23/05/2020

L’A380 en sursis chez Emirates !

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L’airbus A380 ne sera bientôt plus qu’un vague souvenir dans le ciel. Annoncé en février 2019, l’avionneur européen avait annoncé la fin de la production de l’A380. De nombreuses compagnies aériennes ont débuté le retrait du « Super Jumbo » depuis quelques mois et ce retrait s’accentue avec la crise du COVID-19.

Arrêt chez Air France :

Cette semaine, Air France a effectué le dernier vol mercredi avec l’A380 et ceci avec deux ans et demi avant la date prévue. La reprise du trafic aérien se prépare, mais il sera très difficile dans les 12 prochains mois de remplir l’énorme avion qui souffrait déjà de sa capacité en temps normal.

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Trop grand, trop de concurrence :

Airbus voulait refaire la « Succes Story » du B747, mais c’est raté, les conditions de concurrence ne sont plus les mêmes qu’à la fin des années soixante. L’A380 n’est en fait pas rentable et plus gourmand en kérosène et plus polluant que les dernières générations d’avions long-courriers. Sauf, une remotorisation aurait pu sauver l’avion, mais elle n’aurait pas pu compenser la souplesse des gros-bimoteurs face à la demande très concurrentiel des passagers.

L’A380, le pari raté :

L’A380 ne séduit pas les transporteurs et le  « super avion » ne pourra pas reproduire le fantastique succès de l’époque du B747. D’une part, l’avionneur européen a surestimé l’évolution du marché des avions très gros-porteurs et n’a pas anticipé le développement des nouveaux appareils biréacteurs. A l’époque du lancement du programme A380, son concurrent américain Boeing avait hésité à lancer un « Super 747 », mais finalement les analystes de Boeing avaient conclu, qu’il était préférable d’opter pour un gros bimoteurs, soit le B787.

Emirates Airlines retarde l’inévitable :

Pourtant, il sera possible de voler et de le voir filer encore dans le ciel, le majestueux A380 grâce à Emirates Ailines. Selon l’annonce faite par la compagnie, l’A380 va continuer de voler au sein de la compagnie.  Avec un total de 115 A380 Emirate, est le porte-drapeau du « Super Jumbo ». Si certains seront stockés à long terme » d’autres vont revoler. Pour Emirates, l’A380 garde sa place au sein du réseau international du transporteur à l'échelle qu'il avait auparavant.

Mais attention, l’avenir de l’A380 au sein d’Emirates Airlines n’est pas sans nuages, le 4 juin 2019, le transporteur mettait en place le remplacement de ce dernier avec un retrait progressif. Si les A380 en services sont encore jeunes, le dernier avion devant être livré en 2021 et l’âge moyen de la flotte de moins de dix ans, la compagnie retirera sa flotte de « Super Jumbo ». Les A380 seront remplacés par le Boeing B777-9 (115 en commande) la plus grande variante de la famille B777. Le remplacement de l’A380 doit permettre au transporteur de mieux s’adapter à la demande en disposant de plus de flexibilité en ce qui concerne les options de route disponibles.

Certes, l’A380 restera encore en service au sein de la compagnie, avec les derniers appareils livré. Mais le fleuron d’Airbus ne représentera bientôt plus qu’une flotte inférieure à 50 appareils en comparaison des 115 avions en service actuellement.

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Photos : 1 & 3 A380 Emirates Airlines @ EA 2 A380 Air France @ AF

 

 

 

 

01/05/2020

Le second B777X a pris son envol !

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Enfin une bonne nouvelle pour l’aviation et Boeing, hier l’avionneur américain a effectué le premier vol du deuxième avion de type B777X. Le capitaine Ted Grady, pilote du projet 777X, et le capitaine Van Chaney, pilote en chef du 777 / 777X, ont volé pendant 2 heures et 58 minutes au-dessus de l'État de Washington avant d'atterrir au Boeing Field de Seattle à 14h02.

Désigné WH002, cet avion est le deuxième de quatre d'une flotte dédiée aux essais en vol et testera les caractéristiques de maniabilité et d'autres aspects des performances de l'avion. Une gamme d'équipements, de capteurs et de dispositifs de surveillance ont été installés dans toute la cabine et permet à l'équipe à bord de documenter et d'évaluer la réponse de l'avion aux conditions de test en temps réel.

