18/09/2020

Des canons à laser sur les avions de combat d’ici cinq ans ?

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Verra-t-ont l’arrivée des premières armes à laser venir équiper les avions de combat dans quelques années ? La question est ouverte et du côté de Lockheed-Martin, on affirme être en mesure de faire des essais d’ici 2025.

Le responsable de la division « laser » de Lockheed-Martin, Mark Stephen, a déclaré lors d’une conférence de presse en fin de semaine, que la société travaille à l’installation d’une arme laser défensive sur les avions de combat d’ici cinq ans.

Le programme SHiELD :

Cet objectif fait partie du programme SHiELD (Self-Protect High-Energy Laser Demonstrator) de l’Air Force Research Lab et vise à installer un module « laser » défensif sur les chasseurs pour les défendre contre les missiles antiaériens. Par contre, un « laser » offensif pour abattre des avions ennemis devrait frapper plus fort et à plus longue distance et n’est pas réalisable aujourd’hui. Il s’agit d’un objectif à plus long termes.

Selon le Pentagone un « laser » offensif ne viendra pas équiper les aéronefs avant l’arrivée de la 6ème génération d’avions de combat. Par contre, le « laser » du programme SHiELD devrait être applicable sur les appareils actuels. 

Le projet SHiELD prévoit d’utiliser le prototypes IFPC-HEL (Indirect Fire Protection Capability-High Energy) Laser, soit un canon laser monté sur un camion déjà en construction qui sera opérationnel en 2024. Soit un an avant le calendrier de Lockheed-Martin pour placer un laser sur un avion de combat. Pour Lockheed-Martin, il s’agit de produire une nacelle dotée du système IFPC-HEL qui servira de prototype opérationnel. Ce dernier devra démontrer que la technologie peut réellement fonctionner, sous un avion. En effet, la technologie IFPC-HEL est avant tout développée sur une plateforme fixe, soit un camion. Hors l’utilisation de celle-ci à bord d’un avion n’est simplement pas garantie.

De plus, le camion offre plus de place pour la production d'énergie et les systèmes de refroidissement qu'une nacelle qui tient sous un avion. L’IFPC-HEL doit produire 300 kilowatts d'électricité, la puissance du SHIELD est à déterminer, mais elle sera probablement inférieure à 100 kW, ce qui permettra à l’avion de combat de charger le laser sans installer un générateur d'énergie additionnel.

On le voit, si l’on se rapproche des armes laser en vol, il faudra attendre au moins 10 ans, avant de pouvoir compter sur un système fiable de défense et probablement 10 ans de plus en ce qui concerne les armes offensives. Pour autant, 20 années ne représentent qu’une goutte d’eau temporel.

Photo :  Image de synthèse F-16 doté d’un laser de défense @ LM

 

 

26/08/2020

Londres, moins de F-35 que prévu ?

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Londres devra-t-elle revoir sa copie à propos de l’achat de F-35 ? La question est ouverte, car l’Angleterre semble ne plus pouvoir assurer les programme Eurofighter, Tempest et F-35 en même temps. Le Royaume-Uni a accepté d'acheter 48 F-35 d'ici la fin de 2025 pour 11 milliards dollars. C'est le système d'armes le plus cher de l'histoire militaire.

Mais, il semble bien que les finances anglaises ne permettront que l’achat de la moitié des 138 avions de combat F-35 Lightning II, selon une étude gouvernement. La Grande-Bretagne a commandé la variante à décollage court et atterrissage vertical du jet, qui est conçu pour voler à partir de porte-avions. Les porte-avions de classe Queen Elizabeth de la Royal Navy devraient se déployer avec 12 ou 36 F-35 à bord, selon l’opération.

Le chiffre de 138 a été confirmé comme une ambition dans l'examen de la défense britannique en 2015, mais le comité de défense des Communes a noté plus tard que cette décision avait été prise « après quelques hésitations ». La Grande-Bretagne n'est pas contractuellement obligée d'en acheter plus de 48. Il est entendu que dans le cadre de l'examen intégré de politique étrangère, de défense et de sécurité qui doit s'achever en novembre, les responsables militaires ont discuté d’un chiffre proche de 70 F-35 en tant que commande totale minimale crédible.

