09/08/2018

Inde, le Rafale au cœur de la bataille politique !

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New Dehli, rien n’est simple en Inde et le feuilleton de l’acquisition de l’avion de combat Dassault Rafale se retrouve au milieu d’une bataille politicienne en vue des prochaines élections générales. En effet, l’accord signé de gouvernement à gouvernement en 2016, portant sur 36 avions Rafales attire l'attention du Parlement indien alors que les partis politiques de l'opposition se disputent le contrat qu'ils qualifient de "fraude et de corruption".

Les accusations portées contre l’accord de gouvernement à gouvernement comprennent un manque de transparence sur les détails et un coût qui serait beaucoup plus élevé que ce qui a été négocié début 2012. Cette année-là, le Rafale est devenu le vainqueur du programme d'avions de combat MMRCA. Les négociations par le congrès n'ont pas été poursuivies en raison de problèmes non résolus concernant le transfert de technologie et les compensations entre Dassault et Hindustan Aeronautics Ltd.

Pourtant les frais des appareils fournis par Dassault Aviation sont désormais inférieurs à ceux négociés il y a six ans, mais pour les politiciens indiens le problème vient des missiles. En effet, selon eux, les missiles Meteor et Scalp ainsi que l’adaptation aux spécifications nucléaires indiennes ont faits grimpé les prix. Cette différence est devenue, ces dernières semaines, un sujet de controverse en Inde.

De son côté, le chef des forces aériennes indiennes (IAF), le Général Birender Singh Dhanoa, a constamment défendu l'accord comme "n'étant ni trop cher ni controversé" et tient compte des adaptations voulues et négociées par l’Inde. En effet, L’Inde aura mis Paris et Dassault aviation au pied du mur pour obtenir une forte réduction du prix. La transaction s’élève à environ 7,87 milliards d'euros (8,6 milliards de francs suisses) pour 36 avions Rafale.

L'Inde a également négocié un accord de compensation de 50% et la livraison des Rafale dans les cinq ans. La phase de compensation commence une fois que le contrat a été signé et que les compensations doivent être honorées sur une base annuelle et doivent être achevées dans un délai de sept ans, selon les termes du contrat.

L'opposition a accusé la société privée Reliance Infrastructure, connue du Premier ministre, d'avoir été  choisie par le gouvernement indien pour être le partenaire compensateur de Dassault. "C'est l'OEM et non le gouvernement qui choisit le partenaire de compensation indien qui peut être une entreprise publique ou privée selon la politique d'approvisionnement de défense 2016", a déclaré un responsable de la défense indien pour justifier la décision.

De fait, il n’y pas de problème avec le contrat « Rafale » en Inde, mais l’enjeu politique est tel que celui-ci pourrait faire basculer le choix des urnes. Il n’est pas sûr pour l’instant qu’en cas de victoire de l’opposition un report du contrat puisse être possible. Mais du côté de l’IAF, on se montre inquiet, car un nouveau retard serait une véritable catastrophe pour la modernisation de celle-ci.

 

Photo :Rafale aux couleurs indiennes @ Dassault Aviation

16/07/2018

Pylônes suisses sur le Gripen E !

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Le programme de l’avion de combat Saab Gripen E continue de progresser. Le Gripen E de présérie 39-8 a effectué plusieurs vols réussis avec une série de pylônes de nouvelle génération, dont ceux produits en Suisse par RUAG aérostructures.

Depuis le premier vol du Gripen E (39-8) de présérie l'année dernière, une période d'essais de vol intensif a été menée avec succès. L'avion a montré tout au long de l'expansion de l'enveloppe prévue la performance et les comportements, la haute disponibilité et la fiabilité. Le Gripen  E a maintenant franchi une autre étape vers la livraison à la clientèle prévue l’année prochaine.

Les premiers vols avec des magasins externes ont été menés sur la mer Baltique au début de juillet. En plus de deux des missiles air-air IRIS-T, l'avion transportait cinq pylônes conçus et construits avec la société suisse RUAG aérostructures. Cette nouvelle génération de pylônes s’avère à la fois plus résistante et plus légère que les anciennes et offre également une diminution de la résistance à l’air contribuant à une économie de carburant.

