13/03/2019

F-35, ça chauffe entre Rome et Washington !

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L’information avait été gardée secrète, selon la presse italienne le gouvernement italien n’a plus payé un centime au programme des F-35 depuis le début de l’année 2018. Il en résulte un bras de fer entre Rome et Washington avec comme réaction l’interruption des livraisons de l’avion par Lockheed-Martin.

Par ailleurs l’avionneur américain Lockheed-Martin a suspendu toutes ses relations avec l'Italie et a demandé au bureau du programme commun des F-35 de faire de même !

Ces révélations interviennent alors que le gouvernement italien, qui est entré en fonction le 1er juin, continue de revoir ses programmes de défense, avec un accent particulier sur le F-35. Ces révélations de la situation sont le fait du général Alberto Rosso, chef d’état-major de l’armée de l’air italienne, lors d’une séance conjointe de la Chambre basse et de la Défense du Sénat.

Des critiques qui ne datent pas d’hier :

Malgré un rôle important dans la production et la maintenance du F-35, l’Italie s’est montré modéré en ce qui concerne le programme F-35. En juillet 2018, la ministre de la Défense nationale, Elisabetta Trenta, a déclaré que le pays envisageait de limiter la commande totale d'avions et éventuellement de la réduire. Depuis, l'Italie ralentit la livraison de l'avion, dans le cadre d'un effort visant à répartir le coût du programme. Actuellement, six appareils sont en cours de montage au sein de la ligne d’assemblage italienne d’Alenia Aermacchi à Cameri situé près de Novare, qui produit 40% des ailes pour tous les F-35A dans le monde entier, en tant que deuxième fournisseur de source pour Lockheed-Martin. Le coût unitaire initial serait de 106 millions d’euros pour le F-35A produit en Italie. La baisse possible et déjà annoncée en 2015 par lenaicne gouvernement italien du nombre de F-35 pour l’Italie n’est en soi pas une bonne nouvelle pour les coûts de production de l’avion en Italie, ni sur l’avenir de cette chaine d’assemblage. AleniaAermacchi se repose maintenant grande partie sur la  futur maintenance des F-35 en service dans les pays européens pour pouvoir justifier le maintien du site. Le choix de Leonardo d’entrer dans le futur programme Europeén « Tempest » avec les anglais de BAe Systems tent a démontrer que les italiens ne sont que moyennement satifaits du programme F-35. De fait, la participation au « Tempest » permettra d’assurer la survie du site italien, ce que le F-35 ne peut assurer complètement. 

La ministre de la Défense nationale, Elisabetta Trenta, a déclaré lors de sa première interview télévisée le 6 juillet: "Nous n’achèterons pas d’autres F35; nous envisageons de maintenir ou de supprimer des contrats existants…. Nous avons toujours critiqué le programme, Personne ne l'a cachée ", a-t-elle écrit dans un message publié sur son compte Facebook." Pour cette raison, nous n'achèterons aucun nouveau combattant et, à la lumière des contrats déjà signés par le précédent dirigeant, nous procédons à une évaluation minutieuse: prend exclusivement en compte l'intérêt national. "

Une renégociation :

Pour l’heure, il semble que le rapport issu de l’évaluation demandée par La ministre de la Défense nationale a maintenant été remis au Premier ministre Giuseppe Conte, qui, après en avoir examiné le contenu, devrait renégocier la participation de l’Italie avec le président Trump lors de sa prochaine visite à Washington.

Précisions :

Il semble que les factures non payées par l’Italie se montent à 389 millions d'euros. A ce jour, 28 avions commandés pour 11 réceptionné.

(Sources : La Stampa, Giovanni de Briganti DA)

 

Photo : F-35A italien @ FAI

 

 

21/02/2019

Trump bloque la livraison des F-35 turcs !

 

 

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Le président américain Donald Trump a signé un projet de loi sur les dépenses qui bloque le transfert des avions de combat Lockheed-Martin F-35 en direction de la Turquie.

La livraison des avions F-35 à la Turquie sera bloquée jusqu'à ce que le secrétaire d'État américain et le secrétaire à la Défense soumettent une mise à jour du rapport concernant l'achat par la Turquie du système de défense antimissile S-400 russe. Ce rapport doit être rendu d’ici au mois de novembre.

