01/07/2022

La Tchéquie et la Grèce se rapprochent du F-35 !

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La Tchéquie pays prépare le remplacement de sa flotte de 14 Saab JAS-39 Gripen C/D en location auprès de Saab. Le futur avion devra arriver pour 2027-2028. De son côté, la Grèce est engagée dans une phase finale de négociations en vue de l’achat de l’avion américain.

Tchéquie évaluer  et obtenir le meilleur

L'armée de l'air tchèque a déjà mené une première étude afin d’évaluer ses besoins en rapport avec l’évolution de la guerre aérienne. Trois avions ont été à ce jour retenus soit : le Saab JAS-39 Gripen E, l’Airbus Eurofighter T4 (Quadriga) et le Lockheed Martin F-35A « Lightning II ».

Selon le ministère tchèque de la Défense, ce dernier envisage maintenant de remplacer les 14 JAS-39 Gripen C/D acquérant au moins 24 chasseurs Lockheed Martin F-35A.  L'information a été confirmée par Lockheed Martin lors du salon aéronautique ILA de Berlin le 22 juin 2022. Le F-35A est considéré maintenant comme le favori. Avec un total de 24 appareils le pays disposerait ainsi d’un escadron tactique supplémentaire par rapport à la flotte actuelle en service.

Le choix du F-35 qui encore être confirmé pourrait parfaitement s'intégrer aux systèmes d'armes actuels et futurs de l'OTAN pour les prochaines décennies. Il est aujourd’hui considéré comme l’avion le plus moderne et le plus sophistiqué en Occident.

Selon la ministre de la Défense Jana Černochová la décision finale pourrait tomber d’ici quelques semaines voir au tout début de 2023. L’achat serait effectué de gouvernement à gouvernement, le pays compte acheter l’avion complet avec armes, simulateurs et équipement connexes.

Du côté de Lockheed

Du côté de l’avionneur, JR McDonald, vice-président de la stratégie et du développement commercial du F-35, déclare : "Des discussions sont en cours avec deux pays intéressés par l'achat du F-35",  L'autre pays à avoir entamé des discussions est la Grèce, avec un achat potentiel de 20 F-35A. "Pour autant que je sache, la République tchèque est plus proche de prendre une décision rapidement."  

Et la Grèce

Hier, le  Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, a annoncé vouloir acquérir dans un premier temps 20 Lockheed Martin F-35 dans le but de maintenir une forte capacité face à la Turquie. Un escadron est bien confirmé au menu d’Athènes avec  une sérieuse option pour un second. 

Photo : F-35 @ LM

14/06/2022

Activation d’un escadron de F-35 Aggressors !

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L’utilisation d’avions de combat Lockheed Martin F-35 « Lightning II » au sein d’une unité dite « Aggressor » est une réalité. Je vous en avais parlé en 2019 déjà.

Le 9 juin dernier, lors d’une cérémonie l’US Air Force activé le 65th Agressor Squadron (AGRS) au sein du 57th Wing sur la base aérienne de Nellis dans le Nevada. L’unité va exploiter des Lockheed Martin F-35A « Lightning II » dans le rôle d’entraînement au combat aérien de type « Red Air ». L’objectif étant d’entraîner le combat aérien dissemblable et d'évaluer et de développer de nouvelles tactiques. Pour ce faire,

Le 65th Squadron devra ainsi soutenir plusieurs activités telles que les exercices d’entraînement conjoints, des missions de formation de l’école d’armes de l’USAF, des programmes d’essais et d’évaluation opérationnels.

Rappel

La décision d’utiliser des F-35A de première génération au rôle d’adversaire a été prise en 2019, dans le cadre d’un programme global visant à améliorer les tactiques de combat en raison des menaces croissantes de cinquième génération de chasseurs en provenance de Chine, telles que le Chengdu J-20 et, dans une moindre mesure, le Su-57 russe. Cela a déjà impliqué l’utilisation de F-22 et F-35 de première ligne réguliers pour jouer le rôle de « l’ennemi » et à certaines occasions a attiré les rescapés de la flotte secrète de Lockheed Martin F-117 « Nighthawk » pour fournir des cibles furtives.

