16/03/2020

F-35, ALIS pose encore plus de problèmes que prévu !

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On le sait maintenant depuis un certain temps, le système de diagnostique en ligne ALIS du F-35 ne marche pas bien du tout. A tel point d’ailleurs, qu’il est prévu de remplacer ALIS par un nouveau système, nommé ODIN (Operational Data Integrated Network). De nouvelles révélations à propos d’ALIS ont été rendues publique vis l’agence Bloomberg ce matin.

Travaux manuels en augmentation :

A la base, le système ALIS était censé diminuer le travail de la maintenance et donc simplifier celle-ci. Il n’en est rien. Selon le dernier rapport du GAO et les auditeurs du Congrès, le personnel au sol doit passer des heures à saisir les données à la main, alors que celles-ci devraient être implémentées automatiquement dans les ordinateurs.

Les équipes de maintenance de l'US Air Force, de la Marine et du Corps des Marines qui ont été examinées ont estimé qu'elles dépensent en moyenne 5’000 à 10’000 heures par an pour suivre manuellement les informations qui devraient être capturées automatiquement et avec précision par le système de Lockheed-Martin.

De plus, il s’avère que des données inexactes ou manquantes dans le système d'information logistique autonome, entraînent parfois des alertes, selon lesquelles un avion ne devrait pas être piloté même s'il est prêt à voler.  Par exemple, les problèmes d'intégrité des données font que le système « dit que les enregistrements électroniques sont souvent incorrects, corrompus ou manquants, ce qui fait que l'ALIS signale que l'avion devrait être immobilisé au sol, souvent dans les cas où les mainteneurs savent que les pièces ont été correctement installées et sûr pour le vol ».

Les pilotes ont déclaré de leur côté, que les défauts affectent l'état de préparation des avions de chasse. Les équipages ont connu jusqu'à 400 problèmes par semaine liés à des enregistrements électroniques inexacts ou manquants, selon le rapport.

Problèmes apparus en Finlande :

Cette problématique du téléchargement des mises à jour est apparue dernièrement en Finlande, lors des essais en vol. L’un des deux F-35A (arrivés dans le pays sur quatre prévus initialement) n’a pas pu prendre part correctement aux essais en vol. Le téléchargement des données n’ayant pas été concluant. De fait, il était impossible de télécharger les données informatiques de vol destinées aux essais du jour. Seul, un F-35 a pu effectuer les vols tests.

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Augmentation des coûts :

Toujours, selon le GAO, le coût de l'entretien des avions estimé à environ 1’200 milliards de dollars sur 66 ans. Un système de diagnostic pleinement opérationnel au niveau de l'escadre et de l'escadron, ainsi qu'un réseau de dépôts de pièces sont essentiels pour réduire les coûts estimés, selon les responsables.

Le personnel de maintenance dans les bases a également exprimé des préoccupations similaires à celles du bureau de l'inspecteur général du Pentagone, qui a déclaré en juin dernier que des pièces de Lockheed Martin basées à Bethesda, dans le Maryland, manquaient souvent au sein de l'historique d'utilisation électronique nécessaire pour les installer. L'inspecteur général a déclaré que Lockheed avait peut-être perçu trop d’argent de la part du Pentagone et ceci de l’ordre de 10,6 millions de dollars. Le projet de loi sur la politique de défense de cette année a exigé que le Pentagone prenne des mesures pour récupérer ces dollars

Remplacement à venir :

Le Pentagone a annoncé en janvier qu'il introduirait progressivement un nouveau système de diagnostic géré par l'armée destiné à incorporer les meilleures fonctionnalités de la version de Lockheed tout en offrant des améliorations majeures que l'Air Force a développées dans ses propres laboratoires de logiciels et le 309th Software Engineering Group.

Surnommé « ODIN », d'après le père du dieu Thor dans la mythologie nordique, le premier du nouvel équipement devrait être livré en septembre, avec une utilisation initiale fin 2021. Il devrait être pleinement opérationnel d'ici décembre 2022 pour tous les F-35. Encore faudrait-il que ce nouveau programme respecte le calendrier, ce qui est rare avec le F-35, pour l’instant.

