22/06/2018

Premier F-35 turc délivré sous haute tension !

turkey-f-35-rollout-ceremony.jpg

Une cérémonie de remise d’un nouvel appareil est toujours un événement inoubliable, une fête. Mais la remise, hier, du premier Lockheed-Martin F-35A « Lighting II » Joint Strike Fighter (JSF)  à la Turquie s’est faite dans une ambiance morose et sous haute tension.

Techniquement la présentation du premier F-35A destiné à la Turquie est réalisée, l’avion rejoindra prochainement le centre de formation conjoint de la base aérienne de Luke AFB en Arizona où les premiers pilotes turcs vont commencer à s'entraîner avec l'avion. Ce premier appareil devrait ensuite voler en direction de sa future base d’attachement en Turquie d’ici 12 mois. Enfin, si tout va bien !

Durant toute la cérémonie, le projet de loi des législateurs américains a pesé sur l’ambiance et pour cause. Le projet de loi de Chris Van Hollen du Maryland, dans le cadre de l'année fiscale 2019 (2019), prévoit des interdictions de dépenser des fonds de l'exercice 2019 ainsi que des exercices antérieurs pour transférer ou faciliter le transfert des F-35 à la Turquie. C'est-à-dire, jusqu'à ce que le secrétaire d'État certifie que la Turquie n'achète pas et n'acceptera pas les livraisons du système sol-air russe S-400.

Le projet de loi fera l'objet d'un examen par le Sénat. Il va plus loin que le projet de loi sur l'autorisation de défense voté par le Sénat le 18 juin dernier, qui limite le financement du transfert des F-35 à la Turquie jusqu'à ce que le secrétaire à la Défense publie un rapport sur le retrait du programme F-35.

Les Législateurs du Capitole Hill menacent d'empêcher la Turquie d'obtenir sa flotte promise de 100 avions de combat F-35 sur les violations des droits de l'homme d'Ankara et l'achat planifié d'un système de défense aérienne russe controversé.

Fortes tensions qui perdurent :

Les relations entre les États-Unis et la Turquie sont devenues très tendues ces dernières années. Les alliés de l'OTAN se sont affrontés ces derniers mois sur l'expansion turque de sa campagne en Syrie et le soutien américain à la milice des Unités de protection du peuple kurde, ainsi que la détention d'un pasteur américain et l'approfondissement des liens avec la Russie. La communauté internationale a également largement condamné la purge des fonctionnaires militaires et des fonctionnaires par le président turc Recep Tayyip Erdogan après une tentative de coup d'Etat en 2016.

Crainte de divulgation de secrets :

Il faut également rappeler que de son côté l'Agence de coopération pour la défense de la Défense américaine à annoncé que la grande majorité des dirigeants turcs de l’époque avec qui les discussions sur l’achat du F-35 ont eu lieus sont actuellement en prison. De fait, aux Etats-Unis on commence à craindre sérieusement que le gouvernement actuel ne compromette pas les technologies du F-35 en les vendant à d’autres pays ou en les utilisant pour concevoir le futur avion de combat turc.

Problème juridique :

Pour autant, le Congrès n'a pas le pouvoir de bloquer unilatéralement la participation d'Ankara au programme des F-35, car les ventes aux pays partenaires sont faites par le biais du consortium F-35, et non du gouvernement américain. Le Congrès n'est pas informé des ventes individuelles ou des transferts aux pays partenaires, contrairement au processus de vente militaire normal à l'étranger, selon une source du Congrès.

Si le Congrès peut finalement légiférer contre la vente, le libellé final du projet de loi, ce sera «une question pour les avocats».

Les risques :

En cas de blocage de la vente de F-35, les conséquences seront importantes. En effet, Ankara est un partenaire essentiel du programme F-35, plusieurs composants clés de la motorisation sont fabriqués par des compagnies turques, tandis que le principal centre européen de réparation et de révision du moteur Pratt & Whitney du F-35 se trouve à Eskisehir, au nord-ouest de la Turquie. Le département de la Défense estime qu'il faudra deux ans pour trouver et qualifier de nouveaux fournisseurs pour remplacer toutes les entreprises turques qui sont expulsées du programme. Autre conséquence, pour l’Otan cette fois, le pays pourrait bien refuser l’usage des installations de la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, qui est un lieu de lancement essentiel pour les opérations au Moyen-Orient, notamment la campagne contre l'État islamique, et abrite un stock américain de bombes nucléaires B61, pilier de la dissuasion nucléaire américaine en Europe.

