06/11/2019

Saab teste son nouveau brouilleur d’attaque pour le Gripen !

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L’avionneur Saab a effectué les premiers tests en vol avec son nouveau module avancé de brouillage d’attaque électronique EAJP (Electronic Attack Jammer Pod). La nouvelle nacelle de brouillage a été testée sur un avion de combat JAS-39D Gripen. Les interfaces du module avec le matériel et les logiciels de l’appareil, ainsi que le contrôle et la surveillance du poste de pilotage ont été testés au cours du vol.

Le nouveau module EAJP de Saab a pour objectif de protéger les aéronefs contre les radars grâce à des fonctions de brouillage sophistiquées, empêchant ainsi l’opposant de les attaquer. Le premier vol marque une étape importante du programme de développement de la nacelle.

Saab affine ses capacités d’attaque électronique et le nouveau module avancé constitue un élément important de ce développement. L’EAJP complète parfaitement les capacités d’attaque électronique intégrées du système de guerre électronique embarqué de pointe sur le nouveau chasseur Gripen E/ F de Saab. Il peut également être utilisé sur d'autres types d'aéronefs. La nacelle fait partie de la famille de systèmes de guerre électronique AREXIS de Saab, qui comprend : récepteur de signal d’alerte radar (RWR), renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) et contre-mesure électronique (ECM), répondant aux besoins des avions de combat.

Les systèmes de guerre électronique sont également utilisés pour l'autoprotection en détectant passivement les systèmes radasr et les missiles hostiles et en protégeant l'avion ou la plate-forme à l'aide de contre-mesures actives et passives. La guerre électronique offensive, également appelée attaque électronique, consiste à envoyer activement des signaux de brouillage afin de perturber les capteurs des systèmes de défense aérienne de l’ennemi afin qu’ils ne constituent plus une menace.

La nacelle EAJP :

Le nouveau brouilleur à bande basse est contenu dans un module de démonstration de 4 m de long et d'un poids de 350 kg. Des surfaces en forme d'ailes sont utilisées pour contenir ses antennes basses fréquence. Selon l’avionneur suédois, actuellement seul le Boeing EA-18G « Growler » de la marine américaine est capable de neutraliser les défenses électroniques adverses.  L’EAJP a la capacité de filtrer et donc de protéger l’approche et le départ de formations entières contre des radars basses fréquences grâce à l’utilisation intelligente des techniques de brouillage DRFM (mémoire radiofréquence numérique) qui créent de fausses cibles cohérentes et diverses techniques de saturation. Le système repose sur des récepteurs numériques et dispositifs DRFM à bande ultra-large des émetteurs de brouillage en réseau à l'état solide à base de nitrure de gallium (GaN) et des systèmes de radiogoniométrie interférométriques. Pour l'application d'attaque électronique avancée, ces technologies sont adaptées aux basses fréquences requises pour bloquer les systèmes de défense anti-furtifs modernes.

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Destiné à une large palette d’avions :

Si, l’EAJP sera préalablement utilisé en Suède sur les avions de la famille Gripen C/D et E/F, Saab fait également la promotion de la nacelle EAJP en vue d'une intégration possible sur d'autres types d'aéronefs, y compris potentiellement l'Eurofighter. En Allemagne, par exemple, pour remplacer les Tornado ECR et venir équiper l’Eurofighter T3 ECR « SEAD »* (article demain). Mais d’autre pays pourraient avoir besoin d’une telle solution pour équiper leur flotte d’avions. Saab pense pouvoir fournir un système opérationnel aux normes Otan dans les 12 mois avenir.

*Notes : ECR : Eletronic Combat Reconnaissance. SEAD : Suppression Enemy Air Defenses.

Photos : 1 l’EAJP sous un Gripen D 2 l’EAJP du programme AREXIS@ SAAB

22/10/2019

Eurofighter : modernisation du système de guerre-électronique !

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Le consortium EuroDASS (Leonardo, Elettronica, Indra et Hensoldt), qui fournit le système de guerre-électronique de défensives DASS (Defensive Aids Sub System) pour l’avion de combat Eurofighter « Typhoon II », a lancé son concept pour l’avenir du DASS, appelé «Praetorian Evolution». Le lancement a eu lieu lors de la conférence des utilisateurs EuroDASS Future Capability, à laquelle ont assisté des personnalités militaires et industrielles du Royaume-Uni, d'Italie, d'Allemagne et d'Espagne.

