16/02/2017

Eurofighter : L’Autriche attaque Airbus DS !

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Vienne, nouveau développement dans l’affaire des avions de combat Eurofighter en Autriche. Le ministère de la Défense autrichien a annoncé ce matin vouloir attaquer en justice le groupe aéronautique européen Airbus dans le cadre de l’affaire de fraude et de corruption en ce qui concerne la vente d'avions de combat Eurofighter à l'Autriche.

"Nous déposerons une plainte en justice contre Airbus", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Ministère, Michael Bauer, en précisant que l'affaire portait sur la livraison en 2003 de 15 appareils Eurofighter pour un montant de 1,7 milliard d'euros.

L’Autriche devrait présenter prochainement des détails sur l’affaire, avec notamment des preuves en qui démontreraient qu'Airbus avait gonflé artificiellement le prix des appareils Eurofighter T1.

Airbus avait indiqué fin janvier avoir accepté une procédure de rectification fiscale en Allemagne concernant cette vente d'avions de combat Eurofighter à l'Autriche, alors que cette transaction fait l'objet depuis des années de soupçons d'éventuels pots-de-vin.

Rappel :

Airbus DS (ex EADS) avait livré l’Eurofighter T1 « Typhoon  II » à l’Autriche. Cette livraison fait suite au contrat signé en 2003 pour la fourniture de 15 avions y compris l’armement les équipements connexes et le simulateur. Le nouvel avion de combat autrichien est en soi un feuilleton à rebondissement. La volonté de remplacer les bons vieux Saab J-35 « Draken » date du début des années nonante. Suite à une première évaluation, c’était le F/A-18 Hornet qui avait été choisi. Mais suite à des problèmes politiques et de financement, l’achat fût reporté. L’utilisation de l’espace aérien autrichien par l’aviation Serbe, lors de la guerre en ex-Yougoslavie relança le besoin de débloquer des crédits urgents pour l’achat d’un avion moderne. Une seconde évaluation donna le JAS-39C/D Gripen suédois gagnant, mais suite à la pression du chancelier allemand Schröder, les politiques autrichiens acceptèrent de reprendre 15 Eurofighter T1 initialement destinés à l’Allemagne et proposés par Airbus.

Une Force aérienne très limitée : 

La situation de la Force aérienne autrichienne n’est, de loin pas très enviable, avec seulement 15 avions de combat Eurofighter T1, soit le modèle le plus limité de la gamme du chasseur européen. En effet, sur ces 15 aéronefs, seul 6 à 8 sont réellement disponibles, les autres étant en maintenance et servant à la formation du personnel aérien et au sol. Le standard T1 des Eurofighter autrichiens ne permet que l’interception à courte portée, ainsi que l’engagement avec des bombes en chute libre. 

Coûts exorbitants : 

Cher à l’achat, l’Eurofighter se révèle également cher à l’heure de vol, estimé à près de 18’000 dollars US à l’heure (estimation variable, selon les utilisateurs) l’Eurofighter s’avère nettement plus coûteux que le Rafale, F/A-18, Gripen et F-16. De plus, l’absence de coordination entre les pays clients, ainsi que sur le mode d’assemblage des appareils (ses éléments sont construits par chacune des parties) pose des problèmes notamment dans l’approvisionnement en pièces de rechanges.

L’Autriche voudrait un autre appareil :

Parallèlement à ce feuilleton judiciaire, le pays désire depuis un certain temps se débarrasser de ses Eurofighter T1 et opter pour un autre appareil. Des discussions sont engagées avec l’avionneur Saab depuis un certain temps. Une revente et une indemnisation financière des Eurofighter permettraient de débloquer la situation semble-t-il.

Un effet en Suisse :

Dans le cas ou Airbus DS serait mis en cause par la justice, il se pourrait dans un tel cas, que le Ministère public de la Confédération (MPC) recommande à armasuisse et au DDPS ne pas prendre en considération une offre pour l’Eurofighter T3. Une situation qui pourrait donc avoir des conséquences dans le programme d’évaluation de notre futur avion.

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Photos : Eurofighter autrichiens @ Force aérienne autrichienne

 

 

21/01/2017

Un nouvel HUD pour le F-22 « Raptor » !

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Lockheed-Martin a choisi l’équipementier BAe Systems pour remplacer l'écran tête haute (HUD) 2 Head up display" sur les F-22 « Raptor » en service au sein de l’US Air Force.

L'unité d'affaires des systèmes électroniques de BAE à Rochester au Royaume-Uni fournira son nouveau HUD entièrement numérique (DLE) avec un contrat de développement qui conduira à la pleine production pour l'ensemble de la flotte de F-22.

