23/06/2020

L’US Navy à l’heure du StormBreaker !

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L’US Navy s’intéresse à la bombe intelligente de petit diamètre Raytheon GBU-53 StormBreaker. Jusqu’ici c’était l’US Air Force qui poussait l’intégration de cette dernière sur ses F-15 notamment. La semaine dernière un Boeing F/ A-1 E/F « Super Hornet  a mené une série de tests en vue de la qualification de l’arme sur l’avion.

La capacité opérationnelle initiale pour l’utilisation sur le « Super Hornet » est prévue pour la fin de 2020. Le StormBreaker est également destiné à armer les Lockheed Martin F-35B et F-35C de l’USMX et de la Navy.

Le Raytheon GBU-53 StormBreaker :

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Le StormBreaker (renommé pour éviter toute confusion avec le Boeing GBU-39 / B SDB) emploie un chercheur tri-mode avec GPS / guidage inertiel. Le système peut identifier et frapper des cibles mobiles à des distances différentes dans toutes les conditions météorologiques. Le système utilise

un capteur infrarouge d'imagerie pour une meilleure discrimination des cibles, un système laser semi-actif pour frapper les points désignés par la plate-forme de lancement ou un laser hors-bord et un radar à ondes millimétriques qui peut détecter et suivre les cibles à travers le temps et dans n'importe quelle conditions de luminosité. La section de guidage tire et fusionne les informations des trois capteurs, pour fournir une capacité d'attaque précise contre les cibles fixes et mobiles. Un système GPS / inertiel est utilisé pour le guidage pendant le vol vers le voisinage cible. 

Lorsqu'il est libéré de haute altitude, le StormBreaker a une portée de plus de 72 km contre des cibles en mouvement grâce à des ailes escamotables et peut atteindre plus de 100 km contre une cible fixe. Pesant 93 kg et avec une forme compacte, le StormBreaker peut être transporté sur des racks à quatre magasins.

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Photos : 1 F/A-18 Super Hornet @ USN 2 GBU-53 StromBreaker @Raytheon

 

10/05/2020

F-22 & F-35 pourront bientôt communiquer ! 

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Northrop-Grumman a initié le développement et la mise en service d'un prototype d’un système ouvert permettant la traduction et la communication entre les plates-formes de type F-22 et F-35. En effet, jusqu’à maintenant, les deux appareils n’arrivent pas à travailler en réseau.

Rappel :

Le problème est connu, mais il n’est toujours pas réglé, les avions de la cinquième génération qui équipent l’US Air Force n’arrivent pas à communiquer. Le Lockheed-Martin F-35A « Joint Strike Fighter » et F-22A « Raptor », ne peuvent pas transmettre de données entre eux.

Aujourd'hui, le réseau de données du F-22 (Link16) ne peut recevoir que des données du F-35. De son côté le F-35 peut à la fois transmettre et recevoir des données avec des avions plus anciens comme les F-16 et les F-15 et ceci à travers le réseau de liaisons16 existant pour ces appareils. Mais le F-35 n’arrive toujours pas à recevoir les informations transmises par les F-22.

Les raisons du problème :

Les F-22 fonctionne avec une liaison Link16 en lien avec des données intra-vol (IFDL), tandis que le F-35 utilise une liaison Link16 qui englobe le Multi-Function Advanced Datalink (MADL). Hors, Les essais montrent que l’IFDL et le MADL ont une capacité d'interception à faible probabilité d'interception entre-elles. A contrario, les F-15C et F-22 peuvent communiquer à l'aide du de la nacelle « Talon HATE ». 

De plus, le système MADL du F-35 a été conçu pour afficher des informations et les donner au pilote du F-35 uniquement. Les ingénieurs du système MADL semblent avoir oubliés d’y avoir intégré une passerelle permettant de transférer les informations sur le réseau de données Link16 permettant ainsi le partage des communications. 

Résoudre cet épineux problème :

Northrop Grumman Corporation travaille au développement et à la mise en service d'un prototype d’un système ouvert  répondant au nom de « gatewaONE » permettant la traduction et la communication sur toutes les plateformes, à l'appui de la famille de systèmes Advanced Battle Management (ABMS).

