13/10/2019

Helsinki dispose de 11 milliards pour son nouvel avion !

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Le gouvernement finlandais a fixé un plafond de 11 milliards de dollars américains pour l’achat du futur avion de combat a annoncé mercredi le ministère de la Défense. Le plafond financier comprendra le coût d'achat de nouveaux jets, de leurs armes et de divers systèmes au sol.

Le projet vise à remplacer la flotte actuelle de 64 avions de combat F/A-18C/D « Hornet » achetés aux États-Unis au début des années 90. Le ministre finlandais de la Défense, Antti Kaikkonen, a déclaré que le nombre de nouveaux avions à acheter pourrait être supérieur ou égal au niveau actuel et espérait qu’il ne serait pas inférieur.

Les bases du projet :

La Finlande ne veut pas sacrifier sa capacité d’engagement en temps de paix et doit pouvoir compter sur une dotation lui permettant un engagement sur de longs mois en cas de situation tendue au niveau international. Pour ce faire la Force aérienne veut un minimum de 64 nouveaux avions de combat multirôle, soit la même dotation qu’actuellement. Pour la Finlande il n’est pas question de sacrifier sa capacité d’action. L’avion doit pouvoir évoluer en réseau connecté avec les systèmes de défenses au sol et le reste de l’armée. A noter, que la Finlande estime que les coûts à l'heure de vol pourraient atteindre trois fois le montant du prix d'achat sur une période de 30 ans. Cette donnée sera prise en compte pour le choix final.

Les aéronefs en compétition:

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On retrouve une nouvelle fois les grands classiques du moment, avec le Lockheed-Martin F-35 «Lightning II», le Saab JAS-39 Gripen E MS21,  l’Eurofighter «Typhoon II» T3A/B Block20 et le Dassault Rafale F3-R, ainsi que le Boeing F/A-18 E/F « Advanced Super Hornet ». 

Essais techniques :

La Finlande a observé avec intérêt les essais des quatre avions effectués ce printemps dans notre pays à Payerne. Le pays procédera également à des tests techniques qui seront effectués en Finlande cet hiver.  Mais avant cela, le pays enverra des demandes d’offre plus détaillées aux candidats durant l’automne. Les dernières offres seront organisées en 2020. Le gouvernement finlandais fera son choix en 2021.

Le Hornet en Finlande : 

C’est en 1992 que la Finlande décida d’acquérir 64 F/A-18 C/D «Hornet» pour remplacer les bons vieux MiG-21 et Saab J-35 «Draken». A l’époque, les Hornet finlandais ne sont pas complètement équipés, notamment en matière de guerre électronique et d’avionique, ce qui avait permis à l’époque de faire baisser le prix d’achat. Mais dès le début des années 2000, la Finlande décida d’équiper ses « Hornet » des systèmes manquants. Depuis les « Hornet » finlandais ont reçu les missiles air-air à moyenne portée de type AIM-120 AMRAAM avec un système de système de visée plus performant et de doter ceux-ci, du système de guerre électronique AN/ALQ-67.

Le groupe de travail du ministère de la Défense finlandais a recommandé que la flotte de F/A-18C/D puisse entrer en retraite durant la période 2025-2030. A signaler, que la Finlande considère que le coût d'un programme d'extension de vie des « Hornet » est à la fois risqué et prohibitif.

Photos : 1 Hornet finlandais 2 avions en compétitions @ IILN

 

 

10/10/2019

F/A-18, il est devenu urgent de les remplacer !

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Selon un communiqué du DDPS, de nouvelles fissures ont été découvertes le mercredi 9 octobre 2019 à l'occasion des travaux d'inspection des volets d'atterrissage du F/A-18C/D « Hornet ». La conséquence en est une restriction de vol pour assurer la sécurité du vol. Pour cette raison, les manifestations prévues jeudi de l'armée de l'air suisse sur l'Axalp doivent être annulées.

De nouvelles fissures ont été découvertes mercredi aux volets d'atterrissage d’un F/A-18C/D. À titre de mesure immédiate, le commandant de la Force aérienne a ordonné une restriction de vol pour la flotte de «  Hornet » et l'inspection de tous les aéronefs de type F/A-18 des Forces aériennes.