Photo : F-35A relié à ALIS @ USAF

 

 

 

31/01/2020

F-35 : des mauvaises attaches ont été fixées !

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 L’US Air Force vient de jeter un nouveau paver dans la marre du F-35. Selon cette dernière, des centaines de F-35 pourraient avoir de mauvaises attaches dans les « zones critiques ». De son côté l'Agence de gestion des contrats de défense confirme la découverte du problème en fin d’année dernière.

Le F-35 Joint Program Office (JPO) explique que les avions produits avant la découverte de ce problème ont des fixations en titane mal installées dans des endroits où la conception nécessite de l’Inconel.

L'Inconel est un alliage de nickel et de chrome et est censé être utilisé dans des endroits où une plus grande résistance et résistance à la corrosion sont requises, tandis que les boulons en titane sont utilisés dans des zones où sa force et sa légèreté aident à réduire le poids. Le titane, cependant, a une résistance au cisaillement inférieure à celle d'Inconel. Les deux attaches sont d'apparence similaire, sauf pour un numéro gravé sur elles.

Estimation du problème :

L’US Air Force explique qu’il y a plus de 48’000 attaches des deux types sur un chasseur F-35. Les F-35A de l’Air Force possèdent 848 boulons Inconel sur 48’919 fixations au total, soit environ 1,7% du total. Le modèle F-35B du Marine Corps comprend 877 fixations Inconel sur 50’603, soit 1,7%. Le modèle F-35C de la Marine, cependant, qui doit supporter le choc des atterrissages durs répétés sur un porte-avions et est plus grand et plus lourd que les deux autres variantes, a 51’353 attaches, dont 1813, soit 3,5%, sont en Inconel.

Deux lignes d’assemblage incriminées :

L’enquête mise en place suite à cette découverte à montrer que les lignes d’assemblage de Fort. Worth au Texas et celle de Finmeccanica en Italie sont touchées par le problème. Le site japonais semble avoir été épargner.  

Conséquences : 

Pour l’avionneur Lockheed-Martin, l’analyse initiale a conclu que "le titane a une résistance suffisante dans les endroits qui nécessitaient des boulons Inconel. De fait, pour le moment, il n’y a pas de restriction d’exploitation de l’avion. L’avionneur a de son côté commencé à mettre en œuvre un plan correctif en novembre et avait achevé la plupart des actions en décembre 2019, bien qu'elle n'ait pas précisé ces actions.

Le JPO et Lockheed-Martin vont devoir examiner à l’avenir les impacts structurels de l'installation de fixations en titane dans des endroits où la conception nécessite Inconel. On peut s’attendre à de nouvelles inspections à l’avenir. Par ailleurs, il faudra également déterminer et organiser le remplacement des attaches incriminées. Un programme doit encore être planifié à ce sujet. (Sources : Airforcestimes, JPO).

Photo : Chaîne d’assemblage du F-35 @ Lockheed-Martin

 

16/01/2020

F-35 : un remplaçant pour ALIS !

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Le Système Autonomic Logistics Information (ALIS) en ligne informatisé du chasseur furtif F-35 fabriqué par Lockheed Martin ne marche pas, il souffre de nombreux retards. Ce système fortement critiqué sera remplacé par un autre réseau créé par Lockheed Martin. La confirmation a été faite ce mardi par le Pentagone.

Rappel :

A l’origine, le système d’information logistique autonome (ALIS) a été conçu pour soutenir les opérations quotidiennes de la flotte de F-35, allant de la planification des missions et de la planification des vols aux réparations et à la maintenance programmée, ainsi que le suivi et la commande de pièces.

Les problèmes d’ALIS :

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La grande taille des serveurs d’ALIS pose des problèmes de transport, de plus le système doit être connecté. Or, dans un environnement de brouillage électronique et de cyberguerre, sans oublier le simple problème d’approvisionnement en électricité dans un contexte de guerre généralisée, rien ne garantit le bon fonctionnement du système. De plus, des doutes apparaissent en ce qui concerne la résistance dans un environnement à haute température typique des opérations au Moyen-Orient par exemple.

La problématique de l’ultra-connectivité est aussi mise en cause, que se passerait-il pour l’ensemble des utilisateurs du F-35, si l’un des pays client se faisait « pirater » son système de maintenance ? Les risques de perturbations pourraient se répandre à travers le système et venir infecter l’ensemble des flottes de F-35.