Développer la guerre en réseau  

L'utilisation de F-35 furtifs permettra au 65ème AGRS de reproduire des tactiques et des capacités d'adversaires potentiels de la cinquième génération. Il s’agit d’une réponse directe au développement des aéronefs adverses comme les J-20 et J-31 chinois et le Su-57 russe. En parallèle, les futures tactiques devront pouvoir s’appliquer de manière étendue face à la prochaine prolifération d’avions de 5ème et 6 ème générations. L’utilisation du F-35 permettra de jouer avec la signature afin de familiariser les pilotes avec ce type de réaction. De l’autre, les adversaires du F-35 devront faire face aux capacités de leurrage de leurs capteurs. Sans oublier les réactions de rapidités offertes grâce au capacités de guerre en réseau. 

Pour l’USAF, c’est une préparation nécessaire à la profonde révolution du combat aérien qui se prépare. Lors de précédents exercices « Red Flag », le F-35 a démontré le changement de paradygme du combat moderne avec des taux de létalités extrême dépassant parfois le 20 contre 1 face à différents adversaires de 4ème et 4++ génération, y compris des aéronefs européens. L’apport du F-35 à jouer le « rôle du méchant » offre ainsi une importante plus-value.

L’US Air Force veut de part cette décision accentuer la formation de ses unités, tant dans la continuité du combat aérien traditionnel qu’en direction de la guerre en réseau et de la furtivité. On peut reconnaitre ici que l’US Air Force prend très au sérieux la menace posée par les adversaires au cours de la prochaine décennie et que la mission de l'agresseur est absolument essentielle pour y faire face.

 « L’utilisation du F-35 comme agresseur permet aux pilotes de s’entraîner contre des menaces peu observables similaires à celles que les adversaires développent », a déclaré le colonel Scott Mills, commandant du 57th Wings.

Quel avenir pour les unités « Aggressors » ?

Si l’usage d’anciens aéronefs pour former des unités simulant l’ennemi est d’actualité, leurs avenirs pourraient être remis en question dans un proche avenir. L’intérêt aujourd’hui de l’USAF est de travailler dans l’interopérabilité entre ses flottes de 4 ème et 5 ème génération. Très bientôt, nombreux seront les Forces aériennes qui disposeront d’une flotte unique de F-35. Ce dernier permet non seulement un entraînement via le simulateur au sol, mais l’avion dispose de son propre programme interne de simulation. Un pilote peu très simplement s’envoler et activer ce dernier qui lui fournira des scénarii à jour en ce qui concerne n’importe quelles menaces combinées (avions, drones, défense sol-air) et ceci dans un vol bien réel. Là, encore c’est une révolution directement issue de la 5 ème génération qui se profile, avec comme résultat une suppression plus rapide des anciennes flottes. A voir, si l’avenir sera constitué de flottes « Aggressors » spécifiques de 5 & 6 générations ?  

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Photos : F-35A du 65th Aggressor Squadron @ USAF             

02/06/2022

Les Pays-Bas veulent encore plus de F-35 !

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Le ministère néerlandais de la Défense va investir massivement dans de nouveaux équipements militaire. Le Lockheed Martin F-35A fait partie des futurs achats avec une augmentation de la flotte. La pays vise l’acquisition de 6 F-35A supplémentaires qui venir grossir la flotte de 46 appareils en commande. Un lot de 9 F-35 avait été commandé en plus en 2020.

Rappel

C’est en 2013 que les Pays-Bas avaient confirmé la sélection du Lockheed-Martin F-35 Joint Strike Fighter pour remplacer la flotte de F-16A/B, cependant, le nombre de «Lightning II». A l’époque  le nombre d’appareils avait  été revu à la baisse en raison des coûts du programme.

