20/10/2021

USAF, l'E-7A Wedgetail pour remplacer les vieux AWACS ?

wedgetail-AEW-C-aircraft.jpg

Depuis plusieurs mois, l’US Air Force prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroporté sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ». 

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

Le Boeing E-7 « Wedgetail » en favori  

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Ces dernières semaines les yeux se sont clairement tournés en direction du Boeing E-7A « Wedgetail », car l’USAF a formulé  un avis d'action contractuelle, intitulé "E-3 Replacement Aircraft Studies & Analyses", le 19 octobre dernier, dans lequel elle a annoncé qu'elle confierait à Boeing la responsabilité d'effectuer les études, les analyses et les activités nécessaires pour déterminer une configuration de base et répondre aux normes de configuration de l'USAF du E-7A.  

Moins d’AWACS

L’US Air Force doit encore déterminer avec exactitude le nombre de ses futurs avions d’alerte lointaine, car l’arrivée du F-35 permet de combler en grande partie ce besoin mais pas entièrement. En effet, avec 4 F-35, il est possible d’obtenir une couverture à 360 degrés avec la combinaison des radar et autre capteurs et caméras internes ( 6 par avion ) avec le réseau MADL pour partager et fusionner automatiquement ces données entre eux. Au sein de l’US Air Force on réfléchit donc à une intégration du futur avion AEW&C en collaboration avec les F-35. Par exemple, dans une zone dangereuse ou un AEW&C pourrait être une cible de premier choix, l'aspect d'alerte avancée en vol pourrait être entièrement pris en charge par des avions comme le F-35 et le F-22.  Cela pourrait signifier que le futur AEW&C serait relégué à des zones secondaires ou envoyé en appuis derrière le binôme F-35 et F-22. Dans ces conditions, les besoins futurs pourraient être divisés par deux. L’US Air Force doit également déterminer les besoins en temps de paix en utilisant le futur AEW&C pour une surveillance moins agressive qu’avec ses nouveaux avions de combat.

Selon le général Charles Brown Cmdt de l’USAF, la flotte de F-35 est devenue la seconde de part son importance derrière les F-16, les réflexions doivent prendre en compte ce nouvel élément pour articuler la future combinaison de l’Air Force.

f35a-20160803.jpg

Photos : 1 E-7 « Wedgetail » australiens @ RAAF  2 F-35 en vol @ USAF

 

28/09/2021

Lockheed Martin livre le 700 ème F-35 !

IMG_7706.jpeg

Lockheed Martin et le F-35 Joint Program Office ont livré le 700ème exemplaire de l’avion de combat  F-35 de production. Avec plus de 700 F-35 désormais livrés aux opérateurs américains et internationaux, l'impact de la flotte mondiale est considérable, améliorant considérablement la force interarmées alliée. Au fur et à mesure que la flotte de F-35 grandit, la force basée sur l'alliance nécessaire pour dissuader ou vaincre les concurrents proches augmente également.

Comme l'a noté le secrétaire de l'US Air Force, Frank Kendall la semaine dernière, "nous devons nous orienter vers des choses plus pertinentes pour les combats que nous devons dissuader et, si nécessaire, gagner". Le F-35 est à la fois la pierre angulaire de la flotte et un moyen de dissuasion stratégique.

Avec l'engagement de 14 nations et plus, les États-Unis et leurs alliés alimentent les partenariats, la sécurité et la croissance économique grâce au programme F-35. En tirant parti des investissements collectifs et des économies d'échelle, l'équipe mondiale du F-35 réduit les coûts tout au long du programme.

« Le F-35 reste un système aérien de premier choix pour trois des forces armées, sept partenaires internationaux et six clients commerciaux militaires étrangers. Il démontre régulièrement les capacités haut de gamme de nos combattants interarmées et internationaux, et il est performant dans des opérations de combat aérien, terrestres et maritimes », a mentionné  L'attaché de presse du Pentagone John F. Kirby.

Aujourd'hui, les F-35 opèrent à partir de 21 bases à travers le monde. Plus de 1’460 pilotes et 11’025 spécialistes de la maintenance ont été formés et la flotte de F-35 a dépassé les 430’000 heures de vol cumulées. 