Dans un rapport précédent au Congrès, le Pentagone a déclaré que l'achat par la Turquie des systèmes de missiles russes S-400 pourrait entraîner l'expulsion potentielle d'Ankara du programme F-35 et affecter l'acquisition d'autres armes, notamment l’hélicoptère lourd Boeing CH-47F « Chinook ». 

Cette décision fait suite à la confirmation faite lundi dernier par le président turc Recep Tayyip Erdogan de l’achat du système sol-air, en précisant qu’il n’y aurait pas de renvois de celui-ci au vendeur. La Turquie s'attend à ce que la livraison des missiles S-400 commence cette année.

Le Feuilleton des F-35 turcs :

Le premier F-35 destiné à la Turquie a été livré sous haute tension le 22 juin 2018 dans une ambiance morose. L’avion est actuellement basé à Luke AFB en Arizona où les premiers pilotes turcs vont commencer à s'entraîner avec l'avion. Ce premier appareil devrait ensuite voler en direction de sa future base d’attachement en Turquie d’ici 12 mois. Mais rien n’est jouer pour l’instant. 

Fortes tensions qui perdurent : 

Les relations entre les États-Unis et la Turquie sont devenues très tendues ces dernières années. Les alliés de l'OTAN se sont affrontés ces derniers mois sur l'expansion turque de sa campagne en Syrie et le soutien américain à la milice des Unités de protection du peuple kurde, ainsi que la détention d'un pasteur américain et l'approfondissement des liens avec la Russie. La communauté internationale a également largement condamné la purge des fonctionnaires militaires et des fonctionnaires par le président turc Recep Tayyip Erdogan après une tentative de coup d'Etat en 2016.

Crainte de divulgation de secrets : 

Il faut également rappeler que de son côté l'Agence de coopération pour la défense de la Défense américaine à annoncé que la grande majorité des dirigeants turcs de l’époque avec qui les discussions sur l’achat du F-35 ont eu lieus sont actuellement en prison. De fait, aux Etats-Unis on commence à craindre sérieusement que le gouvernement actuel ne compromette pas les technologies du F-35 en les vendant à d’autres pays ou en les utilisant pour concevoir le futur avion de combat turc.

Les risques : 

En cas de blocage de la vente de F-35, les conséquences seront importantes. En effet, Ankara est un partenaire essentiel du programme F-35, plusieurs composants clés de la motorisation sont fabriqués par des compagnies turques, tandis que le principal centre européen de réparation et de révision du moteur Pratt & Whitney du F-35 se trouve à Eskisehir, au nord-ouest de la Turquie. Le département de la Défense estime qu'il faudra deux ans pour trouver et qualifier de nouveaux fournisseurs pour remplacer toutes les entreprises turques qui sont expulsées du programme. Autre conséquence, pour l’Otan cette fois, le pays pourrait bien refuser l’usage des installations de la base aérienne d'Incirlik, dans le sud de la Turquie, qui est un lieu de lancement essentiel pour les opérations au Moyen-Orient, notamment la campagne contre l'État islamique, et abrite un stock américain de bombes nucléaires B61, pilier de la dissuasion nucléaire américaine en Europe.

31/01/2019

La durée de vie du F-35B est trop faible !

 

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Une nouvelle révélation peu flatteuse vient de tomber sur le programme F-35. Le bureau d’essais du Pentagone révèle que  les données des tests de durabilité indiquent que la durée de service du F-35B achetés par le Marine Corps est «bien en deçà de» la durée de vie prévue de 8’000 heures initialement prévu.  Selon le rapport annuel 2018 publié par l’agence Bloomberg.

Retrait de service en 2026 :

Selon le rapport du Pentagone, la durabilité de vie du F-35B n’est que de 2'100 heures au lieu des 8'000 prévues. Cela signifie que certains jets devraient commencer à atteindre leur limite de durée de vie en 2026. La raison est directement liée à des défauts de la structure. Celle-ci se fatigue plus vite que prévu.

En outre, il n’y a pas de tendance à la hausse en ce qui concerne la disponibilité des aéronefs pour effectuer des entraînements ou des missions de combat, car ils sont restés «stables» au cours des 3 dernières années. Selon Robert Behler, directeur du bureau d’essais, dans une nouvelle évaluation, les mesures provisoires de fiabilité et de maintenance sur le terrain permettant d’atteindre l’objectif prévu de 80% n’ont pas été atteintes, car les améliorations «ne se traduisent toujours pas par une disponibilité améliorée».

