09/03/2017

Belgique, bisbille à propos du remplacement des F-16 !

9836.jpg

Bruxelles, des politiciens s’inquiètent de la manière dont le cahier des charges du nouvel avion de combat a été validé. En effet, pour certains, le document a été avalisé par la Chambre des députés un peu trop vite et ceci, sans que les principaux intéressés puisse s’y pencher correctement.

Un vote rapide :

Les députés belges attendaient depuis plusieurs mois le cahier des charges du nouvel avion de combat qui doit permettre de fixer les bases du choix du futur remplaçant de la flotte de Lockheed-Martin F-16A/B Block15 «Fighting Falcon» en service depuis 1980. Le problème dénoncé par certains politiques vient du fait que le document est long, technique et en anglais. En conséquence, il est difficile à lire et il faut du temps pour un novice en matière d’aéronautique militaire d’en comprendre les principaux éléments.

Le précieux document est donc passé très vite entre les mains des députés pour un vote d’acceptation lui aussi très rapide. Hors les questions de base du projet n’ont mêmes pas été discutées lors du vote. Un député se plaignait ce matin, que les questions ayant attraits au maintien de l’emport de la charge nucléaire et des compensations économiques avaient tout simplement été évité.

Les questions de fond :

La réaction de certains politiques belges n’est pas anodine, j’en avais fait le centre d’un article en février de l’année dernière. En effet, des détails importants risquent de faire basculer la compétition en la rendant purement et simplement inutile.

Il faut se rappeler, que la Belgique jour un rôle important dans le cadre de l'OTAN, par conséquent le nombre d’avion en dotation minimale pour que la Belgique continue d’être un acteur important dans les opérations de l’OTAN et devrait normalement être supérieur à 40 unités. Hors, le choix primaire de n’acquérir que 34 aéronefs, va poser un sérieux problème en terme de dotation. De plus, le manque actuel de moyens aériens au sein l’OTAN est justement une faiblesse qu’il faut combler.

Le second problème posé par le remplacement du F-16 vient de la capacité de celui-ci à emporter la bombe nucléaire B-61 au profit de l’US Air Force. Les pilotes belges sont formés et disposent donc de cette compétence. Hors, la bombe B-61 n’est pas homologuée sur les Rafale, Eurofighter et Gripen. En d’autres termes, si, les politiques belges désirent que la force aérienne continue à disposer de la compétence au largage de la B-61, un seul choix s’impose : le F-35 de Lockheed-Martin. La compétition devient ainsi inutile, car biaisée par une décision politique. La crainte d’un cahier des charges qui favoriserait un concurrent est dans les esprits, on comprend mieux le désarroi et la réaction de certains aujourd’hui.

Les concurrents :

On retrouve tout naturellement les avions suivants: le Lockheed-Martin F-35A, Boeing avec le F/A-18E/F «Super Hornet» et trois européens : Dassault avec le Rafale F-3R, Airbus DS avec l’Eurofighter T-3 Block20/25 et Saab avec le Gripen E MS21.

 

4657.jpg

Photos : 1 F-16 Solo display @ Martin Melian 2 F-16B de la FAB @ Marco Papa

28/11/2016

Saab prépare la certification des logiciels du Gripen E !

Cx9nbT0XUAANsEH.jpg-large.jpeg

L’avionneur suédois Saab a choisi de retarder de six mois le premier vol de son Gripen E pour répondre aux exigences de qualification de logiciels. Cette décision doit permettre de gagner au final du temps et de pouvoir ainsi répondre aux exigences commerciales.

Initialement, le premier Gripen E de présérie 39-8 devait voler au début du mois de décembre. Mais l’avionneur suédois a revu son calendrier dans le but de qualifier l’ensemble des logiciels de l’avion d’ici la fin du premier trimestre de 2017. Cette solution doit permettre d’effectuer les essais en vol directement avec les versions finales des logiciels. Le second objectif de cette opération doit permettre d’installer directement les logiciels sur les deux Gripen E suivant de préséries sans avoir a refaire de nombreux tests en vol. Selon l’avionneur suédois, cette solution lui permettra ensuite de disposer à fin 2017 des trois appareils à 99.9 % de la version de série finale qui sera livrée en 2019 aux forces aériennes suédoises et brésiliennes.