En décembre 2021,  le 322ème escadron de Leeuwarden a obtenu son IOC sur F-35 et peut désormais déployer un détachement de F-35 avec du personnel et de l’équipement en opérations. « La Défense rejoint ainsi un groupe restreint de 8 pays. L’Australie, l’Angleterre, l’Italie, la Norvège et les États-Unis, entre autres, ont précédé les Pays-Bas », s’est félicitée la Défense néerlandaise. Les F-35 remplaceront totalement les F-16 fin 2024. Les F-16 ne sont désormais plus exploités que sur la base de Volkel, où les premiers F-35 arriveront à partir de mi-2022. Les Pays-Bas ont reçu leur premier F-35 en novembre 2019. Les neufs derniers appareils supplémentaires, commandés en 2020, seront livrés en 2023 et 2024.

52 F-35

Les Pays-Bas préparent donc une troisième commande de F-35 qui portera le nombre à 52 appareils. En 2013, rien prédisait que le pays allait opter pour une augmentation du nombre d’avion. Les coûts du programme de l’époque étaient encore trop élevés et le prix à l’heure de vol était encore difficile à définir. Les choses ont bien changé, cette troisième commande confirme la maîtrise des coûts et l’excellent comportement de l’avion. On exclut d’ailleurs pas d’autres commandes qui pourraient monter la flotte à jusqu’à 70 appareils.

Les Forces aériennes néerlandaises demandent à cet effet plus de F-35. Mais un choix a dû être fait à cause de la guerre en Ukraine. Le pays va devoir investir dans plusieurs domaines pour moderniser son armée. Des investissements sont attendus pour une plus grande puissance de feu pour les forces terrestres avec davantage d'obusiers blindés, qui seront remis en service. L’achat de roquettes guidées MLRS est prévu, ainsi qu’une modernisation et une augmentation du nombre de système Patriot est également au menu.

Le F-35 aux Pays-Bas

Les Pays-Bas ont été le deuxième partenaire international à recevoir le F-35 et continuent de servir de contributeur clé à la production et au maintien en puissance de l’avion de combat avancé F-35 Lightning II.

Participation industrielle

Plus de 25 fournisseurs de l’industrie néerlandaise participent au développement de technologies critiques et à des projets de conception structurelle stratégique faisant partie intégrante du programme F-35, ainsi qu’à une production en grand volume, qui comprend des composites, des assemblages collés et le câblage d’avions. Ce travail de haute technologie tire parti de l’expérience et de l’expertise passées des Pays-Bas en matière de performance sur le programme F-16 pour maintenir une exécution de programme de haute qualité.

Chaque F-35 contient des composants fabriqués par des entreprises néerlandaises. Avec l’introduction de technologies de pointe, les industries néerlandaises sont stratégiquement positionnées pour participer à la production de plus de 3 000 avions F-35 au cours de la durée du programme.

Emplacements de base

Le premier escadron de F-35 RNLAF opère à partir de la base aérienne de Leeuwarden. À l’avenir, la base aérienne de Volkel abritera également des F-35.

Jalons du programme

2012 : Le premier F-35 néerlandais, connu sous le nom d’AN-1, prend son envol à Fort Worth, au Texas.

2013 : Deux premiers F-35 néerlandais livrés à Edwards AFB pour des essais opérationnels.

2016 : Le F-35 fait ses débuts publics sur le sol néerlandais pour des essais environnementaux.

2018: Luke AFB monte l’escadron F-35 pour l’entraînement F-35 aux Pays-Bas.

2019: Le premier F-35 opérationnel des Pays-Bas, connu sous le nom d’AN-3, est livré depuis l’usine de Fort Worth, au Texas.

2019 : Le premier F-35 néerlandais opérationnel est livré à Luke AFB.

2019 : Lancement du premier F-35 néerlandais produit à Cameri, Italie, FACO.

