21/06/2020

Dans l’urgence, l’Inde veut commander des MiG et des Sukhoi !

unnamed-2.png

La situation exceptionnelle en ce qui concerne les tensions frontalières entre l'Inde et la Chine pousse New-Dehli à vouloir, dans l’urgence, compléter ses trois escadrons de MiG-29 et Sukhoi Su-30. Moscou de son côté est prêt à livrer des avions de combat Sukhoi Su-30 MKI et Mikoyan-Gurevich MiG-29 à l’Inde dans les plus brefs délais, dans un accord de gouvernement à gouvernement.

Achat accéléré :

L’achat était prévu, mais la situation devrait accélérer la commande de 21 avions de combat MiG 29 supplémentaires et de 12 avions Sukhoi Su-30 MKI. La proposition devrait être soumise au ministère de la Défense la semaine prochaine pour approbation finale. Cette commande doit permettre à l’Inde de renforcer ses unités, afin de disposer d’un ordre de bataille suffisant. Une partie de ces appareils doivent venir remplacer des avions perdus lors de crash.

Renforcer la dissuasion :

5_img128819101147.jpg

L’achat de 12 Sukhoi Su-30MkI s’ajoutent aux 272 exemplaires. Ces appareils sont susceptibles d'être fabriqués par Hindustan Aeronautics qui possède une usine de production à Nasik qui sera en panne d'ici l'année prochaine. Les Sukhoi forment la colonne vertébrale de l'IAF et doivent faire l'objet d'une mise à niveau qui est négociée séparément avec HAL. Ces 33 chasseurs seraient les premiers avions à être commandés après l'accord sur le Rafale signé en 2017 et ajouteraient aux capacités de combat de l'armée de l'air. Par ailleurs, le Sukhoi Su-30MKI de l’IAF commencent à recevoir la capacité d’emport du missile de croisière supersonique BrahMos-A, soit un élément central de la capacité de frappe en profondeur de l’IAF. Celle-ci doit permettre de peser en matière de dissuasion face à la Chine.

MiG-29 UPG :

image.jpeg

Les MiG-29 de l’IAF sont techniquement plus proches de la version MiG-29KUB de la marine indienne qui est entrée en service en 2010. L’avion est doté d’une nouvelle architecture informatisée qui fonctionne avec le nouveau radar de Phazotron-NIIR Corp Zhuk-M2E de type AESA capable de suivre dix cibles à 245km couplé avec le nouvel IRST de type NPK-SPP OLS-UEM qui combine un capteur infrarouge 320x256 pixels et une caméra TV 640x480 pixels portées comprises entre 200 mètres et 20 kilomètres. L'OLS-UEM a été conçu pour détecter des cibles aéroportées à des distances comprises entre 15 et 55 kilomètres. Il offre une couverture en azimut de +/- 90 degrés et de + 60 degrés à -15 degrés en élévation

L’avionique est entièrement nouvelle avec un cockpit doté d’écrans couleurs et d’éléments occidentaux comme le viseur de casque « Top-Sight » de Thales, d’une centrale de navigation SAGEM. L’avion est également doté d’une perche de ravitaillement en vol rétractable. En ce qui concerne la guerre électronique, les MIG-29UPG sont dotés de capteurs de fabrication indienne, mais reliés à des systèmes actifs/passifs d’origine israélienne. 

Question armement, les MiG-29UPG sont dotés des mêmes systèmes que les MIG-29SMT et MIG-29KUB avec les missiles RVV-AE R-77 de portée moyenne, le missile KH-31P antinavire et les bombes à guidage optique KAB-500KR. Conçu au départ pour la supériorité aérienne le standard l’UPG permet maintenant les attaques au sol et de surface. Selon le constructeur MiG, la durée de vie des avions modernisés est étendue à 3’500 heures de vol pour 40 ans.

