14/01/2021

Le F-35 oscille toujours entre défaillances et améliorations !

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Le bureau des évaluations du Pentagone tire à nouveau à « boulets rouges » sur le programme. F-35. Si ce rapport devait rester confidentiel, le groupe Bloomberg News vient d’en révéler le fond. Selon les informations disponibles, le rapport dénonce le grand nombre de déficiences, encore présentes au sein du programme.

871 déficiences logicielles et matérielles :

Ce nouveau rapport revient une fois encore sur les nombreux 2bugs » qui animent le programme F-35. Au total, on identifie toujours 871 déficiences logicielles et matérielles qui pourraient compromettre les missions ou la maintenance de l’avion. Rappelons qu’en 2018 le Bureau du pentagone avait identifiés 941 failles.

Rectifications à la peine :

Pour autant l’avionneur Lockheed Martin travaille à la résolution des nombreux problèmes. Mais force est de constater que ceux-ci sont tenaces. Le programme F-35 fait l’objet d’une mise à niveau du « Bloc 4 » d’un coût d’au moins 12,1 milliards de dollars visant à corriger les lacunes du passé et à introduire de nouvelles capacités par incrémentation de six mois jusqu’en 2026 pour faire face aux menaces actuelles. Le plan comprend la modernisation de certains avions déjà construits et utilisés aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Japon.

Mais le rapport dénonce le fait que le nombre global de lacunes ouvertes n'a pas changé de manière significative depuis début 2018, et ceci en raison de problèmes continus avec la qualité initiale du logiciel dans le Bloc 4 et des capacités de test en laboratoire et en vol limités, résultant en un taux élevé de découvertes de problèmes lors des tests et sur le terrain.

Pour Robert Behler, directeur des tests et évaluation pour le Pentagone, « le processus du Bloc 4 ne fonctionne pas», « Cela entraîne des retards importants dans les calendriers planifiés et entraîne une mauvaise qualité des logiciels, contenant des lacunes.» Les modifications logicielles « destinées à introduire de nouvelles fonctionnalités ou à corriger des lacunes ont souvent introduit des problèmes de stabilité ».

Robert Behler ajoute que seulement 10 des 871 lacunes non résolues citées impliquent des problèmes de « catégorie 1 » potentiellement graves, définis comme des lacunes critiques qui pourraient compromettre la sécurité du pilote ou de l'aéronef ou dégrader l'efficacité de la mission. C’est à comparer avec 102 problèmes graves parmi les 941 cas cités en 2018. Il y donc une certaine amélioration, au sein du programme, mais celles-ci sont insuffisantes et de l’autre les déficiences secondaires sont encore trop présentes.

20 ans déjà :

Le programme F-35 fêtera cette année ses 20 ans depuis que ce dernier a été sélectionné. Or pour R.
Behler, le programme souvent encore trop de maladies de jeunesses. En plus des défauts techniques, le programme F-35 fait face à un déficit de 10 milliards de dollars dans le budget prévu du Pentagone pour 2021 à 2025. Le plan budgétaire final de l'administration Trump appelle à demander 78 milliards de dollars pour la recherche et le développement, l'achat d'avions, les opérations et la maintenance. Mais l’unité indépendante d’analyse des coûts du Pentagone estime que 88 milliards de dollars seront nécessaires, selon une analyse de juin 2020.

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Photos : F-35 @ USAF

11/10/2020

Les F-35 exports sont moins performants !

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On savait que le système ALIS du F-35 renvoyait des informations confidentielles des utilisateurs aux USA, maintenant, nous apprenons que les clients du F-35 n’ont pas droit aux mêmes capacités que les USA.  

L’affaire de la vente aux EAU :

C’est l’affaire de vente possible de F-35 aux Émirats arabes unis (EAU) qui vient de faire éclater la nouvelle. Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA étudient comment structurer un accord sans gêner l’Allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Le bon choix :

Par exemple, la Finlande et la Suisse ont déjà l’assurance des autres avionneurs (Airbus, Boeing, Dassault) qu’en cas de choix, l’avion n’aura pas de « Black Box » et que ce dernier ne sera pas bridé. Les standards offerts par ces trois fabricants seront dotés des nouvelles capacités de calcul qui permettront de fonctionner en réseau sans restriction. Voilà une bonne raison de réfléchir à deux fois avant de choisir.

Un petit code qui change tout :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition de fait d’un système qui « bride » l’avion.  Est-ce que les Alliés « propriétaires » de F-35 sont tous logés à la même enseigne ou existe-t-il des disparités de droits d’accès entre les utilisateurs ?

Pour l’instant ces questions restent sans réponse et risquent bien d’y rester pour des raisons de confidentialité.

La dépendance au « système F-35 » :

De tout temps, certains systèmes d’armes sont vendus avec des restrictions, par exemple l’exportation d’un système de missile dans une version moins performante dans certains cas en direction de certains pays jugés sensibles. Le cas du F-35 est un peu similaire, sauf que là, il ne s’agit pas juste d’une arme isolée, mais d’un système complet qui doit être le nœud central sur lequel un utilisateur compte pouvoir s’appuyer pour disposer d’une force aérienne compétitive, afin de répondre aux diverses menaces. Difficile de mettre en place des tactiques sachant que celles-ci seront irrémédiablement moins efficaces, car freinée par des ordinateurs qui ne donneront pas la pleine capacité. Cette dépendance du client avec le « système F-35 » est très problématique et ceci à plusieurs titres.

Photo : F-35A norvégien @ LM

 

21/05/2020

L’Ukraine prépare l’achat d’un nouvel avion de combat !

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Kiev, prépare la modernisation de sa Force aérienne en vue de se procurer de nouveaux avions de combat. Il s’agit de remplacer d’ici 2030 les flottes de  MiG-29MU2, ainsi que les Su-24 et Su-25 actuellement en service. Les Sukhoi Su-27 « Flanker » modernisés resteront encore en service au-delà de cette date.

Dans un document nommé « Air Force Vision 2035 », récemment approuvé par le Conseil militaire du Commandement de l'armée de l'air des forces armées ukrainiennes, l'Ukraine a précisé son intention de se procurer un avion de chasse multirôle de 4ème génération capable à la fois de protéger l'espace aérien ukrainien contre des avions hostiles et effectuer des frappes sur les positions ennemies.

L'Ukraine achètera de nouveaux avions de chasse en plusieurs phases au cours de la prochaine décennie, avec un appel d'offres pour les premiers lots d'appareil pour 2021 ou 2022,. Seul un petit nombre de jets sera acquis au cours de cette phase, tandis qu'un achat plus important est prévu pour la période 2025-2030. Le pays prévoit un budget de 7,5 milliards de dollars.  

Les fournisseurs potentiels :

Kiev prévoit de se tourner en direction de fournisseurs aux États-Unis et en Europe et au Pakistan/Chine pour examiner les options permettant de répondre à l'exigence.

Les fournisseurs encore non officiels semblent être Lockheed-Martin avec le F-16 Block70/72 « Viper », Saab avec les JAS-39 Gripen E MS21 le consortium sino-pakistanais PAC/CAC avec le JF-17 « Thunder »  Block III. On ne sait pas pour l’instant, si d’autres avionneurs comme Airbus DS, Boeing ou Dassault seraient intéressés par la demande d’offres de l’Ukraine. Pour la première fois, le pays se dirige en direction d’avions non russes, le conflit dans le Dombass et la reprise de la Crimée par ces derniers poussent le pays en direction d’autres fournisseurs.

Photo : MiG-29MU2 ukrainiens @ Theo Van Vliet