31/01/2019

La durée de vie du F-35B est trop faible !

 

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Une nouvelle révélation peu flatteuse vient de tomber sur le programme F-35. Le bureau d’essais du Pentagone révèle que  les données des tests de durabilité indiquent que la durée de service du F-35B achetés par le Marine Corps est «bien en deçà de» la durée de vie prévue de 8’000 heures initialement prévu.  Selon le rapport annuel 2018 publié par l’agence Bloomberg.

Retrait de service en 2026 :

Selon le rapport du Pentagone, la durabilité de vie du F-35B n’est que de 2'100 heures au lieu des 8'000 prévues. Cela signifie que certains jets devraient commencer à atteindre leur limite de durée de vie en 2026. La raison est directement liée à des défauts de la structure. Celle-ci se fatigue plus vite que prévu.

En outre, il n’y a pas de tendance à la hausse en ce qui concerne la disponibilité des aéronefs pour effectuer des entraînements ou des missions de combat, car ils sont restés «stables» au cours des 3 dernières années. Selon Robert Behler, directeur du bureau d’essais, dans une nouvelle évaluation, les mesures provisoires de fiabilité et de maintenance sur le terrain permettant d’atteindre l’objectif prévu de 80% n’ont pas été atteintes, car les améliorations «ne se traduisent toujours pas par une disponibilité améliorée».

Faiblesse en matière de cybersécurité :

La seconde partie du rapport dénonce la continuité des faiblesses en matière de cybersécurité, un comble pour l’avion qui se doit d’être à la pointe de guerre en réseau.  Les tests de cybersécurité concernant la flotte de F-35, toutes versions confondues en 2018 ont montré que certaines vulnérabilités antérieures "n'ont toujours pas été corrigées".

L’outil de maintenance informatisé «ALIS» ne «fonctionne pas encore comme prévu», car certaines lacunes dans les données et les fonctions «ont un effet important sur la disponibilité des aéronefs» et sur les vols. ALIS est également montré du doigt en matière de cybersécurité. Un élément qui confirme encore un peu plus les mises en garde israéliennes.

Le temps nécessaire à la réparation des avions et à la reprise des vols “n’a que peu changé” au cours de la dernière année. En résulte une augmentation de l’indisponibilité des avions.

Le personnel de maintenance et les pilotes «doivent traiter tous les jours des problèmes omniprésents liés à l'intégrité et à la complexités des données».

Les tests effectués jusqu'en septembre en ce qui concerne le canon de bord indiquent une précision «inacceptable», déclare un testeur du DoD.

Déploiement remis en cause :

Ces nombreux problèmes qui perdurent et péjore le programme F-35 ont pour effet de remettre en cause le prochain déploiement de l’US Navy prévu cette année avec le F-35C. En effet, la marine américaine accuse le coup elle aussi avec sa flotte de F-35C. Le dernier inventaire à fin 2018 montrait que moins d’un F-35C sur 6 était pleinement opérationnel. En décembre dernier, le rapport du Governement Accountability Office (GAO) montrait que seul 15% des F-35C réceptionnés par l’US Navy étaient effectivement opérationnel. Ce chiffre étant par ailleurs, le même qu’à fin 2017.

 

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Photo :1  F-35B @ LM 2 F-35C @ USN

02/09/2018

F-35 : essais opérationnels de base sur l’USS Abraham Lincoln !

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Fin août, l’US Navy a lancé des essais opérationnels du Lockheed-Martin F-35C à bord du porte-avions de la classe Nimitz, l’USS Abraham Lincoln, sur l’océan Atlantique. Selon le communiqué de l’US Navy, six avions F-35C du Strike Fighter Squadron 125 basés à la base aéronavale de Lemoore en Californie et du Strike Fighter Squadron 101 à la base aérienne d’Eglin, en Floride, participent aux essais.

L'USN a indiqué qu'elle évaluait l'adéquation du F-35C à bord du bâtiment en suivant ses performances avec celles d'autres aéronefs et en intégrant un plan aérien, en surveillant la maintenance et en identifiant son empreinte logistique.