Rappel à propos du DASS :

L’Eurofighter dispose d’une architecture modulaire pour le système défensif, le DASS (Defensive Aids Sub System). Toutes les parties du DASS sont contrôlées par un DAC (Defensive Aids Computer). Le DAC offre une capacité entièrement automatisée pour analyser et répondre à toute menace que l’Eurofighter pourrait rencontrer. Pour fournir ces informations essentielles sur la situation extérieure, le DASS s’appuie sur différents sous-systèmes comme le détecteur d’alerte radar et son équivalent optronique, le Détecteur d’Alerte Laser (DAL) qui prévient de toute illumination lié à des télémètres lasers ou autres systèmes de guidage laser. Le Détecteurs de Départ Missiles (DDM) qui fournit des informations à 360° sur toute approche de missile, donnant ainsi le temps nécessaire pour engager des manœuvres d’évitement, en s’appuyant par exemple sur des leurres.

Le DASS existant protège le « Typhoon II » contre les menaces, notamment les missiles infrarouges (à recherche de chaleur ou infrarouge) et à guidage radar. Les capteurs intégrés et l'équipement de brouillage fournissent également une connaissance de la situation et une capacité de furtivité numérique, obtenues grâce à des techniques de tromperie électroniques avancées. Le système protège les équipages depuis plus de 20 ans, notamment pour les opérations de maintien de la paix en Libye et en Syrie. Toutefois, la position traditionnelle de domination aérienne du « Typhoon II » pourrait être menacée à l’avenir par la nature en rapide évolution des menaces aériennes et de surface, telles que les systèmes de défense antiaérienne intégrés (IADS). Le « Praetorian Evolution » représente la feuille de route proposée pour que l’Eurofighter conserve son niveau de protection de classe mondiale pendant des décennies.

Praetorian Evolution :

Le système «Praetorian Evolution » ira également au-delà du rôle protecteur traditionnel du système de guerre-électronique global DASS. Dans le futur espace de combat, le rôle du « Typhoon II » évoluera et le système  DASS  devra en faire plus, pour que le chasseur reste au cœur du futur parc d’aéronefs, aux côtés des plateformes de la 5e génération comme le programme « Tempest ». « Praetorian Evolution » proposera un certain nombre de nouvelles fonctionnalités avancées, y compris des fonctions de guerre électronique multiplateformes et des fonctions ISR de combat, telles que le ciblage de haute précision et l'identification de combat avancée.

L’architecture entièrement numérique de « Praetorian Evolution » facilitera les futures mises à niveau, tandis que les coûts du cycle de vie seront optimisés. Ce sera également l’occasion de tirer parti des dernières avancées en matière de matériel pour accroître la fiabilité et réduire les besoins en assistance logistique intégrée.

L'équipement « Praetorian Evolution » sera proposé dans le cadre d'un vaste programme d'évolution à long terme (LTE) pour l'Eurofighter « Typhoon II ». EuroDASS soumettra des options formelles avant la fin de l’année en soutien aux activités LTE du programme Eurofighter, qui seront suivies par le dépôt d’une offre finale avant la fin de 2020.

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Photos : 1 Eurofighter Typhoon II 2 Composants DASS @ EuroDASS

07/12/2018

Des PC-12 « Spectre » pour traquer les talibans !

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L'Afghanistan exploite des avions de type Pilatus PC-12 « SPECTRE » dans les missions destinées à la traque des talibans et la lutte contre les narcotrafiquants en matière de guerre-électronique (SIGINT).  L’avion peut également participer à la surveillance de la frontière avec le Pakistan, afin d’enrayer les passages clandestins.

Commandes américaines :

L’Afghanistan confirme avoir reçu 23 avions Pilatus PC-12 « SPECTRE » qui sont en service. Ces avions ont été commandés, par le Pentagone à travers la société Sierra Nevada Corporation, auprès de Pilatus Aircraft, soit 18 appareils en 2012 et 5 en 2015. C’est la société Sierra Nevada qui a ensuite aménagé les avions avant de les livrer au client.

 Une image d'un PC-12 « SPECTRE » avec ses  marquages afghans a été publiée sur le compte Twitter officiel du ministère de la Défense afghan. Jusqu'à présent, aucune annonce officielle n'avait été faite, quant à la réception de ces appareils. Pour la petite histoire, en Afghanistan la dénomination du PC-12 est « Dragon ».