Disponible pour les clients potentiels :

La seconde raison de ce changement doit permettre à Saab de disposer en plus des essais finaux, d’un Gripen E MS21 pour les évaluations des clients potentiels. En effet, l’avionneur suédois de devra présenter son nouvel avion pour des essais en Finlande, en Belgique et en Suisse. L’occasion pour ces pays de pouvoir voler et essayer l’avion au plus près de ce qu’il pourra fournir.

Une réalisation qui progresse :

Selon le chef d'exploitation de Saab Aeronautics, Lars Ydreskog le premier vol aura lieu au second trimestre de 2017 avec la qualification complète de la conception de l'avionique modulaire intégrée (DIMA) aux normes commerciales et validée par l'autorité suédoise de l'aviation militaire. L’ensemble des logiciels sont actuellement en phase finale d’essais sur simulateur en vue de la certification.

CsPP-HFWAAAE9cp.jpg

«Ce n'est pas une exigence des clients ou de l’autorité aérienne, c'est une décision commerciale que nous avons prise. Nous sommes persuadés qu'il sera bénéfique pour nos clients de tester un avion stable et robuste dès le premier jour ", explique Ydreskog. "Nous gagnerons en le faisant maintenant et cela enlèvera tout point d'interrogation sur la stabilité et la robustesse des logiciel et des systèmes."

A ce jour plus de 500 heures de tests en vol ont eu lieu avec le démonstrateur Gripen 39-7 de Saab et les attentes ont été dépassées. A fin octobre, Saab a terminé l’intégration du moteur GE F414G sur le Grièpen E 39-8. Les essais au sol à pleine puissance sont terminés. Les essais de roulage à grande vitesse devraient se dérouler sur le site de Linköping en Suède très prochainement.

gripen,gripen e,gripen ef,foce aérienne suédoisem fab,embraer,gripen blog,blog défense,infos aviation,les nouvelles de l'aviation

Le point avec le Brésil :

L’un des trois avions de préséries sera livré en 2018 au Brésil. En novembre, Saab et Embraer ont ouvert une installation dédiée au Gripen E sur le site Gavião Peixoto. Environ 20 des 100 ingénieurs d'Embraer qui ont reçu une formation à Linköping sont récemment retournés au Brésil, et la nouvelle installation est «pleine d'activité». Le personnel brésilien travaille maintenant à l'intégration de nouvelles armes et l'achèvement d'un modèle F biplace qui sera fabriqué exclusivement au Brésil.

Embraer serait également impliqué dans la livraison du Gripen E/F pour les clients potentiels d’Amérique Latines. On parle aujourd’hui de la Colombie et du Chili.

 

maxresdefault.jpg

Photos : 1 &3 Tests moteur Gripen E 2 Cockpit avec le WAD Elbits Systems 4 Présentation en mai dernier @ Saab

 

14/11/2016

Viseur de casque de 3ème génération & Spice 1000 pour le Gripen E !

Saab+proudly+presenting+Gripen+E-3.jpg

Les essais en vol du JAS-39 Gripen de présérie vont bientôt commencer, mais pour l’instant, de nouvelles informations sont disponibles en ce qui concerne les équipements du nouveau standard de l’avion de combat suédois.

Un nouveau viseur de casque :

39e_hmd_24052016__pek7438.jpg

Afin d’être équipé des systèmes les plus récents disponibles sur le marché, le Gripen E pourra mettre en œuvre un nouveau viseur de casque (HMD) de troisième génération. C’est l’équipementier israélien Elbit Systems qui a été sélectionné avec le « Targo II ». Les Forces aériennes brésiliennes et suédoises en seront équipées.