«Nous espérons voir comment l’avion s’intègre à bord du navire», a déclaré le contre-amiral Dale Horan, directeur du Bureau d’intégration de la flotte d’avions de combat interarmées. «Pouvons-nous le maintenir? Pouvons-nous obtenir les pièces? Pouvons-nous l'avoir en l'air? Peut-on le réparer s'il a un problème? Voilà le genre de choses que nous recherchons.

A noter que l’US Navy va également vérifier l’état de fonctionnement des liaisons de données entre le F-35C et le porte-avions et avec la flotte d’avions F/A-18 « Super Hornet ». Ces tests sont donc importants avant de pouvoir passer au test opérationnel initial et à l’évaluation définitive.

Importants problèmes à résoudre :

Hormis les fameuses 966 lacunes que l’avionneur doit résoudre sur la famille « F-35 », l’US Navy doit vérifier que les problèmes de corrosion détectées en novembre 2017 ont trouvé une solution et que la disponibilité et le transfert des pièces de rechange (sachant que sans les codes sources, le système ne fonctionne pas avec le logiciel de l'USN) est améliorée par rapport au dernier test en mer.

Mais un autre élément grave doit être corrigé rapidement, il s’agit du bug qui existe entre le viseur de casque et l’avion. En effet, lors d’appontage de nuit, les pilotes se retrouvent avec une lueur verte créée par la technologie LED de l’écran qui forme un voile et empêche de voir les lumières du porte-avions. La Navy a tenté de résoudre ce problème de casque avec des mises à niveau logicielles pour permettre aux pilotes de réduire la lueur verte, mais jusqu'à présent, seuls les pilotes F-35C les plus expérimentés sont autorisés à effectuer des atterrissages de nuit. Mais il semble qu’il faille attendre l’année prochaine pour obtenir une véritable amélioration du problème.

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A noter que ce problème a été signalé en 2012 déjà avec l’ancienne variante du casque et a continuer d’apparaître avec la nouvelle.  Depuis lors, la marine a tenté de résoudre le problème avec des mises à niveau logicielles, mais sans succès.

 

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Photos : 1 & 3F-35C à bord de l’Abraham Lincoln  2Viseur de casque @ USN

04/02/2017

F-35, le paradoxe Trump !

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Washington, le truculent nouveau président américain D. Trump très critiqué sur de nombreuses décisions, semble au moins avoir réussi une chose : faire baisser de manière significative le prix du F-35. Après une année de négociations, suivie d’une pression sans égale ces derniers mois de la part de la nouvelle administration, Lockheed-Martin assure que le contrat de production initiale à faible taux numéro 10 concernant 90 avions de chasse F-35 sera moins élevé de 728 millions de dollars.

Sur cette base, le Bureau du Programme conjoint F-35 a annoncé des économies à hauteur de 728 millions de dollars sur le lot 10 par rapport au lot 9, ce qui représente plus de 128 millions de dollars de réduction de coûts voulu par le président Donald Trump au début de cette semaine.

Selon les premiers calculs le prix du F-35A a diminué de 7,3% pour atteindre 94,6 millions de dollars, y compris le moteur Pratt & Whitney F135. La variante B est passée à 122,8 millions de dollars, en baisse de 6,7%, tandis que la varainte C a diminué de 7,9% pour s'établir à 121,8 millions de dollars. Le contrat de 90 avions inclut 55 jets pour les services américains et 35 pour des partenaires internationaux et des clients militaires étrangers. Lockheed-Martin construira 44 F-35A pour l'US Air Force, neuf F-35B pour le Corps des Marines américain et deux F-35C pour la Marine américaine.

L'addition du prix unitaire des trois variantes s'élève à une valeur totale de 8,9 milliards de dollars pour 90 cellules et moteurs achetés dans le cadre de ce lot 10.

