14/10/2018

Les Alpha-Jet belges à vendre !

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La Défense belge a mis en vente 25 avions d'entraînement de type Alpha-Jet basés en France. La date limite de participation à cet appel d'offres, qui couvre les 25 avions ainsi que divers équipements, y compris les moteurs, la documentation technique et un simulateur, a été fixée au 7 novembre, selon un avis publié par la Direction générale de la Défense et des ressources matérielles (DG-MR).

L’Alpha-Jet, dont 33 avaient été acquis à l'origine en 1973, est entré en service entre 1978 et 1980 et approche maintenant de la fin de sa vie utile, malgré une mise à niveau effectuée à partir de 2000. La flotte d’Alpha-Jet belge est actuellement basée à Cazaux, dans le sud-ouest de la France, où ils sont gérés par la Franco Belgian Fighter Pilot School, une école de pilotage baptisée Advanced Jet Training School (AJETS) créée en 2004. Cette école cessera formellement d’exister en décembre prochain.

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La Force aérienne belge, dans l'attente du choix par le gouvernement d'un nouveau chasseur pour succéder à son F-16, a décidé de transférer la formation de ses pilotes dès 2019, pour une «période intérimaire» au sein de la Joint Pilot Euro-NATO Joint Training, opérant depuis la base aérienne de Sheppard, près de Wichita Falls, dans le nord du Texas, pour former ses futurs pilotes de chasse. 

Fermeture de l’AJETS :

L’école franco-belge Advanced Jet Training School (AJETS), destinée à la formation de pilotes militaires, est officiellement fermée. Cela s'est passé le jeudi 11 octobre lors d'une cérémonie de clôture à la base aérienne BA120 de Cazaux, dans le département de la Gironde. Sous la direction des ministres de la Défense de l’époque: Michèle Alliot-Marie et André Flahaut, les forces aériennes française et belge ont procédé en 2003 à une coopération de grande envergure pour la formation de leurs pilotes. Cette coopération est le résultat d'une surcapacité d'avions Alpha-Jet modernisés, d'un quota minimum d'étudiants-pilotes belges et d'une pénurie d'avions d'entraînement au sein de l'Armée de l'Air française. Les Alpha-Jets belges ont eu droit à une mise à jour à mi-vie (midlife update), avec un nouvel affichage tête haute, une navigation GPS et des symboles de tir, de sorte que les appareils étaient plus modernes et mieux équipés que les Français.

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Photos :Alpha-Jet belges aux sein de l’AJETS @ FAB

28/03/2018

F-16 Belges, le document du scandale !

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La situation de complique pour le gouvernement belge, avec la publication d’un documemt de la RTBF qui confirme ce que tout le monde pensait : le concours était truqué d’avance. Jusqu’ici, il n’y avait pas de preuves formelles, mais de lourdes présomptions.

Un document issu du cabinet du ministre de la Défense Steven Vandeput fait dire que le choix pour les F-35 de Lockheed Martin en remplacement des F-16 est arrêté depuis longtemps. Le ministre affirme pour sa part qu'il s'agit "d'un seul des dizaines de documents circulant" dans le cadre de ce dossier sensible.

Le document en question date de mars 2015 et a été apporté par un vent favorable aux rédactions du Standaard et de la VRT. Le texte fait état d'un grand appétit pour "un avion de combat de cinquième génération", soit un appareil furtif. Seul le F-35 remplit cette condition.

Le texte pointe également "la capacité de dissuasion nucléaire" des chasseurs-bombardiers. "La Belgique, en tant que pays hôte du siège OTAN, souhaite rester un partenaire durable et fiable et veut participer à la capacité nucléaire de l'alliance", indique la fiche.

Selon le député Dirk Van der Maelen (sp.a), qui a pu consulter le document, toute la procédure de remplacement des F-16 n'est qu'une "arnaque". "Le choix des F-35 est arrêté depuis 2015. Le ministre Vandeput a toujours nié que la capacité nucléaire était un critère important dans le choix, mais cela ne correspond pas à la réalité", estime le ministre. Pour lui, le ministre et son cabinet avaient déjà décidé d'opter pour les F-35 avant le début des négociations et l'élaboration de la Vision Stratégique. Il demande que les audits actuellement menés soient étendus au cabinet du ministre.

Le ministre Vandeput affirme que le document qui a fuité fait partie de dizaines de documents qui ont circulé lors des sessions de brainstorming. "Il date d'avant les négociations sur la Vision Stratégique. Je ne pense même pas qu'il m'ait été présenté sous cette forme."

