18/06/2018

Avions de combat, Bruxelles tente de reprendre la main !

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Après les nombreuses critiques survenues sur la manière de gérer le dossier de remplacement de la flotte d’avions de combat Lockheed-Martin F-16 AM/BM « Fighting Falcon », le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé en fin de semaine dernière un changement important dans le processus de sélection opérés par l'armée de l'air belge. Le choix final est pour l’instant repoussé à la mi-octobre.

Prolongation des F-16 et étude du Rafale :

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré que la Belgique allait évaluer de manière approfondie la mise à niveau de la flotte de F-16 ainsi que l'offre française basée sur le Rafale Dassault. Selon le Loi belge, l’option d’une offre hors concours peut être acceptée à la condition que les produits proposés au sein de l’offre officiel ne répondent pas correctement au cahier des charges. Cependant, le pays n’ayant pas donné d’avis sur les offres du F-35 et de l’Eurofighter, le gouvernement belge prend une initiative osée qui pourrait fâcher les deux avionneurs en course.

 Trois options :

Trois options vont être ouvertes en Belgique : l'extension de la durée de vie des F-16, l'achat de l'un des deux avions participant au concours RFGP en cours, à savoir l'Eurofighter et le Lockheed-Martin F-35, ainsi qu'une troisième option, la proposition française sur avec le Rafale.

A noter au passage qu’en choisissant l’option européenne de l’Eurofighter ou du Rafale, la Belgique se positionnerait directement en vue du futur avion de combat européen.

Reprendre la main :

Cette décision du Premier Ministre devrait permettre d’éteindre l’incendie de l’épineux dossier pour les prochaines semaines et satisfaire les partis d’oppositions au moins jusqu’à la fin de l’été. Reste qu’il va falloir étudier le dossier complet du Rafale qui n’a pas encore été transmis. En même temps, au vues des critiques du dossier, il aurait été ridicule de ne pas tenir compte de l’offre française qui est en soi aussi bonne que celle d’Airbus (Rafale = 5'000 emplois et 20 milliards d’euros de compensation, Eurofighter = 6'700 emplois et 19,3 milliards d’euros de compensation). Mais l’atout du Rafale se trouve notamment dans le rapport coût/efficacité plus avantageux avec une maintenance plus faible.

Pour autant, quelque soit le choix final, le Gouvernement belge devra essuyer les pots cassés. Car en cas de choix du Rafale ou d’une hypothétique extension de vie des F-16 les deux avionneurs Lockheed-Martin et Airbus pourraient attaquer la décision en justice. A l’inverse, un refus du Rafale serait moins problématique, mais laisserait un goût amer à beaucoup de monde. On peut se demander, si au final, il ne serait pas plus judicieux de recommencer à zéro le concours avec l’ensemble des protagonistes et permettant également à Boeing et Saab de revenir en course. Une nouvelle compétition ou tous les aéronefs auraient des chances de se présenter sur un même pied d’estale serait également bon pour l’image du gouvernement belge.

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Photos 1 F-16 belges 2Les avions officiels : F-35 et Eurofighter, le Rafale en offre parallèle

 

 

 

 

 

 

28/05/2018

La Turquie menace d’acheter des Su-57 !

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Les tensions entre Washington et Ankara sont entrées dans une nouvelle phase, en cas de non livraisons des avions de combat Lockheed-Martin F-35A, Ankara menace de se tourner en direction du Sukhoi Su-57.

Les faits :

Selon le calendrier initial de l’avionneur américain, Ankara devrait réceptionner son premier avion de chasse F-35 des Etats-Unis en juin prochain. Mais les législateurs américains ne l’entente pas de cette oreille et tentent de ralentir la livraison, sinon de l’annuler. Car pour les membres du Congrès, il n’est pas question de vendre le fleuron de l’aviation américaine sans avoir obtenu les réponses du rapport du Pentagone analysant les tensions entre les deux pays.

Les sénateurs américains ont appelé à l'exclusion de la Turquie du programme JSF, citant le bilan d'Ankara en matière de droits de l'homme.

Les tensions ont encore augmenté par rapport à l'achat prévu par la Turquie d'un système de défense russe S-400.

Rappel :

La Turquie devrait acheter plus de 100 F-35A dans le cadre d'un programme multinational dirigé par les États-Unis. Ankara exploite actuellement une importante flotte de F-16, qu'elle a utilisée dans des opérations contre des positions des Unités de protection du peuple (YPG) dans les bases du Parti des travailleurs d'Afrin et du Kurdistan (PKK) dans la région nord du Kurdistan. Et en Syrie.

Réaction d’Ankara :

Mais Ankara a juré de riposter face à toute tentative de restriction en matière d’exportation de matériel militaire. Il semble que la visite du président russe Vladimir Poutine en avril dernier en Turquie a inclus des discussions delivraison en ce qui concerne le Sukhoi Su-57.