Le dernier problème soulevé par le fonctionnement d’ALIS provient des essais par le Corps des Marines à bord des navires d'assaut amphibie. En effet, les tests n'ont pas évalué la déployabilité du système et de fait « ALIS » n’est pas opérationnel. Si le système ALIS a pu être transporté et mis en place, l’ensemble de celui-ci n’a pas été testé dans son ensemble à ce jour.

Dans une déclaration en réponse aux conclusions du GAO, les responsables du programme F-35 au sein du Pentagone ont déclaré : «il n'y avait pas de surprises" dans le rapport, les questions associées à ALIS sont bien connues des services, des partenaires internationaux et de l'industrie. Le système ALIS a rendu difficile la maintenance des F-35 en service, alors qu'il était censé la faciliter.

Pour exemple, une unité de l'Air Force a estimé qu'elle passait l'équivalent de plus de 45’000 heures par an à effectuer des tâches supplémentaires et des solutions manuelles parce qu'ALIS ne fonctionnait pas comme il le fallait", a déclaré le GAO dans un rapport de novembre dernier.

De plus, ce printemps Lockheed Martin a dû se résigner à avouer que le système ALIS ne fait que transmettre des mises à jour aux utilisateurs, des données spécifiques de ceux-ci sont ainsi récupérées et envoyée à LM. Le problème de l’hyperconnectivité et de la souveraineté de l’utilisateur est posée.

 Operational Data Integrated Network (ODIN):

Le Pentagone a déclaré que ALIS serait remplacé par le réseau intégré de données opérationnelles (ODIN) de Lockheed Martin, qui sera rationalisé pour plus d'efficacité. Lockheed Martin, le maître d'œuvre du F-35, travaillerait sur ODIN (Operational Data Integrated Network) dans le cadre du profil de financement actuel d'ALIS sans frais supplémentaires pour le contribuable. Selon LM, le système ODIN aura remplacé ALIS dans tous les F-35 en décembre 2022, à l'exception de ceux déployés à distance ou sur des navires. ODIN sera basé dans le cloud et conçu pour fournir des données en temps quasi réel sur les performances des avions et des systèmes dans le cadre de dispositions de cybersécurité renforcées. Mais pour l'heure, pas de garantie d'une meilleure souverainé des données !

De son côté le Government Accountability Office (GAO) a estimé qu'ALIS aurait déjà coûté plus de 16,7 milliards de dollars sur son « cycle de vie » actuelle.

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Photo : 1 F-35 2 Techniciens de maintenance F-35 à distance @LM

 

08/11/2019

Le Su-35 formellement proposé à la Turquie !

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Ankara a reconnu avoir reçu une proposition russe concernant la vente d’avions de combat Sukhoi Su-35. Ismail Demir, chef de la présidence des industries de défense (SSB), a déclaré le 1er novembre à la chaîne de télévision NTV: «Il y a une offre et nous l'évaluons. Les aspects financiers et stratégiques de l’offre sont examinés ».

Selon les premières informations disponibles, les responsables turcs et russes discutaient depuis plusieurs semaines des détails sur une offre russe concernant un lot portant sur 36 avions de type Su-35. La proposition a été mise sur la table peu après que le président Recep Tayyip Erdoğan eut inspecté un certain nombre d'avions de combat russes exposés au salon MAKS 2019. Peu de temps après, Sergei Chemezov, directeur général de Rostec, a déclaré qu'il serait disposé à vendre des avions à Sukhoi à la Turquie. En septembre dernier, des chasseurs russes Su-35 et Su-30SM ont participé au Salon Teknofest d’Istanbul, pour une démonstration spécifique, auprès d’une délégation turque, lors du plus grand événement aéronautique et technologique organisé par la Turquie sur l'aéroport Atatürk.

Des discussions qui avancent :

Ankara aurait signé un contrat prévoyant un ensemble de mesures compensatoires visant à impliquer l’industrie locale dans la construction d’aéronefs et à intégrer des armes lancées de manière locale. Si l’accord sur des Su-35 est finalisé, ce sera le deuxième achat majeur par Ankara d’un puissant système d’armes auprès de Moscou, après celui des systèmes sol-air Almaz-Antei S-400, d’une valeur de 2,5 milliards de dollars.