Photo : Le F-35 @ USAF

22/03/2018

Belgique, cacophonie et suspicion sur le remplacement des F-16 !

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« L’affaire des F-16 » tel est le nouveau titre du programme de remplacement du vaillant « Fighting Falcon » en Belgique. Nous voici entrés dans une nouvelle phase, dont les politiques de ce pays se seraient bien passés.

Rappel des faits :

Durant l'été 2016, un membre de l'armée a été informé par le constructeur Lockheed-Martin que les chasseurs F-16 pouvaient rester en activité plus longtemps que prévu. Lorsqu'il informe son supérieur hiérarchique, le colonel Letten, c'est le commandant de la composante Air belge, Frederik Vansina, qui va directement se renseigner auprès Lockheed-Martin. Dans le même temps, on va conseiller, par courriel, à l'informateur de rester prudent: "Tant que personne ne pense que les F-16 peuvent voler plus de 8'000 heures. Fais bien attention". 

Le ministre sur la défensive :

Pour le ministre Steven Vandeput, la réponse ne fait aucun doute: « oui et vite ! C'est dans un tel contexte d'urgence, sachant que nos F-16 doivent, nous dit-on depuis le début, être retirés de la circulation à partir de 2023 qu'un appel d'offres a été lancé voici un an. Appel d'offres qui, je l'ai dit maintes fois, s'avère de plus en plus orienté, partial et quelque peu improvisé ».

Et d’ajouter : « On apprend maintenant que la durée de vie de nos appareils pourrait être sensiblement plus longue que celle avancée jusqu'ici pour justifier l'urgence de leur remplacement. C'est du moins ce qu'affirme le constructeur Lockheed-Martin lui-même dans un rapport remis à la Défense belge en avril 2017.

Le ministre de la Défense se défend d'avoir eu connaissance d'un tel document et dénonce une "erreur majeure d'appréciation" de la part des gestionnaires de la flotte. Une enquête interne et externe est en cours afin de déterminer les responsabilités autant que les causes de ce manquement. Pour l'heure, il est évident que cela porte un coup sérieux aux termes de l'appel d'offres ainsi qu'à sa poursuite.

Collusion d’un fonctionnaire avec un avionneur :

De plus, il apparaît que le ministre de la Défense Steven Vandeput a licencié l'an dernier son chef de cabinet adjoint, après qu'il est apparu qu'il a eu des contacts avec Lockheed-Martin, confirme la porte-parole du ministre.

Que dit le fameux rapport :

Le rapport fournit par l’avionneur Lockheed-Martin porte sur la structure des F-16 et des faiblesses dues aux criques. Lockheed indique que l’analyse est délicate du fait de méthodes calquées sur celles utilisées pour les flottes de F-16 Block 30, hors les belges sont au Block 15MLU, mais aussi que l’état des enregistreurs de vol n’a pas toujours permis d’avoir des données fiables.

Il est de notoriété qu’il est parfaitement possible d’augmenter le nombre d’heure de vol d’un appareil. Mais à quel prix ? On parle de 1 milliard de dollars ! Dans le cas des F-16 Belges l’avionneur parle de 6 années, soit le temps qu’il faut pour équiper la Force aérienne belge (FAB) avec un nouvel appareil. Est-ce donc utile ? Pas vraiment, d’autant plus que l’argent serait mieux investit dans l’achat du futur aéronef. Bref cette histoire d’heures de vol, n’est en soi, pas si importante. Mais, elle le deviendrait en cas de retard du choix, car il faudra, alors combler les besoins de la FAB en attendant l’arrivée du nouveau destrier.

Le vrai problème :

Le véritable problème dans cette compétition provient de la connivance entre l’ancien adjoint du ministre de la Défense et l’avionneur américain. Les déclarations du Ministre vont d’ailleurs dans ce sens, lorsqu’il parle de l’appel d’offre. De plus, l'avionneur américain Lockheed-Martin n'a-t-il pas justement jouer un jeu pour mieux faire passer son F-35 en remplacement des F-16 au plus vite?

Finalement, on ne sera pas étonné de voir le gouvernement belge reporter le choix de son futur avion de combat à une date ultérieure, une chance peut-être, pour les avionneurs européens !

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Photos : 1 F-16 Belges @ FAB 2 F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

20/04/2017

Boeing abandonne la compétition en Belgique !

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Boeing a renoncé hier à sa participation à la compétition en vue du remplacement des Lockheed-Martin F-16 A/B en Belgique. Dans un communiqué, la division « avions de combat » de l’avionneur américain a confirmé qu’elle ne participera pas à la conférence des soumissionnaires, et ne répondra pas à la demande de propositions de Bruxelles pour un nouvel avion de combat.

