11/02/2018

Avions de combat, l’Inde a-t-elle encore les moyens de ses ambitions ?

1032530204.jpg

L’Inde multiplie les acquisitions en matière d’achat d’armement et notamment en ce qui concerne ses Forces aériennes. Le pays dispose d’un budget colossal qui fait de nombreux envieux en Europe. Pourtant certains signaux semblent montrer un début d’essoufflement de la part de l’Inde.

De l’achat de nouveaux avions écoles BAe Hawk et Pilatus PC-7, de Sukhoi MKI, de MiG-29MK pour la Marine en passant par la première tranche de Rafale, de Boeing P-8A et la modernisation de la flotte de Jaquar et le soutien au programme national Tejas sans oublier les hélicoptères Apache et Chinook. A cela s’ajoute les différentes compétitions avenir entre le Gripen le F-16 et la relance d’un avion ravitailleur.

Trop de programme :

Les premiers signes d’une limitation des projets semblent aujourd’hui se mettre en place. Le premier concerne la participation de l’Inde au développement du Sukhoi Su-57. L’Inde aurait dû déjà franchir la prochaine étape du processus, qui consiste à s'engager dans un effort de plusieurs milliards de dollars pour développer une variante réelle de l'avion qui serait modifiée pour répondre aux besoins de l'Inde. Pour l’instant rien à l’horizon. La seconde et inévitable tranche d’avions de combat Rafale n’est pas pour l’heure prévue et reste théorique, alors que le renforcement de l’épine dorsale de l’IAF est devenue prioritaire.

Certes, l’Inde semble ces dernières années vouloir diminuer ses liens en matière d’approvisionnement auprès de la seule Russie, et d’opérer une diversification en direction de fournisseurs Occidents. La grande problématique de l’Inde vient du fait que celle-ci ne connaît pas la rationalisation des projets et multiplie les fournisseurs, créant ainsi une montagne de procédures qui ont également un coût.

La difficulté pour l’Inde, est de pouvoir au final acquérir un nombre suffisant d’appareils et non une panoplie hétéroclique d’aéronefs. A plus forte raison, que l’achat d’un ou deux avions de type multirôles d’avèrerait plus efficient et rentable que quatre ou cinq modèles.

A terme l’Inde devra sacrifier un deux projet d’envergure pour pouvoir rentrer dans ses comptes, la question est : le ou lesquels ?

Light-Combat-Aircraft-LCA-Tejas-India-01-Naval-Prototype-NP-1.jpg

 

Photos 1 Su-57 @ Sukhoi 2 le Tejas marine @ HAL

30/12/2017

Inde, fin de carrière pour le MiG-27ML !

32.jpg

L’Indian Air Force (IAF) vient de se séparer de sa flotte d’avions de combat MiG-27ML « Bahadur » (Vaillant). L’avion a effectué sa dernière mission le 28 décembre 2017, depuis la base aérienne de Hasimara au Bengale.

Le MiG-27ML au sein de l’IAF :

Le MiG-27 ML, nom de code « Bahadur » en Inde, a connu un parcours de plus de trois décennies de service à la nation, a déclaré le porte-parole de l’IAF dans un communiqué. Les pilotes indiens ont particulièrement appréciés la précision de l'armement et la puissance de la motorisation permettant une accélération rapide de l'avion. Avec son avionique sophistiquée pour l’époque et ses ordinateurs d'armes, il était capable de fournir une variété de charges dans différents modes d'attaque avec une immense précision.

Le MiG-27ML est une plateforme d'armes très stable avec une bonne visibilité vers l'avant, elle peut larguer des bombes, des roquettes, des munitions de précision guidées par TV / laser et également tirer des missiles air-air pour une autodéfense qui en fait une arme meurtrière. Le MiG-27 ML avait fait ses preuves dans diverses opérations, y compris à Kargil et a reçu de nombreuses récompenses lors de nombreux exercices internationaux organisés en Inde.

C’est au milieu des années 1980 que l’Inde signa un contrat pour produire sous licence le MiG-27M. Au total, se sont 50 exemplaires qui ont été assemblés localement à partir des pièces fournis par les soviétiques, et les autres entièrement construits en Inde. Le premier avion assemblé par Hindustan Aeronautics (HAL) fit son vol inaugural le 11 janvier 1986 et fut suivi par 164 exemplaires appelés localement « Bahadur » (Vaillant" et désignés MiG-27ML.

Au début des années 2000, les MiG-27ML indiens subirent un programme de remise à niveau pour prolonger leur durée de vie, concernant une première tranche de 40 avions avec une provision pour une centaine de plus. L'avionique fut sérieusement modifiée à cette occasion, en particulier par l'ajout d'un GPS, d'un nouveau viseur tête haute et d'écrans couleurs multifonctions. Le premier MiG-27ML modifié fit son vol inaugural le 25 mars 2004 et les livraisons commencèrent en 2006.