2019 : Arrivée des premiers avions à la base aérienne de Leeuwarden.

 

Photo : F-35A néerlandais @Dutch air Force

 

29/05/2022

F-35, entre critiques et réalités !

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L’achat du F-35 reste un sujet brûlant même si le résultat des essais tant en Suisse qu’en Finlande est sans appel et ceci par l’intermédiaire de deux méthodes d’analyses qui, au final, arrivent à la même conclusion. Les critiquent du programme proviennent principalement du GAO (Government Accountability Office) américain. Pourtant, le dernier rapport est plutôt positif cette fois et les remarques doivent être mises en parallèle avec un autre rapport, celui du CBO (Congressional Budget Office). Nous verrons ici en détail les remarques du GAO et celles du CBO, histoire d’y voir plus clair.

La transparence à l’américaine

Le premier élément dont il faut avoir l’œil, concerne l’extrême transparence pratiquée aux Etats-Unis à travers les rapports du GAO, soit l’organe d’audit et d’évaluation des comptes publics et du CBO, soit le bureau du budget du Congrès. Cette manière de procéder est en soi unique et n’a pas d’équivalence en Europe du moins en ce qui concerne la transparence. Entendez par là que les livres blancs et autres commissions ne publient simplement pas l’ensemble des informations concernant les coûts, retards et les fameux « correctifs systèmes ». Aux USA seul les programmes et parties de programmes hautement confidentiels échappent aux GAO/CBO.

Cette différence de transparence sonne comme du pain béni pour les concurrents européens du F-35 qui profitent de jeter de l’huile sur le feu. Cette manière de procéder vise surtout les journalistes non spécialisés et citoyens lambdas qui se laissent ainsi tromper sur les réalités. On remarquera que nombreux sont les systèmes d’armes américains qui ont été passés sous la critique depuis plusieurs années.

Il est par ailleurs important de connaître les objectifs du GAO et CBO qui diffèrent profondément. Le GAO travaille sur l’aspect « comptable » tandis que le CBO analyse l’impact « terrain ». Élément notable, les rapports émis par les deux groupes concernent exclusivement les achats et développements de systèmes aux USA. Ces derniers ne se préoccupent pas des acquisitions de matériels américains de la part de clients à l’exportation.

Le dernier rapport du GAO

Le rapport identifie un total de trois problèmes méritant une discussion approfondie : (1) retard d'approbation pour entrer dans la production à plein régime ; (2) des coûts croissants et des délais plus longs pour mettre en œuvre les mises à niveau pour le Block 4 et (3) les incertitudes entourant le système de suivi des besoins logistiques de l'avion.

Point 1 : Oui, la production est à taux faible, cependant Lockheed Martin a produit 139 appareils en 2021 et 800 aéronefs sont maintenant en service. Plutôt rassurant au regard des concurrents qui produisent nettement moins à taux plein. Le fait que le F-35 n’obtienne pas encore sa pleine production est dû essentiellement au fait que le Navy Sea Systems Command n'a pas terminé le développement d'un simulateur nécessaire "pour mener des scénarios de tests complexes que le bureau du programme ne peut pas reproduire dans un environnement réel". Le bureau du programme conjoint (JPO) du F-35 estime qu'il ne devrait pas donner le feu vert final à la production à plein régime tant que les tests sur simulateur ne sont pas effectués. Cependant, le F-35 fonctionne en réalité extrêmement bien pour l'US Air Force, la marine et le corps des marines et à l’étranger notamment en Israël, en opération bien réelles dans le ciel Syrien. Les systèmes d’analyses actuels pour les avions de 4 ème génération ne permettent pas d’être utilisés pour le F-35. En Europe, il faudra également développer un tel système pour valider les futurs programmes SCaF et Tempest.