Le plan de test du B777X présente une série complète de tests et de conditions au sol et dans les airs pour démontrer la sécurité et la fiabilité de la conception. À ce jour, les équipages ont piloté le premier avion pendant près de 100 heures à divers réglages de volets, vitesses, altitudes et réglages de système dans le cadre de l'évaluation initiale de l'enveloppe de vol. La navigabilité initiale étant désormais démontrée, l'équipe peut ajouter du personnel en toute sécurité pour surveiller les tests à bord au lieu de s'appuyer uniquement sur une station de télémétrie au sol, déverrouillant les tests à de plus grandes distances.

Le B777X :

Le B777X est le plus grand biréacteur jamais construit dans le monde. L'avion offre une consommation de carburant inférieure de 12 % et des coûts d'exploitation inférieur à 10% par rapport aux avions concurrents.  Le B777X dispose des dernières technologies, telles que le moteur commercial le plus économe en carburant jamais produit à ce jour. Le General Electric GE9X associé à au tout nouveau design d'aile composite qui fournit une meilleure efficacité. L’avion est doté des bouts d'ailes pliables « WINGSPAN ». En outre, les bouts d'ailes pliants permettent au B777X de maintenir la compatibilité au sein des aéroports avec la famille B777 existante. 

Par ailleurs, le nouveau B777X dispose des fonctionnalités en cabines qu’apprécient les passagers des Boeing B777 et B787 comme une cabine large et spacieuse, des coffres de rangement supérieurs volumineux qui se referment facilement, des hublots de grande taille, une pressurisation en cabine plus confortable, une hygrométrie accrue, un niveau sonore réduit et un vol moins sujet aux turbulences grâce à de nouvelles technologies de stabilisation.

Boeing prévoit de livrer le premier 777X en 2021. À ce jour, le 777X totalise 340 commandes et engagements d’achat de la part de huit clients majeurs du monde entier : ANA, British Airways, Cathay Pacific Airways, Emirates, Etihad Airways, Lufthansa, Qatar Airways et Singapore Airlines.

Boeing a investi environ 5 milliards de dollars dans le programme du B777x et n'a donc pas le droit à l'erreur après les deux accidents liés à un défaut de conception logicielle du B737 MAX.

Le programme du B777X a été retardé d'un an du fait de problèmes de développement de General Electric avec les réacteur GE9X particulièrement puissants pour propulser cet avion. Le vol inaugural était initialement prévu pour l'été 2019.

Les premières livraisons des B777X sont prévues pour 2021. Emirates devrait être la première compagnie aérienne à recevoir le B777X. Ce transporteur est le plus important client du B777X avec 150 exemplaires en commande.

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Photos : 1 Vol inaugural du second B777X 2 le premier B777X @ Boeing

 

 

 

 

25/03/2020

Boeing prépare le redémarrage du B737 MAX !

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L’avionneur américain s’active malgré la crise du Coronavirus en vue du redémarrage de la production du B737 MAX en mai prochain. En parallèle, il s’agit également de mettre à jour les dizaines d’avions déjà produit qui attendent au sol.

Reprise en main du « MAX » :

Hormis le profond problème du MCAS qui a causé deux accidents mortels, Boeing a effectué un audit interne en décembre dernier pour déterminer si, il existait d’autres problèmes sur le « MAX ».  

Parmi les problèmes les plus urgents découverts figuraient des problèmes non signalés auparavant concernant le câblage qui permet de contrôler la queue du Max. La société cherche à savoir si deux faisceaux de câbles critiques sont trop proches l'un de l'autre et pourraient provoquer un court-circuit. Un court-circuit dans cette zone pourrait entraîner un crash si les pilotes ne répondaient pas correctement. Depuis, un correctif a été mis en place pour corriger le problème. A noter que ce problème n’est pas spécifique au « MAX » ni à Boeing.

Boeing a également récemment déclaré à la FAA qu'il avait découvert un problème de fabrication qui rendait les moteurs de l'avion vulnérables à la foudre.