0864716.jpg

Le MiG-27 « Flogger » :

Le Mikoyan-Gourevitch MiG-27 « Flogger » est un avion d’attaque au sol russe dérivé du chasseur MiG-23 « Flogger ».Au début de 1970 Mikoyan-Gourevitch avait réalisé une version du MiG-23 spécialisée dans des missions d'attaque au sol : le MiG-23BN (Flogger H). Une nouvelle version améliorée fut réalisée recevant initialement la désignation MiG-23BM mais finalement renommée MiG-27 (Flogger D).

Les modifications par rapport au MiG-23BN étaient les suivantes : une nouvelles entrées d'air plus simples, réduisant la vitesse maximale à mach 1,7, un train d'atterrissage et pylônes d'armement renforcées pour permettre d'emporter jusqu'à 4 000 kg de charge. Le remplacement du canon de 23 mm par un canon de 30 mm à 6 tubes pouvant tirer à une cadence de 5000 coups par minute et l’amélioration de l'avionique avec en particulier un nouveau système de navigation et d'attaque plus précis. Le premier MiG-27 fit son vol inaugural le 17 novembre 1972  et l'avion fut mis en service dans l’armée d el’air soviétique en 1975.

435.jpg

Photos : 1 MiG-27ML @Bharat Rakshak 2 Cockpit @ Poumir Baradawan 3 MiG-27MK en vol @ Angad Singh

26/12/2017

L’Indian Air Force finalise l’achat de Tejas !

8964.jpg

Hindustan Aeronautics Limited (HAL) a reçu une demande de proposition (RFP) portant sur 83 avions de combat Tejas Mk-1A. L’avionneur indien devrait recevoir une commande ferme de production à fin 2018.

Le Conseil de l'acquisition de la défense de l'Inde (DAC) avait autorisé l'achat de 83 avions Tejas Mk-1A en novembre 2016. Les 83 avions doivent être configurés selon la norme Tejas Mk-1A, soit une version sensiblement modifiée du Tejas Mk-1.

Rappel :

A ce jour, le ministère de la défense indien a passé un contrat avec HAL pour un total de 40 Tejas Mk-1 dans le cadre des commandes passées entre 2006 et 2010 pour 20 appareils. Mais suite à des retards de livraison, seul cinq avions ont été livrés à l'armée de l'air. Le de la première commande de Tajas Mk-1 sera livré en 2020.

Le Tejas MK-1A :

Hindustan Aeronautics et l'Agence de développement aéronautique (ADA) sont actuellement en phase de finalisation du développement du Tejas Mk-1A. Selon l’avionneur indien, la production du Mk-1A pourra commencer immédiatement après la fin des livraisons du premier lot de 20 avions au standard MK-1 en configuration d'Operational Operation (IOC).

Le Tejas Mk-1A emportera un radar israélien Elta 2052 AESA, une suite de guerre électronique (EW) et une sonde de ravitaillement en vol Cobham. De nouveaux missiles air-air et des munitions de précision sont également envisagés par l’ADA, en plus des R-73 et du Rafael Derby BVRAAM, déjà intégrés sur les avions Tejas Mk-1.

Des doutes sur le Tejas Mk-2 :

De fait, cette nouvelle version adaptée du Tejas et le lancement de la compétition pour un nouveau type de chasseur monomoteur en cours, semble jeter un doute sur l’avenir du Tejas MK-2. L’Inde est actuellement en phase de test avec le Lockheed.Martin F-16V et Saab Gripen E.

 

1509866_-_main.jpg

Photos : le Tejas @ HAL

27/11/2017

Inde, Tir d’un Brahmos depuis Su-30MKI !

BRAHMOS-Air-Version-with-Su30-3-1.jpg

L'armée de l'air indienne a tiré pour la première fois le missile de croisière « Brahmos » d'un avion de combat le 22 novembre dernier.

Le tir d'essai annoncé par le ministère de la Défense de l'Inde intervient presque 17 mois après que l'armée de l'air ait volé avec « Brahmos » à bord du Sukhoi Su-30MKI lors d'un test de portage captif.

L'armée indienne a déjà déployé le missile « Brahmos », indo-russe depuis ses navires, mais le missile a nécessité plusieurs modifications pour la version aérienne.

L'armée de l'air indienne a effectué des modifications logicielles sur le Su-30MKI et Hindustan Aeronautics a apporté les modifications électriques et mécaniques nécessaires à l'avion. La modification la plus difficile était d'optimiser l'alignement de transfert des capteurs inertiels. Soit un processus compliqué d'étalonnage des capteurs inertiels du missile à l'aide des données des systèmes de guidage de l'avion.

