26/02/2021

Israël opte pour le CH-53K « King Stallion » !

2876900717.jpg

Israël a choisi son nouvel hélicoptère lourd avec le Sikorsky CH-53K « King Stallion » pour remplacer l’actuel hélicoptère de transport lourd CH-53D «Yas'ur» vieillissant, a annoncé le ministère de la Défense hier.

Le ministre de la Défense Benny Gantz a choisi le CH-53K à rotor principal unique au lieu du Boeing CH-47F « Chinook » à rotor tandem sur la base des recommandations du chef d'état-major des Forces de défense israéliennes (FDI), le lieutenant général Aviv Kohavi et du directeur général du ministère de la Défense, le général Amir Eshel.

 « Il est essentiel pour la capacité de Tsahal de mener un large éventail d'activités opérationnelle s», a déclaré Gantz dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Le nouvel hélicoptère est adapté aux besoins opérationnels [de l'armée de l'air israélienne] et aux défis de l'évolution du champ de bataille ».

Premier contrat à l’exportation :

Israël devient le premier pays à acheter le Sikorsky CH-53K « King Stallion » en dehors des États-Unis, où l’appareil est en cours de développement pour le Corps des Marines (USMC). L'armée de l'air israélienne (IAF) a déclaré que le CH-53K avait été choisi après « un travail administratif approfondi, au cours duquel le personnel de l'IAF a examiné diverses plates-formes de vol et évalué des aspects tels que la technologie, l'ingénierie, la maintenance.

L'accord sera probablement conclu dans le cadre du programme américain de ventes militaires à l'étranger (FMS), mais aucune approbation officielle n'a été faite par la Defense Security Cooperation Agency, qui supervise ces ventes d'armes pour l’instant. Mais cette dernière ne devrait pas poser de problème.

Le CH-53K "King Stallion" :

Bien que conçu de la même taille que les CH-53E « Super Stallion », qu’il doit remplacer à partir de 2021, le CH-53K permettra de tripler la capacité de transport de charge externe à plus de 27’000 lb sur une distance de plus de 110 miles nautiques. Doté d’une nouvelle motorisation General-Electric GE38-1B offrant un meilleur couple surmonté d’un rotor de quatrième génération en composite. La cellule est également nouvelle, car entièrement en matériaux composites. Encore plus puissante (ses 3 turbines délivrent environ 7'500ch chacune), ravitaillable en vol, équipé de systèmes de communications de dernière génération, le CH-53K est optimisé pour le transport par temps chaud en opérant à partir de terrains peu préparés et devient la référence de sa catégorie. En matière de transport, le CH-53K peut par exemple emporter en interne une Jeep « Humvee ».

1725310735.jpeg

Photos :  CH-53K « King Stallion » @ Sikorsky

25/02/2021

F-35 et KC-46A au menu d’Israël !

FG_3902020-JDW-10670.jpg

Israël a signé une lettre d'acceptation (LOA) avec les États-Unis pour l'achat de deux avions ravitailleurs Boeing KC-46A « Pegasus », et prévoit d'autres accords similaires pour améliorer son avantage militaire qualitatif (QME) dans la région avec un troisième escadron de F-35. 

Le département d'État américain a approuvé la vente potentielle de 8 KC-46A « Pagasus » à Israël il y a près d'un an, pour remplacer les anciens ravitailleurs basés sur des Boeing 707 de l'IAF. L'ensemble de l'accord de 8 avions a une valeur estimée à 2,4 milliards de dollars. Cependant, il reste possible qu'Israël reçoive une version sur mesure du KC-46, comme il l'a fait dans le passé avec le F-35I et d'autres. L'IAF pourrait potentiellement acquérir une version du « Pegasus » qui diffère considérablement du modèle de l'US Air Force. 

La décision d'acheter un troisième escadron de F-35I n'est pas une surprise, mais il se pourrait bien qu’il soit le dernier. Pour l'instant, cependant, l'IAF se concentre sur le F-35I. À ce jour, Israël a signé des contrats pour 50 F-35I, suffisants pour équiper deux escadrons, dont le dernier a été déclarer prêt au comabt en aôut dernier. Le prochain achat devrait contenir 25 appareils pour permettre la formation d'un troisième escadron. 

Le F-15 « Advanced Eagle » en embuscade :

Cette préparation de commande pourrait laisser croire qu’Israël laisse abandonne la nouvelle version du F-15 « Advanced Eagle », mais il n’en est rien. Tel Aviv et Boeing confirment que les discussions continuent sur l’achat de premier lot de 25 F-15 « Advanced Eagle » neufs et la modernisation de 25 appareils. Selon un porte-parole de l’IAF, les discussions actuelles portent sur une adaptation du F-15 « Advanced Eagle » à la sauce israélienne. 

