06/03/2018

La Luftwaffe est en crise !

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L'Allemagne a du mal à maintenir la disponibilité opérationnelle de ses stocks d'avions militaires, car les problèmes d'obsolescence et les défis liés à l'introduction de nouvelles plates-formes se combinent pour réduire la disponibilité de la ligne de front. C’est le constat amère qui ressort du rapport annuel publié par le commissaire parlementaire à la Bundeswehr, le social-démocrate Hans-Peter Bartels.

Le cas des hélicoptères :

Les hélicoptères, en particulier, sont distingués pour leurs faibles taux de déploiement par le dernier rapport annuel du ministère allemand de la Défense sur les niveaux de préparation de tous les principaux systèmes d'armes exploités par ses forces armées.

Dans le cas des 21 Westland "Sea King" et 22 "Sea Lynx" de la marine allemande, le problème est simple: les hélicoptères âgés, introduits respectivement en 1975 et 1981 atteignent la fin de leur vie naturelle. La marine a eu du mal à maintenir les flottes déployables minimales pour les deux types tout au long de 2017, indique le rapport.

Cependant, le taux de préparation opérationnelle de six hélicoptères de "Sea Lynx", ou 32%,  basé sur une disponibilité moyenne de 19 hélicoptères est considéré comme une amélioration par rapport aux années précédentes, où la marine a eu du mal à atteindre ce chiffre modeste: 2016 étaient quatre et cinq hélicoptères, respectivement.

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Bien qu'un remplaçant pour le Sea King ait été choisi, le NH90 "Sea Lion" de NH Industries et  en cours de développement, les premières livraisons en 2019 ne peuvent pas arriver assez tôt.

Cependant, le type doit se battre jusqu'en 2023. Entre-temps, la marine doit donner la priorité à ses efforts pour combler tout déficit de capacité présenté par la flotte âgée. C'est le cas de la flotte de 72 hélicoptères de transport lourd Sikorsky CH-53G de la Luftwaffe, entrée en service en 1975. En moyenne, 40 hélicoptères étaient disponibles l'année dernière, dont 16, soit 40%, étaient déployables.

L'armée a un problème différent avec les deux nouveaux giravions de son inventaire, le Tigre d'Airbus Helicopters et la variante de transport de troupes du NH90. La paire affichait des niveaux de préparation opérationnelle respectifs de 31% et 35%.

Et les avions :

Les Airbus A400M de l'armée de l'air, avec un taux de déployabilité de 38%, ou seulement trois des 15 avions totaux en service. Les "attentes opérationnelles matérielles faibles et bien en deçà" du transport tactique étaient dues à un "noyau de problèmes d'entretien complexes et imprévisibles, qui étaient aussi causés par des défauts de qualité",

En ce qui concerne les avions de combat, la situation n’est pas meilleure. Sur l’ensemble de la flotte des Airbus Eurofighter « Typhoon II » soit 128 appareils, seul 39 ont été disponibles en 2017. Soit un taux de disponibilité de 30%. Les raisons de cette pronfonde attrition proviennent d’une maintenance prolongée et du manque de disponibilité des pièces de rechange.

Du côté des PANAVIA Tornado, le bilan n’est guère meilleur avec 26 avions disponibles sur un total de 93.

Les raisons :

Le rapport pointe plusieurs explications. D’une part les coûts des opération extérieurs (Opex) comme le déploiement des Tornado à l’étranger ont été sous-estimés. De l’autre, les grandes différences de « standards » entre l’Eurofihgter T1 et le T2 complique un peu plus une maintenance déjà rendue complexe avec le système de production de l’avion européens. On retrouve également des causes dues à des problèmes techniques sur l’A400M et sur les hélicoptères Tigre. Pour le reste, la critique concerne le manque de réactivité en ce qui concerne la modernisation et le remplacement des systèmes d’armes. Les remplacements sont trop long et surtout trop tard ce qui pousse à tirer les systèmes aux limites de leur utilisation.

Le gouvernement allmeand à bien prévu de porter le budget de la Défense à 2% du PIB, cependant le montant ne sera pas atteint avant 2024. Hors, plusieurs systèmes seront hors serices d’ici là. Attention à ne pas faire pareil chez nous !

 

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Photos : 1 Eurofighter 2 Tigre 3 Tornado@ Luftwaffe

 

 

 

05/09/2016

Australie : sévères critiques contre le Tigre !

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On le savait, l’Australie n’est pas satisfaite de sa flotte d’hélicoptères Airbus Tigre ARH. Depuis plus d’une année les australiens dénoncent de nombreux problèmes concernant la motorisation des Turbomeca MTR de l'hélicoptère qui ont un coût plus élevé que prévu. L’Australie se plaint également de la difficulté pour obtenir des pièces détachées et que plusieurs incidents impliquant de la fumée dans le cockpit ont été relevés.

Nouvelles attaques :

Dans un rapport publié en fin de semaine dernière, le National Audit Office of Australia (ANAO) se montre à nouveau très critique par rapport à l’hélicoptère européen. Le rapport composé de 64 pages détaille une série de questions. Il identifie 76 « lacunes en matière de capacités », dont le ministère de la Défense (DoD) estime que 60 d’entres elles sont « critiques ».

"La flotte d'hélicoptères Tigre n'a pas encore livré la capacité initiale prévue par le gouvernement australien et l'expérience montre une fois de plus que les coûts de maintenance sont plus élevés que prévu », dit le ANAO.

Sur l'acquisition initiale, l’ANAO soutient que le Tigre ARH était encore une plate-forme immature quand il a été sélectionné en décembre 2001.

En moyenne, seulement 3,5 hélicoptères de la flotte sont réellement opérationnels sur 16 appareils.

Le rapport souligne également des retards importants dans les principales étapes de mise en service du Tigre. Par exemple, la capacité de sortie opérationnelle initiale avait 40 mois de retard sur le calendrier et la « très conditionnelle » capacité opérationnelle finale est arrivée 82 mois après la date prévue. De plus, le Tigre n’est toujours pas opérationnel pour opérer à partir des navires de guerre.

Les coûts de maintenance ne sont toujours pas résolus et posent encore de nombreux soucis. Le coût par heure de vol en juin 2016 était de 30 335 dollars australiens, par rapport à un objectif de 20 000 dollars australiens.

Les capacités du Tigre en tant que plate-forme de combat sont également critiquées. L'hélicoptère est incapable de communiquer efficacement avec le réseau de l'armée australienne, ce qui réduit son utilité en tant que plate-forme de reconnaissance de premier plan. Il semble également que l’armement pose des problèmes, des nacelles de roquettes de 70mm ont été larguées sans l’aval du pilote. La cause de ce problème n'a pas encore été identifiée. Le système d’acquisition optique monté sur le toit de la cabine (RFS) ne peut engagé au-delà de 4km, alors que les missiles Lockheed-Martin AGM-114 « Hellfire » disposent d’une capacité d’engagement de 8km.

De fait le Tigre peut se trouver dans la portée effective du feu ennemi avant que l'équipage de celui-ci puisse identifier et répondre à la menace.

Remplacement des Tigre ?

Toutes ces critiques amènent une fois de plus à la question d’un remplacement de la flotte par une autre machine. Boeing semble s’intéresser de plus en plus à la question, tout comme Leonardo Helicopters.

 

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Photos : Airbus Tigre ARH australiens@ Brian Chidow