Le Sukhoi Su-30MkI :

800px-Indian_Air_Force_SU-30.JPG

Le Sukhoi Su-30MKI ou « Super 30 » bénéficie des capacités similaires à celle des avions de combat de cinquième génération. L’appareil est doté d’une avionique améliorée, du radar AESA de type Phazotron Zhuk-AE* en bande X qui peut suivre 30 cibles aériennes en mode suivi pendant le balayage et engager six cibles simultanément en mode attaque. Ce dernier, équipe la dernière version du Su-30MKI doté du missile BrahMos. Ce radar a montré qu’il permettait également un niveau plus élevé de connaissance de la situation. La suite de guerre-électronique (EW) est un plus grand défi dans la mesure où la grande section radar de l'avion rend obligatoire une capacité d'autoprotection robuste. La suite EW actuelle de l'avion est une variante du système monté sur nacelle KNIRTI SAP-518 de fabrication russe, qui peut être complétée par le module de brouillage SAP-14.

Le Sukhoi Su-30MKi ainsi modernisé est nommé « Super 30 », il bénéficie des capacités similaires à celle des avions de combat de cinquième génération. L’avionique dispose d’un mode carte numérique avec une capacité de guidage longue portée TV. L’appareil est doté de la version des moteurs AL-31FP de Saturn Corporation, dont la durée d’entretien est montée à 2’000 heures en lieu et place des 1’000 actuels. Un nouveau logiciel de contrôle de la poussée vectorielle (TVC) permet une meilleure sécurisation en cas de manœuvre extrême. L’autre nouveauté concerne l’adaptation des missiles indiens BrahMos et du KH-59M Ovod-M.

*Sur les versions antérieures indiennes, l’avion est doté du radar PESA N011M BAR.

Photos : 1 MiG-29 UPG & Su-30MKI 2 Tir de BrahMos d’un Su-30 3 MIG-29UPG 4 Su-30MkI @ IAF

 

18/06/2020

Berlin, Feu vert pour le radar AESA des Eurofighter !

airbus ds,eurofighter,radar aesa,captor-e,selex-es,blog défense,aviation militaire,nouveaux avions de combat,les nouvelles de l'aviation,aviation francophone,luftwaffe

On l’attendait, c’est fait ! Le Bundestag allemand a officiellement validé l’intégration du nouveau radar AESA (Active Electronic Scanning Array) pour l'ensemble de la flotte d’avions de combat  Airbus DS Eurofighter allemand. Il s’agit d’un signal positif pour l'Allemagne en tant que base technologique et pour le succès de l'Europe en matière de coopération dans le secteur de la défense.

Hensoldt responsable du projet :

airbus ds,eurofighter,radar aesa,captor-e,selex-es,blog défense,aviation militaire,nouveaux avions de combat,les nouvelles de l'aviation,aviation francophone,luftwaffe

La société Hensoldt sera responsable de l'installation du radar AESA CAPTOR-E MK1 sur les Eurofighters de nouvelle construction pour l'armée de l'air allemande (90 selon les prévisions), ainsi que de sa modernisation de l'ensemble de la flotte, dans le cadre d'une mise à niveau dont Airbus sera le maître d'œuvre.

"Avec cette décision, l'Allemagne joue pour la première fois un rôle de pionnier dans le domaine des technologies clés pour l'Eurofighter", a déclaré Thomas Müller, PDG de Hensoldt. "Cela créera des emplois de haute technologie en Allemagne et donnera à la Bundeswehr l'équipement dont elle a besoin pour répondre aux nouvelles menaces. En outre, c'est un signal pour l'Europe que l'Allemagne investit dans une technologie qui est d'une importance cruciale pour la coopération européenne en matière de défense"

Le feuilleton du radar AESA :

Le statut du radar AESA de l’'Eurofighter a été longtemps dans le trouble, par manque de décision politique. Le problème étant lié au fait que le radar AESA CAPTOR-E ne sera pas commandé par les quatre pays partenaires. Le nouveau radar va venir équiper les Eurofighter à l’exportation comme le Qatar, mais n’était pas la priorité de pays membre du consortium Eurofighter. Hors, les choses ont bougé, l’Allemagne et l’Espagne ont ces derniers mois réaffirmés la volonté commune d’aller de l’avant avec le nouveau radar.

