08/07/2017

L’Autriche veut remplacer ses Eurofighter par plus d’avions !

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Vienne, je vous l’avais annoncé en février dernier lors d’un article sur ce pays, cette fois c’est officiel, l’Autriche désire depuis un certain temps se débarrasser de ses Eurofighter T1 et opter pour un autre appareil en plus grtand nombre.

Selon le calendrier, l'Autriche va se débarrasser de sa flotte de15 Eurofighter « Typhon II » Tranche 1 à partir de 2020. L’objectif étant de se doter d’un nouvel avion de combat ayant un standard plus performant et en plus grand nombre. La modernisation de la capacité sol-air est sera également au menu.

Rappel :

Airbus DS (ex EADS) avait livré l’Eurofighter T1 « Typhoon  II » à l’Autriche. Cette livraison fait suite au contrat signé en 2003 pour la fourniture de 15 avions y compris l’armement les équipements connexes et le simulateur. Le nouvel avion de combat autrichien est en soi un feuilleton à rebondissement. La volonté de remplacer les bons vieux Saab J-35 « Draken » date du début des années nonante. Suite à une première évaluation, c’était le F/A-18 Hornet qui avait été choisi. Mais suite à des problèmes politiques et de financement, l’achat fût reporté. L’utilisation de l’espace aérien autrichien par l’aviation Serbe, lors de la guerre en ex-Yougoslavie relança le besoin de débloquer des crédits urgents pour l’achat d’un avion moderne. Une seconde évaluation donna le JAS-39C/D Gripen suédois gagnant, mais suite à la pression du chancelier allemand Schröder, les politiques autrichiens acceptèrent de reprendre 15 Eurofighter T1 initialement destinés à l’Allemagne et proposés par Airbus.

Une Force aérienne très limitée : 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen. En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres étant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol. Le standard T1 des Eurofighter autrichiens ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. 

Coûts exorbitants : 

Cher à l’achat, l’Eurofighter se révèle également cher à l’heure de vol, estimé à près de 18’000 dollars US à l’heure (estimation variable, selon les utilisateurs) l’Eurofighter s’avère nettement plus coûteux que le Rafale, F/A-18, Gripen et F-16. De plus, l’absence de coordination entre les pays clients, ainsi que sur le mode d’assemblage des appareils (ses éléments sont construits par chacune des parties) pose des problèmes notamment dans l’approvisionnement en pièces de rechanges.

Plainte contre Airbus :

Vienne a entamé en février des poursuites judiciaires contre Airbus Defense & Space et Eurofighter pour fraudes présumées liées à son acquisition de près de 2 milliards d'euros (2,28 milliards de dollars) des « Typhoon II ».

Insatisfaction :

L’ Autriche n’est pas satisfaite de ses Eurofighter, et le mal est profond. Le ministère autrichien de la Défense décrit les Eurofighter de la Tranche 1, qu'il a reçus entre 2005-2008, en tant que « équipement limité et ayant de graves incertitudes significatives en matière de coûts».

Le maintien de la flotte de 15 appareils pour les 30 prochaines est estimé entre 4,4 milliards d'euros et 5,1 milliards d'euros (5 milliards à 5,8 milliards de dollars). Les chiffres produits par une commission spéciale chargée d'examiner la question suggèrent que le passage de la flotte vers un autre appareil générerait des économies potentielles à100 milliards d'euros pour la période allant jusqu'à 2049.

Quatre heures de police du ciel :

Avec seulement 15 avions de type Eurofighter T1 pour une superficie de 83’878,99 km au sol, sans parler du fait que la superficie doit également tenir compte du volume en terme de ciel, soit de l’altitude sol à une altitude de 23’000 mètres, l’Autriche ne peut plus assurer la police du ciel que le matin, celle-ci n’est pas possible l'après-midi. Par contre, il est encore possible de temps en temps, soit deux à trois fois par mois d’assurer une permanence aérienne sur une période estimée à 14 heures a déclaré le général de division Schmidseder. Pour pouvoir assurer une police du ciel 24/24, l’Autriche devra augmenter sa dotation en matière d’avion de combat. On parle de deux tranche de 20 appareils, voir un peu plus.