Premier lot de S-400 livré :

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Pour faire un point de situation, le ministère russe de la Défense a confirmé que les envois de deux batteries de missiles de défense S-400 avaient été exécutés plus tôt que prévu. La livraison d'un deuxième lot sera portée sur le calendrier de 2020, alors que les deux parties poursuivaient les discussions sur le partage de technologies et la production en commun. Les accords de compensation et de co-développement et de production en commun font partie des conditions préalables à tout achat ultérieur de S-400 par la Turquie.

Retrait du programme F-35 :

Pour mémoire, suite aux livraisons de missiles S-400, Washington a retiré la Turquie du programme F-35 et a menacé d'imposer des sanctions économiques. Washington a fait valoir que le S-400 serait incompatible avec les systèmes de l'OTAN et exposerait le F-35 à un possible subterfuge russe.

Le Sukhoi Su.35 :

Le Su-35 est un appareil de la génération 4++. Les caractéristiques de l'avion comprennent une nouvelle avionique numérique avec fusion des données, un nouveau réseau d'antennes radars progressives avec une longue portée de détection et de cibles aériennes. Son noyau est le système de gestion de l'information (SGI), qui intègre les sous-systèmes fonctionnels, logiques, d'information et de logiciels en un complexe unique qui assure l'interaction entre l'équipage et l'équipement. L'IMS comprend deux ordinateurs centraux numériques, dispositifs de commutation et de l'information. Le pilote dispose de deux écrans MFI avec affichage multi-fonctions de 9x12 pouces et une résolution de 1400x1050 pixels.

Le noyau du Su-35 dispose de deux doubles radars en bande X en réseau, à antennes progressives Irbis-E, soit un N-12 à l’avant et un N-011 dans la queue arrière. A l’avant le N-12 est monté sur une unité de commande hydraulique à deux étapes (en azimut et en rouleau). Le dispositif d'antenne scanne par un faisceau électronique dans l'azimut et l'angle d'élévation dans les secteurs non inférieure à 60°. L'unité d'entraînement en deux étapes électro-hydrauliques tourne en outre l'antenne par des moyens mécaniques à 60 ° en azimut et 120 ° en roulis. Ainsi, en utilisant la commande électronique et mécanique tour supplémentaire de l'antenne, l'angle de braquage maximal du faisceau peut atteindre 120 °. Le radar Irbis-E détecte les cibles aériennes jusqu’à une portée maximale estimée à 400 km. Le tout avec une nouvelle génération d'optique frontale.

La durée de vie de la cellule est de 6’000 heures de vol, soit un cycle de vie de 30 années d'exploitation. La durée de vie assignée des moteurs AL-117S dérivé de l’AL-31F avec poussée vectorielle est de 4’000 heures.

Commentaire :

Le dossier reste particulièrement complexe, Ankara semblait vouloir croire, il y a peu, à un revirement de Washington en ce qui concerne le F-35. La Turquie escompte peut-être un changement de cap, de dernière minute de la part du Président D. Trump. Pour autant, les discussions avec Moscou sont bien engagées sur le S-35, mais également sur l’éventualité d’un futur partenariat sur le Su-57.

La décision finale d’Ankara sera lourde de conséquences à la fois politiques et militaires. Un tel achat remettra en question l’appartenance de la Turquie à l’OTAN avec un nouvel éloignement de l’Europe au profit de Moscou.

Du côté de l’Otan, deux camps semblent se former, l’un pour l’éviction de la Turquie et l’autre pour trouver un compromis. L’OTAN, parait une nouvelle fois affaiblie et n’arrive pas pour l’instant à parler d’une seule voix. Pour les Etats-Unis, l’achat S-400 et une manifestation d’hostilité de la part d’un pays qu’elle a aidé depuis 67 ans, une commande d’avions de combat Sukhoi, serait alors vécue comme une totale trahison. L’Europe semble pour sa part complètement tétanisée sur l’avenir de l’Alliance Atlantique. Alors, sommes-nous au bord d’un inévitable divorce ?

