09/09/2017

Police du ciel : collaboration renforcée entre la Suisse et l’Autriche !

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La Suisse et l’Autriche veulent renforcer leur collaboration dans la sécurisation transfrontalière de l’espace aérien pour contrer les menaces aériennes non militaires. Le Conseil fédéral, lors de sa séance du 6 septembre 2017, a approuvé un nouvel accord sur la police aérienne et l’a transmis pour adoption au Parlement. Il a permis au chef du DDPS de l’entériner, sous réserve de sa ratification par le Parlement.

Intevenir dès la frontière:

Pour être efficaces dans leur mission de police aérienne, les Forces aériennes suisses doivent pouvoir intervenir dès la frontière. A cet égard, la collaboration avec les Etats voisins s’avère indispensable. Cette coopération est déjà en place aujourd’hui ; elle se fonde sur des traités gouvernementaux conclus avec l’Allemagne, l’Autriche, la France et l’Italie.

Mais contrairement aux accords conclus avec les autres Etats voisins, celui convenu avec l’Autriche se limite à l’échange de données sur la situation aérienne et n’autorise aucun engagement transfrontalier des avions. Cette restriction diminue considérablement l’efficacité du service de police aérienne. Lors de manifestations comme le Forum économique de Davos (WEF), qui nécessite une restriction de l’espace aérien des deux côtés de la frontière, l’absence d’un service transfrontalier de police aérienne peut avoir des conséquences particulièrement fâcheuses.

Exemple d’une lacune actuelle avec l’Autriche :

Un exemple récent est l’incident survenu le 5 juillet 2016. Averties d’une alerte à la bombe sur un appareil de la compagnie aérienne israélienne El Al en route entre New York et Tel-Aviv, les Forces aériennes suisses ont immédiatement déployé deux F/A-18. Les avions ont intercepté l’appareil au-dessus de Schaffhouse, mais ont dû faire demi-tour avant la frontière. Ce n’est qu’au sud-ouest de Salzbourg que l’avion menacé a pu être pris en charge par les Forces aériennes autrichiennes. Cette menace non militaire non élucidée a donc été hors contrôle pendant plusieurs mi- nutes dans l’espace aérien autrichien. Avec le présent accord, le Conseil fédéral entend combler ce type de lacune de sécurité dans le cadre du service de police aérienne quotidien. Ce faisant, le principe de réciprocité est appliqué selon les usages internationaux.

Permettre des engagements transfrontaliers :

Le Conseil fédéral souhaite combler cette lacune avec le nouvel accord sur la collaboration dans le domaine de la sécurisation transfrontalière de l’espace aérien pour contrer les menaces aériennes non militaires. Il règle la collaboration transfrontalière avec l’Autriche pour le service de police aérienne à un niveau comparable à celui qui existe déjà avec les autres pays voisins. Les forces aériennes suisses et autrichiennes auront la possibilité de prendre des mesures sur le territoire des deux Etats et d’accompagner des avions au-delà de la frontière jusqu’à leur prise en charge par les forces aériennes partenaires. L’usage des armes comme mesure de police aérienne de dernier recours n’est possible qu’avec les appareils du pays survolé.

L’accord défini :

Le personnel de la Partie d’envoi, à savoir les personnels militaire et civil des forces armées et des ministères de la défense (p.ex. armasuisse), doit impérativement être couvert par l’accord.

Par menace aérienne non militaire on entend toute situation dans laquelle il existe un soupçon qu’un aéronef avec ou sans pilote est utilisé illégalement et constitue une menace potentielle pour l’une des Parties en cas de violation de sa souveraineté aérienne. Cette formulation délibérément ouverte garantit la prise en compte de l’évolution technique de l’aviation et définit les menaces non militaires de façon à inclure tant que possible les menaces encore inconnues aujourd’hui si les conditions susmentionnées sont remplies.

Par autorité d’engagement on entend l’autorité nationale de chaque Partie chargée d’exécuter les mesures de sûreté aérienne. En Suisse, il s’agit de la Centrale des opérations des Forces aériennes.