Pour le ministre de la Défense, Hans Peter Doskozil «Ceux qui disent oui à la neutralité autrichienne et à la souveraineté doivent également dire oui à un avion supersonique moderne et à haute performance capable de faire des opérations ponctuelles avec un coût à l’heure de vol viable ».

Le rapport conclut que l'armée de l'air exige une nouvelle flotte de combattants supersoniques, capable de fonctionner 24 heures sur 24 et équipé de missiles guidés et d'un système avancé d'autodéfense.

Quel remplaçant ?

On ne connait pas pour l’instant le budget que l’Autriche veut allouer pour un remplaçant à ses Eurofighter T1, deux options sont pour l’instant sont évoquées au sein de la Force aérienne et reposent sur un aéronef monoréacteur :

 

  1. L’achat d’un avion neuf de nouvelle génération, dans ce cas le Gripen E suédois semble être l’unique solution et ceci d’autant plus que l’Autriche compte du même coup augmenté le nombre d’avion actuel, celui-ci n’est pas connu. Initialement l’Autriche désirait  40 avions minimum.
  2. La seconde solution consisterait à doter l’Autriche d’une flotte d’avions d’occasions, du moins dans un premier temps. Saab proposerait alors le Gripen C/D avec une option pour le « E » plus tard. L’américain Lockheed-Martin est en ligne avec le F-16 et le standard C/D Block55/60. Et puis, une offre de Dassault avec des Mirage 2000 pourrait également être possible (ex EAU ou Armée de l’Air) mais rien n’est moins sûr pour l’instant.

 

Une situation compliquée pour l’Eurofighter :

Quoi qu’il en soit, la décision de l’Autriche est une mauvaise nouvelle pour l’Eurofighter et Airbus Group. Non seulement l’Eurofighter est à la peine en matière de vente face au Rafale en ce moment et au Gripen sans oublier le F-35, mais en plus, si l’un des utilisateurs se décide pour échanger sa flotte contre un concurrent, l’image de l’Eurofighter serait encore un plus égratignée.

 

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Photos : Eurofighter autrichiens @ Force aérienne autrichienne

 

 

09/12/2016

Police aérienne 24/24 : seconde phase !

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Le développement de la disponibilité du service de police aérienne se poursuivra par étapes jusqu’à fin 2020. A terme, il est prévu que deux avions armés soient opérationnels 24 heures sur 24, 365 jours par an. La prochaine étape débutera le 2 janvier 2017 : à compter de cette date, le service de police aérienne sera disponible 365 jours par an de 8h00 à 18h00, week-ends et jours fériés compris.

Le projet PA24 va permettre de réaliser en quatre étapes la disponibilité opérationnelle permanente avec deux avions armés prêts à décoller en l’espace de 15 minutes au maximum soit QRA15 (Quick Reaction Alert) en temps normal, en cas de crise on peut abaisser le temps à 8 minutes, pilote dans l’avion moteur éteint (QRA8) et finalement pilote dans l’avion moteur allumé soit QRA3.

2017, phase II :

La première étape a débuté au commencement de 2016 : pendant 50 semaines, deux avions armés étaient disponibles les jours ouvrables de 8h00 à 18h00. La deuxième étape débutera prochainement : dès le 2 janvier 2017, la disponibilité sera étendue puisque les avions seront prêts à être engagés 365 jours par an, donc aussi les week-ends et les jours fériés.

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2019, phase III :

Dès 2019 et le lancement de la troisième étape, les avions de combat se tiendront prêts de 6h00 à 22h00 et, fin 2020, dans le cadre de la quatrième étape, le service sera étendu encore une fois puisque les avions seront prêts à être engagés 24h sur 24, 365 jours par an. Par ailleurs, avant fin 2020, une disponibilité des avions 24 heures sur 24 peut être garantie pour une durée limitée en tout temps ou de façon imprévue.

La police du ciel :

Les deux appareils sont affectés à des hot missions et à des live missions. Dans le premier cas, il s’agit d’intercepter des aéronefs qui violent gravement les règles du trafic aérien ou la souveraineté dans l’espace aérien suisse. Par live missions, on entend le contrôle ponctuel des aéronefs d’Etats étrangers qui requièrent une autorisation de vol diplomatique (diplomatic clearance) pour le survol du territoire suisse.