« pierre angulaire »

Les hauts dirigeants de la défense américaine ont réitéré leur ferme soutien au F-35, que le chef d'état-major de l'US Air Force, le général Charles Q. Brown, Jr. appelle le "pierre angulaire" de la flotte de chasse de l’US Air Force. Selon le secrétaire de l'Air Force Frank Kendall, le F-35 offre une capacité de guerre aérienne tactique révolutionnaire.

L'US Air Force est le plus grand opérateur de F-35 avec un achat prévu de 1’763 avions F-35A. Le F-35 est le chasseur le plus avancé en production aujourd'hui et ses taux de capacité de mission sont supérieurs à 70 % et même plus élevés pour les unités déployées.

L'US Marine Corps exploite des F-35B à décollage court/atterrissage vertical et prévoit d'acheter 353 F-35B et 67 variantes d'avions porteurs F-35C. En collaboration avec les Marines, l'US Navy apporte une capacité de 5e génération en mer avec une planification pour acheter 260 F-35C. 

Croissance mondiale

La communauté croissante des pays du F-35 renforce la sécurité américaine et mondiale, renforçant la dissuasion, l'interopérabilité et le partenariat basés sur l'alliance. Avec plus de 220 F-35 désormais livrés à des opérateurs internationaux, l'impact de la flotte mondiale est substantiel, à la fois en taille et en importance.

L'un des exemples les plus visibles de collaboration internationale sur les F-35 est le déploiement du groupe aéronaval du Royaume-Uni. Le porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth a commencé son déploiement initial en mai 2021, avec des F-35B britannique et de l'USMC réunis. Le Royaume-Uni dispose désormais de deux porte-avions déployés avec F-35B à bord suivant le déploiement inauguraldu HMS Prince of Wales, le plus récent porte-avions britannique. 

D'ici 2035, plus de 450 F-35 seront stationnés sur le continent européen, dont 48 F-35A de l'US Air Force. Les membres de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) avec des programmes F-35 d'enregistrement comprennentla Belgique, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne , le Royaume-Uni et USA et peut-être le Canada.

La Suisse a récemment sélectionné le F-35A comme prochaine plateforme de chasse du pays, la production du premier F-35 en Pologne devrait commencer en 2022 et le premier avion devrait être livré en 2024. Des pourparlers préliminaires sont également en cours avec plusieurs nouveaux clients du F-35 en Europe. 

Partenaires dans le Pacifique

Le F-35 alimente également des partenariats dans l'Indo-Pacifique, où les pays de la région prévoient de se procurer un total combiné de près de 300 F-35.

L’Australie exploite le F-35A avec un programme record de 100 F-35A. Le Japon acquiert plus de F-35 que tout autre client international avec un programme établi de 147 F-35, dont 105 F-35A et jusqu'à 42 F-35B. La Corée prend actuellement livraison de 40 avions F-35A, et Singapour est en bonne voie pour recevoir son premier F-35B en 2026. 

Production avenir

Selon Lockheed Martin la production de F-35 culminera à 156 avions par an en 2023 et restera à ce niveau « dans un avenir prévisible ». Actuellement est avec le COVID, Lockheed Martin devrait livrer cette année une fourchette de 133 à 139 appareils et prévoit de fournir entre 151 et 153 avions pour 2022.

Le JPO et Lockheed se sont mis d'accord sur une base de programme, qui « garantit la prévisibilité et la stabilité du processus de production » du F-35.

FAOYY5XVEAMkI7n.jpeg

Pleine Capacité Opérationnelle (FOC)

Le Pentagone a retardé la déclaration de la Pleine Capacité  Opérationnelle (FOC), afin de permettre au F-35 d'être intégré à l'environnement de simulation conjoint, soit une plate-forme de « wargaming » qui mesure les performances de l’avion dans des conditions hautement classifiées. Celle-ci ne devrait plus tarder selon le Pentagone, car les problèmes de jeunesse du F-35 ne sont plus considérés comme problématique pour l’obtention de la FOC. A noter ces problèmes touchent essentiellement des mises à jour logiciels, ainsi que des demandes spécifiques des utilisateurs. Pour autant, nous continuerons ici à suivre l’avancée de la suppression de ces problèmes avec un œil critique.  