On le voit, le dossier des F-35 turcs est épineux et devrait rebondir plus d’une fois dans ces prochains mois.

thumbs_b_c_2dc4e0b9a1d67df93289fa63dffbf5b3.jpg

Photos : Cérémonie de livraison du F-35 à la Turquie@ Lockheed-Martin

 

 

 

 

19/06/2018

Le Sénat américain bloque la livraison de F-35 à la Turquie !

LM-F-35.couverture_LM.jpg

Je vous en parlais le 15 juin dernier, la mobilisation du Sénat américain à fonctionner un vote qui bloque temporairement la livraison des F-35 à la Turquie.                       

Le projet de Loi d’autorisation de la Défense nationale (NDAA) contenant l’amendement vise à interdire les ventes de F-35 à la Turquie doit encore être adopté par la Chambre et ne devrait pas devenir loi avant la fin de l’été.

 De fait, la vente de F-35 à la Turquie est momentanément bloquée à moins que Trump certifie que la Turquie ne menace pas l'OTAN, l'achat de matériel de défense de la Russie ou la détention de citoyens américains. L'amendement affirmait que l'achat du système S-400 en provenance de Russie augmentait les tensions et les risques pour l'alliance de l'OTAN. Il exige également la libération du pasteur américain Andrew Brunson, qui fait face à des accusations de terrorisme en Turquie.

Avant de pouvoir être légiféré, le projet de loi doit être concilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants. Cette mesure de compromis doit ensuite être adoptée par les deux chambres et signée par Trump. 

Réaction en Turquie :

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu déclaré que la Turquie se tournerait vers d’autres marchés si les USA ne lui permettaient pas d’acheter les avions de combat F-35 auprès de l’avionneur  Lockheed-Martin.

Ankara a juré de riposter face à toute tentative de restriction en matière d’exportation de matériel militaire. Il semble que la visite du président russe Vladimir Poutine en avril dernier en Turquie a inclus des discussions de livraison en ce qui concerne le Sukhoi Su-57.

De son côté Lockheed-Martin s’attend toujours à remettre un F-35 à la Turquie, lors d’une cérémonie qui aura lieu à Fort Worth, au Texas, le 21 juin, mais l’avionneur ne sait pas, si l’avion pourra rejoindre la Turquie. Selon le calendrier, le premier avion aux couleurs de la Turquie doit rester aux USA durant 6 mois pour assurer la formation des pilotes turcs avant de s’envoler vers Ankara.

 

Photo :F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

15/06/2018

La tension monte avec la livraison de F-35 à la Turquie !

F-35-Lightning-II-vol_LM.jpg

L’avionneur américain Lockheed-Martin prévoit de livrer officiellement le premier F-35A « Lighting II » à la Turquie lors d'une cérémonie à Fort Worth, au Texas, le 21 juin prochain et ceci, en dépit des protestations des législateurs et des diplomates américains.

Le F-35A restera aux États-Unis jusqu'à ce que les pilotes turcs soient formés pour piloter l'avion, après quoi il sera envoyé en Turquie.

Une fronde qui se renforce :

Cependant, les représentants américains et les sénateurs se sont opposés à ce que la Turquie reçoive le chasseur furtif à la pointe de la technologie après que le pays a signé un contrat avec la Russie pour acheter le système sol-air Almaz-Antey S-400 « Triumf », l'un des plus sophistiqués du monde et de part la politique menée actuellement par le pays. En effet, les législateurs et les fonctionnaires du Département d'État se sont également plaints du mépris du président turc Recep Tayyip Erdoğan en ce qui concerne la primauté du droit, la diminution des libertés individuelles, la consolidation du pouvoir et les décisions stratégiques, ainsi que les opérations de guerre en Syrie contre les forces kurdes.

Un nouvel effort est apparu ces dernières semaines au sein du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis pour bloquer le transfert de l'avion à la Turquie à moins que le pays refuse d'acheter le système anti-aérien S-400 et modifie sa stratégie politique.

De son côté, la Turquie à menacé au moi de mai dernier de se tourner en direction du Sukhoi Su-57 (article avia news du 28.5.18).

