29/01/2017

DSA20 peut continuer !

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Le rapport d’enquête de la délégation des Commissions de gestion du Parlement arrive à la même conclusion que le rapport de Kurt Grüter, qui s’est récemment penché sur les processus liés à la suspension de l’acquisition d’une nouvelle défense sol-air (DSA): le projet étant bien préparé, aucune suspension ne s’avère nécessaire.

Comme la SSO l’a indiqué à plusieurs reprises, il est incontestable que le système de défense sol-air actuel, obsolète et dont la puissance de feu a déjà été considérablement réduite, devra être prochainement remplacé. «Car il s’agit d’un système clé pour la protection des ouvrages et du territoire. Si la protection n’est pas assurée depuis le sol, à quoi cela servirait-il d’acquérir de nouveaux avions de combat, de nouvelles pièces d’artillerie ou des chars plus puissants? Sans une protection effective et efficace assurée par la défense sol-air, ils ne seront que peu utilisés, voire pas du tout», insiste Stefan Holenstein, colonel d’état-major général et président de la SSO.

C’est la raison pour laquelle l’Armée suisse a urgemment besoin d’une défense sol-air qui soit capable de déployer toute sa puissance par n’importe quel temps, de jour comme de nuit, lorsqu’elle est combinée à des moyens d’action aéroportés et fonctionne en interaction avec les autres capteurs et effecteurs de l’armée.

La SSO demande donc logiquement au Conseil fédéral de remettre immédiatement sur les rails le processus d’acquisition de la défense sol-air. Il convient en outre de préciser les conséquences qu’a eu le retard pris par le processus d’acquisition sur le budget d’investissement de l’armée et de quelle manière ce budget pourra être augmenté de sorte à ne pas compromettre d’autres investissements dont l’armée a également un besoin urgent. Car il faut considérer l’armée comme un système global qui ne peut fonctionner correctement que si les différents investissements et projets d’armement ne sont pas mis en opposition voire, pire, en concurrence.(SSO)

Une réaction légitime :

Le Mnistre de la Défense Guy Parmelin a-t-il été trop brutal sur ce dossier ? Je vous rappelle qu'il y a une année la presse s'est déchainée sur le sujet : accusant de négligence le chef de l'armée, le Cmdt des FA et relatant les problèmes des deux systèmes à l'étude. Le nouveau Chef du DDPS a donc réagi et bloqué l'évaluation avec en sus une enquête sur le fonctionnement de l'évaluation. Aurait-il pu en être autrement ? Non. D'une part l'enquête à révélé que l'évaluation a été correcte, que les chefs de l'armée n'ont commis aucune faute. Pare contre, oui, le système de BAe le CAMM-ER ne répond pas en terme de rayon d'action et l'Iris-SL de Diehl-BGT devait améliorer sa capacité d'engagement lors de conditions météorologiques difficiles. Aurait-t-on pu commander l'un de ces deux systèmes dans ces conditions ? La réponse est NON. En Suède le système Iris-SL qui a été commandé est retardé en ce qui concerne sa mise en service, tant que les capacités n'ont pas été améliorées. Les essais de 2016 sont positifs, un nouveau test aura lieu cette année pour valider la capacité de l'Iris-SL et finalement l'entrée en service se fera en 2019 avec une année de retard !! Non, notre Ministre n'a pas commis de faute, peut-être a-t-il surréagi trop brutalement, mais il n'a pas commis de faute, le projet DSA20 peut aujourd'hui être conduit correctement.

A noter que dans cette fâcheuse histoire notre Ministre de la Défense se doit d’assumer sa décision en tant que Chef, la presse qui a de son côté, une fois de plus, sombrer dans la désinformation n’assume pas ses erreurs, pour combien de temps encore ?

 Photos : Systèmes Diehl BGT Iris-SL & radar Girafe @ Diehl BGT