Réduction des coûts

En ce qui concerne les coûts d’exploitations du F-35 aux USA, sachant que celui-ci est acheté « nu » (sans armement, pièces détachées, simulateurs, moteurs de réserve et coûts de développement additionnels) de nouveaux contrats d’entretien du F-35 entre Lockheed Martin et le Pentagone américain ont été signés et intègrent la maintenance des bases et dépôts, ainsi que la formation des pilotes et des techniciens de maintenance. Il couvre également l'analyse des données à l'échelle de la flotte et la gestion de la chaîne d'approvisionnement pour la réparation et le réapprovisionnement des pièces détachées afin d'améliorer la disponibilité globale de la flotte. Ces nouveaux contrats soutiendront la disponibilité du F-35, tout en réduisant les coûts de maintenance du F-35.

Ces contrats représentent en effet une réduction de plus de 30 % du coût par heure de vol par rapport au contrat annualisé de 2020. Lockheed Martin a réduit les coûts par heure de vol du F-35 de 44 % au cours des cinq dernières années, avec une réduction prévue de 40 % supplémentaires au cours des cinq prochaines années. Les économies seront réalisées grâce à l'amélioration des coûts et d’avantage d’agilité et de fiabilité dans la chaîne d'approvisionnement de Lockheed Martin, ainsi qu’une plus grande efficacité de la main-d'œuvre. 

Les partenaires et clients du F-35 bénéficient d'une approche « achat en bloc » ou « paquet » qui garantit un prix fixe et plus bas en ce qui concerne la maintenance et l’exploitation, comme c’est le cas en Suisse par exemple. Le contrat pour la Suisse prend également en compte une éventuelle inflation, les prix sont bloqués et garantis par le pays vendeur, durant toute la période de validité (10 ans) du contrat comme ce fût le cas avec les Hornet.

IMG_7603.jpeg

Photos : 1 & 3 F-35 italien@ Aeronautica Militare 2 F-35 US Demonstation Team @ USAF

 

 

 

 

20/09/2021

F-35, intégration des Meteor & Spear !

F-35-ASRAAM.jpg

BAE Systems et MBDA ont été mandatés pour compléter l'intégration des missiles Meteor et Spear à bord des avions de combat Lockheed Martin F-35 pour deux opérateurs européens, soit l’Angleterre et l’Italie.

Rappel 

En janvier 2021, le ministère britannique de la Défense a attribué à MBDA un contrat de démonstration et de fabrication de 758 millions de dollars pour l’intégration du Spear 3, le décrivant comme la future « arme air-sol principale » pour ses F-35. Le chasseur de cinquième génération pourra transporter en interne jusqu'à huit des missiles d'une portée de plus de 140 km. L'ajout de missiles air-sol Spear fournira aux F-35B du Royaume-Uni des « capacités multi-effets, compatibles avec le réseau, à charge élevée et avec une distance de sécurité étendue ». Cela améliorera encore la capacité de la force britannique Lightning à vaincre des cibles difficiles telles que les systèmes de défense aérienne mobiles à longue portée à des distances au-dessus de l'horizon par tous les temps et dans des environnements très contestés", ajoutent-ils. 

D’un autre côté, les travaux supplémentaires couverts par le nouveau financement achèveront l'intégration du missile air-air à statoréacteur MBDA Meteor au-delà de la portée visuelle F-35A pour l'Italie et le décollage court et l'atterrissage vertical du Royaume-Uni F-35B. Une équipe d'ingénieurs de BAE Systems, MBDA et Lockheed Martin va maintenant commencer les activités de test, de simulation et d'intégration au Royaume-Uni et aux États-Unis pour atteindre la capacité opérationnelle initiale des deux armes". 

meteor-f-35-1316535616-11.jpg

Ces deux systèmes d’armes viendront rejoindrent la bombe à guidage de précision Paveway IV de Raytheon UK et le missile air-air à courte portée MBDA ASRAAM en tant qu'armes britanniques intégrées au F-35. L’intégration finale devrait être prête pour 2024.