Point 2 : les retards de la mise au point du standard Block 4. Oui, il y a un nouveau délai, mais ce dernier résulte d’un facteur important. En effet, les clients du F-35 ont demandé l’ajout de 25 fonctionnalités supplémentaires ne faisant pas partie du cahier des charges initial. Il est donc normal de se retrouver avec un calendrier sensiblement bouleversé. En ce qui concerne les coûts, le prix total pour mettre à niveau les F-35 sur une décennie est toujours inférieur à 1% des coûts du cycle de vie de l’avion. Et signalons au passage que ces coûts de développement sont à la charge des pays membres des trois cercles d’investissement du programme F-35. La Suisse comme la Finlande ou l’Allemagne ne paieront pas de surcoût mais bénéficieront des fonctionnalités additionnelles.

Point 3 : le système d'information logistique autonome ALIS a coûté aux contribuables 28 millions de dollars (environ trois minutes de dépenses fédérales aux taux actuels) pour corriger les lacunes d'ALIS. Pour autant, le rapport reconnaît que même sans développer un remplaçant pour ALIS, certains objectifs clés ont été atteints, tels que la réduction de la taille du matériel et l'obtention d'un meilleur accès aux données techniques. Le système sera remplacé par ODIN, plus compact et fiable, dont les premiers essais ont d’ailleurs confirmé non seulement le potentiel, mais également les qualités de fonctionnement.

Correctifs systèmes

Le GAO reconnaît qu’il n’y a plus de problèmes graves qui péjorent le F-35. En ce qui concerne les « correctifs systèmes » ils sont passés sous la barre des 800. Précisons que ceux-ci comprennent également les demandes spécifiques des clients. Est-ce anormal ? Certainement pas, car tous les aéronefs civiles ou militaires ont, ce que l’on nomme, des correctifs systèmes qui, tout au long de la vie d’un aéronef sont parfois corrigés ou pas. De fait, lorsqu’un aéronef atteint sa fin de vie, il n’est pas rare que ce dernier le soit avec des « correctifs non réglés ». La sécurité a-t-elle été altérée ? Non en aucun cas. Là, encore il est important de mentionner qu’aux USA, on parle ouvertement de ces correctifs. Par contre, en Europe, la langue de bois est de mise. Combien de « correctifs systèmes » sont inventoriés pour le Rafale ou l’Eurofighter? Silence radio !

Exemple

Lorsque nous avons réceptionné les premiers les F/A-18 Hornet en 1996, pas moins de 917 « correctifs systèmes » étaient connus. Depuis, un certain nombre ont été » corrigés et d’autres en décembre dernier avec l’introduction de la dernière version logiciel disponible. Cependant, certains de ses « correctifs identifiés » ne seront jamais modifiés au moment de la retraite du Hornet.

Anecdotes à propos du GAO

Le travail du GAO a toujours été entrepris dans un cadre très comptable, vous l’aurez compris, et le contribuable américain ne s’en plaindra pas tout comme les clients à l’exportations vu que l’objectif de baisser les coûts est en définitif le point central. Pour autant, cette vision très basée sur les chiffres a donné lieu à des recommandations qui prêtent à sourire avec le recul :

A la fin des année 70, le programme du F-16 « Fighting Falcon » était sur la sellette, au point qu’en 1982, un rapport du GAO concluait qu’il fallait stopper toute la production du F-16 dès le 600ème appareil ! Aujourd’hui, le F-16 est toujours en production !

A la même époque, le démonstrateur YF-17 était lui aussi dans le viseur comptable du GAO. Ce dernier expliquait qu’il ne fallait pas construire le F/A-18 « Hornet » qui ne serait qu’un avion mort-né issu d’un démonstrateur plein de lacunes « le YF-17 ! »

