24/08/2019

L’Inde abandonne la remotorisation des Jaguar ! 

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L’armée de l’air indienne abandonne son ambitieux projet de remotorisation de sa flotte d’avions de combat SEPECAT Jaguar. La mise à niveau du moteur faisait partie d'un effort plus vaste visant à maintenir la flotte de Jaguar en état de fonctionnement durant encore 20 ans. La modernisation actuelle du programme « DARIN » implique une mise à niveau complète de l'avionique et l'installation d'un système de cockpit amélioré. Ces deux éléments sont aujourd’hui en cours d’installation, restait le problème du nouveau moteur.

Rappel :

En vertu d’un contrat signé en décembre 2009, 61 des 123 avions Jaguar sont en train de passer de la norme avionique DARIN I à la norme DARIN III, mais le projet reste néanmoins très en retard (sept ans de retard,). Le programme de mise à niveau de DARIN comprend l’installation de la suite avionique DARIN III, du nouveau radar AESA Elta ELM-2052 Israélien, d’un cockpit avec écrans EFIS, de commandes de vol.

Le plan initial prévoyait d'achever la mise à niveau de Jaguar d'ici à décembre 2017, la flotte modernisée restant en service auprès de l'IAF au-delà de 2030. Toutefois, Hindustan Aeronautics Ltd (HAL), entreprise publique, n'a livré que six prototypes mis à niveau après avoir obtenu l'autorisation opérationnelle initiale. (CIO) en novembre 2016. Alors que HAL peinait à intégrer un nouveau radar sur les jets, il n’y avait pas encore de passation de pouvoirs pour une unité de contrôle opérationnel final (FOC).

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L’aspect le plus important est la sous-performance des moteurs Rolls-Royce Adour Mk 811 du Jaguar datant des années 1980. Selon des fuites provenant de l’établissement de défense indien, la poussée des moteurs aurait été réduite de 15 à 30%. Cette réduction nuit à l’efficacité de la flotte de Jaguar, l’avion n’étant plus en mesure de transporter tout son chargement d’armes, élément crucial pour un chasseur à frappe profonde qui sert d’aéronef de frappe nucléaires au sein de l’IAF.

 La seconde phase de modernisation dite «Darin IV» comprenait la remotorisation de l’avion avec le moteur le F125IN d’Honeywell en remplacement des actuels Rolls-Royce Adour Mk 821.  Ce nouveau moteur pèse 600 livres de moins que l'Adour et dispose d’une poussée de 9850 lbf (43.8kN) qui devait permettre au Jaguar de décoller 25% plus court qu’actuellement et ceci avec un rendement 36% supérieur à la motorisation actuelle. 

Les causes du retard et de l’abandon :

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L’évaluation du moteur et de son intégration dans la cellule du Jaguar par HAL n’a pas trouvé de solution en ce qui concerne les adaptations de la cellule, pour l’intégration définitive de la nouvelle motorisation. Ces problèmes durent depuis près de quatre années et plusieurs millions de dollars ont été investit à perte. Avec les pressions sur le budget et le besoin d’avancer rapidement sur les autres projets d’avions de combat, l’Indian Air Force a décidé de fermer ce dossier de manière définitive. 

L’Inde et le Jaguar : 

L’Inde est le plus gros client à l'export pour le Jaguar franco-anglais. Démarchée dès 1968, l'Inde signa finalement en avril 1979 une commande pour 130 Jaguar, incluant un contrat de fabrication sous licence pour 95 exemplaires et un transfert de technologie. La Royal Air Force devait former les premiers pilotes de la Force aérienne indienne et louer à l'Inde 20 appareils, en attendant qu'elle reçoive ses Jaguar (nommés localement Shamsher, soit "épée de justice"). 

Un premier escadron indien fut déclaré opérationnel en septembre 1980, suivi d'un second un an plus tard, après l'arrivée des 38 exemplaires fabriqués par la SEPECAT. La production locale, confiée à Hindustan Aeronautics Ltd, commença par l'assemblage à partir de pièces fournies avant de se poursuivre par une fabrication entièrement indienne à l'exception des réacteurs. Au total, cinq escadrons furent équipés progressivement de 1980 à 1991, dont l'un reçu 12 Jaguar IM destinés à l'attaque maritime que l'Inde est le seul pays à avoir mis en service.

Photos : 1 Jaguar modernisé DARIN III 2 nouveau cockpit @HALle moteur F125IN@ Honeywell

29/07/2019

L’Inde réceptionne ses premiers Apache !

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L’armée de l’air indienne recevra l’ensemble de ses 22 hélicoptères d’attaque Boeing AH-64 E « Apache » d’ici 2020, les quatre premiers exemplaires sont arrivés sur la base aérienne d’Hindan. Quatre autres appareils vont arriver dans les semaines à venir, a confirmé Boeing dans un communiqué.

Par la suite, les huit premiers « Apache » seront transférés à la base aérienne de Pathankot Air Force,  où ils seront officiellement intronisés. Pathankot est situé dans l’État du Pendjab, juste au sud du Jammu-et-Cachemire, où se déroule un conflit frontalier avec le Pakistan voisin. Boeing confirme de son côté que ces premières livraisons sont en avance sur le calendrier. Avec l’arrivée de ces appareils, l’Inde est devenue le 14ème pays utiliser l'AH-64.