Les pilotes équipés du « Targo II » seront en mesure de mieux localiser, suivre, identifier et engager les cibles aériennes et terrestres, car le système offre une prise de conscience de la situation et des options d'engagement facilitée par rapport aux systèmes HMD actuellement en service. La visière montée sur le casque affiche les informations de vol telles que l'altitude et la vitesse, ainsi que des cibles et fournit des données de suivi de soutien au pilote. Le système « Targo II » permet notamment la visualisation de nuit. Ce nouveau système permet une symbologie couleur ou monochrome projetée à l'intérieur de la visière du casque, donnant au système un champ de vision de 20 ° (FOV). Si la cible ou la menace est en dehors de la FOV, une ligne de localisation cible (TLL) dirige le pilote où et dans quelle mesure chercher à l'amener dans la FOV du casque.

Le Viseur de casque « Targo II » sera produit chez AEL Sistemas (AEL) filiale d’Elbit Systems au Brésil. A noter que le « Targo II » équipera les F-35 israéliens ainsi que de l’US Air Force. Une version simplifiée est disponible pour l’avion école Alenia-Aermacchi M-346 israélien.

Rafael Spice 1000 :

1643182_-_main.jpg

Par ailleurs, Saab confirme l’intégration de la bombe de précision israélienne Rafael « Spice 1000 » sur le Gripen E. Celle-ci viendra compléter la gamme de bombe « Paveway » déjà en service. La bombe « Spice 1000 » (Smart, Precise Impact, rentable) produite par Rafael Advanced Defense Systems est d’un poids de 453kg (1000lb). Elle est équipée d'un kit de guidage EO/GPS, avec des ailes « pop-out » qui étendent sa portée à plus de 100km (54nm).

La munition « Spice » est plus avancée que la plupart des bombes guidées par optronique comme la GBU-15, par exemple, puisqu'elle combine les avantages du guidage par satellite (comme la capacité à engager des cibles cachées et camouflées. Elle peut opérer dans toutes les conditions météorologiques et d'éclairage. En mode guidage électro-optique (telles que la possibilité de fournir un guidage "man-in-the-loop" elle offre une précision extrêmement élevée. Il est possible également relocalisé la cible durant la chute. Un autre avantage de la «Spice» est sa capacité à être préprogrammée (préflight) avec jusqu'à 100 cibles différentes. La cible qui sera engagée au final sera alors être sélectionnée, en vol, par un navigateur.

 

Photos : 1 Gripen E de présérie 2 HMD « Targo II » 3 Spice 1000 sur le Gripen E @ Saab

 

14/02/2016

Les enjeux du remplacement des F-16 belges !

342.jpg

Bruxelles, en juin 2014, le ministère de la Défense a adressé à cinq avionneurs, une première demande d'informations dans le but de préparer le lancement de la compétition en vue du remplacement des avions de combats Lockheed-Martin F-16A/B Block15 «Fighting Falcon» en service depuis 1980.

Situation de la flotte de F-16 :

Au printemps dernier, la Belgique avait anticipé le long processus d’évaluation en se lançant dans une dernière mise à jour de sa flotte de F-16, celle-ci doit permettre à l’avion de tenir une dizaine d’années, le temps de voir venir le nouvel appareil. Les F-16 belges auront atteint la limite d’âge en 2023.

Le projet :

En décembre dernier, le ministre de la défense Steven Vandeput a annoncé que, grâce à un plan stratégique en cours d'approbation, 34 nouveaux combattants seraient acquis pour une enveloppe estimée à 4 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros). Un appel d'offres va être publié à la mi-2016 pour un choix en 2018 et permettre le début des livraisons en 2023.

Premières sélections : 

La Belgique a lancé une première demande d’information qui lui a permis d’évaluer les coûts en vue de l’établissement du budget. L’appel d’offre officiel qui sera effectué prochainement servira à établir une «Short List» qui conduira progressivement à la sélection finale d’un avion de combat. 

Les concurrents :

On retrouve tout naturellement les avions suivants, le Lockheed-Martin F-35, Boeing avec le F/A-18E/F «Super Hornet» et trois européens : Dassault avec le Rafale F-3R, Airbus DS avec l’Eurofighter T-3 Block20/25 et Saab avec le Gripen E MS21.

