtiment ultra-sécurisé offre la possibilité aux différents acteurs de la base de se rencontrer, de manger ensemble et surtout de pouvoir communiquer directement. Imaginez, qu’il y a peu, les pilotes de chasse ne connaissaient par exemple que la voix du contrôleur aérien. Cette nouvelle situation permet de renforce les liens de travail entre les différents métiers qui composent la base aérienne de Payerne.

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Le positionnement de la nouvelle tour permet d’agrandir le champ de vision par rapport à l’ancienne. Le nouveau complexe a reçu quelque 120’000 mètres de câble en fibre optique et 2’500 nouveaux connecteurs RJ-45 pour des télécommunications sécurisées. Ceux-ci ont été montés lors de la construction de la nouvelle tour de contrôle, afin de faciliter le transfert des systèmes de sécurité. De nouveaux systèmes modernes ont été installés et offre une coordination plus facile et plus rapide en cas de problème.

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Payerne en chiffres :

L’aérodrome de Payerne enregistre en moyenne 11’000 mouvements en ce qui concerne les avions de combat par an, 2’500 pour les avions militaires à voilure fixe et 5’000 pour les hélicoptères. S’ajoutent 600 mouvements pour l’aviation civile. La nouvelle tour de contrôle a coûté 70 millions de nos francs, le budget a été respecté dans les temps et financièrement. Mais la Base de Payerne est en pleine mutation, les autres travaux vont durer jusqu’en 2028 pour un montant de 108 millions de francs. Il faut également compter sur la réfection de la base logistique de l’armée et les casernes pour des montants de respectivement 99 et 144 millions.

La surveillance aérienne :

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La protection de l’espace Suisse est garanti par la collaboration des Forces aériennes suisses avec Skyguide. Quand un avion inconnu pénètre dans l’espace aérien suisse, la police de l’air se rend immédiatement sur place en suivant les instructions des contrôleurs aériens militaires de Skyguide. Ces derniers guident également des avions militaires depuis les bases aériennes jusqu’à leur secteur d’engagement et aident les pilotes militaires lors de leurs exercices de combat aérien tactique.

Le service de police aérienne est actuellement l’une des principales missions des Forces aériennes, qui doivent identifier à bref délai tout aéronef inconnu, quelles que soient les conditions météorologiques, et l’intercepter si besoin est. Le service de police aérienne garantit ainsi l’intégrité de l’espace aérien national et défend la souveraineté territoriale, tout en venant en appui aux services de la navigation aérienne.

Pour accomplir cette mission, des patrouilles sont actuellement détachées des exercices en cours et affectées à une « live mission » ou à une « hot mission ». Alors qu’une force de réaction rapide permanente (Quick Reaction Alert) n’existait pas jusqu’à présent, Skyguide assure ses fonctions pour les Forces aériennes durant les weekends également à partir de 2017. Dans le cadre du projet PA24, les heures de service seront progressivement augmentées jusqu’à atteindre 24 heures sur 24 en 2020. 

Les interventions PA24 sont particulièrement complexes, car le temps de préparation est très court et la coordination avec d’autres instances demande un effort considérable. La plupart des missions ont lieu dans l’espace aérien civil et se déroulent sous la supervision des contrôleurs aériens militaires de Skyguide. En Suisse, le contrôle aérien civil et militaire est fusionné, les contrôleurs civils travaillent avec leurs collègues militaires.

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Photos : 1 Le nouveau complexe avec la tour de contrôle 2,3 dont l'ancienne tour plus bas, 4 Vue depuis la nouvelle tour 5 Centre de contrôle aérien 6 Le complexe @ P.Kümmerling

 



 

10/04/2020

Tensions accrues en Mer de Chine !

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Le contexte territorial est de plus en plus tendu en mer de Chine. La Chine se montre très agressive avec la revendication des îles Spratley. Les forces armées des Philippines ont déclaré qu’elles doivent faire face à une augmentation des incursions « étrangères » à proximité des Spratley. La situation pourrait embraser toute la région, depuis qu’une guerre de l’ombre a éclaté en 2011. Taïwan se plaint également des actions considérées comme dangereuses de la part des chinois.  Le Japon note également une explosion des incursions chinoises à proximité de son espace aérien.

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Rapport de la Japan Air Self-Defense Force :

Dans un rapport mis à jour, la Japan Air Self-Defense Force (JASDF) a engagé 675 fois ses avions de combat au cours de l'exercice 2019 (FY 2019) en réponse à des avions militaires chinois approchant de l'espace aérien du pays: une augmentation de 5,8% par rapport à la même période de l'exercice 2018.