Des capacités étendues grâce aux systèmes « F-35 »

fg_1775577-jdw-1810.jpg

La connaissance de la situation est essentielle au succès et les capteurs intégrés et les systèmes d'information avancés du F-35, lorsqu'ils sont combinés avec des armes telles que l'ASRAAM 1 et le Meteor 2, lui donneront un net avantage sur les autres avions de combat de première ligne. La capacité de voir et de ne pas être vu (grâce au RCS inférieur du F-35), combinée à l'avantage supplémentaire des armes air-air de MBDA et de leurs plages d'engagement supérieures, redéfinit déjà les tactiques de combat air-air. Déployé à partir de la baie d'armes interne du F-35 (la furtivité n'est pas compromise), le Meteor est « activé par le réseau » via une liaison de données, optimisant pleinement les avantages de la connaissance de la situation du F-35. De plus, son statoréacteur et son autodirecteur radar actif se combinent pour offrir une vitesse et une maniabilité de fin de partie inégalées à des portées très étendues, ce qui se traduit par une zone de non-évasion plusieurs fois supérieure à celle des autres armes BVR existantes ou prévues. Les avantages de Meteor en font également une arme de dissuasion car tout ennemi y réfléchira à deux fois avant d'entrer dans l'espace aérien contrôlé par des F-35.

Le MBDA Meteor

Avec une vitesse supérieure à Mach 4 et une autonomie supérieure à 100 km (chiffre réel non divulgué), le « Meteor » apporte un changement radical dans les capacités de combat air-air. Alors que les missiles de type similaire ont une phase d’accélération relativement courte après leur lancement, le statoréacteur de « Meteor »  propulse celui-ci  jusqu’au point d’impact. Cela réduit les chances de l'avion adverse d’échapper au missile.

Après la Suède qui a été le premier pays à mettre en œuvre le « Meteor » sur le Gripen C/D de manière opérationnelle, la RAF et l’Eurofighter seront bientôt suivi des Rafale au standard F-3R l’année prochaine au sein de l’Armée de l’air. Les partenaires du programme « Meteor » incluent la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Suède et le Royaume-Uni.

Le MBDA SPEAR

Le « SPEAR-EW-3 » de MBDA/Leonardo est destiné à la supprimer les défenses anti-aériennes ennemies. Le cœur de la charge utile du SPEAR-EW-3 est la technologie DRFM (Digital Frequency Memory) miniaturisée de Leonardo, qui offre les technologies de brouillage et de tromperie électroniques les plus avancées. Le nouveau SPEAR-EW-3 complétera le missile de croisière miniature activé par le réseau SPEAR, conçu pour engager avec précision des cibles à longue portée, mobiles, fugaces et repositionnable par tous les temps, de jour comme de nuit, en présence de contre-mesures, d'obscurcissant et de camouflages, tout en assurant une distance de sécurité entre l'avion et les défenses anti-aériennes ennemies.

SPEAR-Launch.jpg

Photos : 1 F-35 tirant un ASRAAM 2 & 3 Meteor & F-35 4 Spear & F-35 @ MBDA

 

11/09/2021

F-35, le suisse Montana rachète le belge Asco !

IMG_7774.jpeg

Le choix suisse du F-35 avait une seule faiblesse, celui de ne pas avoir complètement rempli son carnet de compensation industrielles. Celui-ci doit être réglé d’ici quatre ans après la signature du contrat, auquel cas Lockheed Martin serait contraint de payer des pénalités.

Intérêt de l’industrie

Les industriels suisses commencent à se presser au portillon des investissements. Cette semaine le fournisseur de l'industrie aéronautique suisse Montana Aerospace a racheté le belge Asco Industries, spécialisé dans les composants pour ce secteur et notamment engagé dans la production de pièces pour le F-35. Le montant de la transaction n'a pas été divulgué. Asco est basé
à Zaventem, près de Bruxelles, l’entreprise dispose de sites de production en Belgique, en Allemagne, aux Etats-Unis et au Canada et compte près de1’200 collaborateurs.