Pour les opérations aériennes, les restrictions de vol signifient qu'aucune démonstration d'avion près du sol et aucune attaque au canon ne seront effectuées avant la fin de l'inspection avec l'avion correspondant. Il applique également une altitude minimale d'environ 1’000 mètres au-dessus du sol.

Malgré cette restriction de vol, les appareils F/A-18 sont disponibles pour le service de police de l’air (LP24).

Un problème connu :

L’ensemble de la flotte de Hornet a été soumis à un contrôle suite aux fissures découvertes fin janvier 2018 sur une charnière d’un volet d’atterrissage d’un F/A-18C. L’inspection des charnières en question a fait apparaître des fissures sur cinq appareils.

Une charnière fissurée avait été découverte sur un volet d’atterrissage d’un F/A-18C lors d’un contrôle intermédiaire. Il avait alors été décidé, à titre préventif, de soumettre les 30 F/A-18 des Forces aériennes à une inspection des charnières.

Les avions ont été réparés les uns après les autres. C’est l’entreprise RUAG qui a procédé à la réparation du F/A-18 dont la charnière était la plus endommagée.

Un travail de deux à trois heures est requis par appareil en moyenne, préparatifs compris. Pour ce faire, on utilise un appareil spécial permettant de détecter les fissures même les plus minimes. Il s’agit là, d’une analyse dite non destructive des microstructures.

Une prolongation limitée :

Après le rejet par le peuple du projet d’acquisition de l’avion de combat Gripen en 2014, le Parlement a approuvé la prolongation de la durée d’utilisation de la flotte des F/A-18, la faisant passer de 5’000 à 6’000 heures par avion. Cette mesure doit permettre de combler les lacunes jusqu’en 2030. Dans ce cadre, il est notamment prévu d’assainir la structure de ces avions âgés d’une vingtaine d’années.

En été 2018, RUAG a pu réviser un premier appareil, qualifié de prototype, en l’espace de quatre mois. Concernant les cinq appareils suivants, les travaux dureront sensiblement plus longtemps que prévu. Ce retard est dû à des problèmes qui n’avaient pas encore été rencontrés à ce jour et remonteraient à l’époque de leur construction, à la fin des années 90 ; ils n’ont été pour l’instant que partiellement résolus. C’est ainsi que certaines pièces de rechange ne sont pas adaptées à la structure des avions. Le retard encore indéfini ainsi provoqué dans l’assainissement de cette structure a aussi des conséquences sur le reste de la flotte dans la mesure où cela bloque, chez RUAG, les capacités dévolues aux travaux de maintenance qui surviennent régulièrement.

La situation :

En conséquence, les Forces aériennes disposent de moins d’appareils pour assurer le service de vol : actuellement, ils sont dix sur les trente de la flotte de F/A-18, quand il en faudrait idéalement douze ou même quinze. Il faut s’attendre encore à d’autres situations de réduction de la disponibilité des avions de combat jusqu’en 2024, année prévue pour la fin du programme d’assainissement. Les F/A-18 prêts à voler suffisent cependant pour assurer, en tout temps, le service de police aérienne et les opérations de protection des conférences.

L’armée et RUAG font leur possible pour maintenir la disponibilité de la flotte à un niveau satisfaisant. Des travaux sont actuellement en cours pour que RUAG et les Forces aériennes puissent éventuellement disposer de ressources supplémentaires.

En conclusion:

La prolongation demandée de la flotte de F/A-18 n’est pas une solution à long terme. La flotte de F/A-18 est de plus en plus mise à contribution. En résulte une fatigue accrue des cellules et une obligation de renforcement de celles-ci. Cette situation et complexe et ne peut qu’être que provisoire. Le besoin d’une nouvelle flotte d’avions de combat devient inexorablement URGENT !

Note : Les « Hornet » suisses volent en  moyenne 200 heures par années contre à peine 180 pour l’US Navy. Une heure de vol en Suisse est constituée à 80% en vol de combat ou l’avion est utilisé à pleine capacité (accélération et forts G ayant un impact sur la structure). Aux USA, 50% d’une heure de vol est constituée d’un vol de convoyage (sans fatigue particulière pour la structure de l’avion) pour se rendre sur le site d’entrainement.