Que dit le rapport du CBO d’avril dernier

Le CBO n’a pas toujours été tendre avec le programme F-35. En 2016, ce dernier avait produit un rapport très négatif sur les coûts de production du F-35 qui péjoraient le fonctionnement des unités. Dans son dernier rapport datant d’avril 2022, le CBO s’est attelé à sa tâche principale « l’étude du fonctionnement du F-35 dans le terrain ». Dans ce rapport, le Bureau du budget du Congrès (CBO) analyse la disponibilité et l'utilisation des avions de combat F-35 du ministère de la Défense (DoD). Le CBO calcule les taux de disponibilité des aéronefs en divisant le nombre d'heures pendant lesquelles les aéronefs sont à la fois aptes à la mission et en possession d'escadrons opérationnels par le nombre total d'heures d'aéronefs pour l'ensemble de la flotte tout en tenant compte des aéronefs en maintenance. Un avion apte à la mission peut accomplir au moins une de ses missions principales ou toutes en mêmes temps. Les capacités de survie sont également prises en compte.

Évolution de la disponibilité

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Les différents Corps de l’armée américaine (USAF, USMC, US Navy, National Guard) exploitent actuellement environ 450 avions de type F-35 et prévoient d'en exploiter environ 2’500 d'ici le milieu des années 2040. Les F-35 ont commencé à être exploités en 2011. La disponibilité des F-35A et des F-35C a diminué entre 2015 à 2018, mais a augmenté en 2019 et 2020. (La disponibilité est mesurée comme le pourcentage de temps pendant lequel un avion peut voler en formation ou en mission.)

En 2021, les taux de disponibilité des trois flottes de F-35 étaient plus élevés que ceux de la plupart des autres avions de combat en service au États-Unis.

Le rapport explique que bon nombre des F-35 plus anciens ont passé de longues périodes totalisant un an ou plus, à subir une maintenance afin d’être amenés à des normes opérationnelles complètes grâce à un programme de « rafraîchissement technologique » (C’est-à-dire une maintenance approfondie au-delà de la capacité du personnel où l'avion opère).

Le DoD a dû mettre à niveau ces premiers avions pour atteindre les normes opérationnelles actuelles.  A contrario, les F-35, plus récents, n’ont pas nécessité autant de temps pour la maintenance, car ils ont reçu les mises à niveau lors de leur fabrication.

Le nombre total d'heures de vol annuel pour chaque flotte de F-35 a généralement augmenté avec la taille de la flotte.

Les trois flottes de F-35 sont un mélange de nouveaux avions avec peu d'heure de vol et d'avions avec plus de 1’000 heures de vol.

Augmentation des heures de vol

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Le nombre total d'heures de vol annuel pour chaque flotte de F-35 a généralement augmenté à mesure que les flottes se sont développées. Au cours des premières années d'exploitation, les heures de vol par avion ont augmenté pour les trois flottes.

Pour comprendre cette évolution, il faut prendre en compte les facteurs suivants :

 Évolution et maturation de l’avion

Augmentation du stock de pièces détachées

Jusqu’ici, les achats d’avions au sein du Pentagone comprenaient des flottes « nues » sans pièce détachée et armement. L’achat de matériel connexe en dehors de l’avion contribue à une augmentation des coûts à l’heure de vol de l’ordre de 20 à 30% et prétérite la maintenance et la disponibilité des flottes

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Le Pentagone prévoit à l’avenir des achats en « paquets » afin de réduire cette problématique. Cette vision est celle retenue par exemple par la Suisse, la Finlande et l’Allemagne, pour ne citer que ces pays.

Meilleure survivabilité

Le CBO note également l’excellent comportement du F-35 en matière de létalité et de survie. Dans les différents exercices aériens comme « Red Flag », le F-35 réalise des taux d’efficacité face aux appareils de 4 -ème et 4++ génération (appareils US & européens) de l’ordre de 20 contre 1 en combat et accomplit des missions de frappe et de reconnaissance beaucoup plus efficacement que les autres aéronefs. De plus, il est l'avion de combat le plus facile à entretenir dans l'inventaire commun.