L’Angleterre se concentre sur le F-35 tout en préparant sa version du CAPTOR. qui pourrait être rejoint par l’Italie. Ces deux pays ne peuvent pour l’instant investir totalement dans le nouveau radar. Ce désaccord a provoqué une incertitude sur le développement de l’avion et une augmentation des coûts qui l’ont rendu moins attractif à l’exportation.

CAPTOR-E :

airbus ds,eurofighter,radar aesa,captor-e,selex-es,blog défense,aviation militaire,nouveaux avions de combat,les nouvelles de l'aviation,aviation francophone,luftwaffe

Le radar à balayage électronique CAPTOR-E est le futur capteur principal de l'Eurofighter « Typhoon II » et dispose d'une gamme complète de modes air-air et air-surface. Le nez imposant de l'Eurofighter permet l'installation de la matrice optimisée et repositionnable du CAPTOR-E dont le champ de vision est environ 50% plus large que les systèmes traditionnels à plaques fixes. Ce large champ de vision offre des avantages significatifs dans les engagements air-air et air-surface et, compte tenu de la grande puissance et de l'ouverture disponibles, offre au pilote une couverture angulaire nettement améliorée par rapport aux systèmes à plaques fixes.

Le CAPTOR-E fournit les fonctionnalités clés suivantes :

  • Radar de surveillance etde guidage  multimode air / air et air / sol avec repositionneur WFoR
  • Portée air-air accrue - Détection et suivi plus rapides des cibles
  • Amélioration des performances de suivi
  • Entrelacé « simultané » Air / Air & Air / Ground
  • Guidage étendu des missiles - Disponibilité opérationnelle accrue
  • Coûts de cycle de vie réduits - Potentiel de croissance pour de futures améliorations

Pour autant, les tergiversations des pays engagés au sein de l'Eurofighter débouchent maintenant sur trois versions du radar CAPTOR-E : 

  • Le CAPTOR-E Mk0 soit la version de base de Leonardo destinée au Qatar et au Koweit. 
  • Le CAPTOR-E MK1 dont l'interface est développée par Hebsoldt pour l'Allemagne et l'Espagne. 
  • Le CAPTOR-E en développement par la filliale de Leonardo en Angleterre pour la RAF.

Si nombre d'éléments sont communs, les différences pourraient compliquer le choix des clients potentiels. 

 

Photos : 1 Eurofighter Allemands@ Luftwaffe 2 Radar AESA CAPTOR-E sur un Eurofighter @ Airbus DS

 

 

29/05/2020

Entrée en service du Tejas FOC !

 

fg_2937905-jdw-6145.jpg

L’armée de l’air de indienne (IAF)  a intronisé le premier avion de combat léger de type HAL  Tejas MKI, à la norme FOC au service d’un l’escadron opérationnel. C’est l’escadron 18 «Flying Bullets» basé à Sulur dans l'État du Tamil Nadu qui a réceptionné le premier l’avion. L’Escadron 18 volait précédemment sur MiG-27. Cette unité a participé activement à la guerre de 1971 avec le Pakistan. Il a été réactivé le 1er avril dernier.

Il s’agit en fait du second escadron doté du Tejas, le n° 45 « Flying Daggers » exploite 16 LCA Mk1.   Cependant, les appareils qui le compose sont encore à la norme IOC, soit la capacité opérationnelle initiale. Le 17 mars dernier, l’avionneur Industan Aeronautics Ltd (HAL) a effectué le premier vol d’un Tejas en configuration opérationnelle finale (FOC). 