 

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Photos : 1 Su-57 @ Sukhoi F-35 @ USAF



22/03/2018

Belgique, cacophonie et suspicion sur le remplacement des F-16 !

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« L’affaire des F-16 » tel est le nouveau titre du programme de remplacement du vaillant « Fighting Falcon » en Belgique. Nous voici entrés dans une nouvelle phase, dont les politiques de ce pays se seraient bien passés.

Rappel des faits :

Durant l'été 2016, un membre de l'armée a été informé par le constructeur Lockheed-Martin que les chasseurs F-16 pouvaient rester en activité plus longtemps que prévu. Lorsqu'il informe son supérieur hiérarchique, le colonel Letten, c'est le commandant de la composante Air belge, Frederik Vansina, qui va directement se renseigner auprès Lockheed-Martin. Dans le même temps, on va conseiller, par courriel, à l'informateur de rester prudent: "Tant que personne ne pense que les F-16 peuvent voler plus de 8'000 heures. Fais bien attention". 

Le ministre sur la défensive :

Pour le ministre Steven Vandeput, la réponse ne fait aucun doute: « oui et vite ! C'est dans un tel contexte d'urgence, sachant que nos F-16 doivent, nous dit-on depuis le début, être retirés de la circulation à partir de 2023 qu'un appel d'offres a été lancé voici un an. Appel d'offres qui, je l'ai dit maintes fois, s'avère de plus en plus orienté, partial et quelque peu improvisé ».

Et d’ajouter : « On apprend maintenant que la durée de vie de nos appareils pourrait être sensiblement plus longue que celle avancée jusqu'ici pour justifier l'urgence de leur remplacement. C'est du moins ce qu'affirme le constructeur Lockheed-Martin lui-même dans un rapport remis à la Défense belge en avril 2017.

Le ministre de la Défense se défend d'avoir eu connaissance d'un tel document et dénonce une "erreur majeure d'appréciation" de la part des gestionnaires de la flotte. Une enquête interne et externe est en cours afin de déterminer les responsabilités autant que les causes de ce manquement. Pour l'heure, il est évident que cela porte un coup sérieux aux termes de l'appel d'offres ainsi qu'à sa poursuite.

Collusion d’un fonctionnaire avec un avionneur :

De plus, il apparaît que le ministre de la Défense Steven Vandeput a licencié l'an dernier son chef de cabinet adjoint, après qu'il est apparu qu'il a eu des contacts avec Lockheed-Martin, confirme la porte-parole du ministre.

Que dit le fameux rapport :

Le rapport fournit par l’avionneur Lockheed-Martin porte sur la structure des F-16 et des faiblesses dues aux criques. Lockheed indique que l’analyse est délicate du fait de méthodes calquées sur celles utilisées pour les flottes de F-16 Block 30, hors les belges sont au Block 15MLU, mais aussi que l’état des enregistreurs de vol n’a pas toujours permis d’avoir des données fiables.

Il est de notoriété qu’il est parfaitement possible d’augmenter le nombre d’heure de vol d’un appareil. Mais à quel prix ? On parle de 1 milliard de dollars ! Dans le cas des F-16 Belges l’avionneur parle de 6 années, soit le temps qu’il faut pour équiper la Force aérienne belge (FAB) avec un nouvel appareil. Est-ce donc utile ? Pas vraiment, d’autant plus que l’argent serait mieux investit dans l’achat du futur aéronef. Bref cette histoire d’heures de vol, n’est en soi, pas si importante. Mais, elle le deviendrait en cas de retard du choix, car il faudra, alors combler les besoins de la FAB en attendant l’arrivée du nouveau destrier.

Le vrai problème :

Le véritable problème dans cette compétition provient de la connivance entre l’ancien adjoint du ministre de la Défense et l’avionneur américain. Les déclarations du Ministre vont d’ailleurs dans ce sens, lorsqu’il parle de l’appel d’offre. De plus, l'avionneur américain Lockheed-Martin n'a-t-il pas justement jouer un jeu pour mieux faire passer son F-35 en remplacement des F-16 au plus vite?

Finalement, on ne sera pas étonné de voir le gouvernement belge reporter le choix de son futur avion de combat à une date ultérieure, une chance peut-être, pour les avionneurs européens !

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Photos : 1 F-16 Belges @ FAB 2 F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

23/02/2018

Canada, on reprend les mêmes !

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La nouvelle saison du remplacement des Boeing CF-18 « Hornet » est ouverte, le gouvernement canadien a annoncé que avionneurs sont annoncés pour entamer peut-être la dernière ligne droite en vue de la modernisation de la Royal Canadian Air Force.

Boeing en course :

La liste officielle des fournisseurs du FFS (Future Fighter Capabilities Project) confirme le retour de l’américain Boeing. Le litige entre les deux pays à propos des CSeries de Bombardier étant clos, plus rien n’empêche l’avionneur de concourir aujourd’hui.