La variante F-35B :

La variante du F-35B STOVL (Short TakeOff/Vertical Landing, ou décollage court et atterrissage vertical) cette version possède une soufflante intégrée verticalement dans le fuselage, à l'arrière du cockpit (utilisée uniquement pour le décollage ou l'atterrissage), ainsi qu'une tuyère principale orientable vers le bas. La soufflante est reliée à la turbine basse pression du réacteur principal. La capacité interne en carburant est réduite à 6,35 tonnes (- 24,22 % par rapport à la version F-35A). Cette variante du F-35 est celle qui est livrée à l'US Marines Corps et la Royal Air Force.

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Photos : F-35B de la RAF @ RAF

 

21/08/2020

Washington envisage bien de vendre des F-35 aux EAU !

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Je vous en parlais hier, la vente possible de F-35 aux EAU semble bien devenir le nouveau feuilleton du moment. Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis envisageaient de vendre des avions de combat américains F-35 aux Émirats arabes unis malgré les objections israéliennes.

Le président américain a déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche que les Emiratis avaient exprimé leur intérêt à acheter "un certain nombre" d'avions de combat furtifs. Il a déclaré qu'une telle vente était "à l'étude" étant donné la nouvelle dynamique entre Israël et les Emirats Arabes Unis depuis que les deux nations ont convenu de normaliser leurs relations la semaine dernière.

Du rififi à Tel Aviv :

Dans un premier temps les israéliens par l’intermédiaire du premier Ministre Netanyahu auraient vaguement acquiescés en faveur de cette vente. Mais ce semblant d’accord aurait été exécuté dans le dos de l'establishment de la défense israélien et a gardé le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, tous deux anciens chefs militaires, dans l'ignorance.

Hier soir, c’est un autre son de cloche qui est apparu avec une totale opposition du premier Ministre Netanyahu. Celui étant opposé à la vente malgré l'accord historique des Émirats arabes. Le maintien de la suprématie militaire régionale d'Israël est une caractéristique de la politique israélienne depuis des décennies, et Israël a utilisé ses liens étroits avec Washington pour s'assurer que certaines armes sophistiquées ne sont pas vendues aux pays voisins.  

Cette réaction semble du coup refroidir l’engouement de la signature du traité de Paix du côté israéliens. On ne sait pour l’heure comment les EAU vont réagir à un « véto » israélien et comment les USA vont pouvoir se sortir de ce qui ressemble à un bel embrouillamini ?

Photo : F-35 survolant le désert@ USAF

 

20/08/2020

Des F-35 pour les EAU ?

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La normalisation des relations entre les Emirats Arabes Unis (EAU) et Israël permettra-t-elle à Washington de vendre des F-35 ? La question est ouverte. Selon plusieurs journaux israéliens parus ce mercredi, la normalisation entre les deux pays permettrait d’ouvrir la voie à un l'accord négocié par les États-Unis la semaine dernière qui comprenait un libellé pour fournir à la nation arabe du Golfe des systèmes d'armes avancés, y compris des F-35 américains.

Il semble le premier ministre israéliens Netanyahu a donné son approbation à l'accord sur les armes entre les États-Unis et les Émirats arabes unis dans le cadre de l'accord visant à former des relations diplomatiques israélo-émiriennes, un développement qui pourrait voir l'avantage militaire d'Israël dans la région sensiblement compromis.

Il semble donc, que les Émirats arabes unis seraient depuis longtemps intéressés par l'acquisition d'avions de combat F-35 de fabrication américaine et de drones d'attaque comme ceux que possèdent les Israéliens.

Discorde politique en Israël ?

De son côté, le Premier ministre suppléant Benny Gantz a semblé remettre en question cette décision en affirmant vouloir maintenir à tout prix l'avantage militaire qualitatif d'Israël dans la région. Bref, il semble que rien n’est encore fait, mais que des tractations de couloirs se déroulent en ce moment en vue d’une possible vente d’armes américaines. Cette question brûlante est également au menu des discussions au sein de l’Etat Hébreu qui joue ici une carte politique sans précédent dans la région.