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Photos : Exercice de police du ciel @ DDPS/Swiss air Force

22/06/2017

L’Advanced Super Hornet proposé pour la Suisse et la Finlande !

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L’avionneur américain Boeing affine son offre en Europe en vue des compétitions qui s’annoncent en Finlande et en Suisse. Boeing semble vouloir proposer son « Super Hornet » Block III « Advanced Super Hornet ». L’idée devrait permettre de produire l’avion sur les lignes actuelles et de continuer de produire l’avion également pour la Marine américaine.

En effet, la Marine américaine a signé un accord pour améliorer la flotte du « Super Hornet » en service et de moderniser ceux-ci au nouveau standard Block III. Par ailleurs, comme je vous le révélais dernièrement, l’administration Trump prévoit de commander plus de F/A-18 E/F « Super Hornet » à l’avenir, avec l’option du nouveau standard.

La Finlande et la Suisse :

Pour Boeing, le calendrier des deux compétitions permettrait de futurs livraisons à partir de 2022 -2025 soit exactement en adéquation avec les demandes de la Finlande et de la Suisse. Bien que Boeing se soit retiré de la compétition suisse en 2008 (impossibilité de répondre en matière de compensation à 100%), l’avionneur déclare que les discussions engagées en Suisse, mais également ces derniers jours au salon du Bourget démontrent que l'environnement est différent. De plus, selon Boeing «L'approche adoptée par les Suisses est un processus très ouvert et transparent», "Cela apporte beaucoup de souplesse aux offres et ce sera une compétition très intéressante".

Du côté de la Finlande, on se montre déjà très intéressé par la nouvelle version du « Super Hornet » et des futurs possibilités de développement de celui-ci. L’autre similitude entre la Finlande et la Suisse concerne le fait que les deux Forces aériennes désirent un nombre important d’avions (50-55 pour la Suisse, 64 pour la Finlande) mais avec un budget limité. Toujours selon Boeing, le « Super Hornet » reste bien moins cher que la plupart de ses concurrents (F-35, Eurofighter, Rafale) et très proche du nouveau Gripen suédois.

L’Advanced Super Hornet (Super Hornet Block III) :

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Le projet «Advanced Super Hornet» est basé selon le constructeur Boeing sur le même principe que le F-15 « Silent Eagle ». L’objectif étant de répondre aux besoins anticipés de la crise à des fins de coût-efficacité améliorés concernant des technologies de furtivité. Cette solution permet avec un coût abordable, de répondre aux futurs besoins de survie d’un avion de combat. Tout comme sur le « Silent Eagle », on appliquer une amélioration de la furtivité des revêtements et de la signature radar de l'avion, avec le montage de trappes qui permettent le transport des armes en interne (CFTS). La particularité résident dans le fait, qu’il est possible en fonction de la mission, de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnelle.

Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System, qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la  cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar. L’adjonction de réservoirs de carburant supplémentaires sur l’épine dorsale de l’avion en augmente le rayon d’action, permet de supprimer les réservoirs sous les ailes pour de l’armement additionnel, le cas échéant.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA) permet une optimisation des différents capteurs et senseurs. L’avionique comprend un écran géant couleur. L’avion est doté d’un capteur IRST. En matière de motorisation, l’appareil est doté de deux General Electric F414-440 qui augmentent la puissance de 20%. 

Selon Boeing, le « Super Hornet Block III » peut ainsi effectuer la plupart des missions imaginées pour le F-35C à l’exception de la pénétration furtive.

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Photos : Advanced Super Hornet Block III@ Boeing

 

 

 

 

18/06/2017

Le PC-7 Team décoré de la Hartree Memorial Trophy !

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Angleterre, le PC-7 TEAM a reçu une nouvelle décoration lors de sa présentation au lors du Cosford Airshow.  L’équipe de présentation des Forces aériennes suisses s’est vu décernée le célèbre Hartree Memorial Trophy pour la réalisation de sa présentation.

