29/10/2020

Après le Rafale, le F-35 pour la Grèce ?

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On savait que les USA mettaient tout en œuvre pour vendre du matériel à la Grèce. Ce dernier ayant choisi le Rafale français, certains pensaient que Washington se contenterait de vendre des navires à Athènes. C’était sans doute, oublier un peu vite l’offre de Lockheed Martin datant de trois ans qui comprenait 24 avions F-35 pour un coût total de 3 milliards de dollars US, y compris l'infrastructure.

Des F35A anciennement turcs :

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a donné son feu vert à la fourniture de 20 F-35, lors de sa récente visite en Grèce et l'accord "a été discuté et accepté". À noter, dans le cadre de cet accord, qu’au moins six F-35 seront achetés en 2022 et seront livrés avec les six premiers avions de combat Rafale. Ce qui semble du moins assez évident vient du fait, que ces six premiers F-35A proviendraient du stock actuel qui devait être livré à la Turquie. Voilà une situation bien cocasse, qui rendra la Force aérienne Hellénique très supérieure à sa voisine turque. En effet, la combinaison F-35A, Rafale et F-16 modernisés au standard Block 70/72 « Viper » n’aura pas d’équivalence en face.

Une nouvelle structure pour l’armée grecque :

Les provocations d’Ankara de ces dernières semaines ont finalement eu un impact salutaire pour l’avenir de la Défense grecque, en gestation depuis quelques années. Athènes se voit maintenant soutenue par la France et les USA avec une certaine vigueur ce qui accélère la mise en place de la nouvelle structure de commandement et des forces des forces armées 2020-2034. La liste des systèmes d'armes que la Défense grecque devra désormais se procurer comprend la modernisation des systèmes de défense aérienne. Le renforcement avec des avions de chasse de 5e génération. Le gouvernement et le ministère de la Défense s'orientent vers l'achat d'au moins un escadron F-35 en 2024. Mise à niveau des 4 frégates de type MEKO. Renforcement avec des véhicules de combat blindés pour l'armée. Prise en charge des véhicules aériens sans pilote. Mise en place d’un plan d'opérations des forces spéciales sous une administration et un esprit unifié.

Reste à confirmer cet achat, mais il est clair maintenant que les actions de la Turquie permettent à la Grèce de se renforcer militairement et que dans un avenir proche Ankara ne pourra plus jouer sur sa supériorité dans militaire dans la région.

Photo : F-35 anciennement aux couleurs turques @ LM

 

14/10/2020

F-35, arrivée d’ODIN et d’une protection contre la foudre !

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Le remplaçant du système de diagnostique ALIS arrive aux essais au sein de l’USMC et Lockeed-Martin va prochainement installer un système de protection contre la foudre. En parallèle, l’avionneur annonce pouvoir livrer 121 F-35 d'ici la fin de 2020, soit 20 jets de moins que les 141 initialement prévus cette année, COVID-19 en cause.

Rappel : 

A l’origine, le système d’information logistique autonome (ALIS) a été conçu pour soutenir les opérations quotidiennes de la flotte de F-35, allant de la planification des missions et de la planification des vols aux réparations et à la maintenance programmée, ainsi que le suivi et la commande de pièces. ALIS en ligne informatisé du chasseur furtif F-35 fabriqué par Lockheed Martin ne marche pas, il souffre de nombreux retards. ALIS était connu pour ses problèmes. En janvier, le Government Accountability Office a déclaré dans un rapport que le système présentait 4’700 lacunes. Ces problèmes comprenaient des données inexactes ou manquantes, des défis de déploiement du système, un besoin de plus de personnel que prévu, un processus de résolution des problèmes inefficace, une mauvaise expérience utilisateur, des applications immatures et une formation inefficace, selon le rapport.

Operational Data Integrated Network (ODIN): 

Le Pentagone a déclaré que ALIS serait remplacé par le réseau intégré de données opérationnelles (ODIN) de Lockheed Martin, qui sera rationalisé pour plus d'efficacité. Lockheed Martin, le maître d'œuvre du F-35, travaille sur ODIN (Operational Data Integrated Network) dans le cadre du profil de financement actuel d'ALIS sans frais supplémentaires pour le contribuable. Selon LM, le système ODIN aura remplacé ALIS dans tous les F-35 en décembre 2022, à l'exception de ceux déployés à distance ou sur des navires. ODIN sera basé dans le cloud et conçu pour fournir des données en temps quasi réel sur les performances des avions et des systèmes dans le cadre de dispositions de cyber sécurité renforcées.