Faiblesse en matière de cybersécurité :

La seconde partie du rapport dénonce la continuité des faiblesses en matière de cybersécurité, un comble pour l’avion qui se doit d’être à la pointe de guerre en réseau.  Les tests de cybersécurité concernant la flotte de F-35, toutes versions confondues en 2018 ont montré que certaines vulnérabilités antérieures "n'ont toujours pas été corrigées".

L’outil de maintenance informatisé «ALIS» ne «fonctionne pas encore comme prévu», car certaines lacunes dans les données et les fonctions «ont un effet important sur la disponibilité des aéronefs» et sur les vols. ALIS est également montré du doigt en matière de cybersécurité. Un élément qui confirme encore un peu plus les mises en garde israéliennes.

Le temps nécessaire à la réparation des avions et à la reprise des vols “n’a que peu changé” au cours de la dernière année. En résulte une augmentation de l’indisponibilité des avions.

Le personnel de maintenance et les pilotes «doivent traiter tous les jours des problèmes omniprésents liés à l'intégrité et à la complexités des données».

Les tests effectués jusqu'en septembre en ce qui concerne le canon de bord indiquent une précision «inacceptable», déclare un testeur du DoD.

Déploiement remis en cause :

Ces nombreux problèmes qui perdurent et péjore le programme F-35 ont pour effet de remettre en cause le prochain déploiement de l’US Navy prévu cette année avec le F-35C. En effet, la marine américaine accuse le coup elle aussi avec sa flotte de F-35C. Le dernier inventaire à fin 2018 montrait que moins d’un F-35C sur 6 était pleinement opérationnel. En décembre dernier, le rapport du Governement Accountability Office (GAO) montrait que seul 15% des F-35C réceptionnés par l’US Navy étaient effectivement opérationnel. Ce chiffre étant par ailleurs, le même qu’à fin 2017.

 

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Photo :1  F-35B @ LM 2 F-35C @ USN

31/12/2018

Le Congrès veut limiter l’achat de F-35 !

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Washington, le Bureau du budget du Congrès a présenté au gouvernement fédéral américain un certain nombre d’idées permettant de réduire les coûts, notamment la réduction du nombre d’achats supplémentaires de Lockheed-Martin F-35 « Lightning II », le retrait des flottes de bombardiers Rockwell B-1B Lancer et reporter le développement du bombardier furtif Northrop Grumman B-21.

Réduire le déficit :

Dans le cadre du rapport intitulé "Options pour réduire le déficit: 2019 à 2028", la CBO a décrit des dizaines de réductions des dépenses discrétionnaires, au sein et en dehors du département de la Défense, qui pourraient réduire l’écart entre les recettes et les dépenses du gouvernement américain. L’analyse de l’agence a été faite à la lumière d’un déficit fédéral qui devrait atteindre en moyenne 5,1% du PIB entre 2022 et 2025, pertes qui entraîneraient la dette du gouvernement fédéral à des niveaux supérieurs à ceux de la Seconde Guerre mondiale.

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Développement de la mixité :

Le plan visant à annuler des achats supplémentaires de F-35 entre 2019 et 2028, devrait permettre de réaliser une économie de 13 milliards de dollars pour le Pentagone, selon le CBO. Au lieu d’acheter le F-35, l’US Air Force achèterait 510 F-16 Fighting-Falcon au standard « Block70/75 « Viper » ainsi que 250 F-15 « Advanced Eagle » et la Marine et le Corps des Marines achèteraient 394 F/A-18 « Advanced Super Hornets jusqu’en 2028. Ces achats auraient lieu dans les mêmes délais que celle actuellement en place pour les F-35. Les services continueraient à exploiter les 429 F-35 déjà achetés.

«L’avantage de cette option est qu’elle réduirait les coûts de remplacement des avions de combat plus anciens du DoD tout en fournissant aux nouveaux F-15 , F-16 et F/A-18  avec des capacités améliorées (notamment des radars modernes, des armes de précision et des communications numériques). Ces avions sont capables de vaincre la plupart des menaces auxquelles les États-Unis sont susceptibles de faire face dans les années à venir », indique la CBO. "Les F-35 déjà achetés renforceraient le dispositif furtif de bombardiers B-2 et F-22 actuellement en service, ce qui améliorerait la capacité des services à opérer contre des adversaires dotés de systèmes de défense anti-aérienne sophistiqués."