La société suisse Montana Aerospace en achetant le fabricant de pièces d'avions Asco Industries élargit ainsi son offre et se positionne sur le F-35 en Europe. Asco Industrie est notamment spécialisée dans la fourniture de volets de bord fuite, soit le dispositif hypersustentateur pour l’industrie civile et militaire avec par exemple l’A400M d’Airbus.  

view.jpeg

"Avec l'acquisition d'Asco Industries, Montana Aerospace renforcera encore ses compétences en matière de conception de produits, de tests et de fabrication de composants et d'assemblages en métal dur pour les structures d'aile et de fuselage", a déclaré Montana Aerospace dans un communiqué. 

La société suisse Montana Aerospace compte 5’000 employés sur 28 sites sur quatre continents. Avec l’acquisition d’Asco Industries, la société suisse Montana Aerospace va pouvoir disposer d’un atout majeur dans la conception et la fabrication de dispositifs hypersustentateurs, d'assemblages mécaniques complexes et de composants fonctionnels majeurs pour l'industrie aérospatiale. Asco Industries fabrique en effet les ailerons haute-vitesse (Flaperon Spars) du F-35 en Belgique.

RUAG engagé sur le F-35

De son côté la société RUAG Australie, une division de RUAG Suisse travail sur le système d'actionneur de verrouillage qui ouvre et ferme les portes de la baie en quelques secondes pour permettre au F-35 de déposer sa charge utile plus rapidement et de maintenir sa capacité de furtivité. Le composant comprend 27 références et est assemblé dans le système d'entraînement de la porte de la baie.

L'amélioration de l'excellence concurrentielle et la réduction des délais qui en résultent ont permis à RUAG de répondre à la totalité de la demande de volume de production pour le programme F-35, dans les trois variantes d'avions. Des améliorations continues ont été mises en œuvre tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l'approvisionnement en matières premières à l'usinage, au traitement spécial, à l'assemblage, aux tests et, enfin, à l'emballage et à l'expédition au client.

Le système d'actionneur de verrouillage ouvre et ferme les portes de la baie en quelques secondes pour permettre au F-35 de déposer sa charge utile plus rapidement et de maintenir sa capacité de furtivité. Le composant comprend 27 références et est assemblé dans le système d'entraînement de la porte de la baie.

L'amélioration de l'excellence concurrentielle et la réduction des délais qui en résultent ont permis à RUAG de répondre à la totalité de la demande de volume de production pour le programme F-35, dans les trois variantes d'avions. Des améliorations continues ont été mises en œuvre tout au long de la chaîne d'approvisionnement, de l'approvisionnement en matières premières à l'usinage, au traitement spécial, à l'assemblage, aux tests et, enfin, à l'emballage et à l'expédition au client.

dgo3je52ac431.jpg

À propos du F-35

Le F-35 « Lightning II »  est le chasseur multirôle de 5ème génération le plus avancé au monde. Trois variantes du F-35 remplacent les anciens chasseurs de l'armée de l'air, du Corps des Marines et de la marine des États-Unis, ainsi que des forces aériennes d'au moins douze autres pays du monde, dont les membres européens de l'OTAN que sont le Royaume-Uni, l'Italie, les Pays-Bas, le Danemark et la Norvège, la Pologne et  s’ajoutent également l’Australie, le Japon, Israël, Singapour, la Corée du sud et la Suisse.

Plus de 690 avions F-35 ont été livrés et sont utilisés à partir de 29 bases dans le monde. Plus de 1’ 460 pilotes et 11’025 techniciens de maintenance ont été formés, et la flotte de F-35 a dépassé les 430’000 heures de vol cumulées. A ce jour, 2’595 appareils sont en commandes.

Photos : 1 F-35 @Sgt Alex Cook  2 Pièce fabriquée par Asco @ Asco 3 Portes des baies ouvertes @ LM

 

 

30/08/2021

Les coûts du F-35 sous la loupe !

unnamed.jpg

Les débats sur les coûts de l’avion de combat F-35 de Lockheed Martin sont devenus légion, d’une part à causes de ses nombreux succès à l’exportation qui font grincer des dents la concurrence et de l’autre les nombreuses critiques du GAO américain (Government Accountability Office). Pour celles et ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que je n’ai pas épargné le F-35 en ce qui concerne son développement. J’ai également été un des premiers, il a y 10 ans à décrire le F-35 comme l’avion qui allait permettre aux USA de revenir sur le devant de scène en matière d’exportation.