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Premiers tests positifs :

Les premiers tests de performance d'ODIN ont montré une réduction de la charge de travail administrative et des temps de traitement considérablement réduits par rapport aux serveurs ALIS sur le terrain, une diminution de plus de 50%, réduisant la charge de travail des responsables en accélérant les interactions avec le système. Le nouveau système va permettre une surveillance en temps réel des performances du système et la collecte automatisée des informations sur les performances, ainsi qu'une gestion transparente des pièces, des commandes techniques et des données de performance du programme.

De plus, ODIN est bien plus pratique, car la taille du système est réduite. En effet, la partie au sol d'ODIN tient dans deux valises transportables de la taille d'un bagage à main au lieu du rack d'électronique et de modules d'alimentation de secours d'ALIS. ODIN pèse 32 kg, contre 363 kg pour ALIS.

Le 29 septembre dernier, un premier module d’ODIN est entré en service au sein de l’USMC sur la base aéronavale de Yuma en Arizona. Les premiers essais ont débuté le même jour avec des F-35B.

Le F-35 ne craindra bientôt plus la foudre :

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Fait incroyable à notre époque, le « nec plus ultra » de l’aviation militaire craint la foudre ! Mais ce Talon d’Achille sera bientôt une histoire ancienne. Lockheed-Martin prévoit d’installer d’ici la fin de l’année sur les F-35 sortant de la chaîne de production, un système de protection contre la foudre. Ce système résoudra les problèmes découverts plus tôt cette année. En fait le F-35 est bel est bien déjà doté d’une protection contre la foudre, mais cette dernière n’était pas véritablement fiable. 

En juin, le F-35 Joint Program Office a imposé des restrictions de vol sur la variante conventionnelle de décollage et d'atterrissage du F-35A, soit le modèle utilisé par l'US Air Force et la plupart des clients internationaux après que l'US Air Force ait découvert un problème avec le Système de génération de gaz inerte embarqué.

Le système OBIGGS (Onboard Inert Gas Generation System) permet à l’avion de voler en toute sécurité dans des conditions où la foudre est présente en pompant de l'air enrichi en azote dans les réservoirs de carburant pour les rendre inerte, empêchant l'avion d'exploser s'il est frappé par la foudre. Cependant, les responsables de la maintenance du complexe logistique Ogden de la base aérienne de Hill, dans l’Utah, ont constaté que l’un des tubes qui distribuait le gaz inerte dans le réservoir de carburant était endommagé, augmentant ainsi le risque que le système ne fonctionne pas comme prévu.

Alors que les restrictions de vol sont toujours en vigueur, le département de la Défense et Lockheed-Martin sont parvenus à un accord sur l’adjonction d’un correctif pour le système OBIGGS. Le correctif consiste principalement à renforcer un certain nombre de supports associés à ces tubes pour OBIGGS, ce qui permettra finalement aux tubes à l'intérieur du réservoir de carburant d'être maintenus en place plus solidement et d'empêcher tout mouvement qui pourrait entraîner des dommages.

Photos : 1 & 2 Maintenance du F-35 3 Chaîne d’assemblage de F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

 

11/10/2020

Les F-35 exports sont moins performants !

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On savait que le système ALIS du F-35 renvoyait des informations confidentielles des utilisateurs aux USA, maintenant, nous apprenons que les clients du F-35 n’ont pas droit aux mêmes capacités que les USA.  

L’affaire de la vente aux EAU :

C’est l’affaire de vente possible de F-35 aux Émirats arabes unis (EAU) qui vient de faire éclater la nouvelle. Pour pouvoir vendre l’avion furtif aux EAU, les USA étudient comment structurer un accord sans gêner l’Allié Israélien. Tout accord doit satisfaire des décennies d’accord avec Israël selon lequel toute arme américaine vendue à la région ne doit pas nuire à « l’avantage militaire qualitatif » d’Israël, garantissant que les armes américaines fournies à Israël sont « supérieures en capacité » à celles vendues à ses voisins.