La réalité :

En 2015, près de 300 avions ont été ainsi contrôlés. On dénombre par ailleurs pour la même année 44 violations de notre espace aérien.

Les structures :

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Le site principal du projet PA24 est la Base aérienne de Payerne. Toutefois, en cas de fermeture des pistes de l’aérodrome, les vols se dérouleront à partir d’Emmen ou de Meiringen. Pour concrétiser intégralement le projet à la fin 2020, une centaine de postes supplémentaires seront créés aux Forces aériennes, à la Base logistique de l’armée et à la Base d’aide au commandement. Les frais supplémentaires se monteront à près de 30 millions de francs par an. Ce montant comprend essentiellement des coûts de personnel, des coûts pour la sécurité des vols et des coûts d’exploitation. La PA24 permettra à terme que des mouvements aériens avec des avions de combat puissent se dérouler en dehors des horaires habituels du service de vol, y compris parfois sous forme de vols supersoniques. Ces tâches sont indispensables pour assurer en permanence la sécurité du trafic aérien et protéger 24 h sur 24 les droits souverains de la Suisse.

 

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Photos : 1 Interception d’un F-27 par un Hornet@ Swiss Air Force 2 F/A-18 à Payerne @ P.Kümmerling

 

20/11/2016

Les Forces aériennes font leur travail !

 

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La polémique enfle depuis hier en ce qui concerne l’interception d’un avion du gouvernement russe vendredi par nos F/A-18 « Hornet ». Pourtant, il n’y a rien d’extraordinaire, cette procédure s’inscrit dans le cadre normal de la police du ciel.

Réactions disproportionnées des Russes :

Les autorités russes se montrent très surprise ce contrôle aérien. Ceux-ci ont demandé des explications à la Suisse et parlent d’incident impliquant un avion du gouvernement russe dans l'espace aérien suisse, selon les dires de l'ambassade de Russie à Berne.

Procédure normale :

Le contrôle aérien qui s’est effectué ce vendredi par nos Forces aériennes est légal et fait partie des missions de celle-ci. L'interception en vol d'un aéronef par un avion de chasse obéit à des règles très précises, codifiées internationalement et connues de tous les pilotes de ligne ou d'avions légers.

En effet, dans le cade de la police aérienne et des procédures internationales, il est prévu qu’un Etat puisse effectuer des contrôles des aéronefs d’Etat étranger. Il s’agit de vérifier que le type, l’immatriculation de l’avion correspondent au plan de vol déposé.

En 2015, près de 300 avions ont été ainsi contrôlés. On démontre par ailleurs pour la même année 44 violations de notre espace aérien.

 

Principe de la Police du ciel :

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*Aide pour les avions en situation de détresse, défaillance technique ou problème de navigation Pour vérifier par exemple si le train d'atterrissage d'un appareil est sorti normalement ou remettre sur la bonne route un pilote égaré. Il faut alors les accompagner sur un aérodrome adapté. Pour vérifier par exemple si le train d'atterrissage d'un appareil est sorti normalement ou remettre sur la bonne route un pilote égaré. Dans le cas d'une panne radio, le pilote de l'intercepteur dispose de moyens permettant de savoir si cette panne est volontaire ou non. Sur instructions du centre de commandement dont il est "l'oeil et le bras", l'intercepteur pourra effectuer dans un premier temps une "reconnaissance à distance" de l'avion. Son commandant de bord, "bien sûr, est informé qu'il fait l'objet d'une interception".

En cas de besoin, l'intercepteur s'approche de beaucoup plus près pour procéder aux vérifications nécessaires, établissant un contact radio et visuel avec l'appareil intercepté.

*Identification ou intervention lors de la violation des règles du trafic aérien : entrée non-autorisée dans notre espace aérien, pas de contact radio, avions ne correspondant pas au type décrit dans le plan de vol.

*Identification ou intervention lors de la violation de l’espace aérien lors d’évènements comme le WEF, l’EURO, OSCE ainsi que lors de tensions internationales.

Toutes ces instructions, codifiées dans les règlements internationaux, sont connues de tous les pilotes, dans le monde entier. Si l'avion intercepté se conforme aux ordres, il reste surveillé jusqu'à son atterrissage. S'il n'obéit pas, la situation devient plus délicate.