Rappel :

C’est le 28 mai 2015 que le Ministère indien de la Défense (MoD) a autorisé l'acquisition de 22 hélicoptères Boeing AH-64 E « Apache » et 15 hélicoptères Boeing  CH-47F « Chinook » pour un montant de 2,5 milliards de dollars US.

La vente de 22 hélicoptères de combat AH-64E Apache comprend également une large panoplie d’armement tel que : 812 missiles AGM-114L-3 Hellfire Longbow, 542 missiles AGM-114R-3 Hellfire-II, 245 missiles Stinger Block I-92H. Des munitions de 30mm pour approvisionner les canons. Il faut également ajouter  12 radars de définition de cible AN/APG-78, 12 Interféromètres AN/APR-48A à fréquence radar. L’Inde prévoit également de se doter d’un important stock de moteur de réserve avec 50 turbines General-El T700-GE-701D.

L’AH-64 E Apache Block III :

Le Bloc III est la variante la plus avancée de l'hélicoptère d'attaque. Il dispose d’une avionique et d’un système d’arme amélioré. L’appareil dispose d’une meilleure interopérabilité avec les systèmes aériens sans pilote (Drones). Ceci comprend un JTRS (Joint Tactical Radio System), de nouvelles commandes électriques, le nouveau radar de contrôle de tir Longbow Block III. L’appareil dispose également d’une capacité en réseau permettant une connectivité avec l’ensemble des moyens aérien et terrestre. Question maintenance, les systèmes permettent une diminution des charges notamment en engagement.

 

Photo : AH-64 Apache indien @ Boeing

 

29/03/2019

L’Inde a terminé de négocier l’achat de C-295 !

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Le ministère indien de la Défense a achevé les négociations sur les prix en vue d'acquérir un total de 62 avions de transport moyen Airbus Defence and Space C-295 pour l'Indian Air Force (IAF) et l'Indian Coast Guard (ICG).

Le contrat est estimé à près de 2,8 milliards d’euros (3,15 milliards d’USD).
Le programme MTA prévoit l'importation directe de 16 C-295 et l'assemblage sous licences locale des 46 aéronefs restants dans une usine près de Bangalore appartenant au groupe Tata.

Le C-295 :

Au début des années 1980, l'Espagne cherche un appareil complémentaire au C-212, le constructeur national CASA s'entend avec l'indonésien IPTN pour produire la version de base d'un appareil de transport tactique, les autres versions pouvant être produites nationalement. Le premier vol intervient le 11 novembre 1983 et l'avion entra en service dans l'Ejercito del Aire en 1988.
Le CN-235 reprend les éléments traditionnels du transport tactique : ailes et dérives hautes pour les protéger des projections venues des pistes non préparées, aile droite pour diminuer la vitesse d'approche, rampe de chargement à l'arrière. Le CN-235 peut ainsi transporter 51 combattants, 18 brancards ou 4 palettes.

En 1995, l'Espagne crée une version très modernisée, le C-295, pour compléter sa flotte. Le C-295 dispose d'une soute plus longue de 3 mètres, d'une nouvelle avionique, d'un train et d'une structure renforcés, de points d'emports sous les ailes et de moteurs Pratt & Whitney PW127G entraînant des hélices hexapales. Il peut ainsi transporter 71 combattants, 48 parachutistes, 24 civières ou 5 palettes. Il est également proposé en version Persuader pouvant accomplir des missions de chasse aux sous-marins. Le C-295 est vendu à une dizaine d'états, comme le Portugal, la Pologne, l'Algérie ou le Brésil.
Plus de 85 avions C295 sont en service aujourd’hui avec 14 opérateurs différents.

 

04/02/2019

Premier CH-47F pour l’Inde !

 

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Boeing a livré le premier exemplaire des 15 hélicoptères de transport lourd CH-47F « Chinook » de lors d'une cérémonie qui s'est déroulée dans les installations de production du fabricant à Philadelphie.

Rappel :

C’est en octobre 2012 que l’Inde a opté pour l’achat de CH-47F « Chinook » au détriment du Mil MI-26 NG russe. L'Inde a signé son accord de gouvernement à gouvernement avec les États-Unis en septembre 2015, le contrat est estimé à 1,1 milliard de dollars.

Une fois opérationnels, les « Chinook » vont remplacer les trois hélicoptères de transport lourd Mil 26 «Halo» que l'IAF a reçus de l'Union soviétique en 1986.

Les nouveaux CH-47F disposent de caractéristiques améliorées en vue de la survie, avec notamment un système directionnel de contre-mesures électronique à infrarouges, une meilleure protection balistique et un carénage résistant à l'écrasement. L’équipage dispose de sièges blindés. Le CH-47F possède une cellule et une avionique modernisée, ainsi qu'un poste de pilotage automatique et numérique.

Photo :le premier CH-47F indien @ Boeing

22/09/2018

Dassault clarifie sa position en Inde !

