28.03.2012

F-35 : on souffle le chaud et le froid !

 

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Dans le feuilleton du Lockheed-Martin F-35 Lightning II, chaque semaines nous apportent son lot de nouvelles, souvent mauvaises et parfois bonnes. Le projet continue pourtant d’avancer inexorablement malgré de nombreuses critiques.

Si le dernier rapport mettait en évidences de nombreuses carences dont certaines ne sont de loin pas résolues, on assiste malgré tout à une certaine fidélité au programme malgré les nombreuses diminutions du nombre d’acquisitions. 

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Les clients confirment :

La Norvège, vient de dévoilé son nouveau «livre blanc de la Défense» (« Defense white paper »), pour la période 2013-2016 et confirme son choix en faveur du F-35 avec notamment une volonté de renforcer temporairement le budget de Défense de 7% sur la période, afin de pouvoir acheter sa nouvelle flotte de d’avion de combat  F-35.

La Grande-Bretagne s’intéresse confirme son intérêt pour la version F-35B STOVL et délaisse l’idée provisoire de transiter sur un autre appareil comme le Rafale dans  l’attente de l’avion américain. Mieux, l’idée d’abandonner le F-35B, jugé à l’époque trop cher et pas suffisamment au point, et d’acheter à la place des F-35C, la version navalisée de l’avion normalement destinée à l’US Navy et également mise de côté.

Le Canada dont les surcoûts agacent non seulement l’opposition mais également le gouvernement actuel vient pourtant de confirmer son maintien dans le projet. Afin de combler les retards, le gouvernement Harper prévoit de prolonger la durée de vie des CF-18 à 2020 voire 2023. Rappelons que le 13 février, le ministre associé de la Défense, Julian Fantino, a laissé entendre que le Canada pourrait revoir son engagement à acheter les 65 chasseurs furtifs F-35 au coût de 9 milliards de dollars.

Ce qui change aujourd’hui tient dans le fait que M. Fantino vient  d’assuré devant le Comité permanent de la Défense que le Canada avait toujours l'intention d'acquérir les chasseurs furtifs F-35, tout en déclarant qu'il n'écartait pas la possibilité de réduire la taille de la commande et d’envisager d’acheter jusqu’à 6 drones armés «Reaper», qui, bien qu’ils ne se substituent pas à des avions de combat pilotés, pourrait être utilisés dans un rôle expéditionnaire et combler partiellement la dotation en F-35. Enfin de déclarer : «que le développement du F-35, qui comprend des technologies de pointe, était toujours en cours et que le gouvernement s'attend qu'en fin de compte, l'avion réponde à toutes les exigences du ministère de la Défense».

La situation:

En réalité, personne ne sait aujourd’hui combien coûteront les F-35, car le nombre d’avions à construire et le calendrier planent dans l’incertitude totale. Le prix de production unitaire est lui-même évolutif d’une année sur l’autre. Le Pentagone s’est engagé à acheter 2443 avions F-35. Les partenaires internationaux qui comprenaient à l’origine le Canada, l’Australie, le Danemark, l’Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Turquie et le Royaume-Uni avaient prévu d’acheter 700 unités. Mais les retards et les annulations ont engendré un prix ascensionnel, qui a créé du coup d’autres annulations de commande. Le Pentagone a lui-même récemment diminué ses commandes à 13 avions pour 2013, et reporté 179 achats entre l’année prochaine et 2017.

Après les réunions du consortium F-35 à Washington et à Sydney, le Pentagone a cherché à rassurer ses partenaires la semaine dernière (récemment rejoints par le Japon, qui s’est engagée à acheter 42 F-35, tant que les coûts n’augmentent pas et affirmé qu’il n’y aurait pas de retards supplémentaires. 

Ravitaillement de nuit :

De son côté Lockheed-Martin vient d’achever le premier ravitaillement en vol de nuit depuis la base aérienne d’Edwards en Californie. Piloté par le lieutenant-colonel Peter Vitt, un F-35A avait rendez-vous avec un KC-135 pour un premier ravitaillement, cette sortie qui a duré plus de 3 heures de vol a été selon le constructeur un réel succès. 

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Photos : 1 Premier ravitaillement de nuit f-35A 2 F-35A  3 F-35B @ Lockheed-Martin

 

23.01.2012

Premier vol de nuit pour le F-35 !

 

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FORT WORTH, Texas,  Le premier vol de nuit dans l'histoire du programme F-35 de Lockeed Martin a été effectué la semiane dernière depuis la base des Forces aériennes d'Edwards, en Californie. Piloté par le pilote d'essais Mark Ward de Lockeed-Martin, le F-35 à décollage et atterrissage conventionnels portant le numéro de série AF-6, s'est envolé à 17H05 du pacifique, et a atterri à 18H22.

La mission consistait en une série d'approches directes au crépuscule et dans l'obscurité. Le pilote a aussi complété une évaluation de l'éclairage du cockpit, qu'il a qualifié du «meilleur qu'il ait jamais vu». Ces tests ouvrent la voie aux opérations de nuit pour le ravitaillement en vol ainsi que pour le vol en formation qui auront lieu plus tard cette année.

Rappel :

Le F-35 a été mis au point par Lockheed Martin et les partenaires du programme d’avions d’attaque interarmées (JSF), programme multinational visant à construire et à entretenir un chasseur furtif de la nouvelle génération, abordable et polyvalent. Les partenaires du programme sont les États‑Unis, le Canada, le Royaume‑Uni, les Pays‑Bas, l’Italie, la Turquie, le Danemark, la Norvège et l’Australie.