Oui mais…

Cependant, le prix total du contrat et les chiffres disponibles sont en contradiction avec les prix par unité. Le Bureau du programme estime la valeur totale du contrat pour les véhicules aériens à 8,2 milliards de dollars. Pratt & Whitney a déjà reçu un contrat de 1,5 milliard de dollars en juillet pour la fabrication des moteurs F135 pour le lot 10 et un contrat de 157 millions de dollars l'année précédente pour les composants à longue portée. Cela représente 9,8 milliards de dollars pour les cellules et les moteurs du lot 10, soit environ 950 millions de dollars de plus que la valeur de 8,9 milliards de dollars disponible dans le communiqué. Lockheed-Martin n'a pas pu expliquer l'écart pour l’instant.

Du côté de la Maison-Blanche :

Le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, a confirmé une économie de 455 millions de dollars. Les économies restantes, soit 273 millions de dollars proviennent de ventes à des partenaires internationaux et à des clients militaires étrangers. Plus tôt cette semaine, le président D.Trump a assuré que les pressions faite de sa part sur Lockheed-Martin ont permis d’abaissé le prix pour les avions du lot 10 d’environ 150 millions de dollars sur l’ensemble des 455 millions.

Du côté de Lockheed-Martin :

De son côté Lockheed-Martin confirme que ces réductions sont le résultat notable d’une table ronde qui a eu lie en décembre avec la nouvelle administration américaine. L’avionneur confirme une baisse du prix et cible un coût moyen de l’ordre de 80 à 85 millions de dollars pour chaque F-35A d'ici l'exercice 2019.

«L'implication personnelle du président Trump dans le programme F-35 a accéléré les négociations et a accentué notre attention sur la baisse du prix», a déclaré Lockheed. "L'accord a été atteint en quelques semaines et représente des économies importantes par rapport aux contrats précédents."

Une situation qui s’améliore mais pas partout :

Cette situation économique semble enfin être bonne pour l’avenir du F-35, dont l’avenir était menacé par D. Trump. Certes, les ennuis ne sont pas encore terminés, car de nombreux problèmes subsistent du point de vue technique et ne seront pas résolus avant plusieurs années. On notera les dernières critiques des pilotes de F-35C qui se plaignent d’oscillations verticales excessives et violentes, lors de lancement avec catapultes. Pire, la plupart des pilotes ont verrouillé leur harnais pendant le lancement catapulté ce qui a rendu les commutateurs d'urgence difficiles à atteindre, créant de nouveau, à leur avis, une situation inacceptable et dangereuse. De plus, il est rapporté que la capacité de ciblage électro-optique du F-35 est inférieur par rapport à l’A-10 et au F-/A-18.

Si l’effort Trump sur les coûts à du bon, il reste encore beaucoup à faire en ce qui concerne le développement du programme F-35.

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Photos : F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

 

 

28/01/2017

Le F-35 et Air Force One sous l’œil de la Maison-Blanche !

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Washington, le nouveau secrétaire américain à la Défense James Mattis a ordonné une révision immédiate des programmes de recapitalisation du F-35 de Lockheed Martin et du futur Air Force One de Boeing en vue de réduire les coûts des deux plates-formes.

Concernant Air Force One :

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Dans le cadre du réexamen de la recapitalisation des avions présidentiels dérivé du Boeing B737-800 « Intercontinental », le Bureau militaire de la Maison Blanche et le secrétaire adjoint doivent déterminer les domaines précis où les coûts pourraient être réduits. Cela pourrait inclure des opérations autonomes, la production d'énergie des aéronefs, le refroidissement, la capacité de survie et les capacités de communication.

Par ailleurs, l’équipe du président D. Trump confirme ne pas vouloir annulé ce programme et poursuivre le développement du futur « Air Force One » mais avec un contrôle des coûts efficient. Vendredi, un représentant de Boeing a déclaré que la société fournissait des informations à l'administration Trump depuis quelques semaines et s'engageait à fournir des équipements militaires à des prix aussi abordables que possible.

