11/10/2018

Pour la seconde fois les F-35 sont cloués au sol !

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Le Pentagone a émis un ordre d’interdiction de vol temporaire pour les F-35 quelques soit la version. En service. Cette décision fait suite au crash d’un Lockheed-Martin F-35B « Lightning II » près de l’aérodrome du Marine Corps à Beaufort, en Caroline du Sud, le 28 septembre dernier. Le pilote  a pu s’éjecter.

La raison :

Les enquêteurs soupçonnent une conduite de carburant défectueuse dans le moteur comme cause potentielle de la perte. De fait, tous les F-35 de la Force aérienne, du Corps des Marines et de la Marine, ainsi que ceux de partenaires internationaux, doivent être soumis à une première inspection des pièces suspectées, ce qui devrait prendre environ 48 heures. Les aéronefs dont les tubes de carburant sont en bon état seront immédiatement rétablis à l’état de vol, tandis que ceux avec des pièces suspectes devront les remplacer. Entre-temps, la commission d'enquête sur l'accident continue d'examiner les données de l'accident, le problème des canalisations de carburant ayant été évoqué comme cause possible avant les conclusions finales.

On notera,  que la Royal Navy n'a pas suspendu toutes ses opérations. Le F-35B a poursuivi ses opérations d'essais sur le porte-avions HMS Queen Elizabeth, mais de manière limitée.

Pas une première :

Il ne s’agit pour autant pas de la première interdiction de vol pour la flotte de F-35. En effet, une première décision du genre avait été prise lorsqu’un F-35B avait subit un incendie moteur  lors d’un vol. L’avion avait dû effectuer un atterrissage d'urgence en vol le 27 octobre 2016. Il s’agissait pour l’époque du quatrième incendie sur le nouvel avion. Le premier incident du genre s’était déroulé en 2011 sur l’avion d’essais AF-4. Une défaillance du système électrique intégré avait causé le départ du feu. En 2014, le F-35 n°AF-27 avait pris feu suite à une défaillance qui s'est produite à hauteur du troisième étage du rotor de la soufflante. L’avion ne sera jamais réparé et restera cloué au sol. Et puis en septembre, un incendie s’est déclaré, lors du démarrage du moteur d’un F-35 sur la base aérienne de Mountain Home dans l’Idaho. L'avion endommagé est l'un des sept F-35A de l'escadron 61 basé à Luke en déplacement à Mountain Home.

Un nouveau problème électronique dévoilé :

Un autre problème électronique vient d’être dévoilé en ce qui concerne le F-35 et concerne les fichiers de missions (MDL). En effet, ces fichiers sont pertinents pour les missions, car ceux-ci permettent de détaillés les cibles potentielles, des avions de combat de l'ennemi et d'autres menaces, tels que la défense aérienne, chacune avec leurs signatures électroniques et/ou infrarouges qui doivent être chargés avant chaque utilisation dans l'ordinateur de bord du F-35 et mis à jour après chaque utilisation. Hors, il s’avère que sans ces fichiers MDL qui font justement défauts, le F-35 ne peut ni trouver ses objectifs, ni échapper aux menaces potentielles. L’actuel MDL n’est pas terminé et il faudra plus de sept années pour le réaliser et avec une base de donnée utile regroupant les informations de l’ensemble des utilisateurs. Mieux lorsque celle-ci sera enfin terminée, il faudra encore y ajouter les mises à jours. Avec les problèmes du système de maintenance ALIS, se sont deux systèmes clefs du programme F-35 qui font défauts. La version actuelle du MDL est encore à l'état de prototype. 

Photo :F-35 @ USAF

28/07/2018

Israël préfère de nouveaux F-15 aux F-35 !

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Israël prépare l’achat de nouveaux chasseurs F-15 pour ses forces aériennes dans le cadre du plus grand contrat de défense de l'histoire du pays. Je vous l’annonçais depuis un certain temps, l’Etat hébreu est entré en négociation avec le Boeing et le nouveau gouvernement américain pour l’achat d’au moins un escadron de Boeing F-15 « Silent Eagle » afin de venir combler, d’une part le vieillissement des F-15 les plus anciens, mais également de combler le faible nombre de F-35 qui seront finalement achetés.