Tejas au standard FOC :

Tejas-foc.jpg

Le FOC représente la finalisation des équipements de l’avion avec notamment une perche de ravitaillement en vol fixe. Du point de vue du combat, les principaux changements concernent l’adaptation et la validation des deux canons GSh-23 de 23 mm de conception russe et de la qualification du missile air-air Rafael Derby qui porte au-delà de la portée visuelle (BVM). De plus, selon HAL, la variante FOC réduira les heures de maintenance et les délais d'exécution, ce qui améliorera le soutien aux missions des forces aériennes indiennes».

HAL ajoute qu'elle a déjà dispensé une formation à un premier lot de 18 pilotes d'escadron et de personnel de maintenance.

Actuellement l’IAF dispose de 16 chasseurs Tejas en service avant la dernière livraison. À ce jour, le service a commandé 20 exemplaires dans les normes IOC et FOC, tandis que New Delhi prévoit également d'en acquérir 83 dans une configuration Mk-1A améliorée pour environ 5,3 milliards de dollars.

Le HAL Tejas MkIA :

La variante actuelle du Tejas MK1A CIO est dotée du radar ELTA Systems ELM-2032 à antenne mécanique. La variante FOC dispose du radar à antenne à balayage électronique ELTA Systems ELM-2052. Ce radar utilise un réseau de transmission / réception avec modules semi-conducteurs permettant la détection en réseau pour obtenir une plus longue portée de détection, avec une haute fiabilité avec un suivi multi-cible. Il peut également soutenir l'identification des cibles à haute résolution. Il peut détecter des cibles à très longue portée tout en suivant jusqu'à 64 cibles et engager simultanément plusieurs cibles avec des missiles. Dans les missions d'attaque au sol le radar prend en charge la cartographie de navigation et d'images haute résolution (SAR), soutenu par un faisceau réel (RBM) et Doppler (DBS). Le ELM-2052 est réalisé sous la forme d'un système modulaire, construit avec une capacité de croissance de calcul et de mémoire.

Le Tejas met en œuvre les missiles air-air Rafale Python et Derby, le tout avec une liaison de données numérique interconnectée. De plus, un système de guerre-électronique complet, également d’origine israélienne équipe le standard l’avion et complète définitivement le système de défense de l’avion indigène indien.

L’avion est doté du système de génération d'oxygène de bord (OBOGS). Les affichages du cockpit seront également améliorés. L’avion est motorisé par un General Electric F404-F2J3 de 53,9 kN et de 85 kN avec postcombustion.

3416921877.2.jpg

Photos : 1 & 2 Tejas MkIA FOC 2 Tejas IOC @ HAL

 

 

27/04/2020

L’USN reçoit son dernier Super Hornet BlockII en attendant le BlockIII ! 

c4c31efd02b909ba4788083e3612bc7e.jpg

L'US Navy (USN) a réceptionné en service son dernier avion de combat Boeing F/A-18E/F « Super Hornet » au standard BlockII. La prochaine étape consistera en l’arrivée de l’Advanced Super Hornet Block III.

L'USN a annoncé le 24 avril les deux derniers « Super Hornet » (le 322 F/ A-18E monoplaces et 286 F/ A-18F biplaces) avait été remis le 17 avril dernier au Strike Fighter Squadron (VFA) 34, basé à la Naval Air Station Oceana en Virginie.

La livraison de ces derniers Super Hornet BlockII de production est un tremplin sur la voie de l'évolution continue des plateformes pour répondre aux besoins en constante évolution de la Marine américaine», a déclaré le capitaine Jason Denney, directeur de programme du F / A-18. et Bureau du programme EA-18 (PMA-265).

Au total, l'US Navy a reçu 322 F/A-18E monoplaces et 286 F/A-18F biplace dans le cadre du programme Block II « Super Hornet », qui a débuté en 2005. Le fuselage de l'avion est construit dans les installations de Northrop Grumman à El Segundo en Californie. L'assemblage final est terminé dans les installations de Boeing à St Louis.