Les questions de fond :

Tout paraît donc dans le meilleur des mondes, pour offrir une véritable compétition en vue du remplacement de la flotte de F-16 en Belgique. Sauf, qu’il y a un détail important qui risque de faire basculer la compétition en la rendant purement et simplement inutile.

Il faut se rappeler, que la Belgique jour un rôle important dans le cadre de l'OTAN, par conséquent le nombre d’avion en dotation minimale pour que la Belgique continue d’être un acteur important dans les opérations de l’OTAN, devrait normalement être supérieur à 40 unités. Hors, le choix primaire de n’acquérir que 34 aéronefs, va poser un sérieux problème en terme de dotation. De plus, le manque actuel de moyens aériens au sein l’OTAN est justement une faiblesse qu’il faut combler.

Le second problème posé par le remplacement du F-16 vient de la capacité de celui-ci à emporter la bombe nucléaire B-61 au profit de l’US Air Force. Les pilotes belges sont formés et disposent donc de cette compétence. Hors, la bombe B-61 n’est pas homologuée sur les Rafale, Eurofighter et Gripen. En d’autres termes, si, les politiques belges désirent que la force aérienne continue à disposer de la compétence au largage de la B-61, un seul choix s’impose : le F-35 de Lockheed-Martin. La compétition devient ainsi inutile, car biaisée par une décision politique.

B-61_bomb.jpg

Commentaire :

La question de la B-61 est l’élément clef de cette compétition. Si d’aventure les politiques décidaient que le pays n’a plus intérêt à garder une telle compétence, alors la compétition serait bien réelle. On peut effectivement s’interroger sur la faisabilité que les Etats-Unis acceptent par exemple, de monter la B-61 sur le Rafale ou l’Eurofighter. Le secret militaire, les contraintes industrielles et politiques rendront l’exercice compliqué et donc irréaliste. Reste que la France pourrait de son côté proposer le Rafale avec le missile à tête nucléaire ASMP-A, histoire de faire d’une pierre deux coups. Il faudrait alors revoir le partenariat franco-belge et définir une doctrine commune. L'arsenal nucléaire français étant indépendant de celui  de l'OTAN, là encore rien n'est simple. On le voit, la question du remplacement des F-16 belges et sensiblement plus complexe qu’il n’y paraît.

 

1446821462.png.jpeg

Photos : 1 F-16 Belges @ FAB 2 La B-61 @USAF 3 F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

 

 

 

03/01/2016

Evolution du marché des avions de combat !

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

 

Le marché des avions de combat est en train de subir une profonde mutation, avec l’arrivée de nouveau prétendants comme la Chine et le retour en force de la Russie. Les Etats-Unis conservent une forte capacité de domination notamment sur l’Europe. Le vieux continent est quant à lui dans une situation complexe, avec trois excellentes offres, mais qui se heurtent à la pression des Etats-Unis.

L’avion de combat un outil cher

Indispensable à la supériorité aérienne, l’avion de combat est devenu de plus en plus cher et complexe du point de vue technologique. Cher à l’achat, l’avion de combat peut s’avérer également coûteux à la maintenance. Les réductions des programmes d’armement de ces dernières années ont obligé les forces aériennes à mettre en œuvre des programmes de mises à jours afin de garantir un maintien des flottes en service. Cependant, l’usure des aéronefs en a contraint certains à la mise en place de la « cannibalisation » d’avions pour permettre à d’autres de voler. Des situations peu enviables et au final, qui ne permettent pas de combler le manque d’aéronefs. Certaines armées de l’air se sont engagées à commander de nouveaux avions, mais en occultant l’achat de pièces détachées en suffisance, faute de moyens. C’est le cas de la France qui se retrouve avec une flotte d’avions Rafale très modernes, mais avec un taux de disponibilité particulièrement faible soit 30% pour l’aéronavale et 40 % pour l’Armée de l’air (en voie d'amélioration).

