05/09/2017

F-35, Parmelin et l’intoxication !

Cmq2FfeWgAA0_J5.jpg-large.jpeg

Sous le titre « Guy Parmelin songe à des F-35 pour l'armée » une certaine presse ne fait pas de l’information mais du « Fake News ». Non seulement ce titre est « faux » mais pires, il ouvre la voie à une grave désinformation de la population.

Le Chef du DDPS ne choisi pas l’avion :

Peu importe sa couleur politique, le chef du DDPS ne choisi pas les systèmes qui viendront équiper notre armée. Les choix sont effectués par un groupe de tests et c’est une équipe composée de spécialistes qui présente le projet retenu selon plusieurs critères au chef DDPS. Celui-ci sera alors chargé de présenter les achats au sein d’un programme d’armement au Conseil Féféral. Le paquet est ensuite proposé aux deux Chambres Fédérales et éventuellement devant le peuple. Prétendre que l’actuel chef du DDPS serait « en faveur d’un avion plutôt qu’un autre » est en soi un mensonge.

Peu de chance pour le F-35 :

En ce qui concerne cette pseudo révélation, j’ajouterai que les chances du Lockheed-Martin F-35A pour notre pays sont très faibles. En premier lieu, il faudra les demandes en matière d’offsets et de participation au developpement du futur avion. Car si les demandes sont identiques qu’en 2008, les américains ne pourrant simplement pas s’alignier.

Toutefois, si le F-35 devait rester en course, l’avion souffre de nombreuses maladies de jeunesse, qui n’ont de loin pas encore trouvés de solution. Le prix à l’achat est encore très élevé et si celui-ci va baisser, lors de la mise en production à plein régime, les coûts à l’heures de vol et de la maintenance restent insupportables. Par ailleurs, la maintenance lourde ne pourra se faire ne Suisse, mais serait faite en Italie (centre européen). En résulterait une perte de contrôle pour notre armée avec une dépendance inacceptable avec en sus une perte de compétence technique.

Le second problème de la maintenance concerne le système de maintenance ALIS (Autonomic Logistics information System) centralisé au Etats-Unis pour l’ensemble des utilisateurs et qui n’offre pas les sécurités nécessaires en matière de cyberguerre. Il faut dire que, si un hacker arrive à pénétrer le système ALIS, qui communique depuis chaque avion directement au sol, il aura accès à l’ensemble de la gestion de la maintenance cellule, des systèmes de missions et des clés cryptographiques utilisées sur chaque F-35 en service. Inutile de préciser que, si l’ennemi accède à ces données, il pourra les modifier à son aise et clouer la flotte mondiale de F-35 au sol. De plus il aura également accès aux données des autres nations utilisatrices de l’avion.

Le budget, la clef du choix :

Le chef du DDPS Guy Parmelin travaille aujourd’hui à la préparation du budget qui concernera non seulement l’achat d’un nouvel avion mais également du futur système sol-air (DSA20). Au vue des finances actuelles la marge de manœuvre est difficile. En conséquence, le montant disponible sera la clef des choix finaux.

Des variations de prix importantes :

En effet, entre les aéronefs les moins chers disponibles (Gripen E, Super Hornet et éventuellement le F-16 Viper) et les plus onéreux (F-35, Eurofighter, Rafale), la différence sur le prix à l’acquisition pour un même nombre d’avions pourra varier de l’ordre de 1,1 à 1,8 milliards de nos francs (avec rabais). Il faudra également tenir compte des coûts à l’heure de vol. Ils seront également très différents d’un avion à l’autre et auront un impact non négligeable sur la décision.

A noter, que les fameuses variantes exprimées dans le rapport du groupe d’experts et d’accompagnement sur le développement et la modernisation de nos Forces aériennes, ne tiennent comptes que du prix moyens des aéronefs. Lors de la remise des offres des différences en ce qui concernes les rabais peuvent atteindre 20% du prix officiel d’un avionneur.