Fonctionnement :

Deux appareils sont affectés à des «Hot Missions» et à des «Live Missions». Dans le premier cas, il s’agit d’intercepter des aéronefs qui violent gravement les règles du trafic ou la souveraineté sur l’espace aérien de la Suisse. Par «Live Missions», en revanche, on entend le contrôle ponctuel des aéronefs d’Etats étrangers qui requièrent pour le survol du territoire suisse une « diplomatic clearance ».

La première étape a démarrer en janvier 2016 : les avions seront prêts à être engagés du lundi au vendredi, de 8 h à 18 h, pendant 50 semaines. Cette présence sera étendue à 365 jours en 2017. A partir de 2019, les avions seront prêts à intervenir de 6 h à 22 h. A la fin 2020, ils seront disponibles 24 h sur 24 pendant toute l’année.

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Ce que l’on ne vous a pas dit :

Une certaine presse s’est largement moquée des fameuses « heures de bureaux » en 2014, lors du détournement du Boeing d’Ethiopian Airlines sur Genève. Si, effectivement nos pilotes ne pouvaient pas à cette époque décoller, nos Forces aériennes ont pourtant effectués leur travail. Car se sont elles qui ont coordonné avec les radars, l’interception de l’avion par les Eurofighter italiens, puis par les Mirage 2000 français et ceci jusqu'à l'atterrissage à Genève. Eh oui, tout le monde ne dormait pas au sein de l'armée, comme on a tenté de vous le faire croire !

 

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20/10/2015

Police aérienne, une bisbille pour rien !

 

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La Russie a protesté lundi contre l'approche d'un avion de chasse suisse près de l'appareil amenant le président de la Douma à Genève. Dans un premier temps,  la diplomatie russe avait incriminé un appareil militaire français.

 

Un joli méli-mélo :

 

Incriminée dans un premier temps, nos voisins se sont vus accusés par la Russie d’un incident diplomatique avec la convocation dans la journée de l'ambassadeur de France à Moscou. Paris a dès lors déploré cette convocation, sur la base d'accusations erronées et a affirmé avoir fourni aux Russes toutes les mises au point nécessaires.

 

Les faits :

 

La réalité est pourtant très simple, nous avons affaire ici à contrôle aérien des Forces aériennes suisse dans le cadre de la police aérienne avec un contact visuel avec le pilote de l’avion russe pour ne vérifier le type et l'immatriculation. Ce contrôle a été fait en parfaite conformité du droit aérien et des accords internationaux sur les procédures de police aérienne.

 

Petit rappel :

 

L’une des missions les plus importantes que l'armée suisse doit accomplir en relation avec la

politique de sécurité est de garantir l'intégrité de notre territoire contre les influences

extérieures indésirables. Cela comprend la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace

aérien. C'est le droit d'un état de définir des règles d'utilisation de son espace aérien et de

faire appliquer ces règles.1 Le droit à la neutralité est ancré dans le droit international, mais il

en découle une obligation de contrôle de son propre espace aérien et d’une capacité

d'intervention, lorsque la sécurité du pays ou du trafic aérien en général l'exige.

 

C’est également pour ces raisons que la mise en place, bien que politiquement tardive, de la police du ciel 24h24 et actuellement en phase pour atteindre sa pleine capacité d’ici deux à trois ans. Actuellement les Forces aériennes testent un dispositif avec deux F/A-18 armés prêts au décollage, selon les normes OTAN QRA (Quick Reaction Alert) durant plusieurs semaines. La fin des heures de bureau approche, il était temps !

 

 

 

22/05/2015

Police du ciel 24/24 & nouvel avion !

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Cela fait près de 15 ans qu’au sein des Forces aériennes, des milieux militaires et de cercles politiques on réclamait la mise en place d’une  police du ciel 24/24. Celle-ci est actuellement en cours de mise en place et sera complète pour 2020.

 

Première étape :

 

La mise ne place d’une Police du ciel 24/24 « Quick Reaction Alert » (QRA) demande plusieurs phases de préparation. Le financement soit environ 250 millions, la mise en place de ressources humaines avec par exemple le renforcement des aiguilleurs du ciel militaires, la mise en place de piquet pour les équipes de maintenance de logistique sur les aérodromes.

 

D'ici le premier janvier 2016, les horaires de vols seront étendus, deux avions de type Boeing F/A-18C/D « Hornet » seront de piquet avec une relève de pilotes et de mécaniciens.