Les raisons de ce choix :

Pour Boeing, l’examen de la demande belge ne permet pas de concourir de manière égale. Clairement pour l’avionneur américain, le cahier des charges favoriserait l’un des concurrents. Sans le nommer, il semble bien que Boeing pense au F-35 de Lockheed-Martin.

Dans ce choix on ne peut que penser à la volonté du gouvernement belge au maintien de la capacité à l’engagement de la bombe nucléaire B61, qui n’est possible qu’avec le F-35.

La Finlande et la Suisse :

Ce choix va par contre permettre à Boeing de concentrer ses efforts et ses ressources sur le support de ses clients, de sécuriser de nouveaux ordres et d'investir dans la technologie et les systèmes requis pour faire face aux menaces d'aujourd'hui et de demain. Par ailleurs, l’avionneur se prépare sur deux autres opportunités de concours en Finlande et en Suisse. A noter, que pour l’instant Boeing n’est officiellement déclaré pas en course pour notre pays, l’avionneur attend de connaître le cahier des charges.

Et les autres ?

Après cette défection, il va être intéressant de voir combien de concurrents vont encore rester en course. On se rappelle le « coup de sang » d’Eric Trappier président-directeur général du groupe Dassault Aviation, en début d’année à propos justement d’une favorisation en Europe du F-35 américain au détriment du Rafale et d’une manière générale des avions européens.

 

Photo : F/A-18 E Super Hornet @ US Navy

 

09/03/2017

Belgique, bisbille à propos du remplacement des F-16 !

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Bruxelles, des politiciens s’inquiètent de la manière dont le cahier des charges du nouvel avion de combat a été validé. En effet, pour certains, le document a été avalisé par la Chambre des députés un peu trop vite et ceci, sans que les principaux intéressés puisse s’y pencher correctement.

Un vote rapide :

Les députés belges attendaient depuis plusieurs mois le cahier des charges du nouvel avion de combat qui doit permettre de fixer les bases du choix du futur remplaçant de la flotte de Lockheed-Martin F-16A/B Block15 «Fighting Falcon» en service depuis 1980. Le problème dénoncé par certains politiques vient du fait que le document est long, technique et en anglais. En conséquence, il est difficile à lire et il faut du temps pour un novice en matière d’aéronautique militaire d’en comprendre les principaux éléments.

Le précieux document est donc passé très vite entre les mains des députés pour un vote d’acceptation lui aussi très rapide. Hors les questions de base du projet n’ont mêmes pas été discutées lors du vote. Un député se plaignait ce matin, que les questions ayant attraits au maintien de l’emport de la charge nucléaire et des compensations économiques avaient tout simplement été évité.

Les questions de fond :

La réaction de certains politiques belges n’est pas anodine, j’en avais fait le centre d’un article en février de l’année dernière. En effet, des détails importants risquent de faire basculer la compétition en la rendant purement et simplement inutile.

Il faut se rappeler, que la Belgique jour un rôle important dans le cadre de l'OTAN, par conséquent le nombre d’avion en dotation minimale pour que la Belgique continue d’être un acteur important dans les opérations de l’OTAN et devrait normalement être supérieur à 40 unités. Hors, le choix primaire de n’acquérir que 34 aéronefs, va poser un sérieux problème en terme de dotation. De plus, le manque actuel de moyens aériens au sein l’OTAN est justement une faiblesse qu’il faut combler.

Le second problème posé par le remplacement du F-16 vient de la capacité de celui-ci à emporter la bombe nucléaire B-61 au profit de l’US Air Force. Les pilotes belges sont formés et disposent donc de cette compétence. Hors, la bombe B-61 n’est pas homologuée sur les Rafale, Eurofighter et Gripen. En d’autres termes, si, les politiques belges désirent que la force aérienne continue à disposer de la compétence au largage de la B-61, un seul choix s’impose : le F-35 de Lockheed-Martin. La compétition devient ainsi inutile, car biaisée par une décision politique. La crainte d’un cahier des charges qui favoriserait un concurrent est dans les esprits, on comprend mieux le désarroi et la réaction de certains aujourd’hui.

Les concurrents :

On retrouve tout naturellement les avions suivants: le Lockheed-Martin F-35A, Boeing avec le F/A-18E/F «Super Hornet» et trois européens : Dassault avec le Rafale F-3R, Airbus DS avec l’Eurofighter T-3 Block20/25 et Saab avec le Gripen E MS21.

 

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Photos : 1 F-16 Solo display @ Martin Melian 2 F-16B de la FAB @ Marco Papa