Lors de l’assemblage du « MAX » les ouvriers ont rabattu la coque extérieure d’un panneau qui se trouve au sommet du carter du moteur afin d’assurer un meilleur ajustement dans l’avion. Ce faisant, ils ont enlevé par inadvertance le revêtement qui isole le panneau d'un coup de foudre, retirant une protection cruciale pour le réservoir de carburant et les conduites de carburant. Un correctif a été mis en place afin de rétablir la protection contre la foudre sur le panneau moteur et Boeing est déjà en train de résoudre le problème.

Une planification complexe :

Le calendrier de relance du « MAX » dépend de deux facteurs importants : la situation sur le front du COVID-19 et les décisions de la FAA en vue d’une obtention de l’autorisation de reprendre le service.

Selon un porte-parole de Boeing, l’avionneur a pris contact avec des fournisseurs, pour les avertir de se préparer à une relance du programme.

Toujours selon Boeing, ce dernier a travaillé à réduire les inefficacités, améliorer la qualité et faciliter la rentrée de l'avion sur le marché. 

Photo : B737 MAX @ Boeing

 

18/03/2020

Vol inaugural pour le SpaceJet M90 en configuration certifiable ! 

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L’avionneur japonais Mitsubishi a effectué le premier vol de son SpaceJet M90 (FTV10) en configuration certifiable aujourd’hui. Le SpaceJet M90 ne vous dit rien ? Il s’agit de la nouvelle dénomination du MRJ 90.

Le SpaceJet M90 a décollé à 14 h 53 (JST) de l'aéroport préfectoral de Nagoya et a effectué des tests de performance de base des avions dans des conditions d'exploitation normales au-dessus de l'océan Pacifique. Après environ deux heures de vol, l'avion est rentré à Nagoya à 16 h 40 (JST). Avec l’achèvement du premier vol de ce vol, Mitsubishi Aircraft Corporation est prête à entrer dans la phase finale des essais en vol de certification du SpaceJet M90, le premier avion commercial fabriqué au Japon.

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Au cours des prochaines semaines, Mitsubishi Aircraft prévoit de poursuivre les essais en vol sur le SpaceJet M90 à Nagoya, ainsi que de préparer le vol de ferry vers le centre d'essais en vol de Moses Lake (MFC) pour rejoindre le reste de la flotte d'essai du Mitsubishi SpaceJet M90 pour la phase finale de la certification de type.

Le Mitsubishi Aircraft SpaceJet : 

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Mitsubishi Heavy Industrie décline sont SpaceJet (ex MRJ) en deux classes, soit : le SpaceJet M70 (72 à 76 places) et le Spacejet M90 (92 à 96 places), les deux versions seront également proposées aux standards : ER (Extended Range) et LR (long Range. Le SpaceJet est le « Regional jet » qui comprend le plus de matériaux composites, afin de diminuer l’impact sur l’environnement. Des recherches ont été menées par l’Energy and Indusrial Development Organization en collaboration avec l’Agence spatiale japonaise JAXA à ce sujet.

La famille SpaceJet devrait pouvoir concurrencer en matière de coûts les actuels Airbus A220 et Embraer E175 avec une consommation en kérosène inférieure de l’ordre de 11% au premier et 13% au second. Toujours selon le constructeur, le SpaceJet doté des moteurs Pratt & Whitney PurePower PW1217G réduira l'empreinte de bruit au décollage de 40% par rapport à l’Embraer E190. Le SpaceJet pourra effectuer des vols sans escale au départ de Denver à New York ou à Miami par exemple.

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Question confort, la cabine du SpaceJet permet l’installation de la nouvelle génération de « sièges minces », qui disposent d'un dossier de siège plus fin et qui prendront moins de place entre les rangées, en offrant un espace pour les genoux des passagers de 31 pouces. Ces sièges contribuent également à la réduction du poids de l’avion.

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Photos : 1,2 & 4 Le SpaceJet M90 3 Cockpit 5 Intérieur @ Mitsubishi Heavy

 

11/03/2020

L’ARJ21 chinois enfin prêt !