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

Des flottes uniques

Les coûts des avions modernes sont notamment dû à l’hypertechnologie embarquée, qui rend l’avion de combat moderne multirôle. De fait, la tendance actuelle est de remplacer les anciennes flottes d’avions ayant un rôle limité par un appareil unique (sauf l’Inde et la Chine qui continuent sur la voie de flottes très diversifiées). Cette solution permet de rationaliser l’entretien et la formation des équipages.

Difficulté d’exportation

La solution la plus simple pour faire baisser le coût d’achat d’un avion de combat est de le vendre si possible en grand nombre. L’Europe dispose aujourd’hui de trois excellents avions, que sont le Rafale, le Gripen E et l’Eurofighter qui offrent un excellent coût/efficacité en fonction des besoins spécifiques du client. Ces trois appareils pourraient largement combler les besoins des pays européens et assurer du même coup une très bonne viabilité des trois avionneurs, mais il n’en est rien. La domination politique américaine qui pousse à l’achat du F-35, rend les choses compliquées pour nos avionneurs. Sur le marché international, ce sont les Etats-Unis et la Russie qui continuent de s’imposer. Cette dernière est même aujourd’hui capable de concurrencer directement les américains, sur de nombreux contrats avec l’arrivée de nouveaux standards qui concernent les avions de combat de la quatrième génération. Se sont en effet les générations 4+ et 4++, qui dominent le marché et ceci grâce à l’arrivée du radar à antenne à balayage électronique (AESA), de la fusion des données et d’une grande manoeuvrabilité. Les Etats-Unis proposent de leur côté, en plus de la 4e génération, le F-35 qui se situe au sein de ce que l’on appelle la 5e génération et qui englobe des capacités de furtivité.

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

Les avionneurs européen offrent pourtant les mêmes capacités que leurs homologues russes et américains, hormis la 5e génération, mais dont les réelles capacités sont mises en doute, mais avec une influence politique moindre. De plus, le simple fait que certains pays européens ne daignent pas s’intéresser aux trois productions européennes, péjore d’autant plus la capacité à les vendre sur d’autres continents.

La situation actuelle

La plupart des exportations d’avions de combat de ces dernières années ont concerné l’Inde avec le Sukhoi 30MKII russe et des avions d’alerte lointaine P-8A «Poseïdon» américain. Le Proche-Orient a vu la réussite de Dassault dernièrement avec 24 Rafale en Egypte et 24 au Qatar dans le même temps les Etats-Unis vendaient des F-16 aux Emirats Arabes Unis. L’Asie est devenue un vaste marché où Taïwan, Singapour et la Corée du Sud restent profondément client des USA. La Suède a réussit une belle vente avec le Gripen C/D en Thaïlande. Alors que le Vietnam est client chez le russe Sukhoi. La Malaisie est actuellement très convoitée. Européens, russes, américains et chinois sont tous en concurrence. L’Indonésie vient de choisir le Sukhoi Su-35, renforçant un peu plus la capacité d’exportation de la Russie. Le partenariat sino-pakistanais a également réussi une première avec le JF-17 « Thunder » au Myanmar (ex-Birmanie) au début de l’été.

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

La Chine justement est en passe de venir se joindre aux principaux avionneurs en tant que concurrent sérieux. La vente et la fabrication de chasseurs JF-17 « Thunder » au Pakistan en est un exemple, ainsi que la toute récente, vente de 24 Jian J-10 « Dragon Véloce » à l’Iran. Avec le lancement de deux programmes d’avions furtifs de cinquième génération, le J-20 et le J-30, la Chine va devenir d’ici dix ans un acteur très sérieux sur le marché des avions de combat.

L’un des marchés très convoités ses dernières années, concernait le Brésil et le renouvellement de sa flotte, pour une centaine d’avions de combat. La réussite du suédois Saab avec le Gripen E est très importante, car la nouvelle collaboration avec l’avionneur brésilien Embraer, (troisième après Airbus et Boeing) devrait permettre des développements futurs avec à la clef un prix très compétitif.