Consultations de l’industrie canadienne :

Le Canada continuera de mobiliser les intervenants de l’industrie afin de recueillir et d’échanger des renseignements généraux en lien avec ce marché. Ainsi, les industries canadiennes de l’aérospatiale et de la défense seront bien positionnées pour y participer.

Innovation, Science et Développement économique Canada peut faciliter l’établissement de partenariats entre les gouvernements étrangers et l'industrie canadienne. Il peut aussi, sur demande, faciliter les contacts avec les sociétés d’État, comme la Corporation commerciale canadienne ou Exportation et Développement Canada.

Évaluation des propositions relatives :

Les propositions seront rigoureusement évaluées en fonction des coûts, des exigences techniques et des avantages économiques. L'évaluation des soumissions sera assortie d’une évaluation de l'incidence globale des soumissionnaires sur les intérêts économiques du Canada.

À l’étape de l'évaluation des soumissions, tout soumissionnaire jugé responsable d'un préjudice causé aux intérêts économiques du Canada sera nettement désavantagé. Ce critère, ainsi que les lignes directrices qui en régiront l’application aux grands projets comme outil d’approvisionnement permanent, font actuellement l’objet de consultations distinctes. Les responsables à cet égard ont déjà rencontré les représentants des associations des industries de l’aérospatiale et de la défense, et au cours des prochains mois, ils continueront de consulter différents intervenants sur l’amélioration du critère. Tous les fournisseurs seront assujettis aux mêmes critères d'évaluation.

Mais pour les avionneurs annoncés, il faut encore attendre de connaître le nouveau cahier des charges canadien avant de décider de répondre à celui-ci avec des offres. Par ailleurs, le nouveau calendrier pour l’attribution du futur contrat est prévu pour 2021 ou 2022. Le gouvernement canadien prévoit de commencer à recevoir de nouveaux chasseurs en vertu du contrat en 2025, avec une capacité opérationnelle initiale prévue six ans plus tard.

Une question subsiste : 

L'actuel gouvernement n'a pas commenté l'épineuse question de l'engagement financier du Canada par l'ancien gouvernement Harper en ce qui concerne le F-35, ni de l'impact de celui-ci sur l'avenir et le choix de la compétition.

Les avions potentiellement engagés :

On reprend les mêmes, soit deux américains et trois européens :

Lockheed-Martin F-35A « Lightning II »

Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet »

Dassault Aviation Rafale

Airbus DS Eurofighter « Typhoon II »

Saab JAS-39 Gripen E

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Photos : CF-18 Canadiens @ RCAF

 

 

20/02/2018

Saab confirme la livraison du Gripen E pour 2019 !

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L’avionneur suédois Saab confirme être sur la bonne voie pour livrer les premiers exemplaires de série du Gripen E au troisième trimestre de l'année prochaine.

"Nous allons nous en tenir au plan et livrer les deux premiers avions à l'armée de l'air brésilienne et à l'armée de l'air suédoise l'année prochaine", a déclaré Håkan Buskhe, directeur général de Saab. "Les choses se passent comme prévu", a-t-il déclaré en discutant des résultats financiers de la société le 16 février dernier.

Mieux que prévu :

Les tests et l'évaluation du premier avion Gripen E de pré-série n°39-8 se passent extrêmement bien. L’avionneur confirme que les données obtenues sont encore meilleures que les prévisions. Peu d’informations ont filtré en ce qui concerne ces résultats et semblent concerner l’ensemble des systèmes de l’avion. On apprend que l’antenne du radar AESA (Active Electronically Scanned Array)  ES05 «Raven» se montre particulièrement efficace, lorsqu’il faut suivre les cibles indépendamment des volumes de recherche et ceci grâce à des améliorations en ce qui concerne le contrôle du faisceau d’antenne.

Par ailleurs, les essais de préparation en vol ont permis de valider un temps de rotation entre les missions de seulement dix minutes.

L’appareil de pré-série sera rejoint par le second modèle (39-9) prochainement et le troisième (39-10) au début de 2019.

 

Un prix pour son inventeur :

Le Prix de l'innovation Saab 2017 est allé au Dr Henrik Holter pour son invention d'une nouvelle antenne en phase, qui est au cœur du système de guerre électronique de Gripen E.

"Mon invention est une ouverture d'antenne multidimensionnelle à large bande pour les systèmes AESA modernes", explique Henrik.

« L'ouverture de l'antenne a été spécialement développée pour les systèmes de guerre électronique à large bande ».

L’Inde, la Finlande et la Suisse dans le viseur :

Concernant les ventes potentielles à venir, l’avionneur suédois dit vouloir se concentrer avec le Gripen E en direction de l’Inde, le Finlande et de la Suisse. Pour les versions plus anciennes de type C/D le constructeur annonce pouvoir conclure prochainement de nouvelles ventes, sans en dire plus.

 

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Photos : Gripen E @ Saab S. Kalm