Le F-35C en danger :

Bien les critiques portent sur l'intégralité du programme F-35, l'examen prendra uniquement en considération la variante « C », qui représente la plus petite part du programme enregistré par Lockheed-Martin. En effet, en cas d’abandon, le Super Hornet a besoin d'une catapulte pour se lancer à partir d'un bâtiment et ne pourrait pas remplacer la variante «B» du F-35 à atterrissage vertical.

Parallèlement, le sous-secrétaire de la Défense supervisera un examen comparant les capacités opérationnelles des F-35C et F/A-18E/F et évaluera l'étendue des améliorations possible sur F/A-18E /F. On parle ici de la variante Advanced Super Hornet, qui pourrait donc bien devenir une alternative au F-35C.

La bataille F-35 vs Super Hornet :

La décision d’opposer le F-35 au « Super Hornet » n’est finalement pas nouveau, le Canada a annoncé que le gouvernement achèterait 18 Boeing F/A-18 « Super Hornet » comme solution provisoire remplacer sa flotte vieillissante de CF-18. Le nouveau gouvernement américain ne fait que reprendre cette même logique en vue de réduite les coûts déjà largement dépassés du programme F-35.

Analyse :

Pour autant, une décision de stopper la variante « C » du F-35 aurait également comme première conséquence une augmentation significative des coûts pour l'US Air Force, le Marine Corps et les partenaires internationaux impliqués dans le programme conjoint. En d’autres termes il n’est pas évident que la nouvelle administration puisse se permettre d’annuler cette version du F-35. Sauf, peut-être si Lockheed-Martin arrivait à réduire les coûts des versions A & B de 20 à 25% ce qui n’est pas encore gagné. La dernière alternative serait de ne plus commander de F-35 une fois le 400ème appareils livrés.

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Photos : 1 F-35C@ USN 2 le futur Air Force One 3 Advanced Super Hornet@ Boeing

 

17/11/2015

F-35, des fissures ont été découvertes !

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La série noire des ennuis du Lockheed-Martin F-35 continue, la semaine dernière, les contrôleurs du Pentagone ont découvert des fissures dans un élément structurel principal de l'aile sur le modèle « C » du F-35 « Lightning II », un porte-parole pour le F-35 du Pentagone Joint Program Office (JPO) a confirmé le 13 Novembre.

La nouvelle a été confirmée par un porte-parole du Pentagone faisant partie du Joint Program Office (JPO). Ces fissures ont été découvertes au cours dune inspection fin octobre qui faisait suite aux essais de durabilité au sol F-35C. Les fissures détectées se trouvaient au niveau de l’un des longerons d’ailes de l’avion.

 

Lockheed-Martin se veut rassurant :

Chez l’avionneur américain, on se veut rassurant sur cette découverte. Pour les ingénieurs en charge du programme, ce F-35C était au banc d’essais de fatigue au sol et la structure avait atteint 13.700 heures de test, ce qui équivaut à 6.850 heures de vol ou plus de 20 ans de vol opérationnel.

Toujours pour rassurer, l’équipe a insisté sur le fait que les appareils déjà en service n’avaient pas plus de 250 heures de vol et n’étaient donc pas concernés par cette découverte.

 

Ce que Lockheed-Martin n’a pas dit :

Certes, l’avion d’essais est justement là, pour subir des tests de durabilité en poussant intentionnellement les structures à leurs limites, dans le but d'identifier les faiblesses et les actions correctives éventuelles. Mais le problème de l’avionneur américain provient du fait que ces fissures sont apparues trop tôt. En conséquence un programme de correction, doit être mis en place pour garantir une vie opérationnelle de l’avion de 25 à 30 ans.

Et ceci s’avère d’autant plus important, que la variante F-35C se distingue par ses grandes ailes et le train d'atterrissage plus robuste, conçu pour les lancements de catapulte et les arrêts brutaux à bord des porte-avions de la marine. De plus, le longeron incriminé fait partie du secteur pliable de l’aile, qui sert à faciliter le stockage à bord d'un porte-avions.

 

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Photos : Lockheed-Martin F-35C @US Navy