Conclusion

Oui, le programme F-35 a été complexe à tout point de vue (coûts, mise au point) mais il s’agit d’une nouvelle génération avec des technologies innovantes qui surpassent de loin les systèmes existants. On ne peut créer le meilleur avion du moment sans avoir à traverser de nombreux écueils. Le GAO est un peu le Pitbull qui ne lâche pas son os. Mais, pour finir, il faut le remercier, car le contribuable américain et les clients à l’export y trouvent  leur compte. Nombreux sont les programmes américains de défense qui ont subi et continuent de subir les attaques de ce dernier, encore faut-il mettre en balance l’ensembles des rapports et surtout de prendre le temps de connaître son sujet. Malheureusement, les raccourcis sont souvent faciles.

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Photos : 1 & 2 F-35 @ USAF Tableaux : 1 & 2 CBO Rapport avril 22 3 Etude Finlandaise @ Pentti Perttula

 

 

 

28/05/2022

La Norvège intercepte des avions de combat russes !

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La situation aérienne dans les pays baltique et à la frontière de l’OTAN continue d’être tendue. Un pas supplémentaire a été franchi depuis que la Finlande et la Suède ont déposé leurs demandes d'adhésion à l'OTAN le 18 mai dernier. L’élargissement possible entre l’alliance et le Russie provoque des réactions de cette dernière.  

F-35 en alerte

Semaine, la Norvège a fait décoller en urgence des F-35A pour intercepter des avions russes qui s’approchaient de l’espace aérien du pays. En alerte une patrouille de F-35 norvégiens à rejoint deux appareils russes de type Mikoyan MiG-31 "Foxhound" et Sukhoi Su-24 "Fencer". Les avions russes se sont envolés vers la mer de Norvège avant de revenir vers l'est, a indiqué l'armée de l'air. Le centre de contrôle et de rapport de Sørreisa, dans le nord de la Norvège a suivi le déplacement des appareils et fait un rapport à l’Otan.

Actuellement, selon un porte-parole de l'armée de l'air norvégienne, des avions F-35 sont en permanence en prêt pour la police du ciel (QRA). Depuis, le début du conflit en Ukraine, les alertes sont en augmentation dans la région et sont passés à 58 interception contre 4 à 5 en temps normal.

L’OTAN a renforcé son dispositif aérien

L’OTAN surveille la situation avec un grand intérêt. Plusieurs aéronefs ont depuis le début du conflit été repositionné autour de la mer Baltique et de la mer Noire. Cette action est une réponse à nombreux vols d’avions russes à proximité de l'espace aérien de l'Alliance. Les radars de l'OTAN ont suivi un certain nombre d'avions non identifiés au-dessus de la mer Baltique et de la mer Noire depuis le 26 avril.

Sans donner de chiffres précis pour l’instant, l’OTAN confirme que des avions de combat de l’Alliance ont décollé en phase d'alerte de réaction rapide (QRA) depuis la Pologne, du Danemark, de France et d'Espagne à différents moments dans la région. Un renforcement du de la capacité a été mis en place depuis en Roumanie notamment.

Pour l’année 2021, les statistiques de l’OTAN annoncent qu’environ 80% des missions d'avions de chasse de l'OTAN à travers l'Europe auraient été lancées pour intercepter des avions russes. Les avions de l’alliance ont été dépêchés 370 fois à travers l'Europe en 2021.

Risque d’incident

Les opérations de police du ciel sont régulières et ne posent généralement pas de problème. La situation actuelle est pourtant différente. D’un côté, les tensions du conflits en Ukraine entraînent une augmentation de vols avec parfois des aéronefs russes armés. Et de l’autre il faut s’accommoder du fait que les Russes ne transmettent pas de code transpondeur indiquant leur position et leur altitude, ne déposent pas de plan de vol ou ne communiquent pas avec les contrôleurs aériens, ce qui présente un risque pour les avions de ligne civils. 

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Photos : Interception du MIG-31 & Su-24 par des F-35 @ Force aérienne Norvégienne