28/01/2020

La Pologne va commander le F-35 !

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Ce n’est pas véritablement un secret, mais cette fois la nouvelle est officielle, la Pologne a choisi son nouvel avion de combat avec le Lockheed-Martin F-35A « Lightning II ». Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak a annoncé la signature ce vendredi d’un contrat de 4,6 milliards de dollars portant sur 32 avions F-35A. Cette annonce clos les négociations sur le sujet.

Pas de concours :

Le marketing de Lockheed-Martin déjà bien placé avec le F-16 en Pologne a bien marché. Varsovie a choisi son nouvel avion sans prendre la peine d’organiser une compétition loyale comme actuellement en Finlande et au printemps dernier en Suisse. Peine perdue pour la concurrence, dont les avions européens n’ont pas eu la possibilité de montrer ce qu’ils ont dans le ventre.

Forte baisse de prix :

Pour s’assurer de la vente en Pologne, Lockheed-Martin a fortement cassé les prix. Au départ, la demande auprès du Gouvernement américain portait sur un montant de 6,5 milliards de dollars pour les 32 appareils. Au final, l’offre a été descendue à 4,6 milliards de dollars.

Que cache cette baisse de prix ?

Sans avoir tous les détails, il apparaît que l’offre ne comprend plus l’ensemble des systèmes connexes prévus au départ. L’armement, les pièces détachées, ainsi que les simulateurs ont donc été en partie exclu du protocole de vente. Seul, une petite partie va subsister.

On apprend que la Pologne va devoir en réalité investir près de 9 milliards de dollars pour ses futurs 32 F-35. Cela va comprendre, le complément des équipements connexes, ainsi que l’adaptation des bases aériennes qui seront équipées du nouvel avion.

Par ailleurs, la Pologne ne bénéficiera pas de compensations industrielles prévues au début des négociations.

Campagne agressive de Lockheed Martin :  

La Pologne est engagée dans un effort important de modernisation de son armée. La mise à jour de la flotte de F-16 était déjà une étape importante. L’avionneur américain Lockheed Martin a déployé de nombreux efforts pour convaincre Varsovie d’opter pour le F-35, plutôt que de commander un nouveau lot de F-16. La Pologne cherche depuis un certain temps à remplacer ses flottes de MiG-29 et Su-22 encore en service. Lockheed Martin souligne que le F-35 est le seul chasseur de la 5e génération actuellement produit en série et que ses capacités de combat sont uniques par rapport à ses concurrents. La campagne du F-35 en Pologne a débuté officiellement lors de l'événement MSPO 2015.

A cette époque, le directeur de Lockheed Martin responsable du développement commercial international du programme F-35 avait fait remarquer que les capacités de combat des jets de 5ème génération ne peuvent être comparées à celles des chasseurs de la génération précédente, tels que F 16. Grâce à la technologie furtive et au fait que tous les éléments du chasseur, y compris l'armement, le carburant ou les capteurs, sont dissimulés à l'intérieur du chasseur, l'avion devrait avoir plus de chances de survivre dans des conditions de combat denses et un environnement de défense adverse. Une autre caractéristique du chasseur F-35 est visible lors de l’utilisation de capteurs multi-spectres de pointe, notamment des 6 caméras infrarouges. Lockheed Martin a également fait valoir aux polonais que le radar actif phasé AN/APG-81 de type AESA qui permet de suivre les menaces aériennes et terrestres en même temps. Les jets vont opérer en utilisant une tactique de « groupe de loups » à quelques kilomètres de l’avion, ce qui permet à une petite quantité de chasseurs de contrôler de vastes zones. Les F-35 vont pénétrer dans les systèmes de défense de l'ennemi, ce qui permettra aux cellules de la 4ème génération de mener à bien leurs tâches. On le comprend, l’avionneur a fait jouer ici l’interopérabilité de son F-16 modernisé et du F-35 en tant que complément indispensable à l’aviation polonaise.

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Photo : F-35A @ USAF

27/01/2020

Finlande : essais du Rafale !