La Turquie, alliée de l'OTAN a commandé 100 F-35A. Le premier lot de 14 appareils est déjà payé. Au total, 30 F-35A devraient être livrés à l'armée de l'air turque d'ici la fin de 2022.

A noter que pour l’instant, la Maison Blanche n’a pas encore pris position et se mue dans un silence assourdissant.

Photo :F-35A @ Lockheed-Martin

 

13/05/2018

Le Tiger Meet 2018 débute lundi !

 

 

IMG_0951.JPG

L’édition 2018 de l’exercice de l’OTAN « Tiger Meet » débutera ce lundi jusqu’au 25 mai prochain. L’exercice se déroule en Pologne sur les installations la base aérienne de Poznan-Krzesiny.

 

ntm2018.png

Des exercices complets : 

Le « Tiger Meet » est exercice aérien complet qui met les équipages sous pression avec à chaque fois des scénari au plus proche de la réalité. Les équipages doivent en premier lieu préparer avec minutie chaque vol en tenant compte de l’aspect opérationnel, du contrôle aérien et de la logistique. Une journée d’exercice au « Tiger Meet » se décompose en deux phases, la première se déroule le matin et permet des entrainements de taille réduite et prépare le travail entre les différents avions. Puis, l'après-midi est réservé aux missions complexes impliquant un grand nombre d'appareils (Opérations aériennes combinées) en environnement réaliste.

DdBv4voWsAAstiI.jpg

La délégation suisse aligne cette année six F/A-18C « Hornet », plus une machine de réserve. En participant à cet exercice, le détachement suisse complète l’entraînement de défense aérienne qu’il ne peut exécuter que partiellement en Suisse en raison des mesures prises par égard pour la population. L’exercice offre l’opportunité de s’entraîner contre des participants étrangers dans le domaine de la défense aérienne, d’exercer l’interopérabilité, ainsi que de tester les procédures des Forces aériennes suisses dans un environnement international.

IMG_0953.JPG

Rappel :

Le Nato Tiger Meet(Association des Tigres de l'OTAN) est une association qui regroupe des unités de différentes armée de l’air membres ou alliés de l’OTAN, dans le but de favoriser le partage d'expérience, d'améliorer l'interopérabilité et de renforcer la solidarité et l'esprit d'équipe. Cette association est ouverte à toute unité dont l'emblème est un « Tigre » que cette unité soit équipée d'avions ou d'hélicoptères.

NTA Members - Flying Participants
Unit Aircraft Note
6 ELT (PolAF) F-16C/D Block 52 Fighting Falcon (6x)  
313 sqn (RNlAF) F-16A/B MLU Fighting Falcon (5x)  
XII Gruppo (ItAF) EF2000 Typhoon (4x)  
142 Esc (SpAF) EF2000 Typhoon (5x)  
TaktLwG 74 (GAF) EF2000 Typhoon (4x)  
TaktLwG 51 'I' (GAF) Tornado ECR & IDS (4x)  
11F (FN) Rafale M (5x)  
31 smd (BAF) F-16A/B MLU Fighting Falcon (6x)  
59/1 Sqn (HuAF) JAS-39C/D Gripen (5x)  
211 TL (CzAF) JAS-39C/D Gripen (4x)  
Staffel 11 (ChAF) F/A-18C/D Hornet (7x)  
335 Mira (HAF) F-16C/D Block 52+ Fighting Falcon (4x)  
1 JTS (AAF) Saab 105Öe (3x)  
1 AEW&CS (NATO) E-3A Sentry (1x) (Flying from Poznan - Lawica)
EHRA 3 (ALAT) SA 342 M Gazelle (3x)  
814 NAS (RN) Merlin HM. MK2 (1x)  
221 LtBVr (CzAF) Mi-24 Hind (2x)  
230 Sqn (RAF) Puma HC Mk2 (1x)  
21° Gruppo (ItAF) AB-212ICO (2x)

Depuis les années 1960, elle organise chaque année une rencontre (désignée "Tiger Meet") permettant à ses membres de se retrouver pour participer à différents exercices (missions aériennes simulées), réunions d'échanges et festivités. Lors de ces rencontres, il est de tradition de décorer une partie des aéronefs avec des motifs rappelant le tigre. Une des récompenses remises à l'issue de chaque "Tiger Meet" est d'ailleurs attribuée à la plus belle décoration. Depuis 1977, le Tigre d'Argent récompense l'escadrille la plus performante durant les exercices, ainsi que lors des animations.