Photo : Les Hornet suisses sont très sollicités lors des entrainements@ DDPS

08/10/2019

Dassault livre le premier Rafale à l’Inde !

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L’armée de l’air indienne a pris livraison de son premier avion Rafale ce mardi 8 octobre, lors d’une cérémonie sur le site de Dassault de Mérignac. Les appareils voleront pour la première fois dans le ciel indien à partir de mai 2020, indique le 5 octobre au patron de l’armée de l’air indien RKS Bhadauria. L’événement de Mérignac, en présence du ministre de la Défense indien Rajnath Singh, est hautement symbolique.

Rappel :

Le contrat Rafale, a été signé en septembre 2016 pour un montant de 7,9 milliards d’euros pour 36 appareil. L’Inde aura mis Paris et Dassault aviation au pied du mur pour obtenir une forte réduction du prix. Cette demande enterrait un précédent appel d'offres de 126 avions de combat pour lequel Dassault était en négociations exclusives avec l'Inde depuis 2012. Mais les tractations n'avaient jamais abouti. A noter que l’Inde semble avoir obtenu une baisse du prix tout en gardant un les standards négociés à l’époque pour 126 avions. En effet, les négociations de départ semblaient débuter à près de 10 milliards d’euros sans armement. 

Pas d’irrégularité :

Selon la Cour suprême l’absence de toute irrégularité dans le processus décisionnel concernant l’achat de 36 Rafale, le prix et la sélection, par Dassault Aviation, des partenaires indiens du programme de compensations industrielles (offset), dont la société Reliance Defence appartenant à M. Anil Ambani.

« L’accord est totalement conforme aux lois et règles indiennes, comme je l’ai déjà déclaré, et le premier élément de Falcon vient de sortir de notre usine de Nagpur pour être livré », a déclaré Eric Trappier, Président-Directeur général de Dassault Aviation.

Dassault Aviation s’engage à mettre pleinement en œuvre le programme « Make in India » du Premier ministre Modi. À ce titre, Dassault Aviation assurera de la production en Inde par le biais de la Joint Venture Dassault Reliance à Nagpur, ainsi qu’au travers d’un vaste réseau d’approvisionnement comprenant déjà une trentaine d’entreprises avec lesquelles Dassault Aviation a signé des contrats, et une soixantaine d’autres pour lesquelles des discussions sont en cours.

Dassault a répondu à la demande indienne :

Selon les termes du nouveau contrat, l'avionneur français s'est associé avec un partenaire indien, Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani. Cette société n'avait pourtant aucune expérience préalable dans l'aéronautique. Dassault a déjà investi plus de 100 millions d'euros dans sa co-entreprise avec Reliance à la suite du nouvel accord. En agissant ainsi l’avionneur français n’a fait que répondre favorablement à une demande indienne précisée d’emblée dans le cahier des charges. Le choix de la société Reliance est du à la volonté du gouvernement indien. 

Comme je l’expliquais dans un article du 9 août dernier, il n’y pas de problème avec le contrat « Rafale » en Inde, mais l’enjeu politique est tel, que celui-ci pouvait faire basculer le choix des urnes. Du côté de l’IAF, on s’est montré inquiet, car un nouveau retard aurait été une véritable catastrophe pour la modernisation de celle-ci. 

Le combler un vide :

Pour l'Armée de l'Air indienne, il devenait urgent de combler le vide qui se creusait chaque jour un peu plus avant l’arrivée du Tejas. Pour cela, il est évident que seul l’avion français était en mesure de venir remplacer rapidement les bons vieux MiG-21 à bout de souffle. La commande de 36 avions Rafale de Dassault Aviation est donc très attendue chez les pilotes indiens. Cependant la demande en nouveaux avions de combat pour l’IAF reste très importante, le marché est donc encore particlulièrement attractif pour les avionneurs et Dassault qui espère obtenir d’autres commandes.

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Photos : Cérémonie de remise chez Dassault@ Dassault

 

23/09/2019

L’Air National Guard reçoit ses premiers F-35 !

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La Garde Aérienne Nationale des Etats-Unis a réceptionné ses premiers avions de combat Lockheed-Martin F-35A sur la base aérienne du Vermont à Burlington.