Le HUD DLE de BAE Systems : 

BAe Systems a développé HUD DLE (Digital Light Engine ) qui enlève la source conventionnelle d'image du tube à rayons cathodiques et introduit une solution d'affichage numérique plus avancée. La technologie numérique offre une fiabilité accrue, diminue la maintenance et fournit une performance de luminance constante. De plus, le HUD DLE offre des avantages d'espace et de poids combinés à la dernière technologie des guides d'ondes optiques. Sa conception modulaire et légère améliore la sécurité de vol, réduisant la fatigue et augmentant la conscience de la situation jour et nuit. Il fournit un fonctionnement sans interruption avec des lunettes de vision nocturne (NVG). Il permet des améliorations de capacité incrémentales avec un impact minimal sur le casque et l'installation dans l'avion. 60% plus petit et 50% plus léger qu'un HUD classique, il s'intègre facilement dans les cockpits actuels et futurs.  

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Rappel :

Le F-22 a été conçu pour réduire au maximum sa signature radar qui, au final, est environ 100 fois inférieure à celle d’un F-15 «Eagle» bien que les deux avions aient à peu près la même taille. L'avion est entièrement recouvert d'une peinture absorbant les ondes radar. De plus, les surfaces de contrôles sont conçues par thermoformage pour éviter d'utiliser des rivets qui créeraient des aspérités et ses antennes et détecteurs sont noyés dans le revêtement.

Pour réduire la signature infrarouge le F-22  dispose d’un système de refroidissement très sophistiqué. La chaleur est évacuée dans le carburant et part dans le sillage des réacteurs. Ce système ayant été calculé avec une tolérance réduite, quand l'avion termine sa mission, les équipements internes sont à haute température et pour diminuer la chaleur, les soutes sont ouvertes au sol. C'est l'une des raisons qui font que les frais de maintenance  du F-22 sont particulièrement élevés.

Le Raptor dispose de son armement dans deux soutes latérales et une soute ventrale, afin, de maintenir sa furtivité. Les soutes latérales peuvent contenir 1 missile AIM-9 «Sidewinder»chacune. La soute ventrale peut recevoir 4 à 6 missiles AIM-120 AMRAAM, dans les soutes latérales et 2 AIM-120 AMRAAM ou 8 bombes GBU39. Le F-22 dispose également de 4 pylônes sous les ailes, utilisables, lorsque la furtivité n'est pas indispensable.

Le radar principal de type AESA est couplé directement aux divers capteurs noyés dans la cellule. Les moteurs Pratt & Whiney F119 qui produisent environ 38.000 livres de poussée chacun, permettent une vitesse de croisière Mach 1,8, sans postcombustion. Avec postcombustion la vitesse maximale est d’environ Mach 2,2. L’avion peut voler à 60.000 pieds. Les tuyères des réacteurs sont dotées de la poussée vectorielle et peuvent être orientées de 40 degrés vers le haut ou le bas, soit pour améliorer la manœuvrabilité lors d'un combat aérien, soit pour réduire la distance de décollage.

Le F-22 est le premier avion militaire à disposer d'un tableau de bord entièrement composé d'écrans LCD multifonctions couleurs, en complément du système HOTAS (MMM, Mains sur Manettes et manche) et du viseur tête-haute.

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Photos : 1 F-22 « Raptor » @ USAF@ ROB Schenk 2 & 3 module HUD DLE @ BAe Systems

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14/07/2016

RUAG agréé pour la maintenance des Bell 429 !

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Emmen, Suisse, Bell Helicopter, autorise la société RUAG Aviation à opérer les travaux de maintenance et le service à la clientèle de Bell Helicopter (LCR). Ce dernier accord de facilité de service à la clientèle confirme la participation de RUAG Aviation dans le réseau mondial de l’hélicoptériste Bell.

RUAG devient ainsi un établissement de service à la clientèle agréé et renforcement le portefeuille de services en matière d'hélicoptère en Europe. Dorénavant, RUAG Aviation pourra réaliser les mises à niveau des systèmes et les contrôles de maintenance ainsi que les travaux de peinture sur les hélicoptères Bell 429. Ces services couvrent le cycle de vie de l'appareil, y compris les services de garantie, aux aéronefs sur le sol (AOG) entretien et bail retour.

 

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Photos : 1 Les membres de Bell et RUAG 2 Bell 429 @ RUAG

05/05/2016

Vieillissement structurel découvert sur un F/A-18 !

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La Force aérienne suisse a découvert un problème de structure sur un avion de combat Boeing F/A-18 « Hornet ». L’avion devra recevoir une nouvelle paire d’ailes.

Les F/A-18 Hornet des Forces aériennes suisses font l’objet d’inspections régulières. Lors d’une telle inspection, il a été constaté qu’une liaison adhésive entre l’aile et le fuselage s’était détachée. Par détachement, on entend en l’occurrence un petit défaut de la liaison adhésive entre le revêtement en titane et le matériau composite de l’aile. Il est ressorti de l’examen effectué que la réparation n’est pas possible, c’est pourquoi l’aile doit être échangée.

Jusqu’à cet échange, l’appareil en question peut être affecté au service de vol avec des restrictions. L’échange de l’aile sera effectué ces prochains mois chez RUAG Aviation à Emmen.

Les problèmes de fatigue de la structure des avions, comme des détachements et des fissures, ne sont rares ni dans l’aviation civile ni dans l’aviation militaire; ils apparaissent, avec le temps, comme conséquence de l’exploitation des appareils.