Les pylônes de Gripen E produit en Suisse permettent l’emport de réservoirs auxiliaires de carburant, de nacelles de surveillances et de ciblage ainsi que des diverses armes guidées qui peuvent être fixées sous l'avion. Huit pylônes sont fournis par avion. Ces composants technologiquement sophistiqués comprennent à la fois l’électronique ainsi que des systèmes mécaniques et doivent répondre aux exigences les plus élevées en ce qui concerne l'aérodynamique et la capacité de charge.

« Je suis heureux de suivre le succès continu du programme E Gripen, RUAG Aérostructures est fier du partenariat large et à long terme avec Saab », explique Dirk Prehn, CEO de RUAG aérostructures et soulignant l'importance de la relation d'affaires entre RUAG et SAAB. « En tant que fournisseur majeur dans le programme Gripen, responsable de la conception et la fabrication des pylônes et d' autres composants, nous contribuons à la performance supérieure du combattant, répondant à toutes les exigences en matière de sécurité, de  performance, de coût du cycle de vie et de la qualité », conclut Dirk Prehn.

Le développement de ces pylônes fait partie d’un contrat signé entre l’avionneur suédois Saab et RUAG avant le vote populaire. Celui-ci a été maintenu malgré le résultat obtenu.

On rappellera, que RUAG avait également conçu de nouveaux pylônes plus efficaces qui équipent aujourd’hui les Boeing F/A-18C/D « Hornet » suisses et de l’US Navy.

Photo : Gripen E de présérie doté des pylônes de RUAG Aerostructures.

10/07/2018

L’Eurofighter doté du Meteor et Storm Shadow !

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La Royal Air Force (RAF) a reçu ses premiers avions de combat Eurofighter  « Typhoon II » à être équipé pour le montage des armes du projet « Centurion », a confirmé BAE Systems. Un haut responsable du programme a déclaré que les premiers « Typhoon II » modifiés pour porter le missile air-air de la gamme « Meteor » de BMDA (BVRAAM) et du missile de croisière MBDA « Storm Shadow ».

Il y a 26 avions au sein de la première phase de la norme « Project Centurion », et les pilotes commenceront à s'entraîner dans quelques semaines", a déclaré Andy Flynn, directeur de la livraison d'Eurofighter, ajoutant: "Nous devons maintenant passer par le processus d'approbation, ce qui devrait être terminé d'ici la fin de l'année. "

La configuration du projet Centurion est destinée à combiner la bombe guidée de précision Raytheon Paveway IV déjà livrée avec les missiles « Storm Shadow », « Meteor » et « Brimstone » sur le Typhoon FGR4. L’avion devra prochainement venir remplacer le Panavia Tornado GR4 au début de l'année 2019.

Les avions de première phase qui sont livrés ont été équipés de la mise à niveau Typhoon Phase 2 Enhancement (P2E) qui comprend le « Meteor » et le « Storm Shadow ». La phase 2 du projet Centurion couvre la mise à niveau de la phase 3 du Typhoon Enhancement (P3E) avec l’arrivée du  « Brimstone ». Les essais sont maintenant en cours, la configuration finale du projet « Centurion » devrait être prête pour la fin de 2018.

Les appareils concernés font partie de la Tranche 1 (51), la Tranche 2 (67)  et environ 10  appareils de la Tranche 3. A noter que 24 Eurofighter de la tranche 1 qui doivent être retenus serviront uniquement à la défense aérienne et ne recevront pas la mise à niveau du projet Centurion.

Environ 65 à 75 sorties devraient être enregistrées avant qu'une phase d'évaluation opérationnelle ne commence à au sein de la base aérienne de la RAF de Coningsby dans le Lincolnshire le 10 août prochain. Cela comprendra également des essais de tir complets avec l'arme de précision.

D'autres améliorations incluent des mises à jour de l'interface homme / machine du "Typhoon", avec notamment le système de visée monté sur un casque Striker fourni par BAE.

Le Storm Shadow : 

Le SCALP (acronyme de « Système de croisière conventionnel autonome à longue portée »), anciennement « Arme de précision tirée à grande distance », est un missile développé fin 1994 MBDA. La version britannique est baptisée «Storm Shadow». Cette arme est conçue pour frapper l'ennemi dans son territoire profond, quelle que soit la défense aérienne grâce à sa furtivité qui le rend indétectable, y compris par les avions radars. 