Les Etats-Unis ont joué une carte importante dans les négociations entre les deux frères-ennemis avec comme contrepartie l’objectif d’une importante vente d’armes aux EAU brûlant du même coup les espoirs européens de venir se placer à nouveau dans le petit Émirats.

Le vrai du faux ?

20.08.20 Dans un communiqué le gouvernement israéliens semble maintenant vouloir réfuter toute autorisation de vente du F-35 aux EAU. . Mais de son côté l'Emirat confirme être en discussion sur une telle vente. Les services diplomatiques de la Maison Blanche ont-ils été un peu trop optimistes sur ce dossier, élection en cause ? Vrai ou faux, ce petit feuilleton risque bien de faire parler de lui durant les prochaines semaines.

Rappel : 

Israël et les Émirats arabes unis ont annoncé jeudi l'accord négocié par les États-Unis, affirmant qu'ils établissaient des relations diplomatiques complètes en échange du gel des plans d'annexion de certaines parties de la Cisjordanie. Israël avait auparavant prévu d'aller de l'avant unilatéralement avec l'annexion de la vallée du Jourdain et des colonies, sur la base du plan de paix américain.

L'accord fait des Émirats arabes unis le troisième pays arabe, après l'Égypte et la Jordanie, à avoir des relations diplomatiques pleines et actives avec Israël. La déclaration conjointe de jeudi a déclaré que des accords entre Israël et les EAU étaient attendus dans les semaines à venir concernant des questions telles que le tourisme, la sécurité et le commerce.

Suite à la signature de l’accord, les EAU ont autorisé les avions civils israéliens à traverser leur espace aérien, une grande première dans la région.

Lockheed Martin en position de force:

Si le contrat se concrétise, le F-35 viendra renforcer la flotte de F-16 des EAU. Le pays avait créé la surprise en 2013 en choisissant encore ue fois le Lockheed-Martin F-16E/F « Desert Falcon » Block60 comme avion de combat. Le contrat prévoyait l’acquisition de 25 F-16 pour un montant estimé à 5 milliards de dollars. Il s’agissait d’une seconde tranche de cet avion, qui équipe déjà l’armée de l’air des EAU. La Force aérienne des EAU connait bien le F-16, qu’elle en utilise depuis les années 2000, avec 54 F-16E Block 60 et 24 F-16F Block60.

En paralèlle, le pays a modernisé ses Mirage 2000, mais semble définitivement tourner le dos au Rafale.

Photo : F-35 dans le désert israélien @ IAF

 

 

 

 

 

11/08/2020

Second escadron de F-35 opérationnel en Israël !

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Le 116ème Escadron « Lions du Sud » est officiellement devenu opérationnel sur le Lokcheed-Martin F-35I « Adir ». Désormais, les « Lions du Sud » sont prêts à participer à la vaste activité opérationnelle de l'IAF. Jusqu’ici l’escadron volait sur F-16 A/B « Netz ».

Une nouvelle monture :

Avant d'être annoncé comme opérationnel, l'escadron a dû subir un long processus, au cours duquel il a acquis de l'expérience dans divers domaines, allant de la définition des processus d'entraînement à la planification des tactiques de l'escadron. Au cours des six derniers mois, le personnel de l'escadron a été confronté aux différents scénarios auxquels il devait faire face dans le cadre de sa préparation à l'inspection de l'aptitude opérationnelle qui a eu lieu cette semaine il sera préparé à des situations réelles. "L'inspection de l'aptitude opérationnelle fournit un sceau d'approbation officiel pour la capacité opérationnelle du 116e Escadron à mener à bien toutes les missions de la division 'Adir'. Les tâches de l'escadron comprennent sa gestion pendant la routine et les périodes de guerre, ainsi que le maintien fonctionnel continuité », a expliqué le major Edi, l'officier technique de l'escadron.

