20/07/2014

Eurofighter, Rafale et Gripen en embuscade face au F-35!

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Les ennuis du Lockheed-Martin F-35, pourraient à terme favoriser les trois avions européens. Le F-35 dont les américains espèrent qu’il deviendra comme son prédécesseur le F-16, l’avion clef des forces l’Otan pourrait voir son avenir s’assombrir.

 

Nouvelle situation :

 

L’image du F-35 est aujourd’hui au plus bas, la situation internationale ne cesse de se dégrader et nombres de forces aériennes vont devoir se moderniser en tenant compte de budgets serrés, mais aussi peut-être d’un nombre d’acquisition revu à la hausse. En conséquence, se doter d’un avion européen moins cher, mais sophistiqué et pouvant être livré rapidement d’ici 2020 devient prioritaire. A ce petit jeu les trois avionneurs européens que sont : Airbus Group, Dassault Aviation et Saab sont parfaitement susceptibles de répondre à la demande.

 

Concrètement : 


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Moderniser l'électronique est le moyen le plus efficace pour mettre à niveau une conception d’avion de chasse et les gouvernements européens et l'industrie investissent dans ces domaines, afin de maintenir leurs programmes compétitifs. 

 

Le programme le plus complet de modernisation d'avionique de combat en Europe est le tout nouveau capteur destiné au Saab JAS-39 Gripen E. Ses principales composantes produites par l’européen Selex-Es, dont le nouveau radar AESA  Raven ES-05 à balayage électronique (AESA) doublé du plateau cyclique qui offre une plage de détection inégalée  couplé au détecteur frontal  Skyward-G (IRST) de recherche infrarouge vont propulsé l’avion suédois aux avant postes de la technologie. 

On retrouve d’ailleurs Selex-Es avec une antenne AESA similaire pour équiper le radar CAPTOR-E de l’Eurofighter Typhoon T3 ainsi que l’IRST. La gamme offerte d’antenne radar offerte par Selex-Es pour le Gripen E et l’Eurofighter sera en mesure de générer des faisceaux de brouillage agiles et à haute puissance sur un large spectre. On retrouve également cette équivalence sur le Rafale F3-R de Dassault qui devrait entrer en service à partir de 2018/2020 et plus récemment sur le F3-04T qui comprend le radar balayage électronique (AESA) RBE2 et la DDM-NG. Pour les missions tactiques et stratégiques de reconnaissance, le F3-R comprendra  une relecture et une analyse de l'imagerie avec un nouveau pod de reconnaissance de Thales. Le pilote du Rafale ou l'exploitant du système d'armes seront en mesure d'examiner des images sans interrompre le processus de collecte de la nacelle. 

 

Saab travaille également sur ​​son expérience avec les liaisons de données pour améliorer les connexions qui sont possibles entre avion de type Gripen. En effet, le nouveau la famille Gripen C/D/E dispose de deux systèmes de liaison électronique. Le système Link16 de l’Otan qui rend les Gripen compatibles et un système unique à la famille «Gripen» le Link TAU qui permet une communication électronique sécurisée unique entre les avions suédois. 

 

L’arrivée prochaine des Rafale F3-R, Gripen E et Eurofighter T3 en production pour 2018 pourraient donc bien freiner un peu l’appétit de Lockheed-Martin. Reste évidemment la volonté politique en Europe de s’ouvrir aux offres européennes et de ne pas céder aux sirènes américaines.


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Photos : 1 Eurofighter  @ Airbus Group 2 Gripen E @ Saab 3 Rafale  @ Dassault Aviation

 

 

 

 

24/04/2014

Gripen : Souveraineté ou dépendance à l’Otan ?

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Derrière le vote du 18 mai prochain sur la volonté de financement du fond pour l’acquisition de l’avion de combat Gripen E, se cache en fait un vrai problème de sécurité. Quelle avenir pour nos Forces aériennes ? 

 

La situation : 

 

En 2016, les derniers avions de combat de type Northrop F-5 E/F «Tiger II» seront retirés du service, ne restera donc que la flotte de 32 Boeing F/A-18 C/D «Hornet». Celle-ci doit être retirée en 2030. Par conséquent en 2015,  notre flotte de «Hornet» sera à mi-vie !