Après avoir terminé le tir d'essai dans la baie du Bengale, l'armée indienne affirme que le « Brahmos » est maintenant le missile antinavire le plus rapide jamais lancé depuis les airs. La capacité du missile couplée à la performance exceptionnelle de l'avion Su-30 donne à l'IAF une portée stratégique et lui permet de dominer l'océan et les champs de bataille a expliqué le ministère de la Défense.

Sukhoi-EPS.jpg

Le BrahMos :

Le BrahMos est un missile de croisière supersonique pouvant être lancé à partir d'un sous-marin, d'un bâtiment de surface, d'un avion ou d'une station terrestre. Développé conjointement par l'Inde et la Russie qui ont créé à cette fin une société commune, BrahMos Aerospace Private Limited.

Utilisé par l'armée indienne depuis 2005, le « BrahMos » est un missile supersonique à propergol solide pesant 2,55 tonnes. Le missile vol à des vitesses comprises entre Mach 2,5 et 2,8. Sa version originale est longue de 8,3 mètres pour 0,67 m de diamètre. Doté d'une ogive de 200 à 300 kg, le BrahMos est capable de neutraliser les cibles à une distance de 290 km avec une charge anti-blindage ou nucléaire. BrahMos est un acronyme composé des premières syllabes du fleuve indien Brahmapoutre et de la rivière russe Moskova.

Le Sukhoi Su-30MKI :

Le Sukhoi Su-30MKI ou « Super 30» bénéficie des capacités similaires à celle des avions de combat de cinquième génération. L’appareil est doté d’une avionique améliorée, d’un radar AESA de type Phazotron Zhuk-MA plus puissant, capable d’engager plus de quatre cibles simultanément et ceci également vers l’arrière. L’avion dispose d’une certaine capacité en matière de furtivité et ceci grâce à une diminution de la signature radar. L’autre nouveauté concerne l’adaptation des missiles indien BrahMos et du KH-59M Ovod-M. L’avionique dispose d’un mode carte numérique avec une capacité de guidage longue portée TV. L’appareil est doté de la version des moteurs AL-31FP de Saturn Corporation, dont la durée d’entretien est montée à 2’000 heures en lieu et place des 1’000 actuels. Un nouveau logiciel de contrôle de la poussée vectorielle (TVC) permet une meilleure sécurisation en cas de manœuvre extrême.

maxresdefault.jpg

Photos : 1 Su-30 MkI doté du Brahmos 2 & 3 Séquence de tir du Brahmos@ IAF

 

20/10/2017

Et si l’Inde quittait le programme du Sukhoi T-50 ?

1860366.jpg

New Dehli, allons-nous vivre prochainement un nouveau coup de théâtre indien ? La question est posée. En effet, dans les coulisses de l’Indian Air Force (IAF) circule une information comme quoi celle-ci, désire quitter le programme de collaboration avec l’avionneur russe Sukhoi sur le développement du Su-57 alias T-50 PAK-FA.

Des critiques et des problèmes de coûts :

Il semble qu’au sein de l’IAF, plusieurs critiquent ont été exprimées au ministère de la Défense, affirmant que le programme PAF-FA proposé avec la Russie ne répondait pas aux exigences souhaitées en terme de furtivité et de coûts.

Le programme du T-50 (Su-57) proposé ne répond pas aux caractéristiques de furtivité ce qui nécessite des changements structurels majeurs qui ne peuvent pas être satisfaits. Par ailleurs, toujours selon des membres de l’IAF le projet du T-50 n'a pas de concept de moteur modulaire, rendant la maintenance de la flotte coûteuse et gênante. Un responsable de service a déclaré que le concept de moteur modulaire est nécessaire pour la maintenance et la disponibilité des avions à court terme, car cela peut être fait par l'utilisateur lui-même. Selon lui, les Russes ont proposé des moteurs non modulaires et leur maintenance ne peuvent être traitées que par le constructeur.

Un autre son de cloche :

Mais selon Vaijinder K. Thakur, chef d'escadron à la retraite de l'IAF et analyste de la défense pour l’IAF, ces critiques non pas lieu d’être. Il affirme de son côté que les prototypes russes du PAK-FA sont équipés du moteur AL-41F1. Mais la variante de production sera équipée du moteur de type Product 30, soit 30% plus léger, doté d'une poussée améliorée, d'un meilleur rendement énergétique et de moins de pièces mobiles. Cela se traduit par une fiabilité améliorée et un coût de cycle de vie inférieur de 30%.

 

2590427.jpg

Photos : T-50 PAK-FA/Su57@ Sukhoi