Les appareils seraient exploités par les escadrons  1, 2 et 3, de l'escadre des missions spéciales de l’armée afghane (Afghan Special Mission Wing). Les escadrons 1 et 2 sont basés à Kaboul et le 3e escadron opérerait à partir de Kandahar. Il est intéressant de noter que cette capacité relève des forces d'opérations spéciales de l'armée nationale afghane (ANA) plutôt que de l'armée de l'air afghane (AAF), mais en tant que branche la mieux entraînée et la mieux financée des ANSF, elle est probablement la mieux placée pour utilisés ce type d’avion particulièrement sophistiqué.

Pas d’armement, mais affûté pour l’écoute :

Précisons d’emblée que le PC-12 « SPECTRE » n’emporte pas d’armement. Il s’agit d’un avion dérivé de la version civile du PC-12NG d’affaires. Le standard « SPECTRE » est spécialisé pour les missions de reconnaissance électronique de type «  SIGINT » (SIGnals INTelligence). L’avion dispose d’une caméra FLIR et de différents capteurs électroniques.  Les capteurs de bord sont capables de décrypter et d’écouter et localiser les émissions radios et électroniques adverses.

Le PC-12 « SPECTRE » est également  utilisé au sein de l’Armée irlandaise et au sein de l’US Air Force, il est dénommé U-28A « Eagle ».

Photo : PC-12 SPECTRE @ Pilatus

 

 

02/11/2018

La Russie prépare une version de guerre-électronique du Su-34 !

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Le ministère russe de la Défense travaille actuellement sur l’adaptation d’une version de guerre-électronique du Sukhoi Su-34 « Fullback ». L’avion sera doté de nacelles de reconnaissance et de renseignement électronique.

Le ministère a annoncé ce mois-ci son intention de signer, le mois prochain, un contrat de 3,9 millions de dollars visant à permettre aux Su-34 d’utiliser des modules de reconnaissance de guerre-électronique. Ce contrat s’ajoute à la modernisation générale des stocks de chasseurs russes de la dernière décennie et à l’achat et à la modernisation en cours de la flotte de Su-34 « Fullback ».

Remplacer le Su-24 « Fencer » :

Initialement, l'armée avait prévu de remplacer son unique avion de reconnaissance tactique, le Su-24MR Fencer-E, par le Su-27R, qui aurait été doté d'équipements de reconnaissance intégrés à la cellule, mais ce programme n'a jamais été achevé. La nouvelle approche du dernier contrat permet d’équiper le Su-34 du module Bazovyi Kompleks Razvedki (BKR-3),  le M400A, soit : une suite de reconnaissance mise au point par le NII Kulon, basé à Moscou, dans le cadre du programme de recherche et développement Antrakt, sera installé dans des modules de reconnaissance unifiés dans une nacelle UKR.

L'adaptation du Su-34 pour transporter des pods de la série UKR et effectuer des tâches de reconnaissance est relativement simple, avec un coût denviron un million de dollars et constitue une modification qui peut être appliquée à de nombreux aéronefs.

Le capteur de reconnaissance radar principal est le radar à balayage latéral M402 Pika-M du NII Kulon est monté dans le module UKR-RL (radio-localisation). La version pèse 300 kg, fonctionne en bande X et dispose d'un pouvoir de résolution linéaire de 1-2 m (3-6 pi). Un autre module de reconnaissance, le UKR-RT (radio-technique) héberge le système de renseignement à transmissions M410 produit par l'Institut TsNIRTI de Moscou. Un troisième module de cette série, l’UKR-OE électro-optique, abrite la caméra Antrakt-TV (dont le pouvoir de résolution est de 50 cm à 20 m) et le scanner infrarouge linéaire M433 Raduga-VM. Outre les capteurs, chaque module contient un stockage de données et une liaison de données à large bande pour une transmission en temps réel vers une station au sol.

Parallèlement à la version de reconnaissance, mais de manière beaucoup plus secrète, la Russie élabore une version de guerre électronique du Su-34. Pour simplifier les choses, la Russie améliore la suite de contre-mesures électroniques Khibiny-10-vol de base (disponible sur tous les Su-34) pour les tâches de brouillage en y ajoutant un module de brouillage sous-fuselage avec des systèmes beaucoup plus puissants et une plage de fréquences plus étendue que la suite.