FA-18EF-Super-Hornet.jpg

Par rapport à la tranche initiale des Super Hornets du BlockI, dont l’assemblage a débuté en 1997, la variante du BlockII était livrée avec un radar à balayage électronique actif, des écrans de cockpit plus grands, des capteurs et une avionique améliorée et une portée accrue.

La cellule robuste a été construite avec une architecture de systèmes de mission ouverte, qui a permis l'intégration facile de nouvelles armes et technologies. Le BlockII « Super Hornet » sert d’avion réactif à la Marine, entièrement capable sur l’ensemble du spectre de la mission, qui comprend: supériorité aérienne, escorte de chasseurs, reconnaissance, ravitaillement en vol, appui aérien rapproché, suppression de la défense aérienne et frappe de précision jour/nuit. Cet avion est resté solide en tant que colonne vertébrale de l'aile aérienne de la marine américaine et a fait ses preuves à maintes reprises au cours de nombreuses opérations où il a été la plate-forme prééminente effectuant de multiples missions, se reconfigurant parfois rapidement à la volée. 

Super-Hornet-Joint-Reserve-Base-Fort-Worth-1800.jpg

Dans l’attente de l’Advanced Super Hornet BlockIII :

L'US Navy et Boeing travaillent déjà sur la nouvelle variante de ce qui sera l’Advanced Super Hornet Block III. Les deux premiers jets d'essai du BlockIII vont être livrés d’ici la fin du mois de mai. Le service prévoit de tester en vol ces appareils à la Naval Air Station Patuxent River dans le Maryland et au Naval Air Weapons System China Lake en Californie à la fin du printemps 2020.

Le standard BlockIII dispose d’une amélioration en ce qui concerne la furtivité des revêtements et de la signature radar de l'avion, avec le montage de trappes qui permettent le transport des armes en interne (CFTS) (caisson ventral). La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnel. Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System, qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la  cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar. L’adjonction de réservoirs de carburant de 1’590Kg supplémentaires sur l’épine dorsale de l’avion en augmente le rayon d’action, permet de supprimer les réservoirs sous les ailes pour de l’armement additionnel, le cas échéant.

661561791.jpg

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur d’Elbit Systems. L’avion est doté d’un capteur IRST longue portée en interne sous le nez de l'avion. Des améliorations vont permettre de contrôler et à diriger des aéronefs sans pilote. La durée de vie cellule passera à 10’000 heures de vol. En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. Le mode « SuperCroisière » sera disponible. 

L'US Navy a passé commande de  72 avions Advanced Super Hornet Block III entre les exercices 2019 et 2020. Le standard BlockIII est proposé à l’exportation pour l’Allemagne, le Canada, la Finlande et la Suisse.

Photos : 1, 2,3 Super Hornet BlockII 4 Advanced Super Hornet BlockIII @ Boeing/USN

 

 

 

23/04/2020

L’Allemagne prépare son plan pour acquérir 138 avions de combat !

unnamed-3.png

Vous le savez, l’Allemagne prévoit d’acquérir une double flotte d’avions de combat pour remplacer les vieux Panavia Tornado d’une part et de remplacer les Eurofighter de première génération de la tranche 1.

138 avions concernés :

Au total, le pays prépare l’achat de 138 avions, soit de 45 Boeing composé de 30 F/A-18 E/F Advanced Super Hornet BlockIII et de 15 EA-18 « Growler » BlockII. En parallèle le pays prévoit l’achat de 93 Airbus DS Eurofighter avec capacité de reconnaissance.

Le futur avion de combat européen, qui est développé dans le cadre du projet "Next Generation Weapon System" avec la France et l'Espagne, ne sera pas disponible avant 2040. Par conséquent, il doit y avoir une solution de transition basée sur des modèles disponibles sur le marché pour remplacer les Tornado  devenus obsolètes et avant le lancement du futur système aérien de combat SCAF. Le développement du Future Combat Air System n’est de fait pas en danger.

f18-20200220.jpg

Préparation du projet :

Cette acquisition étant particulièrement importante en ce qui concerne la modernisation de la Luftwaffe, car elle doit également permettre de combler les lacunes actuelles essentiellement dues à la faiblesse des acquisitions effectuées ces dernières années.  