En compétition contre une trentaine d’équipes, le PC-7 TEAM a décroché le prix qui récompense le programme aérien le meilleur et le plus sûr.

Le Cosford Air Show est l’unique manifestation aérienne qui est soutenue officiellement par la Royal Air Force. Elle présente des spectacles aériens et des expositions attirant chaque année plus de 50 000 spectateurs.  

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Une nouvelle récompense :

Cette récompense vient s’ajouter à une impressionnante série obtenue lors de différents meetings aériens internationaux. On se rappelle le prix lors de l’air Tattoo 2013 pour la meilleur présentation avec ’épée  commémorative du roi Hussein. Elle a été remise par Son Altesse Royale le lieutenant général le prince Feisal de Jordanie.  En Belgique lors du célèbre meeting de Sanicole en 2007 l’équipe avait déjà remporté la première place, puis en 2009 à l’Air Tattoo et la même année, lors du meeting du Centenaire à Reims en France.

C'est en 1987 que les Forces aériennes suisses ont mis sur pied pour la première fois une formation de 9 PC-7. Baptisée PC-7 Team, elle s'est présentée une première fois avec son programme acrobatique lors des championnats des Troupes d'aviation, à Dübendorf, après un entraînement de courte durée. Depuis 1989, le PC-7 Team s'est produit lors de différentes manifestations, la plupart du temps en Suisse. Mais, depuis 1992, on voit le PC-7 TEAM de temps à autres aussi à l'étranger (Italie, Autriche, Irlande, Israël, Hongrie, République Tchèque).

Le PC-7 Team ne possède pas de base officiellement attribuée. Ses racines sont toutefois ancrées à Locarno, où le PC-7 Team effectue traditionnellement au moins une partie du cours d’entraînement annuel. Depuis quelques années, Dübendorf joue cependant un rôle de plus en plus important. L’infrastructure optimale et la topographie relativement plate de la région offrent au PC-7 des possibilités d’entraînement idéales, également au nord des Alpes. Pendant la saison, les pilotes de présentation, qui sont tous des pilotes de F/A-18 provenant des escadres de Payerne et de Meiringen, se rencontrent principalement à Dübendorf, d’où ils décollent généralement pour effectuer leurs engagements dans le nord de la Suisse.

 

Photos : 1 le PC-7 Team 2 Hartree Memorial Trophy @ Swiss Air force

25/04/2017

Une Commission du National veut équiper les Hornet pour l’air-sol !

 

 

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La Commission de la politique de sécurité du Conseil national a achevé l’examen du message sur l’armée 2017. Par 13 voix contre 6 et 4 abstentions, elle a approuvé le programme d’armement. A une courte majorité, elle a décidé de proposer à son conseil de relever de 20 millions de francs le crédit global correspondant, afin de rétablir une capacité limitée pour les Forces aériennes de mener des attaques au sol.

A sa dernière séance, la commission s’était déjà prononcée en faveur de trois des quatre projets d’acquisition de matériel prévus; il lui restait à prendre une décision au sujet du crédit d’engagement relatif à la prolongation de la durée d’utilisation des avions de combat F/A-18.  Elle avait demandé au DDPS de lui fournir des informations complémentaires à ce sujet. Après avoir discuté du rapport succinct fourni par le département, elle a décidé, par 11 voix contre 10 et 3 abstentions, de proposer à son conseil de voter un crédit global de 920 millions de francs (le projet du Conseil fédéral n’en prévoyant que 900). L’objectif est d’équiper les Forces aériennes afin qu’elles soient en mesure, dans un scénario de défense, d’attaquer au sol des cibles à longue distance. Cette capacité n’existe plus depuis 1994.

