16/04/2020

Enormes pertes pour le transport passagers !

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La situation en ce qui concerne le transport passagers continue de se dégrader, les derniers pronostics mettent en avant une perte de l’ordre de 314 milliards de dollars pour le trafic passagers en 2020.

L’Association du transport aérien international (IATA) a publié en début de semaine sa dernière analyse actualisée, qui indique que la crise de la COVID-19 causera une chute des revenus de ventes de billets passagers des compagnies aériennes de 314 milliards de dollars pour l’année, ce qui représente un déclin de 55 % comparativement à 2019.

Le mois dernier, en date du 24 mars, l’IATA évaluait à 252 milliards de dollars les pertes de revenus (-44 % par rapport à 2019), suivant un scénario de restrictions strictes des voyages sur une période de trois mois. Les chiffres mis à jour reflètent une aggravation notable de la crise depuis et correspondent aux paramètres suivant :

Restrictions importantes des voyages intérieurs durant au moins trois mois.

Certaines restrictions des voyages internationaux prolongées au-delà de la période initiale de trois mois.

Impact grave à l’échelle internationale, y compris en Afrique et en Amérique latine (où la maladie était peu présente au moment de l’analyse de mars et où on prévoyait un impact moindre).

La demande sur l’ensemble de l’année dans le secteur passagers (intérieurs et internationaux) devrait chuter de 48 % par rapport à 2019. Les deux principaux facteurs de cette baisse sont :

L’ensemble des développements économiques : le monde se dirige vers une récession. Le choc économique de la crise de la COVID-19 devrait se manifester de façon plus intense au deuxième trimestre, alors que le PIB devrait se contracter de 6 % (en comparaison, le PIB s’est contracté de 2 % au pire de la crise financière mondiale). Le trafic de passagers suit de près l’évolution du PIB. L’impact de l’activité économique réduite au deuxième trimestre entraînerait une baisse de 8 % du trafic de passagers au troisième trimestre.

Restrictions de voyage : les restrictions de voyage vont accentuer l’impact de la récession sur la demande de transport aérien. Les répercussions les plus profondes devraient se manifester au deuxième trimestre. Au début d’avril, le nombre de vols était en baisse de 80 % à l’échelle mondiale, comparativement à 2019, ce qu’on attribue en grande partie aux restrictions de voyage imposées par les gouvernements pour contrer la propagation du virus. Les marchés intérieurs pourraient voir une amorce de reprise au troisième trimestre, avec une première phase de levée des restrictions. Toutefois, les marchés internationaux seront plus lents à se rétablir, puisqu’il semble que les gouvernements vont maintenir ces restrictions de voyage plus longtemps.

Un triple effet :

Cette crise impact non seulement le secteur de l’industrie de l’aviation de manière directe, mais également en ce qui concerne les nombreux métiers qui gravitent autour de celle-ci (Taxis, petits magasins, ensemble des fournisseurs indirects des aéroports et du tourisme, indépendants divers). Par ailleurs, la mise en application de la transition écologique est directement touchée. La réception de nouveaux avions moins polluant, les investissements en vue pour le remplacement d’objets à usage (équipement plateaux repas, couvertures) par du matériel réutilisable, la poursuite des engagements en faveur de la mise en place du développement  de carburants durables sont maintenant retardés. La remise en forme lente du secteur, remboursement des aides Etatiques auront pour effet de ralentir cette transition. L’objectif « ZERO » émissions de carbone prévue pour 2050 dans le secteur de l’aviation sera plus difficile à atteindre. Pour autant, il faudra garder le cap pour assurer les objectifs d’une aviation plus propres. L’aviation a déjà effectué d’énormes efforts, (2,5 litre par siège contre 11, il y a 25 ans) mais pour continuer et aller plus loin, seul la bonne santé du secteur en est le garant.

Photo : Paralysie du trafic aérien @ Belgo