Photos : 1 Su-35 @Sukhoi 2 S-400 @ Almaz-Antei

04/11/2019

Que se cache-t-il derrière la réduction des coûts du F-35 ?

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Dans un article précédent, je vous expliquais la réduction de coût unitaire du F-35, qui devrait pour la version « A » descendre à moins de 80 millions de dollars au cours des prochaines années. Pour autant, cette réduction semble cacher autre chose, nous allons voir pourquoi.

Selon les documents budgétaires du Pentagone disponibles au public et qui montre que le coût réel du F-35 dépasse 100 millions de dollars par exemplaire pour l'achat de l'exercice 2020. Compte tenu du travail qui reste à accomplir et de la manière dont le Pentagone a cédé de nombreuses responsabilités clés au fabricant, le prix sera probablement au moins égal à ce montant ou supérieur dans un avenir prévisible.

Rappel :

Selon les estimations de Lockheed-Martin, l’objectif de coût par avion de type F-35A devrait atteindre un prix de 80 millions de dollars avec le lot 13.  Il devrait également y avoir une réduction de coût unitaire pour chaque variante de l'aéronef d'environ 12,7% en moyenne lorsque l'on comparait les achats du lot 14 aux achats du lot 11.

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Les variables qui augmentent le prix :

Oui, mais il y a un « hic » ! L'estimation actuelle du lot d'aéronefs actuellement en production est de 89,2 millions de dollars pièce. Ce chiffre représente le coût unitaire soit le prix pour l’avion et le moteur.  Mais ce prix ne prend pas en compte les équipements connexes nécessaires au fonctionnement de l’avion.  

Ces 89,2 millions de dollars ne comprennent pas les dépenses d’achat consacrées aux pièces de rechange initiales, aux simulateurs de formation au pilotage, au système d’appui ALIS, coûteux et peu performant. A côté de cela, il faut prendre en compte les coûts à l’heure de vol qui, nous le savons son exorbitants pour le F-35.

Mais, il y encore une autre variable qui va faire monter le prix initial du F-35. Il s’agit des modifications nécessaires pour corriger à la fois les défauts de conception connus et potentiels de l’avion.  Selon le DOD, il est estimé à près de 44’000 dollars US par heure de vol.

De fait, lorsque l’on jette un coup d’œil attentif aux documents budgétaires du Pentagone, ceux-ci  indiquent que le coût d’achat de ces 48 appareils pour l’année 2020 est supérieur à 101 millions de dollars, soit près de 12 millions de plus que le montant indiqué par l’avionneur. En utilisant les cartes de la Marine et les mêmes calculs, on constate que les coûts réels de chaque F-35C dépassent 123 millions de dollars, tandis que chaque F-35B coûte plus de 166 millions de dollars.

Rien de tout cela ne prend en compte les coûts de recherche et développement du programme. Ellen Lord, responsable des acquisitions du Pentagone, a annoncé le 29 octobre que le programme avait besoin de plus d’argent pour mener à bien la phase de développement et de test du programme. Les derniers chiffres accessibles au public montrent que les contribuables auront dépensé environ 55,5 milliards de dollars pour la recherche et le développement des F-35. Si le Pentagone achète les 2’470 F-35 du plan actuel, le coût réel de chaque avion augmentera de près de 22,5 millions de dollars.

Les responsables du programme avaient prévu d'achever les tests de développement et d'exploitation d'ici décembre 2019. Toutefois, les concepteurs et les ingénieurs ont eu du mal à mener à bien l'environnement de simulation conjointe, un simulateur extrêmement précis nécessaire pour effectuer les tests opérationnels. Les problèmes proviennent de la programmation des données de vol et des données de performance des avions recueillies, lors de vols en conditions réelles dans le logiciel de simulation.

Le programme F-35 manquera d’argent pour le développement avant que le simulateur et les tests opérationnels ultérieurs puissent être terminés. Le Pentagone devrait annoncer avant la fin de 2019 combien il lui faudra encore d’argent au-delà du budget actuel de 406,4 milliards de dollars du programme pour mener à bien cette phase du programme. (sources, rapport POGO, octobre 19).

 Alors, toujours aussi intéressant en termes de prix le F-35 ?

Photo : F-35 @ Britta Petersen