Dans le cadre du contrat, attribué par l'US Air Force, Northrop Grumman fournit l'ingénierie, la gestion et l'assistance technique pour l'intégration par l'Air Force des capacités de communication des avions de 5e à 5e génération et d'autres plates-formes « net-centric » en une passerelle modulaire à architecture ouverte. Le test d'une configuration représentative du vol sera effectué dans un laboratoire d'intégration de systèmes, au sol et dans les airs, sur la base du rythme de démonstration opérationnelle de quatre mois.  

Les travaux effectués dans le cadre de ce programme soutiendront directement des démonstrations en direct du développement de la famille de systèmes Advanced Battle Management de l'Air Force. Cette capacité pourrait être utilisée pour mettre en réseau les types d'avions en cours de développement dans le cadre de l'initiative Low-Cost Attractive Aircraft Technology de l'Air Force.

Northrop Grumman intégrera cette capacité - en utilisant sa gamme de produits radio Freedom éprouvée qui peut connecter des avions de 5ème génération d'un même type ainsi que des plates-formes de 5e génération à 4e génération et via ABMS étendre cette fonctionnalité pour permettre plusieurs types de plates-formes de 5ème génération de partager et intégrer les données, contribuant ainsi à faire de l'interopérabilité une réalité. Les radios multifonctions Freedom définies par logiciel sont au cœur de la suite avionique intégrée du F-22 et du système de communication, de navigation et d'identification du F-35. S'appuyant sur des investissements, la société développe des variantes abordables personnalisées pour s'adapter à plusieurs plates-formes.

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Photos : F-22 et F-35 @USAF

 

16/03/2020

F-35, ALIS pose encore plus de problèmes que prévu !

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On le sait maintenant depuis un certain temps, le système de diagnostique en ligne ALIS du F-35 ne marche pas bien du tout. A tel point d’ailleurs, qu’il est prévu de remplacer ALIS par un nouveau système, nommé ODIN (Operational Data Integrated Network). De nouvelles révélations à propos d’ALIS ont été rendues publique vis l’agence Bloomberg ce matin.

Travaux manuels en augmentation :

A la base, le système ALIS était censé diminuer le travail de la maintenance et donc simplifier celle-ci. Il n’en est rien. Selon le dernier rapport du GAO et les auditeurs du Congrès, le personnel au sol doit passer des heures à saisir les données à la main, alors que celles-ci devraient être implémentées automatiquement dans les ordinateurs.

Les équipes de maintenance de l'US Air Force, de la Marine et du Corps des Marines qui ont été examinées ont estimé qu'elles dépensent en moyenne 5’000 à 10’000 heures par an pour suivre manuellement les informations qui devraient être capturées automatiquement et avec précision par le système de Lockheed-Martin.

De plus, il s’avère que des données inexactes ou manquantes dans le système d'information logistique autonome, entraînent parfois des alertes, selon lesquelles un avion ne devrait pas être piloté même s'il est prêt à voler.  Par exemple, les problèmes d'intégrité des données font que le système « dit que les enregistrements électroniques sont souvent incorrects, corrompus ou manquants, ce qui fait que l'ALIS signale que l'avion devrait être immobilisé au sol, souvent dans les cas où les mainteneurs savent que les pièces ont été correctement installées et sûr pour le vol ».

Les pilotes ont déclaré de leur côté, que les défauts affectent l'état de préparation des avions de chasse. Les équipages ont connu jusqu'à 400 problèmes par semaine liés à des enregistrements électroniques inexacts ou manquants, selon le rapport.

Problèmes apparus en Finlande :

Cette problématique du téléchargement des mises à jour est apparue dernièrement en Finlande, lors des essais en vol. L’un des deux F-35A (arrivés dans le pays sur quatre prévus initialement) n’a pas pu prendre part correctement aux essais en vol. Le téléchargement des données n’ayant pas été concluant. De fait, il était impossible de télécharger les données informatiques de vol destinées aux essais du jour. Seul, un F-35 a pu effectuer les vols tests.

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Augmentation des coûts :

Toujours, selon le GAO, le coût de l'entretien des avions estimé à environ 1’200 milliards de dollars sur 66 ans. Un système de diagnostic pleinement opérationnel au niveau de l'escadre et de l'escadron, ainsi qu'un réseau de dépôts de pièces sont essentiels pour réduire les coûts estimés, selon les responsables.