 

Sans les Gripen : 

 

Avec la mise en place de la police du ciel 24/24 (en fonction de la dotation) la flotte des F/A-18 serait contrainte à une plus forte contribution, si les 22 Gripen E ne viennent pas les épauler.  A cela il faut encore ajouter que l’instruction des pilotes pour passer au système

de QRA 24/24 va également contribuer à charger encore plus les 32 F/A-18. Une pression très élevée sur les avions en termes d'heures de vol et une gestion rigoureuse de la flotte sera alors ressentie, car il faudra assurer non seulement les missions, mais aussi l'entraînement et l'entretien. Lorsqu'un avion atterrit, par exemple, il doit être pris en charge immédiatement par l'équipe de maintenance. Les problèmes surviennent lorsqu'il s'agit d'assurer les grosses opérations d'entretien. Conséquence, la durée de vie des F/A-18 se limiterait déjà en 2025.


 

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Les F/A-18 des Forces aériennes suisses sont autorisés à accomplir 5’000 heures de vol par avion. L’ensemble de la flotte des F/A-18 vole en moyenne 6’000 heures par année, ce qui représente environ 200 heures de vol par avion. Ceci en tenant compte de l’engagement des F-5 «Tiger II». Les chiffres de fin 2013 démontrent qu’en moyenne, chaque F/A-18 a d’ores et déjà 2’500 heures de vol à son actif. En continuant sur cette lancée, un grand nombre de F/A-18 aura atteint la limite de 5’000 heures de vol dès 2027. Et ceci pour autant que la situation internationale ne se dégrade pas, obligeant la mise en activité d’une capacité de protection aérienne 24/24 soit deux à quatre avions en permanences en vol.

La fin de notre aviation : 

Nous devons avoir en tête, que sans l’achat des 22 Gripen E, il ne sera pas possible de relancer suffisamment tôt une nouvelle acquisition, sachant qui faut en moyenne au minimum 10 ans entre le choix et le moment ou l’on commence à recevoir les premiers avions. En conséquence, il faudra déjà débuter l’année prochaine un nouveau processus d’acquisition !

 

La fin de la souveraineté : 

Sans le Gripen E, l’arrivée à partir de 2025 de l’obsolescence des F/A-18 C/D nous conduirais immanquablement vers la fin d’une capacité de police aérienne souveraine. Par conséquent, nous serions comme la Lituanie, l’Estonie, la Slovénie et l’Albanie contraint de sous-traiter notre protection aérienne à l’Otan. 

Pour le Président du Centre de politique de sécurité de Genève, François Heisbourg : «Un pays qui n’affirme pas sa souveraineté est diplomatiquement et politiquement vulnérable», avertit l’expert en faisant référence à l’achat des avions de combat Gripen !

Le 18  mai prochain :

Le résultat du vote sera significatif en ce qui concerne nos libertés et notre volonté de neutralité armée. Le fait d’avoir des avions de combat n’a pas seulement pour objectif de repousser une possible invasion. C’est un signal. C’est l’affirmation de la souveraineté.


 

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Lien sur les articles du dossiers : 

 

 

Les mensonges des référendaires :

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/14/gripen-les...

 

Gripen, un besoin fondamental : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/01/22/gripen-un-...

 

Anti-Gripen un comité de pieds-nickelés : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/06/anti-gripe...

 

Gripen l’avenir des FA : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/13/gripen-l-a...

 

L’obligation de police 24/24 : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/02/17/l-obligati...

 

Gripen, un contrat béton : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/03/02/gripen-un-...

 

Gripen, des radios clean : 

 

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/03/31/gripen-des...


Gripen E, un choix technologique: 


http://psk.blog.24heures.ch/archive/2014/03/30/gripen-e-u...

 

 

23/12/2013

Brésil, Gripen C/D en location !

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BRASILIA, le Brésil annonce ce matin suite au choix du Gripen E pour remplacer les F-5 E/F, que celui-ci, louera une série de 12 JAS39 Gripen C/D pour compenser le retrait des Mirage 2000.

 

L’objectif de la FAB est de compenser au plus vite le départ à la retraite des Mirage 2000, pour ce faire le Brésil, désire donc (comme la Suisse) louer une douzaine d’avion Gripen C/D (standard actuel) afin de maintenir au minimum sa capacité de police aérienne dans l’attente de l’arrivée des Gripen E en 2018.