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Après l’Eurofighter, c’est le Rafale de Dassault Aviation qui est engagé dans le cadre des essais du programme HX Challenge finlandais. Une semaine complète est dédiée pour chaque candidat.  

Cadre des essais : 

Des missions air-air seront effectuées contre des avions finlandais Hornet et Hawk. La planification et l'exécution du HX Challenge sont gérées par l’Air Combat Center du Satakunta Air Command. Les agences de l'armée et de la marine participent également à l'évaluation de la capacité des candidats à soutenir les opérations terrestres et maritimes. Les exigences spécifiques du HX exigent que l'avion soit capable de mener des missions air-air, air-sol, air-mer et à longue portée, ainsi que des services de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et d'acquisition d'objectifs.

Baser l'évaluation en Finlande permet non seulement au ministère de la Défense de concevoir les tests de manière équitable pour tous les soumissionnaires, mais évalue également les performances et les capacités de chaque candidat dans l'environnement hivernal finlandais. Bien que l'avion a prouvé ses capacité pour des opérations par temps froid, des activités soutenues dans des combinaisons de températures glaciales, de neige, de pluie et de grésil ont inévitablement des effets néfastes et peuvent également affecter les performances des capteurs électro-optiques et autres.

Des tests supplémentaires peuvent être effectués ultérieurement par les fabricants dans leur propre pays et d'autres mesures seront évaluées à l'aide de simulateurs. Dans l'ensemble, le HX Challenge est conçu pour vérifier les performances déclarées de chaque candidat, plutôt que de les opposer les un aux autres dans un vol à cinq voies.

Le défi HX représente la première phase du processus d'évaluation des performances. La deuxième phase sera menée dans des simulateurs pour évaluer le succès des vols de quatre avions dans les missions clés énoncées dans l'exigence, sur la base des valeurs de performance vérifiées dans l'évaluation de vol. Une troisième phase verra comment les prétendants s'en sortent dans une évaluation de « Wargaming » à long terme.

Essais du Dassault Rafale :

Le 20 janvier dernier, deux Rafale F-3R biplace, l’un appartenant à la DGA et l’autre à Dassault Aviation se sont posés sur la base aérienne de Pirkkala. L’occasion de montrer les équipements qui composent le Rafale dont les missiles MICA et Meteor. On notera la présence de la nacelle de reconnaissance et de ciblage Thalios. En Suisse les Rafale avaient présenté la nacelle SNIPER. Pour Dassault, la Finlande représente comme la Suisse l’opportunité de présenter l’avion Rafale dans un environnement spécifique et de démontrer les qualités de l’appareil. Comme à son accoutumée le Rafale est offert sans restriction de performances et sans « Black Box ».

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Photos : Rafale au HX Challenge @ Finnish Air Force

 

 

 

 

26/01/2020

Le F-35 démontre les capacités de combat en réseau!

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Si, le programme F-35 est régulièrement montré du doigt pour ses multiples problèmes, il n’en reste pas moins que l’avion dispose de nombreuses capacités. Ces nouvelles capacités offertes grâces à la mise en réseau des nombreux capteurs de l’avion viennent d’ouvrir de nouvelles solutions. Lors d’essais menés en décembre dernier, le F-35 a démontré sa capacité à transmettre des données de ciblage sur de multiples menaces.

Des essais de ciblage ont eu lieu sur le polygone de tir de White Sands Missile Range en décembre dernier. Deux F-35 de l'US Air Force a été intégré au système de commandement de combat aérien et antimissile intégré (IBCS) de l'armée américaine, les avions de combat devaient fournir la capacité de détection aéroportée pour détecter, suivre et intercepter des menaces aériennes simultanées.