Photo : F-35 @ USAF

29/01/2017

DSA20 peut continuer !

2629643094.jpg

Le rapport d’enquête de la délégation des Commissions de gestion du Parlement arrive à la même conclusion que le rapport de Kurt Grüter, qui s’est récemment penché sur les processus liés à la suspension de l’acquisition d’une nouvelle défense sol-air (DSA): le projet étant bien préparé, aucune suspension ne s’avère nécessaire.

Comme la SSO l’a indiqué à plusieurs reprises, il est incontestable que le système de défense sol-air actuel, obsolète et dont la puissance de feu a déjà été considérablement réduite, devra être prochainement remplacé. «Car il s’agit d’un système clé pour la protection des ouvrages et du territoire. Si la protection n’est pas assurée depuis le sol, à quoi cela servirait-il d’acquérir de nouveaux avions de combat, de nouvelles pièces d’artillerie ou des chars plus puissants? Sans une protection effective et efficace assurée par la défense sol-air, ils ne seront que peu utilisés, voire pas du tout», insiste Stefan Holenstein, colonel d’état-major général et président de la SSO.

C’est la raison pour laquelle l’Armée suisse a urgemment besoin d’une défense sol-air qui soit capable de déployer toute sa puissance par n’importe quel temps, de jour comme de nuit, lorsqu’elle est combinée à des moyens d’action aéroportés et fonctionne en interaction avec les autres capteurs et effecteurs de l’armée.

La SSO demande donc logiquement au Conseil fédéral de remettre immédiatement sur les rails le processus d’acquisition de la défense sol-air. Il convient en outre de préciser les conséquences qu’a eu le retard pris par le processus d’acquisition sur le budget d’investissement de l’armée et de quelle manière ce budget pourra être augmenté de sorte à ne pas compromettre d’autres investissements dont l’armée a également un besoin urgent. Car il faut considérer l’armée comme un système global qui ne peut fonctionner correctement que si les différents investissements et projets d’armement ne sont pas mis en opposition voire, pire, en concurrence.(SSO)

Une réaction légitime :

Le Mnistre de la Défense Guy Parmelin a-t-il été trop brutal sur ce dossier ? Je vous rappelle qu'il y a une année la presse s'est déchainée sur le sujet : accusant de négligence le chef de l'armée, le Cmdt des FA et relatant les problèmes des deux systèmes à l'étude. Le nouveau Chef du DDPS a donc réagi et bloqué l'évaluation avec en sus une enquête sur le fonctionnement de l'évaluation. Aurait-il pu en être autrement ? Non. D'une part l'enquête à révélé que l'évaluation a été correcte, que les chefs de l'armée n'ont commis aucune faute. Pare contre, oui, le système de BAe le CAMM-ER ne répond pas en terme de rayon d'action et l'Iris-SL de Diehl-BGT devait améliorer sa capacité d'engagement lors de conditions météorologiques difficiles. Aurait-t-on pu commander l'un de ces deux systèmes dans ces conditions ? La réponse est NON. En Suède le système Iris-SL qui a été commandé est retardé en ce qui concerne sa mise en service, tant que les capacités n'ont pas été améliorées. Les essais de 2016 sont positifs, un nouveau test aura lieu cette année pour valider la capacité de l'Iris-SL et finalement l'entrée en service se fera en 2019 avec une année de retard !! Non, notre Ministre n'a pas commis de faute, peut-être a-t-il surréagi trop brutalement, mais il n'a pas commis de faute, le projet DSA20 peut aujourd'hui être conduit correctement.

A noter que dans cette fâcheuse histoire notre Ministre de la Défense se doit d’assumer sa décision en tant que Chef, la presse qui a de son côté, une fois de plus, sombrer dans la désinformation n’assume pas ses erreurs, pour combien de temps encore ?

 Photos : Systèmes Diehl BGT Iris-SL & radar Girafe @ Diehl BGT