Achat pour 11 milliards de dollars :

 L'accord avec le constructeur aéronautique Boeing, d'une valeur combinée de 11 milliards de dollars, comprendra vraisemblablement trois composantes principales: une flotte d'avions de combat, une flotte d'hélicoptères de transport et des ravitailleurs aériens. Ces deux derniers composants sont particulièrement critiques car les hélicoptères de transport et les avions de ravitaillement existants de l'armée de l'air israélienne sont extrêmement obsolètes et doivent être remplacés immédiatement.

L'accord devrait être étalé sur une période d'environ 10 ans, à partir du moment où l'accord est signé et jusqu'à ce que le dernier avion soit livré à Israël. Le ministère de la Défense et l'armée israélienne travaillent depuis longtemps pour conclure cet accord. Le point principal du débat a porté sur la question de savoir si l'achat de chaque composant d'un fabricant différent ou les trois de la même entreprise qui, finalement, est venu avec de meilleures conditions de paiement, d'approvisionnement et de maintenance.

Jusqu'à récemment, la H'eil Ha'Avir Ha'Israelipensait que le F-35 serait le dernier avion de chasse habité qu'Israël achèterait, à la fois pour préserver l'avantage qualitatif de l'armée de l'air sur les autres pays de la région et pour minimiser les types d'avions et maximiser la baisse des dépenses opérationnelles. Cependant, il y a eu un changement de politique et maintenant le plan est d'acheter un autre escadron de F-15 avancés, dans le cadre de l'accord global avec Boeing.

IAF-15 Israël Advanced :

On apprend notamment que le futur F-15 sera développé à partir du prototype du F-15 « Silent Eagle » et emportera en plus des systèmes de fabrication israélienne. L’avion sera complètement nouveau et sera connu comme l'IAF-15, soit un acronyme pour Israël Advanced.

Le futur IAF-15 du F-15 «Silent Eagle » qui dispose d’une amélioration de la furtivité des revêtements et la signature de l'avion, qui est due, au montage de trappes qui permettent le transport des armes en interne (CFTS). La particularité résident dans le fait qu’il possible en fonction de la mission de choisir entre le transport en interne ou de revenir au transport traditionnelle, emport de carburant et armes en externes.

 Le «Silent Eagle» est capable de transporter en interne l’ensemble des missiles air-air, tels que des missiles AIM-9X et AIM-120 et air-sol, des armes telles que le Joint Direct Attack Munition (JDAM) et Small Diameter Bomb (SDB). Le niveau de charge des armes utilisées sur les versions actuelles des F-15 reste  le même avec l’installation du CFTS.

Une autre amélioration est l'aérodynamique Digital Flight Control System, qui améliore la fiabilité de l'avion et réduit le poids de la  cellule. L’adoption d’une peinture absorbante sur l’ensemble de la cellule contribue également à la diminution de la signature radar.

Un nouveau système de guerre électronique Digital Electronic Warfare System (DEWS) qui travaille de concert avec le radar Raytheon Electronic Scanning Array (AESA)  permet une optimisation des différents capteurs et senseurs.

Les autres améliorations et équipements en provenance d’Israël ne sont pour l’heure pas connu.

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Photos : 1 F-15 israélien@ IAF Le F-15 Silent Eagle @ Boeing

 

06/07/2018

Demandes d’offres envoyées pour le nouvel avion de combat !

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Cette fois nous sommes entrés de plein pied dans le lancement de l’évaluation du futur avion de combat, qui doit venir remplacer les derniers Northrop F-5 E/F « Tiger II » et les Boeing F/A-18 C/D « Hornet ». La demande d’offre doit permettre aux avionneurs d’entrer ou non dans la compétition. Les avionneurs doivent pour celà rendre leurs copies d’ici à fin janvier 2019.

Sur la base des exigences publiées par le DDPS le 23 mars 2018, armasuisse a, le 6 juillet 2018, envoyé la demande d'offre des prochains avions de combat aux organismes gouvernementaux des cinq constructeurs concernés: l’Allemagne (Airbus Eurofighter), la France (Dassault Rafale), la Suède (Saab Gripen E) et les Etats-Unis (Boeing F/A-18 Super Hornet, Lockheed-Martin F-35A). Après prise de contact par leur organisme gouvernemental, les constructeurs ont la possibilité de soumettre leur offre à armasuisse jusqu’à fin janvier 2019.