Une flotte dans sa seconde moitié de vie :

La flotte de F/A-18 « Hornet » se trouve dans la deuxième moitié de sa durée d’utilisation, raison pour laquelle les travaux d’entretien de la structure vont s’intensifiant. Les éventuelles défaillances sont constatées lors d’inspections régulières. Pour les emplacements critiques, des modifications préventives sont mises au point pour que l’entretien des avions reste le plus économique possible.

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Tenir avant l’arrivée d’un nouvel avion de combat :

Le nombre d’heures de vol annuelles des F/A-18 a augmenté et ne pourra pas être diminué au cours des prochaines années, et ce pour deux raisons : d’une part, la renonciation à acquérir pour l’instant de nouveaux avions de combat, qui auraient déchargé les appareils existants dans les domaines du service de police aérienne et de l’instruction ; d’autre part, l’augmentation échelonnée de la disponibilité du service de police aérienne. La sollicitation accrue des F/A-18 augmente aussi le besoin en matériel de remplacement. Pour que les F/A-18 restent en mesure d’accomplir leur mission, le Département de la Défense à lancer un programme d’achat de matériel (programme armement 2016) de remplacement pour les avions et le matériel au sol afférent, qui ne seront prochainement plus disponibles. Cette acquisition permet non seulement de garantir la disponibilité mais également, par un achat groupé avec d’autres nations utilisatrices, de réduire les coûts.

La livraison du matériel de remplacement est prévue pour la période 2016 à 2025. Parmi les 124 articles à acquérir figurent notamment: gouvernes de vol, cylindres pour commandes de vol, pièces de rechange pour réacteurs, engrenages, composants de train d’atterrissage, réservoirs de carburant.

Une situation qui s’aggrave :

La flotte d’avions de combat F-5 est fatiguée, depuis les années 2000, celle-ci et régulièrement réduite, car des aéronefs présentent des fissures importantes qui sont le fait de l’utilisation des aéronefs. Le non remplacement des derniers F-5 (30 appareils) qui devront être entièrement cloués au sol d’ici 2018-2019 et l’augmentation des vols de la flotte de « Hornet » rend la situation chaque mois plus critique pour les Forces aériennes. Le besoin en nouveaux avions de combat est devenu une urgence, n’en déplaise à quelques naïfs.

 

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Photos : 1 Maintenance des Hornet @ RUAG 2 F/A-18C Hornet 3 F-5 E Tiger II @ P.Kummerling

 

11/10/2015

Nouvelle livraison de Su-34 !

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Moscou, la société Sukhoi a confirmé avoir remis un autre lot de Su-34 « Fullback » au Ministère de la Défense de la Fédération de Russie. L'avion a décollé de l'aérodrome de la VPChkalov Novosibirsk Aircraft s’est dirigé en direction de son lieu de leur déploiement tenu confidentiel.

Cette nouvelle livraison confirme le bon fonctionnement de la chaine d’approvisionnement qui s’étant, selon les commandes actuelles jusqu’en 2020 et garantit une charge de travail stable pour l’avionneur Sukhoi. En parallèle à cette livraison, l’avionneur a fait état du très bon fonctionnement du Su-34 notamment avec les aéronefs engagés en Syrie. Ceux-ci se montrent particulièrement efficace pour traquer les forces rebelles au sol, tout en ne demandant qu’un entretien léger et ceci malgré les conditions particulières du théâtre d’opération syrien.

 

Le Sukhoi Su-34 «Fullback» : 

Le Su-34 peut  attaquer des cibles terrestres, maritimes et aériennes, de jour comme de nuit et par tous les temps, en utilisant l’ensemble des types de munitions en service en Russie. En termes de capacités opérationnelles, il s'agit d'un appareil de génération 4+. Son système de sécurité active avec les nouveaux ordinateurs, fournit des capacités supplémentaires pour le pilote et le navigateur, pour effectuer des bombardements précis et à manœuvrer sous le feu ennemi. L’excellente aérodynamique de l’avion, les grands réservoirs de carburant de capacité interne, la nouvelle génération de moteurs plus économe en carburant, doté d’une commande numérique. Font que le Su-34 de bombardement tactique, se trouve très proche de la catégorie de bombardier stratégique de classe moyenne.

Le Su-34 dispose également d’un système de communication et le système d'échange d'informations de type liaison16 (Link16) lui permettant une interface avec des troupes terrestres et des navires de surface, ainsi qu’avec d’autres aéronefs.

Question armement, le Su-34 met en oeuvre des missiles à longue portée air-surface et air-air ainsi que d'armes guidées multicanal. Il est équipé d'un système de contre-mesures de dernière génération. Rappelons que le cockpit est blindé. L'avion peut effectuer des missions à basse altitude de type « by-pass et fly-by». A noter, que les pilotes disposent d’un petit cabinet WC, pour les longues missions.

 L’avion a des capacités de lutte antinavire et dispose d’un rayon d'action de 4.000 km, sa vitesse maximale.

 

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Photos : 1 Su-34 Fullback @ Pavel Zhuravkov  2 Su-34 Fullback @ Dmitriy Pichugin