La vision de l’IAF : 

Pour l'IAF les qualités furtives du F-35I pour pénétrer dans un espace aérien contesté, ainsi que ses capacités inégalées de partage de données sont autant de bonnes raisons pour un troisième escadron. Mais, il reste un besoin pour un avion avec une avionique avancée qui peut fonctionner aux côtés du F-35I et transporter des charges d'armes plus lourdes sur de longues distances, servant essentiellement de « camion de missiles ». Sur ce point le F-15 « Advanced Eagle » est la bonne réponse au problème. En parallèle, la petite taille du pays, oblige de posséder un grand nombre d’appareils modernes et polyvalents. Pour cela, la modernisation de la flotte de permet de combler ce vide efficacement.

 

Appuis de Washington :

Tous ces achats pour l'armée de l'air israélienne (IAF) seront effectués via les canaux militaires américains, avec un financement fourni par l'initiative de financement militaire étranger (FMF). En 2018, l'administration Trump a approuvé un protocole d'accord de 10 ans avec Israël qui couvre 3,3 milliardsde dollars d'aide. La FMF accorde à ses alliés des subventions globales pour les achats militaires, avec la stipulation qu'un pourcentage important est dépensé avec des entreprises américaines.

israeli-air-force-inaugurates-new-f-35i-squadron-1.jpg

Photos : 1 KC-46A et F-15 Advanced Eagle aux couleurs d’Israël @ Boeing 2 F-35I@ IAF

 

 

17/01/2021

L’Inde commande 83 avions de combat Tejas !

2.jpeg

La semaine dernière, le Comité du Cabinet chargé de la sécurité, présidé par le Premier ministre Narendra Modi, a approuvé l'achat de 83 avions de combat Tejas (LCA) pour l'armée de l'air indienne (IAF). Le financement de 6,4 milliards de dollars couvre l'acquisition de 73 monoplaces LCA au standard Mk1A et de 10 biplaces LCA T (Tandem) Mk1A. La production du Mk1A devrait démarrer en 2022, les livraisons débuter en 2024 pour se terminer en 2028. Chaque avion coûtera environ 78,5 millions de dollars, le programme devrait générer 5000 emplois en Inde.

L'accord a été autorisé par le Defense Acquisition Council en mars dernier et fait suite à des commandes précédentes totalisant 40 appareils. En 2006, l'armée de l'air a commandé 20 Mk1 en configuration d'autorisation opérationnelle initiale Initial Operational Clearance-II (IOC). Ces avions opèrent au sein de l'escadron n °45 de l'IAF à Sulur au Tamil Nadu. En 2010 l’IAF a signé pour 20 Mk1 dans à la norme d'autorisation opérationnelle finale (FOC) avec des missiles Rafael Derby-ER. Les avions sont en cours de livraison au 18e Escadron, également à Sulur.

Le Tejas Mk1A :

4200464267.jpg

Le LCA Mk1A est un Mk1 amélioré. Une partie de ces dernières proviennent des améliorations testées sur le prototype du MkII. Il s’agit des capacités suivantes : ravitaillements en vol, des capacités de guerre électronique améliorées et l’adjonction du radar Elta EL/M-2052 de type AESA. La variante est capable de tirer le missile MBDA ASRAAM et les missiles air-air au-delà de la portée visuelle (BVR) Astra, en plus de la combinaison actuelle du Vympel R-73 / Rafael Derby-ER. Doté d'un guidage terminal radar actif et d'une liaison de données, l'Astra a été développé par l'Organisation indienne de recherche et de développement pour la défense (DRDO). 

Selon un cadre supérieur de HAL, les sociétés de défense privées qui prendront en charge l'assemblage comprennent : Larsen & Toubro pour les ailes, Dynamatic Technologies pour le fuselage avant, Alpha Tokal pour le fuselage arrière et VEM Technologies pour le fuselage central.

Rappel : 

Le programme d’avion de combat léger (LCA) nommé Tejas (« Glorieux » en langue sanskrit) est un programme national indien lancé en 1982, dont la mise au point aura duré 30 ans ! Les premiers appareils destinés à la Force aérienne indienne ont débuté leurs mises en service cette année avec le standard MkI, mais restent encore, au stade de préparation en vue de l’arrivée du standard MkII. Il s’agit du plus petit avion de combat polyvalent au monde. Ce programme est sous la responsabilité du constructeur indien HAL (Hindustan Aeronautic Ltd).

Les appareils de série devaient être motorisés avec le General-Electric F414G, le moteur Kaveri indien ayant été abandonné. Mais au dernières nouvelles, faute de moyen, c’est toujours le moteur General-Electric F-404-IN20 qui est utilisé.