Les offres doivent notamment contenir les éléments suivants:

  • calcul du nombre d’avions requis selon le constructeur pour accomplir les missions de l’armée de l’air suisse (et notamment de faire voler quatre avions en permanence pendant quatre semaines) 
  • prix pour 40 et 30 avions, frais logistiques et armement compris comme base pour la détermination ultérieure du nombre requis.
  • informations et propositions de coopération entre forces armées et autorités de passation des marchés.
  • indication quant à la possibilité de compensations.

Evaluation et analyse des coûts/de l’utilité :

Puis, les indications des constructeurs seront analysées dans le détail. Pour ce faire, le DDPS a défini une pondération des quatre critères d'évaluation principaux concernant l’utilité du système:

  • efficacité (opérationnelle, autonomie)  55%
  • assistance produit (facilité d’entretien, autonomie dans l’assistance)  25%
  • coopération  10%
  • compensations directes  10%

Cette pondération vaudra aussi pour le système de défense sol-air (DSA) pour lequel la demande d'offre devrait être envoyée à la fin de l’été.

Cette fois-ci, la comparaison des candidats pour le nouvel avion de combat et le nouveau système de défense sol-air se basera, en plus de l’utilité globale, sur les coûts d’achat et d’exploitation.

Etapes suivantes :

De mai à juillet 2019, les avions de combat passeront les uns après les autres des essais en vol et au sol à Payerne, après quoi une deuxième demande d’offre sera envoyée par armasuisse en novembre 2019 avec des réponses attendues pour fin mai 2020. Les constats effectués pendant les essais en vol et au sol, ainsi que l’évaluation de la première offre seront intégrés dans cette deuxième demande d'offre. Celle-ci demandera aux constructeurs de proposer une offre la plus avantageuse possible pour la Suisse.

Le rapport d’évaluation sera établi de juin à fin 2020 pour ensuite être soumis au Conseil fédéral en même temps que celui du système de défense air-sol afin de décider du modèle. (sources DDPS).

Ce à quoi il faut s’attendre :

Le renouvellement de notre flotte aérienne intéresse au plus au point les avionneurs qui doivent vendre absolument. Nous pouvons déjà être assurés de la participation des avions européens (Rafale, Gripen, Eurofighter). L’avionneur américain Boeing étati un peu en retrait ces derniers mois, mais il semble bine que la politique d’exportation de l’administration Trump permette cette-fois à l’avionneur de répondre par la positive. Rien n’est jouer par contre pour le F-35, dont certains critères (maintenance et codes sources) ne répondent pas à la demande suisse.

Fortes compensations :

Je reviendrais sur les crittères techniques au moment venu, mais pour l’emporter les avionneurs doivent « garantir 100% » de compensations industrielles. Pour tenter de remporter le contrat en Suisse, les avionneurs vont rivaliser d’offres toutes plus avantageuses les unes que les autres ,avec probablement des garanties supérieurs à 100%. Mais là encore, nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

 

 

19/06/2018

Le Sénat américain bloque la livraison de F-35 à la Turquie !

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Je vous en parlais le 15 juin dernier, la mobilisation du Sénat américain à fonctionner un vote qui bloque temporairement la livraison des F-35 à la Turquie.                       

Le projet de Loi d’autorisation de la Défense nationale (NDAA) contenant l’amendement vise à interdire les ventes de F-35 à la Turquie doit encore être adopté par la Chambre et ne devrait pas devenir loi avant la fin de l’été.

 De fait, la vente de F-35 à la Turquie est momentanément bloquée à moins que Trump certifie que la Turquie ne menace pas l'OTAN, l'achat de matériel de défense de la Russie ou la détention de citoyens américains. L'amendement affirmait que l'achat du système S-400 en provenance de Russie augmentait les tensions et les risques pour l'alliance de l'OTAN. Il exige également la libération du pasteur américain Andrew Brunson, qui fait face à des accusations de terrorisme en Turquie.