Le MBDA Brimstone : 

Le missile Brimstone air-sol britannique fabriqué par MBDA sur commande de la Royal Air Force. Il est équipé d'un guidage laser et d'un radar millimétrique, ceci afin de le rendre plus efficace contre des cibles mobiles. 

Le missile Meteor : 

Le Meteor est prioritairement réservé aux missions d'interception à grande distance, au-delà de la portée optique (BVR) de tout type d'aéronefs. Son utilisation est privilégiée pour les cibles de haute valeur telles que l'attaque à plus de 100 km d'avions radar ou de ravitailleurs.

Ce missile va permettre d’assurer une efficacité de destruction à des distances aujourd'hui encore importantes, de l'ordre de 50 Nm (entre la cible et l'avion tireur au moment de l'impact). 

A cette fin, le système d'arme comporte :

Un radar de bord qui fournit des informations précises sur la cible avant le départ du missile, et une liaison de données de type Link16 assurant les mêmes fonctions en retransmettant vers l'avion tireur les informations d'un capteur porté par un autre aéronef.

  • Des systèmes d'identification des cibles à des distances compatibles avec la portée du missile.
  • Une manœuvrabilité suffisante du missile dans toutes les phases de vol, pour toutes les distances de tir, qui doit lui assurer une grande probabilité de destruction des cibles. 

La propulsion de ce missile est également un défi technologique du fait du concept retenu : celui d'un statoréacteur. Ce statoréacteur à propergol solide et à poussée régulée (Throttleable Ducted Rocket ou TDR) dans sa phase de croisière comporte un accélérateur à poudre intégré dans la chambre de combustion, ce qui permet de donner une impulsion initiale suffisante pour atteindre une vitesse compatible avec le fonctionnement du statoréacteur.

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Photos : 1Eurofighter au standard FGR4 Typhoon avec Storm Shadow @ Airbus DS

08/07/2018

La Chine veut développer un nouveau chasseur embarqué !

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Pékin veut développer un nouveau chasseur embarqué pour remplacer ses actuels Shenyang  J-15 « Flying Shark », qui sont en proie à des problèmes de sécurité et mécaniques.

Selon un rapport du South China Morning Post, citant le lieutenant-général de l'armée de l'air chinoise Zhang Honghe, un "nouveau chasseur embarqué pour porte-avions destiné à remplacer le J-15" est en cours de développement.

Le rapport poursuit en ajoutant que le type les actuel J-15, soit une copie chinoise du Sukhoi Su-33, a été impliqué dans quatre accidents et souffre d'une série de problèmes mécaniques. La flotte entière a été immobilisée quatre mois.

Il y a eu des spéculations persistantes sur le fait que l'AVIC FC-31 en développement deviendrait un avion embarqué, mais le statut de l'avion n'est pas clair. L’avionneur AVIC a suggéré qu'un acheteur étranger est nécessaire pour faire avancer le développement du l’avion.

La Chine dispose d’un porte-avions Liaoning, développé à partir d'un ancien bâtiment soviétique de classe Kuznetsov, le Varyag. Le pays a récemment lancé un navire jumeau construit localement, désigné Type 001A. Les deux sont des transporteurs à décollage court  de type « STOBAR », ce qui limite les types d'avions qu'ils peuvent transporter et leurs charges utiles.

En juin, une image est apparue sur les médias sociaux chinois, provenant apparemment d'une réunion de hauts responsables de la construction navale, d'un nouveau design de porte-avions avec trois catapultes. Le futur navire serait de type CATOBAR semblable à ceux exploités par la marine américaine.

Shenyang J-15 «Flying Shark» :

Le Shenyang J-15 «Flying Shark» est un avion de chasse embarqué sur porte-avions, dérivé du Sukhoi 33. Bien que pendant un certain temps les rumeurs faisaient état d’un appareil semi-furtif, celui-ci est en fait une copie chinoise, mais dotée d’un équipement entièrement indigène. Pour développer le J-15, la Chine a acquis un modèle de SU-33 en 2001, auprès de l’Ukraine. A ce propos, il faut rappeler que la Russie avait refusé de vendre ce type d’appareil et l’épisode ukrainien avait profondément enragé Moscou à l’époque.
La Chine a activement cherché à acheter des SU-33 en provenance de Russie, à de nombreuses reprises, l’offre a été faite en mars 2009, mais les négociations se sont effondrées en 2006, après qu'il fut découvert que la Chine avait développé une version modifiée du Su-27SK désigné Shenyang J-11B, en violation des accords de propriété intellectuelle.