1.jpeg

Photos : 1 & 3 Tejas Mk1 @ Arjun Sarup 2 Cockpit @ HAL

 

 

11/09/2020

L’Inde réceptionne officiellement ses Rafale !

DA00038720_M-696x464.jpg

Il s’agit d’un double évènement, l’Inde a réceptionné sur son sol officiellement ses premiers avions de combat Rafale. Double, car le fait de réceptionner un nouvel appareil est en soi un jour important, mais également, car rien n’a été simple dans ce dossier. C’est lors d'une cérémonie sur la base militaire indienne d'Ambala, que la ministre des armées Florence Parly a remis les cinq premiers avions Rafale à l’Indian Air Force.

Rappel : 

Le contrat Rafale, a été signé en septembre 2016 pour un montant de 7,9 milliards d’euros pour 36 appareils. L’Inde aura mis Paris et Dassault aviation au pied du mur pour obtenir une forte réduction du prix. Cette demande enterrait un précédent appel d'offres de 126 avions de combat pour lequel Dassault était en négociations exclusives avec l'Inde depuis 2012. Mais les tractations n'avaient jamais abouti. A noter que l’Inde semble avoir obtenu une baisse du prix tout en gardant un les standards négociés à l’époque pour 126 avions. En effet, les négociations de départ semblaient débuter à près de 10 milliards d’euros sans armement. 

Combler un vide :

Pour l'Armée de l'Air indienne, il devenait urgent de combler le vide qui se creusait chaque jour un peu plus avant l’arrivée du Tejas. Pour cela, il est évident que seul l’avion français était en mesure de venir remplacer rapidement les bons vieux MiG-21 à bout de souffle. La commande de 36 avions Rafale de Dassault Aviation était donc très attendue chez les pilotes indiens. Cependant la demande en nouveaux avions de combat pour l’IAF reste très importante, le marché est donc encore particulièrement attractif pour les avionneurs et Dassault espère obtenir d’autres commandes.

602x338_cmsv2_fb96fc03-506f-5a4e-9b7a-62760270f095-4845580.jpg

La réponse à Pékin :

Cette remise des cinq premier avions Rafale est également l’occasion pour New Dehli d’envoyer un message fort pour le monde, et en particulier pour ceux qui contestent la souveraineté de l'Inde", a martelé le ministre indien de la défense Rajnath Singh. L’arrivée du nouvel avion a permis notamment de renforcer la coopération franco-indienne stratégique ces dernières années, notamment dans le cadre de la doctrine Indopacifique française qui consiste, face au comportement de la Chine, à multiplier les initiatives de défense avec les pays alliés de la région, depuis Abu Dhabi jusqu'à Canberra en passant par Singapour, Djakarta et Tokyo.

Le Rafale Indien :

Les Rafale indiens sont au standard le plus récent, soit le F3-R et disposent de certains aménagements spécifiques demandé par l’Inde soit le viseur de casque israélien Elbit Systems TARGO II, la nacelle de reconnaissance Rafael AN/AAQ-28(V) LITENING G4, mise à niveau de la centrales inertielles Sigma 95N pour les satellites indiens, intégration du TCAS et du TAWS, les moteurs Safran M88-E4 ont été adaptés pour un démarrage en altitude, intégration du système IESI  (Integrated Electronic Standby Instruments)de Thales.

En matière d’armement les Rafale indiens emportent les missiles air-air Mica et Meteor, le missile de croisière Scalp, des bombes MBDA SmartGlider avec éjecteurs multiples, la bombe guidée Rafael SPICE 1000, le missile antiradar ALARM de BAe Systems, le missile indien ASTRA et le système de leurre tracté Rafael X-Guard.

2TcbKb-Small-Rafale-IAF-biplace.jpg

Photos : 1 Rafale indien @ G.Gosset/Dassault Aviation 2 Premiers pilote indiens du Rafale 3 Rafale indien @ Dassault Aviation

 

 

11/08/2020

Second escadron de F-35 opérationnel en Israël !

449008.jpeg

Le 116ème Escadron « Lions du Sud » est officiellement devenu opérationnel sur le Lokcheed-Martin F-35I « Adir ». Désormais, les « Lions du Sud » sont prêts à participer à la vaste activité opérationnelle de l'IAF. Jusqu’ici l’escadron volait sur F-16 A/B « Netz ».

Une nouvelle monture :

Avant d'être annoncé comme opérationnel, l'escadron a dû subir un long processus, au cours duquel il a acquis de l'expérience dans divers domaines, allant de la définition des processus d'entraînement à la planification des tactiques de l'escadron. Au cours des six derniers mois, le personnel de l'escadron a été confronté aux différents scénarios auxquels il devait faire face dans le cadre de sa préparation à l'inspection de l'aptitude opérationnelle qui a eu lieu cette semaine il sera préparé à des situations réelles. "L'inspection de l'aptitude opérationnelle fournit un sceau d'approbation officiel pour la capacité opérationnelle du 116e Escadron à mener à bien toutes les missions de la division 'Adir'. Les tâches de l'escadron comprennent sa gestion pendant la routine et les périodes de guerre, ainsi que le maintien fonctionnel continuité », a expliqué le major Edi, l'officier technique de l'escadron.