Avant de pouvoir être légiféré, le projet de loi doit être concilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants. Cette mesure de compromis doit ensuite être adoptée par les deux chambres et signée par Trump. 

Réaction en Turquie :

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu déclaré que la Turquie se tournerait vers d’autres marchés si les USA ne lui permettaient pas d’acheter les avions de combat F-35 auprès de l’avionneur  Lockheed-Martin.

Ankara a juré de riposter face à toute tentative de restriction en matière d’exportation de matériel militaire. Il semble que la visite du président russe Vladimir Poutine en avril dernier en Turquie a inclus des discussions de livraison en ce qui concerne le Sukhoi Su-57.

De son côté Lockheed-Martin s’attend toujours à remettre un F-35 à la Turquie, lors d’une cérémonie qui aura lieu à Fort Worth, au Texas, le 21 juin, mais l’avionneur ne sait pas, si l’avion pourra rejoindre la Turquie. Selon le calendrier, le premier avion aux couleurs de la Turquie doit rester aux USA durant 6 mois pour assurer la formation des pilotes turcs avant de s’envoler vers Ankara.

 

Photo :F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

18/06/2018

Avions de combat, Bruxelles tente de reprendre la main !

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Après les nombreuses critiques survenues sur la manière de gérer le dossier de remplacement de la flotte d’avions de combat Lockheed-Martin F-16 AM/BM « Fighting Falcon », le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé en fin de semaine dernière un changement important dans le processus de sélection opérés par l'armée de l'air belge. Le choix final est pour l’instant repoussé à la mi-octobre.

Prolongation des F-16 et étude du Rafale :

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré que la Belgique allait évaluer de manière approfondie la mise à niveau de la flotte de F-16 ainsi que l'offre française basée sur le Rafale Dassault. Selon le Loi belge, l’option d’une offre hors concours peut être acceptée à la condition que les produits proposés au sein de l’offre officiel ne répondent pas correctement au cahier des charges. Cependant, le pays n’ayant pas donné d’avis sur les offres du F-35 et de l’Eurofighter, le gouvernement belge prend une initiative osée qui pourrait fâcher les deux avionneurs en course.

 Trois options :

Trois options vont être ouvertes en Belgique : l'extension de la durée de vie des F-16, l'achat de l'un des deux avions participant au concours RFGP en cours, à savoir l'Eurofighter et le Lockheed-Martin F-35, ainsi qu'une troisième option, la proposition française sur avec le Rafale.

A noter au passage qu’en choisissant l’option européenne de l’Eurofighter ou du Rafale, la Belgique se positionnerait directement en vue du futur avion de combat européen.

Reprendre la main :

Cette décision du Premier Ministre devrait permettre d’éteindre l’incendie de l’épineux dossier pour les prochaines semaines et satisfaire les partis d’oppositions au moins jusqu’à la fin de l’été. Reste qu’il va falloir étudier le dossier complet du Rafale qui n’a pas encore été transmis. En même temps, au vues des critiques du dossier, il aurait été ridicule de ne pas tenir compte de l’offre française qui est en soi aussi bonne que celle d’Airbus (Rafale = 5'000 emplois et 20 milliards d’euros de compensation, Eurofighter = 6'700 emplois et 19,3 milliards d’euros de compensation). Mais l’atout du Rafale se trouve notamment dans le rapport coût/efficacité plus avantageux avec une maintenance plus faible.

Pour autant, quelque soit le choix final, le Gouvernement belge devra essuyer les pots cassés. Car en cas de choix du Rafale ou d’une hypothétique extension de vie des F-16 les deux avionneurs Lockheed-Martin et Airbus pourraient attaquer la décision en justice. A l’inverse, un refus du Rafale serait moins problématique, mais laisserait un goût amer à beaucoup de monde. On peut se demander, si au final, il ne serait pas plus judicieux de recommencer à zéro le concours avec l’ensemble des protagonistes et permettant également à Boeing et Saab de revenir en course. Une nouvelle compétition ou tous les aéronefs auraient des chances de se présenter sur un même pied d’estale serait également bon pour l’image du gouvernement belge.

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Photos 1 F-16 belges 2Les avions officiels : F-35 et Eurofighter, le Rafale en offre parallèle