Le système de guerre-électronique :

La suite d’autodéfense Khibiny-10-Volt standard du Su-34, fabriquée par Knirti, consiste en un récepteur qui détecte, classe et détermine la position du radar cible à l’aide d’une nacelle en forme de cigare au bout de l’aile du port et d’un émetteur émet les contre-mesures appropriées dans une nacelle à l'extrémité d'aile tribord. L'ordinateur et le système de contrôle sont intégrés au fuselage. Le système génère des contre-mesures dans les bandes C, X et Ku (longueurs d'onde centimétriques), sur lesquelles fonctionnent les radars des avions de combat et les canaux de guidage de missile sol-air.

Trois variantes de modules supplémentaires pour le brouillage d'escorte sont produites. Deux d’entre eux, les L175VU-1 et -2, fonctionnent dans les mêmes plages de fréquences que les L175V de base et ne nécessitent pas de récepteur, ce sont simplement des émetteurs puissants. Le troisième module, le L175VSh-1, fonctionne dans les bandes S et L (longueur d'onde du décamètre), utilisé par les avions et les radars de défense antiaérienne au sol et à commande anti-aérienne, et comporte à la fois un récepteur et un émetteur. Les livraisons de ces pods aux unités opérationnelles ont débuté fin 2015.

Ces mises à jour spéciales de la Su-34 s'inscrivent dans le cadre des efforts plus importants déployés pour produire et mettre à niveau la plate-forme que représente le Su-34. y compris les avions de test.

A noter, que la production de Su-34 se poursuit à un rythme régulier de 16 à 18 avions par an.

 

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Photos :Su-34 Fullback @ VVS

02/05/2018

Le trois nouvelles versions pour le KJ-500 !

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Une nouvelle version du Kongjing 500 (KJ-500) de détection et de commandement aéroporté (AEW & C) au sein de la Force aérienne chinoise « Force aérienne de l’armée populaire de libération » (PLAAF) vient de faire ses débuts. Pour la première fois, un KJ-500 est doté d'une sonde de ravitaillement en vol (IFR). Par ailleurs, deux nouvelles versions du KJ-500, plus connu sous le nom de Gao Xin GX -11 et GX-12 de guerre-électronique sont entrés en service.

Le Kongjing 500, KJ-500 : 

Le KJ-500 est basé sur l’Aircraft Corporation Shaanxi (SAC) Y-8 de transports doté de quatre turbopropulseurs.  Le Y-8 a été utilisé par la PLAAF et la PLANAF dans une grande variété de rôles et certains ont été fournis aux exploitants civils. Il a été exporté à l'armée de l'air de la République du Myanmar (ex-Birmanie), au Soudan ainsi qu’au Sri-Lanka. Directement dérivé de l’Antonov 12 russe, le Y-8 est capable de transporter des troupes, d’effectuer du largage de fournitures, parachutages et peut fonctionner comme une ambulance aérienne. Il peut également être utilisé à des fins commerciales comme un avion cargo. Il est capable de transporter 20 tonnes de fret, environ 96 soldats, ou environ 82 parachutistes dans le compartiment de cargaison, qui est de 13,5 mètres de long, 3 mètres de large et 2,4 mètres de haut. L'avion de transport Y-8 a été mis en production d'essai au sein de  Xi'an Aircraft Factory en juin 1972. En décembre 1974, le premier Y-8 chinois effectue son vol inaugural.

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 Le KJ-500 est un système d'alerte et de contrôle aérien composé de trois radars à ouverture électronique disposés dans un réseau triangulaire qui permet une couverture de 360 degrés. Ces radars ont été développés par l'Institut de Nanjing de recherche et de technologie électronique (NRIET ou 14 Institut ). Il semble que les progrès chinois en matière d’électronique permettent au KJ-500 d’avoir les mêmes propriétés que les actuels KJ-2000 plus gros montés sur Ilyushin Il-76. Selon la télévision chinoise système KJ-500 pourrait suivre de 60 à 100 cibles simultanément à 470 km.

Les Gao Xin :

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Les nouvelles versions de guerre électronique dérivée du Y-9 sont connues sous le nom de Gao Xin GX-11 et GX-12. Le GX-11 qui a été photographié a montré deux grandes antennes de chaque côté du fuselage, l'une près de la porte de la rampe et l'autre à l'arrière du poste de pilotage. Une autre image satellite a montré le GX-12 avec plusieurs antennes installées autour de l'avion. La variante GX-11 pourrait être conçue pour supprimer les radars et les communications de l'ennemi, alors que le GX-12 pourrait être une plateforme ELINT.

 

Photos : 1KJ-500 avec perche de ravitaillement 2KJ-500 Standard @ Chine nouvelle 3Prototype du GX-12 @ CN Top81