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L’avionneur chinois Comac semble « enfin » arrivé au bout du tunnel avec son avion de ligne ARJ-21-700. Pour mémoire, le premier vol d’essai de l’ACAC ARJ21-700 a eu lieu le 28 novembre 2008. Puis, l’ARJ21-700 a effectué dès juillet 2009 son plus long vol d’essai entre Shanghaï et Xian, soit une distance de 1’300 kilomètres parcourus en deux heures. L’avion se trouvait en configuration de 90 sièges avec une autonomie maximale de 3'700 kilomètres. Baptisé Xian Feng (Phénix volant). Ce premier vol marquait le début des essais de finalisation pour la préparation aux vols avec passagers et son intégration dans les aéroports. Mais depuis, de nombreux problèmes sont apparus dans le développement de l’avion.

Nombreuses modifications :

La nouvelle version de l’ARJ21 de cette année bénéficie d'une refonte complète du poste de pilotage comprenant un regroupement mieux organisé de commutateurs, d'instruments et d'affichages pour accroître la conscience de la situation et simplifier la charge de travail. L'un des plus grands obstacles au développement depuis le début des essais en vol de l'avion en 2008 concernait l'intégration de l’avionique. Les concepteurs s'attendent à ce que la nouvelle configuration, testée avec succès sur le simulateur de vol de l'ARJ21, réduise considérablement la quantité de formation des pilotes.

Deux lignes de production : 

COMAC va accélérer la production de son biréacteur régional ARJ21-700 à la suite de l'ouverture officielle d'une deuxième chaîne de montage à l'aéroport international de Shanghai Pudong. L'avion n°132 a terminé son premier vol d'essai vendredi dernier, restant en l'air pendant 3 heures et 50 minutes avant de retourner en toute sécurité à sa base. Les responsables ont déclaré que, bien que les travaux sur la ligne de production se soient progressivement accélérés depuis l'année dernière, le vol marque la première fois qu'un ARJ21 a traversé tout le cycle d'assemblage pour un vol d'essai de production dans les installations de Pudong.

La dernière ligne de fabrication détient la capacité d'assembler 30 avions par an avec de la place pour créer une deuxième ligne afin d'augmenter encore les taux de production. Comac avait précédemment déclaré qu'elle aurait besoin d'une nouvelle ligne en raison de contraintes d'espace dans son usine de fabrication d'avions de Shanghai Changzhong Road, car la capacité de cette usine ne peut pas dépasser 15 ARJ21 par an. À ce jour, Comac a livré un total de 23 ARJ21 à des opérateurs chinois. Ces derniers subissent de nombreuses mises à jour en fonction de l’avancée des améliorations en cours.

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Le COMAC ARJ-21 :

Premier avion de ligne chinois (avec une aide américaine (dérivé du B717) et européenne) l’ARJ-21. L'ARJ21 (Jet régional avancé pour le 21ème siècle) a été indépendamment développé par la Chine, mais avec des fournisseurs occidentaux. Avec une consommation plus faible et une durée de vol plus longue, l'ARJ21 réduira les coûts aériens de 8% à 10% pour les compagnies aériennes chinoises, dont la plupart utilisent actuellement des avions de plus de 140 sièges pour les vols courts et longs courriers.

Le poste de pilotage est équipé de cinq écrans EFIS Rockwell Collins 10 x 8 haute résolution à cristaux liquides avec affichage adaptatif du vol. Honeywell fournit les commandes de vol de type fly-by-wire. Le reste de l’avionique est basée sur le système Rockwell Collins Pro Line 21, VHF-4000 4000 IRU de données numériques audio et de liaison numérique, un Rockwell Collins 4200 FMS de gestion de vol offrant de multiples « Wavepoint » de navigation couplé aux temps de vol et de carburant, le système comprend tous les standards aux instruments et le niveau terminal d'arrivée des routes et des approches (SID et STAR).

Les systèmes de navigation comprennent un radar météorologique Rockwell Collins, un avertissement de trafic et d'évitement des collisions système (TCAS) et d'un système de données de l'air.

L'avion est propulsé par deux General Electric CF34-10A et sont équipés d’un FADEC couplé à un contrôle des vibrations et d’inversion de poussée fournit le suisse Vibrometer SA. Le canadien CAE a fourni le simulateur de vol de ARJ-21.

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Photos : 1 & 3 ARJ21-700 2 Cockpit @ COMAC