Le personnel du 116e Escadron n'a pas été exposé à l'avance aux scénarios auxquels il a dû faire face dans le cadre de la semaine d'essai, tout comme au combat, il ne sera pas toujours en mesure d'anticiper ce qui va se passer. "L'inspection a simulé l'arène opérationnelle et les tensions régionales actuelles. Plusieurs scénarios ont conduit à une simulation de guerre sur tous les fronts, et des membres d'équipage ont décollé pour des missions dans toutes les régions d'Israël", a déclaré le major G, chef de l'inspection de l'aptitude opérationnelle et membre d'équipage de l'escadron.

Certains des commandements opérationnels ont déjà atteint l'escadron la semaine dernière, pour donner aux membres d'équipage suffisamment de temps pour se préparer à leurs tâches aériennes. « Divers membres du personnel de différents départements du QG de l'IAF sont venus à l'escadron pour nous examiner », a déclaré le major G. le résultat souhaité et la politique d'action fixés par le commandant de l'IAF. Nous sommes tenus de prendre ces commandes opérationnelles, de les planifier et de les exécuter ".

L'inspection de l'aptitude opérationnelle a simulé durant 72 heures des combats intensifs. « Nous avons travaillé 24 heures sur 24, sans interruption », a décrit le major Edi. "Les soldats, officiers et sous-officiers, travaillaient 16 heures par jour et se reposaient les huit autres. L'escadron opérait par équipes, pour simuler son activité pendant une guerre ".

Tout au long de la semaine, le service technique de l'escadron a été testé sur de nombreux scénarios différents pouvant affecter son mode de fonctionnement. « Nous avons traité des situations d'attaques de missiles et avons été testés sur notre capacité à les gérer correctement », a déclaré le major Edi. " Lorsque des missiles ont frappé l'escadron, un incendie s'est déclaré et il y a eu des blessés, ils ont examiné notre processus de prise de décision, la gestion pendant le combat et notre capacité à maintenir la continuité fonctionnelle. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Il n'y en avait pas un seul scénario auquel nous n’étions pas préparés ".

Rappel : 

Le F-35I permet progressivement à l’Etat d’Israël de maintenir une suprématie aérienne et son avance qualitative technologique dans la région, notamment en matière de dissuasion, mais également en cas de frappes préventives. Par contre, du fait du nombre réduit de F-35, l’ossature du combat aérien sera maintenu avec les F-15 et F-16 modernisés. Une nouvelle commande de F-15 est actuellement en fin négociation avec Boeing. Pour les israéliens, le système centralisé de maintenance de Lockheed-Martin représente une dépendance vis-à-vis des Etats-Unis inacceptable d’une part et dangereuse de l’autre. Les industriels israéliens à travers la société Israël Aerospace Industry (IAI) disposent dorénavant d’un service de maintenance complet. Israël a mis en place son propre pare-feu pour assurer que l'information privilégiée ne passe pas entre les Etats-Unis et israéliens via un système externe tel que le système Autonomic Logistics information (ALIS).  Les mises à jour sont téléchargées sur un serveur isolé puis contrôlées. Une fois certifiées, les mises à jour sont téléchargées par les spécialistes israéliens.

De plus, pour Israël il est inconcevable de rester dépendant en matière de pièces détachées. Pour ce faire le pays a constitué son propre stock pour garder son autonomie en cas de conflit. A noter que les israéliens sont les seuls à disposer des « codes sources » du F-35.

Un F-35 différent :

Les israéliens participent au programme F-35 avec notamment la production de 811 paires d’ailes par Israël Aerospace Industries (IAI). Elbit Systems fournit le viseur de casque du pilote. Il faut également noter, que les F-35 "Adir" israéliens sont sensiblement différents avec un système de communication unique dans le cockpit. De plus, les F-35 "Adir" disposent d’un second système de liaison de données, connu sous le nom de "Ravnet-300" et produit par la société Rafael Défense. Ce système qui est à certains égards comparables au système « Link16 » standard de l'OTAN, fonctionne nettement plus rapidement et permet plusieurs applications. Mais les israéliens vont encore plus loin, avec le remplacement du système de guerre-électronique ASQ-239 « Barracuda » de BAE Systems par un système indigène plus performants.

0417WEB_F35_H-100.jpg

Photos : F-35I « Adir » @ IAF