 

La FAB dispose de 10 Mirage 2000C monoplace et 2 biplaces 2000B (désigné localement comme F-2000C/B) qui servent au sein du 1er Escadron de défense aérienne, depuis la base aérienne d’Anapolis. La FAB ne disposera plus que des Northrop F-5EM/FM Tiger II pour l’interception et des AMX A1 pour l’attaque au sol. Les 57 F-5EM/FM ont été modernisés avec l’aide de l’israélien ELBIT.

 

 

Le choix du Gripen E :

 

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On en sait donc un peu plus sur le choix du Brésil en ce qui concerne le Gripen E, si le prix à joué un rôle évident, d’autres éléments ont faits penché la balance en faveur de l’avion suédois.

 

Le Chef de la FAB M. Junto Saito annonçait ce matin que le choix faisait partie d’un ensemble particulièrement attractif pour le pays. Avec notamment la possibilité de produire de nombreux éléments au Brésil.

 

Le Brigadier Marcelo Damasceno, de la FAB, confirmait de son côté : « la très haute valeur technique du Gripen E », « ses capacités de détection radar permettent une vision très supérieure à ce que nous avons pu tester ailleurs, l’architecture et les combinaisons de l’électronique offre des possibilités aujourd’hui sans équivalence ».

 

Le Brésil mettra en œuvre le missile indigène A-Darter sur le Gripen E, celui-ci étant déjà intégré à la famille Gripen, aucun surcoût ne donc demandé contrairement à une adaptation sur d’autres appareils.

 

Le Brésil prévoit de commander 36 Gripen E, mais c'est un total de 120 appareils qui pourra être commandé d'ici 2025, sans oublier le développement du "Sea Gripen" pour la Marine.

 

 

On peut donc également en déduire, que l’opportunité de pouvoir louer des appareils en remplacement des Mirage 2000 et dans l’attente de l’arrivée du Gripen E a joué également un rôle dans le choix de l’avion suédois. On retrouve par ailleurs cette même flexibilité dans la décision en Suisse.

 

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Photos : 1 Gripen C aux couleurs de la FAB 2 Gripen E brazil 3 Missile A-Darter @ FAB

 

 

21/12/2013

Gripen E : intégration du Meteor !

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Saab va procéder suite à la commande de l’administration chargée des équipements de Défense, l’intégration définitive du missile Meteor de MBDA sur le Gripen E. Il s’agit là de la dernière phase d’installation qui fait suite aux nombreux essais. 

 

"La commande supplémentaire assure la mise en œuvre de l'intégration du missile Meteor sur le Gripen E », a déclaré Ulf Nilsson, chef de l'unité de produit Gripen de Saab. " Il confirme également la position du Gripen E, comme le premier système de combat avec une conception flexible qui offre de grandes possibilités d'intégrer de nouvelles fonctionnalités."

 

Phase finale : 


 

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L’intégration du missile Meteor sur le Gripen E arrive dans sa phase terminale. Le premier tir d’un Meteor «inerte» avait déjà été réalisé avec un Gripen A/B en 2005. Puis, en juillet de cette année, un Gripen C/D avait été le premier avion a tiré un Meteor «actif». Il fallait vérifier que le missile se sépare normalement de l’avion lanceur, contrôler le bon fonctionnement du système de transmission de données entre l’avion et le missile et s’assurer du parfait fonctionnement du radar du missile sur des cibles factices.

 

La famille «Gripen» C/D/E sera ainsi la première à bénéficier du nouveau missile européen. Elle sera ensuite rejointe par le Rafale puis l’Eurofighter et enfin, le F-35.

 

Le MBDA Meteor :


 

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Le missile Meteor produit par le MBDA  alimenté par statoréacteur est destiné à des missions de défense aérienne. Il va intercepter des cibles à très longue portée. Produit conjointement par l’Angleterre, la France, l’Italie, l’Espagne et la Suède, il est doté d’une zone d'interception assurée nettement supérieure à celle des missiles de même gamme actuellement en service.

 

Le Meteor sera prioritairement réservé aux missions d'interception à grande distance, au-delà de la portée optique (BVR) de tout type d'aéronefs. Son utilisation sera privilégiée pour les cibles de haute valeur telles que l'attaque à plus de 100 km d'avions radar ou de ravitailleurs.