Le personnel du 116e Escadron n'a pas été exposé à l'avance aux scénarios auxquels il a dû faire face dans le cadre de la semaine d'essai, tout comme au combat, il ne sera pas toujours en mesure d'anticiper ce qui va se passer. "L'inspection a simulé l'arène opérationnelle et les tensions régionales actuelles. Plusieurs scénarios ont conduit à une simulation de guerre sur tous les fronts, et des membres d'équipage ont décollé pour des missions dans toutes les régions d'Israël", a déclaré le major G, chef de l'inspection de l'aptitude opérationnelle et membre d'équipage de l'escadron.

Certains des commandements opérationnels ont déjà atteint l'escadron la semaine dernière, pour donner aux membres d'équipage suffisamment de temps pour se préparer à leurs tâches aériennes. « Divers membres du personnel de différents départements du QG de l'IAF sont venus à l'escadron pour nous examiner », a déclaré le major G. le résultat souhaité et la politique d'action fixés par le commandant de l'IAF. Nous sommes tenus de prendre ces commandes opérationnelles, de les planifier et de les exécuter ".

L'inspection de l'aptitude opérationnelle a simulé durant 72 heures des combats intensifs. « Nous avons travaillé 24 heures sur 24, sans interruption », a décrit le major Edi. "Les soldats, officiers et sous-officiers, travaillaient 16 heures par jour et se reposaient les huit autres. L'escadron opérait par équipes, pour simuler son activité pendant une guerre ".

Tout au long de la semaine, le service technique de l'escadron a été testé sur de nombreux scénarios différents pouvant affecter son mode de fonctionnement. « Nous avons traité des situations d'attaques de missiles et avons été testés sur notre capacité à les gérer correctement », a déclaré le major Edi. " Lorsque des missiles ont frappé l'escadron, un incendie s'est déclaré et il y a eu des blessés, ils ont examiné notre processus de prise de décision, la gestion pendant le combat et notre capacité à maintenir la continuité fonctionnelle. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il n'y en avait pas un seul scénario auquel nous n’étions pas préparés ".

Rappel : 

Le F-35I permet progressivement à l’Etat d’Israël de maintenir une suprématie aérienne et son avance qualitative technologique dans la région, notamment en matière de dissuasion, mais également en cas de frappes préventives. Par contre, du fait du nombre réduit de F-35, l’ossature du combat aérien sera maintenu avec les F-15 et F-16 modernisés. Une nouvelle commande de F-15 est actuellement en fin négociation avec Boeing. Pour les israéliens, le système centralisé de maintenance de Lockheed-Martin représente une dépendance vis-à-vis des Etats-Unis inacceptable d’une part et dangereuse de l’autre. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) disposent dorénavant d’un service de maintenance complet. Israël a mis en place son propre pare-feu pour assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israéliens via un système externe tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS).  Les mises à jour sont téléchargées sur un serveur isolé puis contrôlées. Une fois certifiées, les mises à jour sont téléchargées par les spécialistes israéliens.

De plus, pour Israël il est inconcevable de rester dépendant en matière de pièces détachées. Pour ce faire le pays a constitué son propre stock pour garder son autonomie en cas de conflit. A noter que les israéliens sont les seuls à disposer des « codes sources » du F-35.

Un F-35 différent :

Les israéliens participent au programme F-35 avec notamment la production de 811 paires d’ailes par Israël Aerospace Industries (IAI). Elbit Systems fournit le viseur de casque du pilote. Il faut également noter, que les F-35 "Adir" israéliens sont sensiblement différents avec un système de communication unique dans le cockpit. De plus, les F-35 "Adir" disposent d’un second système de liaison de données, connu sous le nom de "Ravnet-300" et produit par la société Rafael Défense. Ce système qui est à certains égards comparables au système « Link16 » standard de l'OTAN, fonctionne nettement plus rapidement et permet plusieurs applications. Mais les israéliens vont encore plus loin, avec le remplacement du système de guerre-électronique ASQ-239 « Barracuda » de BAE Systems par un système indigène plus performants.

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Photos : F-35I « Adir » @ IAF