La sophistication technique du F-35 qui intéresse énormément les clients potentiels est intimement liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement. C’est cette puissance de calcul intégrée dans le F-35 qui le rend si efficace dans l’analyse des données qui vont permettre d’obtenir une vision de la situation quasi parfaite. Cette même puissance et au cœur du système en réseau qui apporte les véritables changements de la gestion du combat aérien. Mais qu’en est-il de la valeur du F-35, si ce système si performant est « ainsi bridé » pour les clients étrangers de l’avion ? Certes, il restera plus performant que d’autres appareils plus anciens, mais qu’adviendra-t-il, lorsque la concurrence mettra prochainement sur le marché des aéronefs disposant d’une capacité de calcul équivalente ?

Le bon choix :

Par exemple, la Finlande et la Suisse ont déjà l’assurance des autres avionneurs (Airbus, Boeing, Dassault) qu’en cas de choix, l’avion n’aura pas de « Black Box » et que ce dernier ne sera pas bridé. Les standards offerts par ces trois fabricants seront dotés des nouvelles capacités de calcul qui permettront de fonctionner en réseau sans restriction. Voilà une bonne raison de réfléchir à deux fois avant de choisir.

Un petit code qui change tout :

Les avions de combat F-35 vendus aux Émirats arabes unis pourraient être construits de manière à garantir que les mêmes avions appartenant à Israël surclassent tous les autres vendus dans la région.

En effet, il faut savoir que Washington exige déjà que tout F-35 vendu à des gouvernements étrangers ne puisse égaler les performances des avions américains, a déclaré un membre du Congrès. La sophistication technique du F-35 est liée à ses systèmes de mission et à sa puissance de traitement et « c'est la puissance de calcul qui vous permet de vendre un avion de plus haute technologie à Israël qu'aux Émirats arabes unis », a déclaré Doug Birkey, directeur exécutif du Mitchell Institute for Aerospace Etudes à Washington. Toujours selon Birkey, « lorsque des pilotes étrangers sont en formation aux États-Unis, ils tapent un code dans une interface utilisateur lorsqu'ils montent à bord d’un F-35, le code attribue une capacité présélectionnée dans l’avion, différente pour chaque pilote en fonction des autorisations légales données aux pays utilisateurs ».  

Cette affirmation montre clairement que des niveaux de capacité sont décidés par Washington pour chaque pays utilisateurs du F-35. Les clients n’ont du coup pas la pleine capacité à disposition de fait d’un système qui « bride » l’avion.  Est-ce que les Alliés « propriétaires » de F-35 sont tous logés à la même enseigne ou existe-t-il des disparités de droits d’accès entre les utilisateurs ?

Pour l’instant ces questions restent sans réponse et risquent bien d’y rester pour des raisons de confidentialité.

La dépendance au « système F-35 » :

De tout temps, certains systèmes d’armes sont vendus avec des restrictions, par exemple l’exportation d’un système de missile dans une version moins performante dans certains cas en direction de certains pays jugés sensibles. Le cas du F-35 est un peu similaire, sauf que là, il ne s’agit pas juste d’une arme isolée, mais d’un système complet qui doit être le nœud central sur lequel un utilisateur compte pouvoir s’appuyer pour disposer d’une force aérienne compétitive, afin de répondre aux diverses menaces. Difficile de mettre en place des tactiques sachant que celles-ci seront irrémédiablement moins efficaces, car freinée par des ordinateurs qui ne donneront pas la pleine capacité. Cette dépendance du client avec le « système F-35 » est très problématique et ceci à plusieurs titres.

Photo : F-35A norvégien @ LM

 

01/09/2020

La Grèce cherche à renforcer sa force aérienne !

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La situation en Méditerranée orientale est explosive depuis l'envoi par Ankara d'un navire de recherche sismique, escorté par des bâtiments militaires, dans une zone riche en gisements gaziers revendiquée par Athènes. Athènes a ouvert des discussions auprès de ses alliés en vue de l’achat potentiels d’avions de combat.