« L'arrivée du F-35 est une étape importante pour les Green Mountain Boys de la Garde nationale aérienne du Vermont et de l'état du Vermont. L'incroyable travail acharné et le dévouement de nos aviateurs et le soutien de nos familles et de la communauté nous ont permis de vivre ce moment », a déclaré le colonel David Smith, du 158e Fighter Wing commander.

Avec la technologie furtive, des capteurs de pointe, une vitesse supersonique le F-35 est l'avion le plus avancé, et connecté survivable dans le monde. Plus qu’un avion de chasse, la capacité du F-35 permet de recueillir, d’analyser et de partager des données. Il est un puissant multiplicateur de force qui améliore tout dans l'air, à la surface et pour le combat terrestre.

Deux appareils ont été livrés sur un total de 18 aéronefs. Sept nouveaux F35 arriveront dans le Vermont jusqu'à fin 2019. Avec l’arrivée de F-35A sur la base de la Garde nationale aérienne du Vermont, les F35 fonctionnent maintenant à partir de 19 bases dans le monde entier. Plus de 425 F-35 ont été livrés et plus de 890 pilotes et 8.230 personnes du service de maintenance ont été formés. Huit pays ont opérèrent le F-35  sur leur sol et sept ont déclaré sa capacité opérationnelle initiale. 

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Photos : Premiers F-35A l’Air National Guard@ LM

 

12/09/2019

Pologne, un pas de plus en direction du F-35 !

 

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Washington confirme avoir autorisé une vente possible portant sur un total de 32 avions de combat Lockheed-Martin F-35 pour la Pologne. Le montant de la transaction est estimé à 6,5 milliards de dollars. Le contrat comprend également 33 réacteurs Pratt & Whitney F-135, l'armement les équipements connexes.

Campagne agressive de Lockheed Martin :  

La Pologne est engagée dans un effort important de modernisation de son armée. La mise à jour de la flotte de F-16 était déjà une étape importante. L’avionneur américain Lockheed Martin a déployé de nombreux efforts pour convaincre Varsovie d’opter pour le F-35, plutôt que de commander un nouveau lot de F-16. La Pologne cherche depuis un certain temps à remplacer ses flottes de MiG-29 et Su-22 encore en service. Lockheed Martin souligne que le F-35 est le seul chasseur de la 5e génération actuellement produit en série et que ses capacités de combat sont uniques par rapport à ses concurrents. La campagne du F-35 en Pologne a débuté officiellement lors de l'événement MSPO 2015.

A cette époque, le directeur de Lockheed Martin responsable du développement commercial international du programme F-35 avait fait remarquer que  les capacités de combat des jets de 5ème génération ne peuvent être comparées à celles des chasseurs de la génération précédente, tels que F 16. Grâce à la technologie furtive et au fait que tous les éléments du chasseur, y compris l'armement, le carburant ou les capteurs, sont dissimulés à l'intérieur du chasseur, l'avion devrait avoir plus de chances de survivre dans des conditions de combat denses et un environnement de défense adverse. Une autre caractéristique du chasseur F-35 est visible lors de l’utilisation de capteurs multi-spectres de pointe, notamment des 6 caméras infrarouges. Lockheed Martin a également fait valoir aux polonais que le radar actif phasé AN/APG-81 de type AESA qui permet de suivre les menaces aériennes et terrestres en même temps. Les jets vont opérer en utilisant une tactique de «groupe de loups»  à quelques kilomètres de l’avion, ce qui permet à une petite quantité de chasseurs de contrôler de vastes zones. Les F-35 vont pénétrer dans les systèmes de défense de l'ennemi, ce qui permettra aux cellules de la 4ème génération de mener à bien leurs tâches. On le comprend, l’avionneur a fait jouer ici l’interopérabilité de son F-16 modernisé et du F-35 en tant que complément indispensable à l’aviation polonaise.

La tactique de l’avionneur semble donc avoir fait mouche dans les hautes sphères de Varsovie, laissant une fois de plus les concurrents sur le banc de touche. Bien que rien ne soit encore signé, il semble que la Pologne ne s’intéresse pas aux nombreux problèmes de l’avion ni de la protection des données du client.

Photo : F-35 @ Lockheed Martin