Les F-35 et l'IBCS ont été connectés via la liaison de données avancée multifonction MADL (Multi-Function Advanced Datalink system). Cette connexion devait valider l’usage du F-35 en tant que

capteur avancé, lors d'un test de tir réel de combat aérien intégré (ICBS) contre plusieurs cibles. Le test a démontré les compétences du F-35 à recueillir, analyser et de partager de manière transparente des informations critiques avec la force de combat conjointe pour diriger l'espace de combat dans un champ multi-domaines. Le résultat a permis de valider la capacité du F-35 à travailler en tant que capteur aéroporté susceptible d'intercepteurs des missiles aériens comme des missiles de croisière par exemple. Par ailleurs, l’engagement de F-35 a démontré sa capacité de contrer des menaces à basse altitude et évoluant sur un terrain masqué.

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Des capacités qui ouvrent de nouvelles voies :

Le F-35 est le premier à démontrer les nouvelles perspectives qui s’ouvrent dans l’évolution du combat aérien grâce à la mise en réseau des systèmes aériens au sol et sur mer. Très prochainement, l’ensemble des aéronefs (Advanced Super Hornet, Rafale F4, Eurofighter T4 et Gripen E) viendront s’ajouter à la liste des avions de combat qui vont révolutionner le champ de bataille et la perception de celui-ci. Mais de gros efforts vont devoir être réalisés au sein des forces armées avant que l’ensemble des systèmes ne puisse fonctionner complètement en réseau et de manière sûr.

Photo : F-35 @ USAF

 

14/01/2020

Tragédie du Boeing 737 ukrainien : révélatrice de la faiblesse du concept de la « double sécurité à moitié prix » du parti socialiste ?

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En cas de problèmes d’identification depuis le sol d’un avion dans un espace aérien ouvert au trafic civil, on ne peut pas faire de la police aérienne qu’avec des missiles sol-air. Pour la police aérienne, il faut disposer d’une flotte d’avions de chasse performants, pour pouvoir procéder à une identification visuelle de la cible en toutes circonstances.

L’AVIA romande rappelle que la police aérienne est d’abord un outil de sécurisation de l’espace aérien, en temps de paix comme de crises. C’est une mission des plus exigeantes.

Pour mener à bien de telles missions et assurer ainsi la sauvegarde de la souveraineté sur l’espace aérien suisse, à savoir identifier à temps un avion, sans engager la sécurité de l'appareil, de ses passagers et de la population, il faut disposer d’avions de chasse capables :

  • de décoller en urgence et de monter en altitude très rapidement (QRA15)
  • de voler à des vitesses supersoniques ( à plus forte raison dans un espace aérien réduit comme le notre)
  • d’intervenir de jour comme de nuit, par tous les temps, dans tous les environnements (à haute altitude comme au fond d’une vallée) et face à tout type de cible (rapide ou lente) *;
  • d’être interconnectés avec les systèmes et moyens militaires et civils en charge de la sécurisation de l’espace aérien**.

Non couplés à une flotte d’avions de combat performants, les systèmes de défense sol-air ne sont pas adaptés aux temps de paix ou de crises, car :

  • ils n’ont pas la disponibilité, la souplesse d’utilisation ni la réversibilité nécessaires ;
  • ce sont des moyens de guerre qui ne peuvent tirer que dans un espace interdit à la navigation aérienne, ou ne pas tirer ;
  • leur fiabilité dépend du type de cible à abattre et de son profil de vol ;
  • à moins d'aplatir la Suisse, l'électronique ne peut pas grand-chose dans un relief alpin : les radars ne voient pas à travers les montagnes.

La liste trop longue d’avions civils abattus en raison de l’absence de procédures de police aérienne telles que définies et pratiquées par les Forces aériennes suisses rappelle que mal pondérer l’engagement des moyens – comme dans le concept de « double sécurité à moitié prix » du Parti socialiste – peut entraîner des bévues. Est-ce un luxe qu’on peut se payer ?

Prétendre tout miser sur des systèmes de défense antiaérienne et accepter le risque d’une tragédie semblable à celle du Boeing B737 d’Ukrainian Airlines, c’est un luxe qu’on ne peut se payer au prétexte de vouloir économiser sur le budget de l’armée ou tenter de le réduire.