Mardi 31 août les opposants aux avions de combat vont officiellement lancer leur campagne « STOP F-35 » qui va nous amener à un nouveau vote, comme lors de l’achat des Boeing F/A-18 « Hornet ». Précisons d’emblée que la gauche aurait lancé une initiative quel que soit le choix de l’avion ! Une partie des arguments sont basés sur les coûts du F-35, l’occasion de remettre l’Eglise au milieu du village.

Les coûts annoncés 

Le conseil Fédéral sur la base des résultats de l’évaluation « air2030 » va proposer au Parlement d’acquérir un paquet comprenant 36 avions Lockheed Martin F-35A, ainsi que l’ensemble des systèmes connexes (armement, simulateurs, pièces de rechange, moteurs de rechange, formation des équipes de maintenance et des pilotes) pour un montant de Chf 5'068 milliards de francs, soit un volume financier très inférieur au budget cadre de 6 milliards de francs suisses approuvé par les citoyennes et les citoyens, lors de la votation du 27 septembre 2020. En ce qui concerne les coûts d’exploitation et de maintenance, le projet est devisé à 15,5 milliards de francs sur 30 ans, soit 2 milliards de moins que l’avion suivant évalué.  

Coûts d’achat

Le prix pour le « paquet complet » de Chf 5'068 milliards de francs est le plus bas des quatre offres. Il s’explique par le fait que 680 F-35 sont déjà en service dans le monde, pour un total actuel de 3'423 commandes à ce jour. 14 pays ont commandés le F-35. Les coûts « nus » d’un F-35A sont aujourd’hui de 77,9 millions de dollars.

Coûts d’exploitation / maintenance

Les coûts d’exploitations pour la Suisse atteignent 15,5 milliards de francs sur 30 ans. Soit un coût direct de 9,4 milliards de francs auquel il faut ajouter les coûts pour le personnel navigant, la préparation et l’exploitation, la maintenance des avions, la supervision des systèmes et la maintenance des appareils par l’industrie, y compris les charges de matériel, abonnements systèmes de logistique (ODIN), le carburant, y compris l’impôt sur les huiles minérales ainsi que la TVA.

En ce qui concerne les heures de vols, il possible de réduire sensiblement celles-ci. En effet, selon les australiens et les israéliens le « système » F-35 permet une formation très différente des autres appareils, une préparation plus poussée en simulateur permet de réaliser plus rapidement des exercices complets en vol réel, alors qu’il fallait plus de vols avec un aéronef de génération plus ancienne pour arriver au même résultat.

Différence USA / Suisse

Ce montant peut paraître faible par rapport aux nombreuses critiques du GAO américain sur ces mêmes coûts. Pour autant, il faut faire une importante distinction. En effet, le Pentagone achète ses avions « nus », soit sans armement, sans pièces détachées, sans compter les surcoûts dû aux opérations extérieures. Ces derniers font partie de commandes séparées. Cette manière de faire augmentent les coûts de l’ordre de 20 à 30% et explique notamment les problèmes de maintenance dû au manque de pièces détachées et de moteurs de réserves.

Cette constatation n’est pas juste le fait du F-35, on retrouve les mêmes problèmes pour l’ensemble des appareils  en service, démonstration : les chiffres de l'US Air Force pour le nouveau F-15EX établissent le coût de cet avion à 87,7 millions de dollars l'exemplaire. Mais ces chiffres concernent les avions de base et n'incluent pas l'équipement supplémentaire requis pour les rendre aptes au combat. Lorsque vous ajoutez la suite de contre-mesures électroniques (ECM) et les nacelles de ciblage qui permettent au F-15EX de voler en combat, son prix grimpe à 101,1 millions de dollars, 22,5 millions de dollars ou 29% de plus qu'un F-35A prêt au combat. Les coûts supplémentaires requis pour exploiter et maintenir l’avion et ses sous-systèmes ne sont pas pris en compte dans l'évaluation du coût par heure de vol du F-15EX. De manière déconcertante, ces coûts d'acquisition ne sont jamais pris en compte dans l'évaluation par le Pentagone. Certains médias européens adorent taper sur le F-35, mais ils ont volontairement, ou non, oublier de préciser ces éléments qui sont fondamentaux dans la compréhension des différences de coûts.  

