08/08/2010

Mexicana en faillite !

 

 

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Malade depuis plusieurs années, la compagnie mexicaine Mexicana a subi de plein fouet la crise. Si la reprise du transport aérien s’effectue un peu partout (voir article sur le sujet) Mexicana, elle fait partie des acteurs qui ont accusé le coup.

Une lente descende aux enfers :

Malgré plus de quatre années de restructuration, Mexicana a fini par déposer une demande de protection contre la faillite, au Mexique (concurso mercantil) et aux Etats-Unis (Chapitre 15), reconnaissant que sa situation financière et sociale n’était plus tenable. Le dossier déposé auprès du tribunal de Mexico a été accepté le 5 août. La compagnie a en outre suspendu ses réservations, le temps que les négociations avec les syndicats aboutissent. Mais les personnes ayant déjà acheté des billets pourront voyager sur les filiales à bas coûts de Mexicana, Link et Click, ou les compagnies de l'alliance Oneworld (Mexicana, British Airways, American, Quantas, Iberia, Lan Chile, etc).

La dette de Mexicana avoisine les 800 millions de dollars (609,8 millions d’euros) sont les plus importants dans le  transport aérien depuis ceux de Japan Airlines. La compagnie mexicaine, une des plus anciennes au monde, attribue sa situation à la crise économique, à la crise de la grippe A, mais surtout aux salaires de son personnel navigant, plus élevés que leurs homologues aux Etats-Unis.

La situation aujourd’hui :

Un juge fédéral  a accordé la protection légale sollicitée pour éviter de possibles actions en justice de créanciers contre la compagnie. Cette décision permettra à l'entreprise de continuer ses opérations, précisant que le juge avait pris des mesures pour que les biens de la compagnie ne soient pas réclamés par ses 82 créanciers. La compagnie conserve ainsi sa concession et ses permis de vols, tandis que la saisie des avions loués est interdite, a précisé cette source.

Deux des 64 appareils de Mexicana avaient été saisis vendredi au Canada "pour éclaircir l'état d'accomplissement des obligations envers un loueur, avait indiqué sa direction dans un communiqué. Un autre avion l'avait été aux Etats-Unis.

Selon Mexicana, les salaires des pilotes sont supérieurs de 49% à ceux des pilotes des compagnies traditionnelles aux Etats-Unis et ceux du personnel de cabine de 32% et respectivement de 185% et 165% supérieurs à ceux des low-cost mexicaines. La compagnie a donc demandé que les PN acceptent une réduction de salaires de 41%, une baisse de leurs effectifs de 40% en échange d’un intéressement sur les résultats ; une proposition que les syndicats ont immédiatement rejetée.

Cette nouvelle intervient quelques jours après que la FAA a rétrogradé le Mexique en catégorie 2. L’administration américaine estime que l’autorité de l’aviation civile du pays ne respecte pas les standards de sécurité définis par l’OACI, bien que de grands progrès aient été accomplis ces derniers mois. 

Cette rétrogradation interdit aux compagnies mexicaines d’ouvrir de nouvelles liaisons vers les Etats-Unis mais celles qui sont actuellement en vigueur subsistent. De plus, tout partage de code avec une compagnie aérienne américaine est désormais suspendu, pénalisant de fait Mexicana vis-à-vis de son partenaire American Airlines et Aeromexico avec Delta Airlines.

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Photos : A320 Mexicana @ Fabricio Jimenez