Eu égard aux profondes transformations survenues ces dernières années dans le domaine de la politique de sécurité, la majorité de la commission estime que cette capacité doit impérativement être rétablie, et ceci le plus rapidement possible étant donné que 5 à 10 ans seront nécessaires pour restaurer cette capacité de combat. Selon elle, les expériences qui seront faites dans le domaine de l’entraînement et dans l’utilisation de la technique, pourront aussi être exploitées avec un nouvel avion de combat. Une minorité estime pour sa part qu’il n’est pas utile qu’un pays aussi petit et aussi densément peuplé que la Suisse dispose d’une capacité à mener des attaques au sol. Pour elle, il est irréaliste de penser que la Suisse doive avoir recours un jour à cette capacité. Elle souligne enfin que la situation budgétaire ne permet pas de pareilles dépenses pour le moment.
Le Conseil national se penchera sur cet objet à la session d’été.

 

Photo : Boeing F/A-18C « Hornet » à Payerne @ P.Kümmerling

 

 

07/04/2017

Le point sur l’oxygénation de nos Hornet !

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Suite à une série de problèmes révélés aux Etats-Unis, les médias suisses rapportent des problèmes d’alimentation en oxygène dans les F/A-18 C/D « Hornet » des Forces aériennes. Il est important de clarifier la situation, car une fois de plus l’information est incomplète et peut mener à une confusion.

La situation en Suisse :

Les F/A-18 C/D « Hornet » volent depuis environ 20 ans au sein des Forces aériennes suisses et ont accumulé plus de 100’000 heures de vol. Au cours de cette période, quelque 100 plaintes de pilotes ont été enregistrées concernant l'alimentation en oxygène. Cela correspond à une plainte pour 1000 vols effectués. Cinq de ces annonces concernaient des cas d'hypoxie. Cela signifie que le pilote était insuffisamment alimenté en oxygène. Ces annonces datent des années 2002, 2008, 2011, 2014 et 2016. Sur ces cinq cas, deux ont été qualifiés de graves.

Réaction :

Les Forces aériennes ont analysé chacune de ces annonces et pris des mesures appropriées. Ainsi, une procédure supplémentaire de test a été mise en place, les instructions concernant le lavage des moteurs au terme d'un engagement prolongé des appareils à l'étranger ont été adaptées et une alarme supplémentaire a été intégrée. Les pilotes ont aussi été sensibilisés à la thématique par un entraînement en chambre de décompression et des exercices particuliers sur simulateur.

En outre, les F/A-18C/D Hornet des Forces aériennes suisses sont très bien entretenus par un personnel hautement qualifié et sont normalement stationnés à l'abri dans des hangars. Contrairement aux F/A-18 alignés par les Etats-Unis, les appareils suisses ne sont pas engagés à partir de porte-avions ou de bases aériennes situées dans le désert, ce qui a un impact positif sur l'intégrité du circuit d'oxygène des avions.

Deux problèmes différents:

Il faut différencier deux problèmes survenu au USA. D’un côté, il y a un problème rare de décompression avec les « Hornet » de séries A/B/C/D au standard Block10 (Espagne, Canada), doté du système d’alimention en oxygène avec des bouteilles d’oxygène. Par contre, la maintenance est adaptée en fonction du vieillissement de ces appareils.

Par contre, Les Hornet C/D Block18 (Suisse, Finlande, Koweit) et les « Super Hornet » et plus précisement les E/A-18G « Growler » de la Marine américaine sont eux dotés du système d’alimentation de type OBOGS. Ces appareils ont un problème différent. En effet, il est apparu que le système OBOGS pouvait être contaminé par des lubrifiants et les fluides des moteurs qui se sont infiltrés dans le système de génération d'oxygène. Il apparaît également que les avions écoles de l’US Navy de type BAe T-45 « Goshawk » subissent le même problème de contamination par des fluides. Ce problème semble d'ailleurs plus grave sur les T-45, car les instructeurs de la Navy refusent depuis plusieurs semaines de continuer à voler, tant que le problème n'est pas résolu.

 

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Photos : 1 Boeing F/A-18 C/D Hornet @ Swiss Air Force 2 E/A-18 « Growler » @ US Navy