Le chiffre, qui est le deuxième plus élevé enregistré en réponse aux avions chinois sur une période d'un an depuis 1958, représente 71% du nombre total d’engagement de la JASDF entre le 1er avril 2019 et le 31 mars 2020, selon les données publiées par le ministère de la Défense (MoD) à Tokyo le 9 avril dernier.

Les chasseurs japonais ont également répondu 268 fois aux mouvements d'avions militaires russes, contre 343 fois au cours de la même période au cours de l'exercice 2018. Les quatre autres incidents concernaient des avions d'autres pays.

Au total, la JASDF a engagé 947 fois ses avions dans le cadre de la Police du ciel au cours de l'exercice 2019 pour répondre aux aéronefs étrangers approchant de l'espace aérien du pays. Une baisse par rapport au 999 fois de l'exercice précédent. Ce chiffre représente le troisième plus grand nombre d’interceptions effectuées par le service en un an depuis le début de ces opérations en 1958. A noter, que les incursions ont diminué dès l’automne 2019, faut-il y voir là le début de l’infection au COVID-19 en Chine ?

Reprise des incursions chinoises :

Le ministère de la Défense a souligné que le JASDF avait engagés à ses chasseurs le 23 mars 2020 pour intercepter des avions de collecte de renseignements Shaanxi Y-9 de l'Armée populaire de libération de l'Armée de libération du peuple (PLANAF) qui ont été repérés au-dessus de la mer de Chine orientale pour la première fois. Les chasseurs japonais ont également répondu à d'autres appareils de type Shaanxi Y-9 et à la plate-forme aéroportée d'alerte précoce et de contrôle Shaanxi Y-8 traversant le détroit de Tsushima, qui relie la mer du Japon (mer de l'Est), la mer Jaune (mer de l'Ouest) et l'est Mer de Chine.

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Photos : 1 Mitsubishi F2 et F-15 japonais sont très sollicités pour la police du ciel 2 Avions russes et chinois fréquemment intercepté 3 Avions espion chinois Y-8@JASDF

 

 

 

16/12/2019

Protection aérienne accrue dans le ciel Genevois !

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Du 17 au 18 décembre 2019, des restrictions de vol supplémentaires au-dessus de Genève seront en vigueur. Il s'agit de mesures de sécurité temporaires à l'occasion du « Forum mondial sur les réfugiés », organisé au siège des Nations unies à Genève, sous l'égide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En outre, le service de police aérienne sera renforcé

Avions de combat et défense sol-air :

Le 6 décembre, sur demande des organes de sécurité de la Confédération et des autorités genevoises, Le Conseil fédéral a ordonné une restriction de l'espace aérien durant le déroulement du «Forum mondial sur les réfugiés» à la mi-décembre. La participation de nombreux chefs d'Etat, dont la Suisse doit assurer la sécurité en vertu du droit international public, rend cette mesure nécessaire. La police du ciel est ainsi renforcée avec des avions de combat Boeing F/A-18 C/D « Hornet » armés. Au sol, un certain nombre d’unités de feu sol-air dotées de canons à tirs rapides de 35mm couplés aux conduites de tir radarisées « Skyguard » sont engagés

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Puisque la protection de l'espace aérien relève des Forces aériennes, celles-ci ont été chargées de déterminer les conditions de survol de l'espace aérien au-dessus de Genève et ont mis en place les restrictions nécessaires. Ainsi, du 17 décembre à 8h00 jusqu'au 18 décembre à 20h00 au maximum, le trafic aérien sera réduit dans un rayon de 10 milles nautiques (environ 19km) autour de la Place des Nations à Genève. En principe, aucun mouvement aérien ne sera toléré dans cette zone. Le trafic aérien commercial à l'aéroport international de Genève n'est pas concerné par ces mesures supplémentaires. En outre, dans un rayon de 25 milles nautiques (environ 46km), tous les avions doivent allumer leur transpondeur. Les mêmes restrictions sont valables pour l'espace aérien français limitrophe.

Concernant le service de police aérienne transfrontalier, la Suisse travaille en étroite collaboration avec la France dans le cadre de l'accord sur la sécurité aérienne contre les menaces non militaires. Outre l'échange d'informations, cet accord permet aussi aux avions de combat de traverser la frontière lors d'engagements. Les mesures de l'Armée suisse complètent le dispositif de sécurité des autorités cantonales.

Photos : 1 Hornet en patrouille de nuit 2 Défense sol-air avec conduite de tir Skyguard & canons 35mm près de Genève @ DDPS