Ces 10 prochaines années

Les avionneurs européens se retrouvent avec des chances diverses de ventes pour les 10 prochaines années. Dassault a eu une année 2015 exceptionnelle, après l’Egypte et le Qatar a passé commande pour 24 appareils. L’avionneur français devrait pouvoir placer le Rafale sur deux ou trois marchés supplémentaires au Moyen-Orient et éventuellement en Asie. Quant à Airbus DS, qui est dans une situation difficile et ceci malgré l’arrivée du nouveau standard T3 de l’Eurofighter, certes multirôle, mais encore cher à l’achat et à la maintenance, on pense à un client au Moyen-Orient pour un prochain contrat. Saab devrait pouvoir placer le Gripen E sur différentes niches, parmi les utilisateurs actuels du standard C/D (Tchèquie, Afrique du Sud, Thaïlande) et voir des possibilités de ventes en Europe comme le Portugal, la Suisse, l’Autriche (remplacement des Eurofighter , trop chers à l’heure de vol) et la Bulgarie. Un nouveau client en Amérique latine et un ou deux clients possibles en Asie. Très engagés sur le développement des avions de 4e et 5e générations, les Etats-Unis et la Russie vont dominer le marché des avions de combat, se partageant, ainsi les clients des différents continents, ne permettant pas une véritable percée des aéronefs européens.

D’une manière plus marginale, le Japon avec Mitsubishi Aerospace et la Corée du Sud avec KAI (Korean Aerospace Industrie) devraient se lancer dans la mise au point d’un avion de combat, mais avec l’aide des Etats-Unis. L’Inde avec HAL et le « Tejas » ne répondront certainement pas aux exigences de l’exportation dans sa totalité. Il faudra attendre encore vingt ans avant d’entrevoir ce pays en tant qu’exportateur sérieux. Par contre, L’Inde se profile en tant que fournisseur et partenaire du programme russe Sukhoi T-50 PAK-FA, dont une version destinée à l’exportation devrait voir le jour d’ici 2023.

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

L’avenir

D’ici 15 à 20 ans, l’Europe se retrouvera dans une situation encore plus compliquée qu’aujourd’hui. Dassault ne produira plus seul, d’avions de combat, Airbus DS devra certainement trouver un partenaire pour l’après « Eurofighter » et il en va de même pour Saab à moins d’un développement avec Embraer. Alors, à moins d’une entente des trois avionneurs européens, l’avenir de l’aéronautique militaire européenne pourrait être particulièrement sombre.

La domination des Etats-Unis de la Chine et de la Russie, va ainsi prendre un réel essors, durant cette période reléguant ainsi l’Europe loin derrière, si celle-ci ne réagit pas d’ici là. En effet, ces trois pays (la Chine y parviendra d’ici 10 ans) disposent d’une industrie aéronautique complète, susceptible de fabriquer et donc de répondre à l’ensemble des besoins d’une force aérienne. Ces trois pays, sont actuellement les seuls à se lancer, par exemple, dans le développement d’un super bombardier hypersonique.

 

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

Les besoins sur 15 ans

Avec l’augmentation récentes des dépenses militaires à travers le monde et l’instabilité actuelle, on estime les besoins en matière d’avions de combat à près de 3’000 aéronefs d’ici 2030. Le sursaut de l’aviation militaire européenne, doit se préparer minutieusement et tenir compte des erreurs du programme A400M d’une part et du lourd système décisionnel, lié à la gestion de la production de l’Eurofighter, sans quoi celle-ci sera mise à mal.

 

avions de combat,rafale,eurofighter,j-20,gripen,f-35,jf-17,aviation russe,t-50,infos aviation,blog défense,les nouvelles de l'aviation

Photos : 1 Image d'artiste d'un avion de 6ème génération 2 le Rafale@ Dassault 3 le F-35 @ Lockheed-Martin 4 Eurofighter @ FAE 5 Gripen NG @ SAAB 6 Sukhoi T-50 @ Sukhoi 7 Chengdu J-20@ Chengdu