Et, selon la planification actuelle, la sécurisation de l'espace aérien en continu sept jours sur sept interviendra en 2020.

 

Confirmation et volonté :


 

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A l’occasion du rapport d’information des Forces aériennes qui s’est tenu à Emmen mercredi, le commandant de corps Schellenberg a évoqué le concept relatif à la sécurité à long terme de l’espace aérien que le Conseil fédéral a adopté en août 2014 : «Le profil de prestations des Forces aériennes de demain est clairement défini. Nous devons travailler sur cette base.» Cela signifie que la capacité à intervenir 24h/24 dans le cadre de la police aérienne doit être mise en place d’ici 2020.

 

 

QRA (Quick Reaction Alert), Alerte de réaction rapide: organisation d'alerte des Forces aériennes:

 

L'espace aérien désigne la troisième dimension d'un territoire national et il circonscrit, en hauteur, l'espace territorial d'un état. Cet espace aérien, la «frontière bleue», représente la plus vaste porte d'entrée d'un territoire national. L'accès au territoire étatique est donc une affaire qui incombe à l'état: une incursion dans son espace aérien équivaut au franchissement d'une frontière. Ainsi, une incursion non-autorisée représente une infraction de la souveraineté étatique.

 

La neutralité armée de la Suisse, choisie librement et définie au niveau national, inclut également l'espace aérien. Par conséquent, elle a l'obligation de le surveiller, de le contrôler et de le protéger. En tant qu'état non-aligné, la Suisse doit s'assurer, par ses propres moyens, qu'il ne subsiste aucune carence militaire dans l'espace aérien helvétique. La protection de cet espace aérien est indispensable pour garantir la sécurité du territoire et de sa population.

 

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Police du ciel mais pas seulement :

 

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Si la mise en place de la QRA dans notre pays est cette fois-ci en bonne voie, le Cmdt des Forces aériennes a rappelé que la flotte actuelle de 32 F/A-18 était juste suffisante pour assurer cette police et ceci en temps de paix. Reste qu’en cas de situation de tensions internationales (mise en alerte sur plusieurs mois) et en cas de conflit ces 32 avions sont insuffisants. De plus, le vieillissement de ceux-ci et le fait que les F/A-18C/D commenceront à être retirés du service dès 2023 au sein de la marine américaine, va compliquer l’obtention de pièces de rechanges d’une part et surtout l’avionneur américain Boeing n’assurera plus une mise à jour systématique des systèmes.

 

En conséquence, il est toujours d’actualité de remplacer les anciens Northrop F-5 « Tiger » et également de préparer le remplacement des F/A-18. On évoque le nombre de 52 nouveaux avions de combat, dont l’acquisition se ferait en deux tranches (chiffre minimum). En parallèle, les Forces aériennes devront également être dotées du nouveau drone (programme de cette année) des nouveaux systèmes de défenses contre-avions (évaluation en cours) et de la modernisation des centrales d’engagement (C4I).

 

Commentaire :

 

 

Non, le monde n’est pas plus sûr aujourd’hui qu’hier. Les nombreux conflits qui perdurent et se développent à travers le monde, le renforcement de dépenses militaires et les réarmements en cours dans de nombreux pays, nous ramènent à une situation critique avec de nombreux foyers de tension. L’arrivée de nouvelles menaces, comme la cyber-guerre (mise en place de celle-ci en Suisse) et le terrorisme généralisé n’enlève en rien au réalisme du conflit classique. On le voit à travers les zones de guerre actuelles, avions, chars, artillerie et mines sont toujours d’actualités.

Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux avions de combat, des futurs bombardiers stratégiques en cours de développements, des drones furtifs et la prolifération des missiles balistiques, nous obligent à rester vigilant et à maintenir une sécurité d’un haut niveau.

 

Prétendre, que notre pays ne risque rien et que celui-ci est protéger par ces voisins de manière naturelle, démontre non seulement les carences en matière d’analyse stratégique de ceux qui défende cette idée, mais en plus relève de la stupidité digne de la ligne Maginot.

 

Photos : Police du ciel avec avion F/A-18C Hornet @ Swiss Air Force 2 Cmdt des FA A. Schellenberg à Emmen@DDPS