18/05/2013

Gripen : l’intérêt économique de la Suisse Romande !

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Genève, les entreprises de suisses romandes ont aujourd’hui l’opportunité de définir un partenariat à long terme avec la Suède dans le cadre de l’acquisition de l’avion de combat Gripen E. Si la Suisse suit le plan du gouvernement d'acquérir 22 avions de chasse Gripen E, Saab, le fabricant du Gripen, est obligé de fournir à l'industrie suisses des affaires pour un montant égal à celui du contrat, par le biais de la participation industrielle (Swiss Industrial Participation - SIP). Mais le projet doit d'abord passer au parlement.

Mercredi dernier à Genève, une rencontre a été organisée entre le constructeur Saab et plusieurs dizaines d’industriels. A brève échéance, les représentants de Saab prévoient de sensibiliser l’ensemble du secteur secondaire de la région. Et, ces prochaines semaines, le constructeur aéronautique suédois aura arpenté toutes les régions linguistiques de Suisse. Objectif: parler de mesures de compensation liées à l’acquisition des 22 Gripen E.

 

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Décollage de PME genevoises :

George McKarris, président de la société genevoise Volotek et directeur de CleanFizz, témoigne du rôle de catalyseur joué par Saab: «Les choses prennent du temps et il faut se montrer compétitif. Les premières retombées de nos relations sont intervenues après 5 ans, à travers des projets pilotes et des protocoles d’accord avec Cleanergy AB, le leader du disque parabolique, et Plantagon International, fabricant mondial de dômes en verre pour l’agriculture urbaine.» Potentiel commercial: plusieurs dizaines de millions de francs. «Nous sommes aussi en contact avec des laboratoires de physique suédois et des industriels tels que General Electrics, Rockwell Collins, BAE Systems, etc. Même si la transaction Gripen ne se fait pas, nous pourrons maintenir ces relations d’affaires», conclut George McKarris.

 

 « J'observe que Saab est très active et peut présenter de bons résultats déjà aujourd'hui. La Suisse romande a une grande compétence industrielle. De nombreuses PME travaillent comme sous-traitants pour de grandes sociétés. Il sera très important que ces grandes sociétés fassent suivre leurs contrats à des sous-traitants en Suisse, » s'exprime Jean-Luc Michoud, Vice président du GRPM (Groupe Romand pour le Matériel de Défense et de Sécurité) and directeur général de LPS Services SA


 

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«Nous avons déjà signé des contrats, d’un montant total de 250 millions de francs à fin 2012, avec plus de 100 entreprises, dont 75% de PME», se félicite Christopher Jouannet, haut cadre chez Saab. Son entreprise doit atteindre la barre des 300 millions de transactions compensatoires avant la signature du contrat d’achat pour le Gripen, prévu en automne 2014 (décision du Conseil national en septembre, délai référendaire et éventuel verdict des urnes compris). Pour l’heure, environ un quart des sociétés concernées par ces perspectives commerciales seraient romandes. «Ce qui représente, en valeur, environ 15% de notre engagement en cours», précise Richard Smith, directeur marketing pour l’Europe chez Saab.

Une coopération sur plusieurs secteurs :

 

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Deux des sociétés qui travaillent déjà dans le cadre d'affaires compensatoires déclenchées par Saab sont Cleanfizz et Volotek de Meyrin. Cleanfizz a inventé un système auto-nettoyant pour les panneaux solaires pour lequel il voit un important potentiel de marché aussi bien dans le désert que dans les climats arctiques.La société Volotek, qui est détenue par les mêmes propriétaires, est un fabricant de composants haute technologie qui sont utilisés entre autres par le CERN à Genève.

« Nous avons eu notre premier contact avec Saab en 2007 et nous avons à présent signé un contrat qui nous donnera accès à de nouveaux marchés d'exportation. Saab nous a mis en contact avec des partenaires potentiels, et ensuite c'était à nous de les convaincre que nous sommes un partenaire approprié. Les choses n'arrivent pas toutes seules, il faut être très actif et persévérant une fois que quelqu'un vous a montré une opportunité. »

A fin 2012, Saab avait réalisé des affaires compensatoires pour un montant de CHF 250 millions. La société s'est engagée à délivrer au moins 300 millions avant la signature du contrat sur le Gripen. La société a également annoncé récemment qu'elle allait étendre sa base de fournisseurs Gripen en Suisse pour développer et produire d'importants composants de l'avion Gripen E, comme le fuselage arrière, les pylônes d'armement, le cône arrière, les freins aériens et des réservoirs à carburants externes largables. La montant de ce travail s'élève à CHF200 millions et à 500'000 heures-homme.

 « Je crois fortement à la compétence de l'industrie en Suisse romande. Si nous ne représentons que 25% de la population, notre économie représente 30%. Nous avons de nombreuses sociétés de services, mais nous avons également une industrie de pointe. », dit Nicolas Aune de l'Union Industrielle Genevoise.

Saab se donne dix ans à partir de la signature de l’accord pour remplir cette obligation, selon la clé de répartition suivante: 65% en Suisse alémanique, 30% en Suisse romande et 5% en Suisse italienne. «Le Tessin ne devrait poser aucun problème, il y a assez de grosses entreprises pour remplir le quota, indique Jean-Luc Michoud, vice-président du Groupe romand pour le matériel de défense et de sécurité. Par contre, la redistribution sera plus délicate de part et d’autre de la Sarine. Dans notre suivi de ce programme de participation industrielle et de collaboration académique, nous allons nous assurer que de grands acteurs comme Ruag s’engagent à sous-traiter une partie de leurs activités en Suisse romande.»


 

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Pour votre information: des événements similaires se tiendront à Payerne et à Martigny les 27 et 28 mai prochains.

Photo : Gripen F (NG) de démonstration en octobre dernier en Suisse @ Swiss Air Force