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Le risque de retarder le B-21 :

Cependant, le changement le plus important dans les plans d'achats de l'US Air Force pourrait être de retarder le développement du bombardier furtif B-21, ce qui permettrait d'économiser environ 32 milliards de dollars entre 2020 et 2028, selon le CBO. Le B-21 devrait entrer en service entre le milieu et la fin des années 2020. Un des avantages de cette approche serait que le programme B-21 pourrait tirer parti des futures technologies aérospatiales non encore disponibles, soutient le CBO.

«Tirer parti des développements technologiques futurs pourrait être particulièrement utile pour les systèmes d’armes qui devraient être utilisés pendant plusieurs décennies», explique l’agence. «Même avec 10 ans de retard, un nouveau bombardier serait encore disponible avant que les bombardiers d’aujourd’hui n’aient atteint la fin de leur vie utile.»

Correction de doctrine :

On le perçoit depuis un certain temps, la doctrine du "tout furtif"avec les F-22 et F-35 ne séduit plus. En cause, les coûts d’achat et d’heures de vol qui péjorent la dotation. Hors, il est devenu évident que la dotation avec un nombre d’avions suffisant pour permettre de tenir lors d’opérations extérieures (OpEx) et de maintenir un nombre adéquat d’aéronefs pour assurer la sécurité du territoire américain, l’entraînement et la formation de nouveaux pilotes n’est pas compatible avec un nombre restreint d’avions fussent-ils furtifs.

 

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Photos : 1 mixité F-35/F-15@ USAF 2 F-15 Advanced 3 Advenced Super Hornet@ Boeing 4 F-16 Viper @ lockheed Martin

04/12/2018

Airbus s’allie à Lockheed Martin pour l’A330MRTT !

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Lockheed Martin et Airbus ont signé un accord visant à explorer conjointement les opportunités de répondre au besoin croissant des clients militaires américains en matière de ravitaillement en vol. Les deux entreprises souhaitent fournir des services afin de remédier aux déficits capacitaires identifiés et de satisfaire aux exigences des ravitailleurs de nouvelle génération, capables d’opérer dans les environnements complexes des futurs théâtres d’opérations. 

« Nos clients ont impérativement besoin de capacités de ravitaillement en vol fiables et modernisées afin de préserver leur capacité de projection et leur avantage stratégique », a déclaré Marillyn Hewson, Présidente-directrice générale de Lockheed Martin. « En associant la force d’innovation et l’expertise d’Airbus et de Lockheed Martin, nous serons bien placés pour fournir à l’US Air Force et à ses alliés dans le monde entier les solutions de ravitaillement modernes requises pour relever les défis sécuritaires du 21esiècle. »

 « L’US Air Force mérite la meilleure technologie et la plus haute performance en matière de ravitaillement en vol, et c’est précisément ce que la formidable équipe industrielle regroupant Lockheed Martin et Airbus entend offrir », a déclaré Tom Enders, CEO d’Airbus.

 La coopération des deux entreprises, basée sur l’A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport) d’Airbus, doit permettre d’adresser un large éventail d’opportunités allant de besoins court terme en matière de ravitaillement en vol, par exemple sous forme d’une offre de services payants, à la conceptualisation du ravitailleur du futur.

Lockheed-Martin réalise depuis longtemps avec succès l’intégration des systèmes, ainsi que la fabrication et les opérations de MRO de divers gros avions de transport et de ravitaillement. Associée à l’expertise d’Airbus, cette expérience permettra aux deux entreprises de former une équipe solide pour répondre aux futurs besoins en matière de ravitaillement en vol.

Tentative vouée à l’échec ?

Cette alliance qui tente de venir détrôner le KC-46A de Boeing sur le marché des ravitailleurs US a-t-elle une chance de réussir ? L’offre des deux partenaires doit venir combler les retards de livraison du KC-46A pour permettre à l’US Air Force de tenir ses capacités. Certes à court terme il y une option négociable, mais à plus long terme les chance de maintien sont faibles. Par contre, il pourrait y avoir un effet de discréditation du KC-46A à l’exportation et cette alliance pourrait permettre de placer quelques A330MRTT supplémentaires. De son côté, le PDG de Boeing pourra compter sur son amité avec D.Trump pour sauver son ravitailleur, sans oublier que les démocrates avaient, sous Obama, trucidés la vente de l’A330MRTT au profit de Boeing, autant dire que les espoirs sont minces.

Photo : A330 MRTT @ Airbus DS