Le programme JSF est le plus important de l’histoire consacré à un seul avion de chasse. Il est prévu que la valeur totale du programme dépassera 383 milliards de dollars américains, la production devant atteindre 5’000 avions du moins en théorie,  les partenaires du programme JSF sont censés s’en procurer plus de 3’000 mais le chiffre est à la baisse.

Le programme JSF comporte trois phases distinctes : la phase de démonstration du concept (1997‑2001) durant laquelle deux soumissionnaires concurrents ont mis au point un prototype d’avion (Lockheed Martin a été choisi comme entrepreneur principal), la phase de développement et de démonstration des systèmes (2001‑2013) servant à la mise au point et à l’essai des systèmes et des composants de l’avion qui seront utilisés; finalement, la phase de production, de soutien et de développement subséquent (2007‑2051) durant laquelle a commencé la production de l’avion et des pièces de rechange pour la durée de vie de l'appareil ainsi que le développement subséquent.

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Photos : F-35 de nuit @Lockeed Martin/Tom Reynolds et Darin Russell

 

09.01.2012

Lockheed-Martin F-35 l’année des défis !

 

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Pour le constructeur américain Lockheed-Martin, l’année 2012 s’annonce remplie de défis en ce qui concerne son F-35 «Lightining II». Une année de plus, remplie d’écueils devrais-t-on dire pour un programme très critiqué et dont les coûts continuent à alimenté la polémique.

D'abord, Lockheed-Martin va devoir affronter l’examen de la de la Commission américaine de Defense et Acquisition qui pourrait trouver à redire sur l’éternel optimisme du constructeur en ce qui concerne la justification des coûts unitaires moyens d'approvisionnement (APUC). Puis, il reste à savoir ce qui restera de la prochaine commande du Pentagone face aux réductions massives du budget de la défense américain, voulue par le Président Obama. En effet, des coupes nettes dans l’acquisition finale pourrait bien remettre en question les calculs des coûts unitaires de l’appareil.

Problèmes de conception :

En effet, su la question du prix de l’avion est déjà synonyme d’inquiétude, des problèmes de conceptions ont été relevés, soit 13 au total! Bien que l’étude n'a pas identifié de risques de conception fondamentaux, elle a énuméré 13 sujets de préoccupation. Seulement deux d'entre eux avaient déjà été diffusés préalablement et concernaient des problèmes avec la stabilité du réseau électrique et l'affichage du viseur de  casque.

Mais, trois problèmes plus importants viennent d’être rendu public : un risque d'incendie avec le sous-système de carburant, la crosse d'appontage du F-35C annule la furtivité de celui-ci ! Des problèmes concernant le vol transsonique,  la performance de manoeuvre, la fatigue prématurée de la cellule et des problèmes divers durant les tests qui à l’avenir peuvent se transformer en problèmes majeurs.

Le rapport a noté que les "marges de poids sont extrêmement serrées" et que la maturité de certain systèmes était faible et qu’il faudrait reconsidérer sérieusement la planification de la production.

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Négociations pour la production limitée :

Ces séries d’ennuis ont poussé Lockheed-Martin à accepter une renégociation sur la fabrication d’une cinquième pré-séries de 30 appareils dont il a accepté pour la première fois de partager les coûts. Cette pré-série, aura une production réduite de deux appareils afin de payer les coûts de dépassement, il d’ailleurs déjà prévu que la sixième pré-production sera également amputée de deux aéronefs.

Selon la dernière programmation la production pour le marché américain serait ramené à 300 unité  au lieu des 423 prévues initialement.

Retard en matière de formation :

Dans un autre rapport à l'automne dernier, le directeur des essai opérationnel et d’évaluation (DOT & E) a déclaré qu'il ne pouvait pas approuver le début de la formation initiale des pilotes

sur les appareils déjà livré à Eglin AFB et ceci tant qu’une série d’essais supplémentaire ne sera pas organisée. Pour l’USAF il faudra certainement dépassé les 1.100 heures d’essais.

Au chapitre des « petites bonnes nouvelles» :

Un petit ballon d’oxygène est tout même venu réchauffer l’atmosphère du programme en ce début d’année avec avec la décision de la commission exécutive des industries de défense turque qui a annoncé la commande avec Lockheed-Martin de deux prototypes de l’avion F-35. A terme, la Turquie devrait acquérir une centaine de F-35 à partir de 2015 et ceci pour autant que les coûts ne continuent pas à grimper, sans quoi ce nombre pourrait être revu à la baisse.

Les déboires de la 5e génération :

Aux Etat-Unis pour l’instant la 5e génération d’avions de combat à un goût amer, le F-22 trop sophistiqué pour permettre son exportation vient de cesser d’être produit (article 14.12.11) car si  l’avion est exceptionnel, son coût aura finalement fait capoter de nombreux espoirs, l’US Air Force comptait acquérir près de 750 appareils. Les limitations quant à son exportation ainsi que les frais de développement  additionné à ceux de la production ont fait grimpé le coût unitaire de l’avion à un peu moins de 380 millions de dollars. Un surcoût intolérable pour l’Administration américaine.

Le F-35, certes, moins technique se retrouve malmené comme nous venons de le voir plus haut. Mais un autre élément moins avouable joue également en défaveur de cette génération d’avion, l’ efficacité en matière de furtivité est quasi rendue nulle face un à appareil doté d’un radar AESA couplé à une optronique. Autrement dit, les choix européens que sont le Rafale, l’Eurofighter et le Gripen E/F  de la génération 4++ offrent un rapport coût/efficacité bien plus raisonnable !

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Photos : 1 & 3 F-35 2 Cockpit @ Lockheed-Martin