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Photos :Le J-15 en service à bord du Liaoning@ CCTV

03/07/2018

La Russie commande le premier lot de Sukhoi Su-57

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L'armée russe a signé le premier contrat d'achat d'Etat pour un premier lot portant sur 12 avions de combat de cinquième génération Sukhoi Su-57 PAK-FA, a annoncé le vice-ministre de la Défense, Alexeï Krivoruchko.

"Le premier contrat pour 12 avions a été convenu, et les livraisons dans le cadre de ce contrat commenceront sous peu", a-t-il déclaré aux journalistes lors d'un point de presse à Komsomolsk-sur-l'Amour.

Evolution des standards :

Le standard de ce premier lot n’est pas précisé pour l’instant et devrait être de type présérie. Ces premiers appareils seront fournit dans une version de base qui va évoluer au fur et à mesure des lots. Dans un premier temps, ces appareils vont permettre aux Forces russe d’apprivoiser le nouvel avion et de préparer l’arrivée en nombre des suivants.

Le Sukhoi Su-57 :

Susceptible de venir remplacer l’actuel Su-27, le nouvel avion dispose d’un nombre considérable de nouveauté avec notamment le mode « Supercroisière », l’adjonction de la fusion des données et une signature radar réduite.

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Le Su-57 est doté d’une centrale de navigation inertielle BINS-SP2M à gyrolasers qui permet de gérer automatiquement les informations de navigation  et ceci même si le réception GPS (Glonass) ne fonctionne plus. L’avion dispose de commandes de vol électriques et multiplexées avec un système mécanique en « back-up » permettant de ramener l’appareil à destination en cas de défaillance généralisée du système électrique. Un système de communication S111-N avec deux radios cryptées UHF/VHF, une liaison de données complète le tout.

Les moteurs actuelles du Su-57 Izd117 ne sont pas déffinitifs et représente une variante fortement modernisée de l’AL-31F équipant le Su-27 Flanker.  Le futur moteur qui est encore aux essais, l’Izd 30 permettra le mode de la Supercroisière avec un rapport poids puissance supérieur avec la poussée vectorielle.

On notera que le Su-57 dispose d’une extension mobiles le LEVCON (Leading Edge Vortex Controllers)qui vient se positionner devant l’aile et permet de combiner l’effet des plans canards avec celui des extensions des bords d’attaques. Ce système permet à l’avion moins sujet à des pertes de portances lors d’angles d’attaques élévés.

Le Sukhoi Su-57 dispose de cinq radars intégrés développés par NIIP Tikhomirov MIRES (MultifunctionIntegrated Radio-Electronic System) ce dernier est composé de deux ensembles de capteurs principaux: soit le radar AESA en bande X N036 dans le nez, deux radar AESA en bande X N036B placés à côté du cockpit en amont, deux radars AESA en bande L N036L placés sur les bords d’attaques. De fait, le Su-57 peut "voir"  sur une plage de 270° autour de l’appareil. Les performances précises des radars ne sont pas encore connues malgré tout les premiers chiffres parlent d’une capacité de détection montant jusqu’à 400 Km (donnée estimée) en air-air et en fonction de la taille de la cible avec la possibilité de détecter 62 cibles et d’en engager 16 simultanément en air-air tandis que le système peut assurer l’engagement de 4 cibles en air-sol simultanément.

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En ce qui concerne la guerre-électronique, l’avion dispose du système de contremesures L402, soit un ensemble de nombreux capteurs qui assure une protection spécifique.

En ce qui concerne l’armement, l’avion emporte une vaste gamme de missiles air-air : K-74M2, K-77M et IZD80. Pour l’air-sol : le Kh-38M, Kh-58USK, Kh-59MK2 et KAB-250 sans oublier le BrahMos. Un canon GDh-301 de 30mm vient compléter l’équipement.

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Photos : Su-57 @ Sukhoi et Cockpit & schéma @ Air& cosmos