Au final, les pressions du GAO rendent service à tous les utilisateurs quelques soit la méthode d’achat et permet de réduire encore les coûts du programme F-35.

Exemples étrangers

Les pays qui comme la Suisse achètent un paquet complet et non un avion « nu » s’en sortent mieux que les USA, quelques exemples :

Pays-Bas : 37 F-35 pour 4,5 milliards d’euros soit 140 millions l’avion complet en 2013. Depuis les coûts ont baissé à 111 millions.

Norvège : Le F-35 a non seulement répondu aux attentes budgétaires, mais les a dépassées. Vegard Norstad Finberg explique : « Le prix de l'avion était nettement inférieur à celui que nous avions calculé en 2012. « La dernière livraison nous a coûté moins de 80 millions de dollars par avion ».

Tant pour les Pays-Bas que pour la Norvège les coûts d'exploitation sont stabilisés et sensiblement moindre que prévu, des baissent additionnelles sont mêmes envisagées dans les années avenir.

Coûts de développement & partenariat

Dans le calcul des coûts d’exploitation du F-35, il me faut vous parler des frais de développent de l’avion. Pour les initiateurs de l’initiative STOP F-35 la Suisse devra payer chaque année des frais additionnels de développement c’est FAUX ! Seul les pays membre du Partenariat (3 niveaux) Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas et Canada participent aux coûts de développement de l’avion, la Suisse n’en fait pas partie ! Nous ne paierons pas un centime de plus.

Le prix du mensonge à 25 milliards

Selon l’initiative STOP F-35, les coûts du F-35 en Suisse seront de 25 milliards de nos francs et même bien plus. Ce chiffre est faux car nous atteignons un coûts total achat / exploitation de 21 milliards sur 30 ans et plus. Si l’on tient compte d’une mise à jour mie-vie (MLU) du F-35 en prenant un montant fictif exagéré de 1 milliard de nos francs, nous sommes toujours en dessous du montant des opposants. Sachant qu’un autre choix d’appareil par le Conseil Fédéral aurait couté plus cher pour un rapport coût/efficacité moindre.

Garanties et processus

Il faut préciser que le « paquet » du F-35 sera acquis à travers le programme américain Foreign Military Sales (FMS) aux conditions qui s’appliquent à l’État américain. Ce dernier gère l’acquisition à travers ses propres contrats avec les entreprises. Les prix et les conditions contractuelles y sont fixés de manière contraignante et soumis à un contrôle strict. En cas de dépassements des coûts, l’État américain interviendrait auprès du constructeur au profit de la Suisse afin de faire respecter le caractère contraignant des prix.

Les offres et leurs montants sont contraignants. L’offre du fournisseur reste valable dix ans pour les coûts d’acquisition comme pour les coûts d’exploitation. Au-delà d’un tel délai, aucune offre ne serait considérée comme sérieuse. Pour calculer les coûts d’exploitation, le DDPS se fonde donc sur l’offre et sur ses propres expériences des différents avions de combat que la Suisse a acquis jusqu’ici. Il tient compte notamment du vieillissement des systèmes qui, au fil des ans, accroît les frais de maintenance.

Afin de s’assurer de la viabilité des résultats, la conseillère fédérale Viola Amherd a commandé auprès du cabinet d’avocats zurichois Homburger SA une étude de plausibilité en vue de l’acquisition des nouveaux avions de combat. Cette étude portait sur la méthodologie d’évaluation, les critères d’adjudication ainsi que l’évaluation financière des offres, Homburger est arrivé à la conclusion que le classement des soumissionnaires selon l’analyse coûts-utilité faite par armasuisse dans le rapport d’évaluation était réaliste.

Sources : DDPS, GAO, Joint Programme Office, The White House Gov., LT Gen, Eric FICK USAF, V.N. Finberg NAF. RAAF, IAF.

unnamed-1.jpg

Photos : F-35A @ LM