02/05/2021

SCAF: un accord pour la motorisation !

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Le dossier du futur avion de combat Franco-Germano-espagnol avance, un accord a été trouvé en ce qui concerne la motorisation. Reste à trouver une solution en ce qui touche à l'utilisation des droits de propriété intellectuelle. Mais une chose après l’autre.

Cette semaine, les motoristes MTU Aero (MTXGn.DE), Safran (SAF.PA) et ITP Aero ont résolu leur différend sur le développement et la production des moteurs du futur système de combat SCAF acceptant de partager la charge de travail de manière égale entre les trois sociétés.

Olivier Andries, directeur général de Safran, a déclaré qu'un accord tripartite avec MTU Aero Engines et ITP Aero portant sur le développement d'un groupe motopropulseur militaire de nouvelle génération a été conclu sans « aucun compromis ». 

Safran Aircraft Engines dirigera la conception et l'intégration du système de propulsion, avec sa joint-venture EUMET avec MTU en tant que maître d'œuvre et ITM en tant que partenaire principal de l'effort.

« Nous avons clairement indiqué que certains principes sous-jacents devaient être respectés en termes de clarté des responsabilités, de gouvernance et aussi de ce que nous appelons le principe du« meilleur athlète »: le travail doit être réparti en fonction des capacités démontrées. C'est là que nous en sommes. » 

ITP sera responsable de la turbine basse pression et de la buse, domaines dans lesquels a déjà une expérience, par exemple à travers le consortium EuroJet qui construit l'EJ200 pour l'Eurofighter. 

Outre le travail global de conception et d'intégration, Safran s'occupera également de la partie chaude du nouveau moteur. MTU gérera les services et les activités de soutien. 

Le développement du NGF lui-même sera dirigé par le français Dassault, avec la participation d'Airbus Defence & Space et d'Indra.

Rappel :

Des inquiétudes avaient déjà été soulevées quant au fait que l'inclusion d’ITP dans le projet -motivée par l'admission de l'Espagne au programme du Future Combat Air System en 2019 entraînerait une répartition inégale du travail ou d'autres problèmes. 

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Dernier gros point à résoudre :

La porte-parole du ministère de la Défense de Berlin a déclaré qu'il fallait un arrangement adéquat pour l'utilisation des droits de propriété intellectuelle dans l'avion qui respecte les intérêts de tous les participants au projet. Elle a déclaré que les négociations se poursuivaient et que l'objectif de l'Allemagne restait de présenter une proposition à la commission du budget du parlement en juin.

La prochaine étape du développement de l'avion est conditionnée à l'approbation du parlement allemand, et le temps presse pour trouver une solution pour présenter une proposition à temps pour que la commission du budget du parlement vote dessus avant les élections générales de septembre.

SCAF.

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Photos : 1 SCAF 2 Accords sur la motorisation 3 Futur moteur du SCAF@ Safran

05/04/2021

Le SCAF va mieux, mais n’est pas encore sauvé !

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Il y a peu le programme SCAF était presque considéré comme mort, du moins dans sa configuration de base, on évoquait, il y a peu, un éventuel plan B du côté de chez Dassault Aviation. Mais tant que le patient n’est pas déclaré mort, il faut le sauver. A la manière d’une équipe médicale, les différents membres du projet se sont attelés à un difficile exercice sur le partage des tâches du programme afin de redonner une chance à ce dernier.

Les dernières nouvelles semblent plutôt positives, avec ce qui semble bien être un accord de base entre Dassault Aviation et Airbus. Cette entente implique les trois pays du programme, la France, l’Allemagne te l’Espagne. L’accord de fond débouche sur une nouvelle offre qui doit permettre la réalisation d’un démonstrateur. Les deux avionneurs que sont Dassault et Airbus vont être responsables du développement de l'avion de combat de nouvelle génération (NGF). Celui-ci s'intégrera dans un "système de systèmes" qui s'articulera avec des drones accompagnateurs, le tout connecté, via un "cloud de combat", avec les autres moyens militaires engagés dans une opération.

Ce qui a été réglé :

Les deux avionneurs ont donc réussi à s’entendre sur la répartition des charges de travail d’une part. La position de chacun a été clarifiée afin que chacun soit considéré en tant que partenaire et non un sous-traitant du programme.

Ce qui ne l’est pas encore :

Pour autant, il reste des éléments à clarifier. L’un des gros morceaux est celui de la motorisation, en effet, le français Safran, l'allemand MTU et l'espagnol ITP, ne se sont toujours pas accordés en ce qui concerne la réalisation des moteurs.

De l’autre, des problèmes de propriétés intellectuelles concernant des travaux sensibles n’ont pas trouvés de solutions à ce jour.

Le contre la montre :

Le programme SCAF n’est pas encore complètement sorti d’affaires, et le temps joue en défaveur. En effet, il faut absolument trouver un accord global avant le mois de juin prochain, sans quoi le Parlement allemand pourrait purement et simplement refuser le budget de financement du SCAF. Un élément qui doit permettre de pérenniser le programme.

Photo : Maquette du SCAF @ Dassault