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Nous assistons à un nouvel épisode dans le feuilleton de l’acquisition de l’avion de combat Dassault Rafale. Je vous en avais parlé en août dernier, à propos des accusations portées contre l’accord de gouvernement à gouvernement comprennent un manque de transparence sur les détails et un coût qui serait beaucoup plus élevé que ce qui a été négocié début 2012. Cette année-là, le Rafale est devenu le vainqueur du programme d'avions de combat MMRCA. Les négociations par le congrès n'ont pas été poursuivies en raison de problèmes non résolus concernant le transfert de technologie et les compensations entre Dassault et Hindustan Aeronautics Ltd.Hors la polémique enfle depuis avec notamment les propos de l’ancien président fançais François Hollande.

Pour l'ancien président français, François Hollande, la France n'a pas eu le choix du partenaire indien du constructeur Dassault lors de la vente de Rafales en Inde.

"Nous n'avions pas notre mot à dire à ce sujet", a déclaré l'ancien président de la République française (2012-2017) François Hollande à Mediapart, dans un article mis en ligne vendredi. "C'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services et Dassault qui a négocié avec Ambani".

Rappel : 

Les frais des appareils fournis par Dassault Aviation sont désormais inférieurs à ceux négociés il y a six ans, mais pour les politiciens indiens le problème vient des missiles. En effet, selon eux, les missiles Meteor et Scalp ainsi que l’adaptation aux spécifications nucléaires indiennes ont faits grimper les prix. Cette différence est devenue, ces dernières semaines, un sujet de controverse en Inde.

De son côté, le chef des forces aériennes indiennes (IAF), le Général Birender Singh Dhanoa, a constamment défendu l'accord comme "n'étant ni trop cher ni controversé" et tient compte des adaptations voulues et négociées par l’Inde. En effet, L’Inde aura mis Paris et Dassault aviation au pied du mur pour obtenir une forte réduction du prix. La transaction s’élève à environ 7,87 milliards d'euros (8,6 milliards de francs suisses) pour 36 avions Rafale. 

L'Inde a également négocié un accord de compensation de 50% et la livraison des Rafale dans les cinq ans. La phase de compensation commence une fois que le contrat a été signé et que les compensations doivent être honorées sur une base annuelle et doivent être achevées dans un délai de sept ans, selon les termes du contrat.

L'opposition a accusé la société privée Reliance Infrastructure, connue du Premier ministre, d'avoir été  choisie par le gouvernement indien pour être le partenaire compensateur de Dassault. "C'est l'OEM et non le gouvernement qui choisit le partenaire de compensation indien qui peut être une entreprise publique ou privée selon la politique d'approvisionnement de défense 2016", a déclaré un responsable de la défense indien pour justifier la décision.

Dassault précise sa position : 

A propos du contrat signé en 2016 avec l’Inde pour la fourniture de 36 avions de combat Rafale, Dassault Aviation rappelle les points suivants :

  1. Ce contrat est établi de gouvernement à gouvernement.
    Il prévoit un contrat séparé aux termes duquel Dassault Aviation s’engage à réaliser des offsets (investissements compensatoires) en Inde à hauteur de 50 % de la valeur du marché.
  2. Ce contrat d’offsets est exécuté selon les règles du DPP 2016 (Defence Procurement Procedure 2016). Dans ce cadre, et pour s’inscrire dans la politique du Make in India, Dassault Aviation a décidé de conclure un partenariat avec le groupe indien Reliance. Cette décision est le choix de Dassault Aviation, comme l’avait déjà expliqué Eric Trappier (PDG de Dassault Aviation) dans une interview publiée par le journal MINT le 17 avril 2018. Ce partenariat a conduit à la création de la JV Dassault Reliance Aerospace Ltd (DRAL) en février 2017. Dassault Aviation et Reliance ont construit à Nagpur une usine pour produire des pièces de Falcon et de Rafale. Le choix du site de Nagpur a été motivé par la disponibilité de terrains avec accès direct à une piste d’aéroport, condition essentielle à toute activité aéronautique.
  3. Des partenariats ont également été signés avec d’autres entreprises indiennes telles que BTSL, DEFSYS, Kinetic, Mahindra, Maini, SAMTEL,… Des négociations sont en cours avec une centaine d’autres partenaires potentiels.
  4. Dassault Aviation est très fier de la sélection du Rafale par les autorités indiennes.

©  Dassault Aviation – Droits Réservés 

Analyse : 

Le choix du Rafale en Inde ne souffre d’aucune discussion, certes l’Inde est un pays compliqué en terme de négociation. Si d’aventure des avantages avaient été faits en direction du gouvernement socialiste de F. Hollandes, cela ne remet en rien en cause le choix de l’avion et la bonne foi de l’avionneur. Le contrat a été négocié en des termes acceptés par les deux parties. La polémique en Inde est principalement voulue par l’opposition qui tente de renverser le pouvoir actuel. Le choix ou l’imposition de certains industriels indiens dans le contrat, ne remettent en aucun cas le choix de l’avion français en cause. Le reste n’est que politique politicienne.

 

Photo : Rafale aux couleurs de l’Inde @ Dassault