Rafale et F-35 en embuscade :

Le Ministère grec de la Défense confirme être en pourparlers au moins deux fournisseurs en ce qui concerne l’achat d’avions de combat. La France qui tente de placer son Rafale et les États-Unis avec le F-35A de Lockheed-Martin.  Les médias grecs ont annoncé un peu vite lundi qu'Athènes avait accepté d'acquérir 12 à 18 avions de combat Rafale à la France. Or, la réalité montre qu’il s’agit d’une offre en concurrence avec celle de Lockheed-Martin. Washington semble d’ailleurs avoir une longueur d’avance sur Paris avec la mise à niveau d’une ancienne offre qui comprend 24 avions F-35 pour un coût total de 3 milliards us, y compris l'infrastructure. En parallèle il s’agira de procéder à la mise à niveau de 82 F-16 « Fighting Falcon » au standard Block70/72 « Viper ».

 

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Du côté français, les négociations semblent plus compliquées car la direction générale de l'armement (DGA) française cherche la bonne combinaison pour répondre aux besoins d'Athènes rapidement. Dix Rafale de dernière génération seraient vendus auxquels s'ajouteraient deux exemplaires prélevés sur la commande de l'armée de l'air française. Une autre solution viserait à un mix entre des Rafale d'occasion de l'armée de l'air et dix autres exemplaires modernisés aux derniers standards F3R. Mais il n’a y aucune confirmation pour l’instant.

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La Grèce a-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Personne n’a oublié la situation économique que le pays a traversé, mais le ministre grec des Finances a déclaré que le pays était prêt à dépenser une partie de ses réserves de liquidités pour l’achat d’armes et d’autres moyens qui contribueront à accroître sa « force de dissuasion », après des années de resserrement de la ceinture des dépenses de défense. Devant l’urgence de la situation Athènes va devoir faire des choix pour compléter sa flotte aérienne, mais également navale. La Grèce se retrouve en effet, en situation de faiblesse vis-à-vis de la Turquie, qui de son côté n’a cessé de moderniser son arsenal militaire.  

Moyens de la Force aérienne grecque :

155 F-16 Block 30, Block50 /52

44 Mirage 2000 EG/BG-5

33 McDonnell Douglas F-4 E « Phantom II »

 

Photos : 1 F-16 grec 2 F-35 3 Rafale @Reuters

 

 

 

21/08/2020

Washington envisage bien de vendre des F-35 aux EAU !

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Je vous en parlais hier, la vente possible de F-35 aux EAU semble bien devenir le nouveau feuilleton du moment. Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis envisageaient de vendre des avions de combat américains F-35 aux Émirats arabes unis malgré les objections israéliennes.

Le président américain a déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche que les Emiratis avaient exprimé leur intérêt à acheter "un certain nombre" d'avions de combat furtifs. Il a déclaré qu'une telle vente était "à l'étude" étant donné la nouvelle dynamique entre Israël et les Emirats Arabes Unis depuis que les deux nations ont convenu de normaliser leurs relations la semaine dernière.

Du rififi à Tel Aviv :

Dans un premier temps les israéliens par l’intermédiaire du premier Ministre Netanyahu auraient vaguement acquiescés en faveur de cette vente. Mais ce semblant d’accord aurait été exécuté dans le dos de l'establishment de la défense israélien et a gardé le ministre de la Défense Benny Gantz et le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi, tous deux anciens chefs militaires, dans l'ignorance.

Hier soir, c’est un autre son de cloche qui est apparu avec une totale opposition du premier Ministre Netanyahu. Celui étant opposé à la vente malgré l'accord historique des Émirats arabes. Le maintien de la suprématie militaire régionale d'Israël est une caractéristique de la politique israélienne depuis des décennies, et Israël a utilisé ses liens étroits avec Washington pour s'assurer que certaines armes sophistiquées ne sont pas vendues aux pays voisins.  

Cette réaction semble du coup refroidir l’engouement de la signature du traité de Paix du côté israéliens. On ne sait pour l’heure comment les EAU vont réagir à un « véto » israélien et comment les USA vont pouvoir se sortir de ce qui ressemble à un bel embrouillamini ?

Photo : F-35 survolant le désert@ USAF