32191748_1777594208928136_5003907405470236672_n.jpg

Photos : 1 Rafale, Eurofighter, F/A-18, F-17 2 Gripen 3UH-1 4F-16 @TigerMeet press

 

28/11/2017

La Pologne lance son projet de nouvel avion de combat !

1394417922.jpg

Varsovie, l'inspection de l'armement du ministère polonais de la Défense a lancé la phase d'analyse et de l’étude de marché en vue de la sélection d’un nouvel avion de combat multirôles. L’objectif est de venir remplacer deux types d’avions en service, il s’agit des flottes de 18 Sukhoi Su-22 « Fitter » et 31 MiG-29 « Fulcrum ».

Varsovie a l'intention d'équiper au moins deux escadrons de nouveaux avions de combat soit 32 unités. Selon le ministère de la Défense, proposée devrait augmenter la capacité de l'armée de l'air polonaise à effectuer des missions contre-aériennes offensives et défensives, et à soutenir des opérations terrestres, maritimes et spéciales.

Les soumissionnaires potentiels sont tenus de soumettre leurs réponses, y compris une description générale de l'équipement proposé avant le 18 décembre. Les candidats sélectionnés recevront plus tard une demande de renseignements.

3602176537.jpg

Trois candidats connus :

Selon les premières informations, trois candidats sont déjà prêt pour répondre à la demande de la Pologne, il s’agit : d’Airbus DS avec l'Eurofighter T3 « Typhoon II », Saab avec le JAS-39 Gripen E ainsi que Lockheed-Martin avec le F-16 « Viper ».

Eurofighter T3 : 

2474012411.jpg

L’Eurofighter T3 (F3) dispose du radar AESA E-CAPTOR. L’arrivée du E-CAPTOR permet grâce à son antenne AESA d’effectuer des tâches multiples simultanément. Le nouveau radar conserve les principales caractéristiques de l'architecture du radar ECR-90 CAPTOR actuel, mais, il est  doté d’une antenne AESA en lieu et place de l’actuelle antenne mécanique. Il est prévu d’exploiter la maturité du système actuel et d’y adjoindre le mode AESA. Eurofighter GmbH et Euroradar, de concert avec leurs partenaires industriels ont commencé le développement à grande échelle de la nouvelle génération d’antenne radar AESA (Active Electronically Scanned Array). L'objectif est de permettre une mise en service du nouveau radar pour 2018 et de ce fait, répondre aux exigences des pays partenaires et clients à l'exportation. L'intégration d'armes comprend les missiles Meteor, Storm Shadow et Brimstone II et les bombes Paveway IV et de petit diamètre. 

Le Gripen E :

20171027-en-2713998-1.jpg

Le JAS-39 Gripen E MS21 dispose du radar AESA ES05 «Raven» couplé au système SWASHPLATE offrant une plage de détection démultipliée unique. L’avion a reçu un IRST (Infra-Red Seach and Track) Skyward-G produit par Selex-ES qui permet la transmission de données d’acquisition entre les appareils. Contrairement aux versions précédente le Gripen E dispose d’une nouvelle architecture électronique (Net Centric Warfare - NCW). Le nouveau système central PPLI (Precise Participant Location and Identification) et relie l’ensemble aux pistes des capteurs internes et externes (RAVEN, IRST, EW39, pod ATFLIR) pour ensuite offrir les meilleures réponses aux menaces. L’avion est motorisé avec le General-Electric F-414G avec mode « SuperCruise ».Le nouveau système de guerre électronique (Warfare System) une détection des missiles en approche de type électro-optique EW39 (ultra-violet) qui fonctionne avec les lances-leurres Saab BOH/BOL de dernière génération (ADIS) couplés avec le système d'alerte aéroporté passif (PAWS-2) d'Elbit Systems. Le Gripen E emporte une large variété de missiles : AIM-9X, IRIS-T, A-Darter, Python, AMRAAM, Meteor, RBS14, Maverick, Brimstone, Taurus KEPD, ainsi que la panoplie complète des bombes à guidage laser/GPS.

Le F-16 « Viper » Block70 :

177509571.jpg

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

 

Photos : 1 MiG-29 polonais 2 Su-22 polonais @ PAF 3 Eurofighter T2 @ Airbus DS 4 Gripen E @ Saab 5 F-16 Viper @ Lockheed-Martin