Le personnel de maintenance dans les bases a également exprimé des préoccupations similaires à celles du bureau de l'inspecteur général du Pentagone, qui a déclaré en juin dernier que des pièces de Lockheed Martin basées à Bethesda, dans le Maryland, manquaient souvent au sein de l'historique d'utilisation électronique nécessaire pour les installer. L'inspecteur général a déclaré que Lockheed avait peut-être perçu trop d’argent de la part du Pentagone et ceci de l’ordre de 10,6 millions de dollars. Le projet de loi sur la politique de défense de cette année a exigé que le Pentagone prenne des mesures pour récupérer ces dollars

Remplacement à venir :

Le Pentagone a annoncé en janvier qu'il introduirait progressivement un nouveau système de diagnostic géré par l'armée destiné à incorporer les meilleures fonctionnalités de la version de Lockheed tout en offrant des améliorations majeures que l'Air Force a développées dans ses propres laboratoires de logiciels et le 309th Software Engineering Group.

Surnommé « ODIN », d'après le père du dieu Thor dans la mythologie nordique, le premier du nouvel équipement devrait être livré en septembre, avec une utilisation initiale fin 2021. Il devrait être pleinement opérationnel d'ici décembre 2022 pour tous les F-35. Encore faudrait-il que ce nouveau programme respecte le calendrier, ce qui est rare avec le F-35, pour l’instant.

Photo : F-35A relié à ALIS @ USAF

 

 

 

31/01/2020

F-35 : des mauvaises attaches ont été fixées !

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 L’US Air Force vient de jeter un nouveau paver dans la marre du F-35. Selon cette dernière, des centaines de F-35 pourraient avoir de mauvaises attaches dans les « zones critiques ». De son côté l'Agence de gestion des contrats de défense confirme la découverte du problème en fin d’année dernière.

Le F-35 Joint Program Office (JPO) explique que les avions produits avant la découverte de ce problème ont des fixations en titane mal installées dans des endroits où la conception nécessite de l’Inconel.

L'Inconel est un alliage de nickel et de chrome et est censé être utilisé dans des endroits où une plus grande résistance et résistance à la corrosion sont requises, tandis que les boulons en titane sont utilisés dans des zones où sa force et sa légèreté aident à réduire le poids. Le titane, cependant, a une résistance au cisaillement inférieure à celle d'Inconel. Les deux attaches sont d'apparence similaire, sauf pour un numéro gravé sur elles.

Estimation du problème :

L’US Air Force explique qu’il y a plus de 48’000 attaches des deux types sur un chasseur F-35. Les F-35A de l’Air Force possèdent 848 boulons Inconel sur 48’919 fixations au total, soit environ 1,7% du total. Le modèle F-35B du Marine Corps comprend 877 fixations Inconel sur 50’603, soit 1,7%. Le modèle F-35C de la Marine, cependant, qui doit supporter le choc des atterrissages durs répétés sur un porte-avions et est plus grand et plus lourd que les deux autres variantes, a 51’353 attaches, dont 1813, soit 3,5%, sont en Inconel.

Deux lignes d’assemblage incriminées :

L’enquête mise en place suite à cette découverte à montrer que les lignes d’assemblage de Fort. Worth au Texas et celle de Finmeccanica en Italie sont touchées par le problème. Le site japonais semble avoir été épargner.  

Conséquences : 

Pour l’avionneur Lockheed-Martin, l’analyse initiale a conclu que "le titane a une résistance suffisante dans les endroits qui nécessitaient des boulons Inconel. De fait, pour le moment, il n’y a pas de restriction d’exploitation de l’avion. L’avionneur a de son côté commencé à mettre en œuvre un plan correctif en novembre et avait achevé la plupart des actions en décembre 2019, bien qu'elle n'ait pas précisé ces actions.

Le JPO et Lockheed-Martin vont devoir examiner à l’avenir les impacts structurels de l'installation de fixations en titane dans des endroits où la conception nécessite Inconel. On peut s’attendre à de nouvelles inspections à l’avenir. Par ailleurs, il faudra également déterminer et organiser le remplacement des attaches incriminées. Un programme doit encore être planifié à ce sujet. (Sources : Airforcestimes, JPO).