Le ministère allemand de la Défense prévoit de commencer à se procurer les nouveaux avions en 2025. Il s’agit d’une capacité militaire importante de la Bundeswehr, exigée à la fois par le Livre blanc du gouvernement fédéral et par les alliés de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). La planification de cette opération a déjà commencé, car le temps presse: "Afin de maintenir une capacité ininterrompue, l'approvisionnement doit commencer à partir de 2025", a déclaré le ministère. "Pour pouvoir remplacer la Tornado en temps utile, le processus d'approvisionnement doit donc être entamé dès maintenant."

L'Eurofighter constituera l'épine dorsale de la Luftwaffe. Les  45 avions américains Advanced Super Hornet et Growler sont une solution de transition pour la participation à la mission nucléaire et pour le combat électronique aéroporté.

Les pays partenaires informés des projets :

Le ministère de la Défense s'appuie sur un calcul mixte. D'une part, selon le ministère, des investissements devraient être consentis pour «développer les capacités des industries de défense allemande et européenne» afin de maintenir et de promouvoir leur propre savoir-faire technique et industriel. En revanche, les avions de chasse américains qui seront achetés sont déjà pleinement développés et disponibles sur le marché de l'armement.

Des discussions initiales avec l'administration américaine ont déjà eu lieu. La France et la Grande-Bretagne, pays partenaires, ont également été informées du processus de planification.

Décision d'achat dans deux ans au plus tôt :

Mercredi, la proposition de la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a été présentée à la commission de la défense du Bundestag. Si les députés sont d'accord avec la proposition, la planification détaillée commence. 

Ceux-ci devraient être présentés au Parlement au cours de la prochaine législature - en d'autres termes, en 2022 au plus tôt, probablement en 2023. Le Bundestag prendra alors la décision finale sur l'investissement.

L’Advanced super Hornet n’est actuellement pas certifié pour l’emport de la bombe B-61. Le fait de tempérer l’achat sur deux ans au moins, doit permettre au Pentagon d’autoriser la certification afin que l’avion puisse être homologué pour la livraison à l’Allemagne. C’est également une garantie pour le ministère de la Défense allemand.

Les exigences satisfaites :

Le plan, divulgué le 21 avril par la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer,  satisfait les trois exigences distinctes de la Luftwaffe en matière d'approvisionnement d'avions de combat.

Ces trois exigences comprennent le programme de remplacement Tornado pour 85 nouveaux appareils, le projet Quadriga pour 38 nouveaux appareils de type Eurofighter et le programme d'attaque électronique (EA) Luftgestützte Wirkung im Elektromagnetischen Spektrum (luWES) pour 15 nouveaux appareils de type Growler, ainsi que 55 Eurofighter et 30 Super Hornets.

Avec ce choix, l’Allemagne opte pour un compromis qui va soutien le Consortium « Eurofighter » à travers Airbus DS et sa chaîne d’assemblage en Allemagne. Ce choix permet également à l’Espagne de continuer dans l’achat de la nouvelle version de l’Eurofighter dotée du radar AESA CAPTOR-E. En parallèle, l’avion américain offre avec le choix stratégique de B-61 de permettre à l’Allemagne de garder ses prérogatives au sein de l’Otan. Contrairement à la Belgique qui a les mêmes besoins en ce qui concerne le B-61 l’Allemagne peut ainsi mettre en avant qu’elle ne lâche pas l’Europe avec un noyau d’avions de combat central européens et un avion moins problématique que le F-35.

1121099505.jpg

Photos : 1 Advanced Super Hornet & Eurofighter Quadriga 2 Image de synthèse d’un Super Hornet aux couleurs de la Luftwaffe 3Eurofighter @Airbus DS