Ce missile doit pouvoir assurer une efficacité de destruction à des distances aujourd'hui encore importantes, de l'ordre de 50 Nm (entre la cible et l'avion tireur au moment de l'impact). 

A cette fin, le système d'arme comporte :

 

 Un radar de bord qui doit fournir des informations précises sur la cible avant le départ du missile, et une liaison de données de type Link16 assurant les mêmes fonctions en retransmettant vers l'avion tireur les informations d'un capteur porté par un autre aéronef.

 

  1. Des systèmes d'identification des cibles à des distances compatibles avec la portée du missile.
  2. Une manœuvrabilité suffisante du missile dans toutes les phases de vol, pour toutes les distances de tir, qui doit lui assurer une grande probabilité de destruction des cibles. 

 

La propulsion de ce missile est également un défi technologique du fait du concept retenu : celui d'un statoréacteur. Ce statoréacteur à propergol solide et à poussée régulée (Throttleable Ducted Rocket ou TDR) dans sa phase de croisière comporte un accélérateur à poudre intégré dans la chambre de combustion, ce qui permet de donner une impulsion initiale suffisante pour atteindre une vitesse compatible avec le fonctionnement du statoréacteur.


 

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Photos : 1 Gripen F de développement à Emmen @ PK 2 Meteor sur JAS39A/B en 2005 3 Tir d’un Meteor actif en 2013 4 Montage de Meteor sur le Gripen F @ Saab

23/08/2013

Gripen E, les dessous d’un deal !

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Mardi prochain, la sous-commission de sécurité du Conseil National se réunira à Winterthour pour décider du choix du Gripen E.

 

Les faits :

 

Sur le plan technique, il n’y a plus rien à reprocher au Gripen E, l’avion correspond au cahier des charges de notre pays, il s’intègre parfaitement à nos infrastructures et l’avion est même «très bon» là où on le lui demande de l’être.

 

En matière de coopération industriel, le dernier rapport de swissmem (voir article) juge l’opération « très satisfaisante ». Et encore ce matin, nous apprenions que l’entreprise genevoise Jean Gallay SA, allait travailler avec Saab sur un contrat pour un fournisseur.

 

Le calendrier du programme Gripen E est respecté à la lettre, aucun retard n’est à déplorer et l’industrialisation des trois avions de préséries a débuté, toujours conformément au "timing". L’actuel Gripen F de développement vole avec le radar AESA ES-05 « Raven » de série, l’IRST est également monté sur l’appareil.

 

La Suède a passé commande de 60 Gripen E, notre pays n’est donc pas le seul client et notre commande s’ajoute à celle des suédois. Nous pourrons d’ailleurs collaborer avec eux, puisqu’il est prévu que, dès l’année prochaine en plus des équipes d’armasuisse qui travaillent sur le sujet, un pilote et un ingénieur suivront l’avancée des travaux directement chez Saab au sein des installations de Linköping.

Un programme commun armasuisse/Saab d'atténuation des risques est en cours d'élaboration, afin, de supprimer les risques de développements.

 

Le paiement :

 

 

L’ultime point de divergence de la sous-commission concernait le paiement. A la négociation du contrat, Saab demandait un versement de 2 milliards (66%) avant livraison et le solde ensuite.

Pour nos politiciens, ce montant était inacceptable et ceux-ci militaient pour 15% du prix total.

 

Saab a revu sa copie et le contrat définitif demande un premier versement de 1 milliard (40%) avant livraison, le reste en plusieurs versements (montants non communiqués). Signalons également la mise en place de contreparties payées par l'Etat suédois en cas de retard de livraisons, 12 millions.

 

 

Beurre, l’argent du beurre et la crémière ?

 

Chacune des deux parties tire donc son épingle du jeu, la sous-commission ne sera peut-être pas satisfaite à 100%, mais, l’ensemble du projet est bon, difficile de demander plus et ceci d’autant plus que nous avons obtenu un rabais de près de 20% sur le prix total ! Ajoutons qu’un juriste suédois, mandaté par armasuisse, a pu consulter le document et le service juridique en a conclu que «les garanties et assurances sont clairement régies et appuyées par un système de règlement de litige avantageux ».

 

Il est vrai qu’un milliard représente une coquette somme, mais de toute manière il faudra bien la payer, de plus, un autre appareil aurait coûté plus cher. En conséquence le projet est viable pour nos deux pays.