Photo : Chaîne d’assemblage du F-35 @ Lockheed-Martin

 

16/01/2020

F-35 : un remplaçant pour ALIS !

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Le Système Autonomic Logistics Information (ALIS) en ligne informatisé du chasseur furtif F-35 fabriqué par Lockheed Martin ne marche pas, il souffre de nombreux retards. Ce système fortement critiqué sera remplacé par un autre réseau créé par Lockheed Martin. La confirmation a été faite ce mardi par le Pentagone.

Rappel :

A l’origine, le système d’information logistique autonome (ALIS) a été conçu pour soutenir les opérations quotidiennes de la flotte de F-35, allant de la planification des missions et de la planification des vols aux réparations et à la maintenance programmée, ainsi que le suivi et la commande de pièces.

Les problèmes d’ALIS :

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La grande taille des serveurs d’ALIS pose des problèmes de transport, de plus le système doit être connecté. Or, dans un environnement de brouillage électronique et de cyberguerre, sans oublier le simple problème d’approvisionnement en électricité dans un contexte de guerre généralisée, rien ne garantit le bon fonctionnement du système. De plus, des doutes apparaissent en ce qui concerne la résistance dans un environnement à haute température typique des opérations au Moyen-Orient par exemple.

La problématique de l’ultra-connectivité est aussi mise en cause, que se passerait-il pour l’ensemble des utilisateurs du F-35, si l’un des pays client se faisait « pirater » son système de maintenance ? Les risques de perturbations pourraient se répandre à travers le système et venir infecter l’ensemble des flottes de F-35.

Le dernier problème soulevé par le fonctionnement d’ALIS provient des essais par le Corps des Marines à bord des navires d'assaut amphibie. En effet, les tests n'ont pas évalué la déployabilité du système et de fait « ALIS » n’est pas opérationnel. Si le système ALIS a pu être transporté et mis en place, l’ensemble de celui-ci n’a pas été testé dans son ensemble à ce jour.

Dans une déclaration en réponse aux conclusions du GAO, les responsables du programme F-35 au sein du Pentagone ont déclaré : «il n'y avait pas de surprises" dans le rapport, les questions associées à ALIS sont bien connues des services, des partenaires internationaux et de l'industrie. Le système ALIS a rendu difficile la maintenance des F-35 en service, alors qu'il était censé la faciliter.

Pour exemple, une unité de l'Air Force a estimé qu'elle passait l'équivalent de plus de 45’000 heures par an à effectuer des tâches supplémentaires et des solutions manuelles parce qu'ALIS ne fonctionnait pas comme il le fallait", a déclaré le GAO dans un rapport de novembre dernier.

De plus, ce printemps Lockheed Martin a dû se résigner à avouer que le système ALIS ne fait que transmettre des mises à jour aux utilisateurs, des données spécifiques de ceux-ci sont ainsi récupérées et envoyée à LM. Le problème de l’hyperconnectivité et de la souveraineté de l’utilisateur est posée.

 Operational Data Integrated Network (ODIN):

Le Pentagone a déclaré que ALIS serait remplacé par le réseau intégré de données opérationnelles (ODIN) de Lockheed Martin, qui sera rationalisé pour plus d'efficacité. Lockheed Martin, le maître d'œuvre du F-35, travaillerait sur ODIN (Operational Data Integrated Network) dans le cadre du profil de financement actuel d'ALIS sans frais supplémentaires pour le contribuable. Selon LM, le système ODIN aura remplacé ALIS dans tous les F-35 en décembre 2022, à l'exception de ceux déployés à distance ou sur des navires. ODIN sera basé dans le cloud et conçu pour fournir des données en temps quasi réel sur les performances des avions et des systèmes dans le cadre de dispositions de cybersécurité renforcées. Mais pour l'heure, pas de garantie d'une meilleure souverainé des données !

De son côté le Government Accountability Office (GAO) a estimé qu'ALIS aurait déjà coûté plus de 16,7 milliards de dollars sur son « cycle de vie » actuelle.

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Photo : 1 F-35 2 Techniciens de maintenance F-35 à distance @LM