*Radar puissant capable d’opérer dans un environnement montagneux.

** Capacité de mise en réseau.

Sources : AVIA romande

La sécurité et la liberté n’ont pas de prix, l’espoir n’est pas une solution !

13/01/2020

Finlande : essais de l’Eurofighter !

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Comme notre pays, la Finlande est engagée dans un processus d’évaluation d’un nouvel avion de combat. Dans le cadre du programme HX Challenge, les cinq types d’avions vont être soumis à une série d'essais sur la base aérienne de Pirkkala. Chaque série de tests durera une période de sept jours.

Cadre des essais :

Des missions air-air seront effectuées contre des avions finlandais Hornet et Hawk. La planification et l'exécution du HX Challenge sont gérées par le Air Combat Center du Satakunta Air Command. Les agences de l'armée et de la marine participent également à l'évaluation de la capacité des candidats à soutenir les opérations terrestres et maritimes. Les exigences spécifiques du HX exigent que l'avion soit capable de mener des missions air-air, air-sol, air-mer et à longue portée, ainsi que des services de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et d'acquisition d'objectifs.

Baser l'évaluation en Finlande permet non seulement au ministère de la Défense de concevoir les tests de manière équitable pour tous les soumissionnaires, mais évalue également les performances et les capacités de chaque candidat dans l'environnement hivernal finlandais. Bien que l'avion lui-même ait tous été prouvé pour des opérations par temps froid, des activités soutenues dans des combinaisons de températures glaciales, de neige, de pluie et de grésil ont inévitablement des effets néfastes et peuvent également affecter les performances des capteurs électro-optiques et autres.

Des tests supplémentaires peuvent être effectués ultérieurement par les fabricants dans leur propre pays, et d'autres mesures seront évaluées à l'aide de simulateurs. Dans l'ensemble, le HX Challenge est conçu pour vérifier les performances déclarées de chaque candidat, plutôt que de les opposer les uns aux autres dans un vol à cinq voies.

Le défi HX représente la première phase du processus d'évaluation des performances. La deuxième phase sera menée dans des simulateurs pour évaluer le succès des vols de quatre avions dans les missions clés énoncées dans l'exigence, sur la base des valeurs de performance vérifiées dans l'évaluation de vol. Une troisième phase verra comment les prétendants s'en sortent dans une évaluation de « wargaming » à long terme.

Essais de l’Airbus DS Eurofighter « Typhoon II » :

Le 9 janvier dernier, les essais ont débuté avec le premier candidat. Deux Eurofighter Typhoon, soit un FGR.Mk 4 monoplace et un T.Mk 3 biplace en provenance de l'escadron n ° 41 de la RAF basé à Conningsby. Il s’agit de l’unité d'essai et d'évaluation de la RAF. BAE Systems est le principal partenaire d'Eurofighter pour la campagne en Finlande. La période de test de l’Eurofighter doit se terminer le 17 janvier.

Le choix :

À la fin de 2021, le ministère finlandais de la Défense devrait avoir sélectionné un nouvel avion de combat polyvalent pour remplacer le F/A-18C/D « Hornet » en service au sein de force aérienne finlandaise d'ici 2030.

Rappel :

Le gouvernement finlandais a publié une première demande de renseignements en avril 2016, suivie d'une demande de devis (RFQ) en octobre 2019. Une meilleure et dernière offre devrait être présentée plus tard cette année suite aux réponses à la RFQ. Bien que la capacité et les performances des chasseurs soient un facteur extrêmement important dans la décision de sélection, les coûts d'approvisionnement et de cycle de vie, la sécurité d'approvisionnement, les avantages pour l'industrie nationale et l'impact sur la politique de sécurité / défense nationale sont également des considérations majeures.

Note : Les Eurofighter à l’essais sont de la même unité que ceux qui étaient engagés en Suisse au printemps derniers.  

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Photos : Eurofighter TMK.3 / FGR.4 de la RAF à Pirkkala @ Finnish Air Force