17/02/2022

F-16 modernisés pour Singapour !

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L'armée de l'air de la République de Singapour (RSAF) a pris livraison d'un premier lot de Lockheed martin F-16 Block60 « Viper ».  L’information a été confirmée par le chef de la RSAF, le général de division Kelvin Khong.

La flotte de F-16 de la RSAF  est mise à niveau par phases, les premiers appareils ont commencé à être livrés à fin 2021. Les livraisons ultérieures seront déployées progressivement pour garantir que la RSAF continue de disposer d'une flotte d'avions de chasse capable de répondre aux besoins en matière de défense.

F-16 modernisés 

C’est en 2015 que le feu vert a été donné pour la mise à jour de la flotte de F-16 C/D. Au total se sont 60 appareils qui sont concernés.

La modernisation porte les F-16 au standard « Vipe r» Block60. L’appareil est cette-fois doté d’un nouveau radar avec antenne à balayage électronique (AESA) couplé à un nouvel ordinateur de mission et une architecture dotée de la fusion de données. Cette modernisation doit permettre de mieux préparer et interagir avec les appareils de 5e génération.

Le Département d’Etat Américain a validé la vente du radar à antenne électronique (AESA) SABR (Scalabre Agile Beam Radar) de Northrop-Grumman. Ce radar tire profit de la renommée de la gamme des radars de type l'APG- 77, -77 (V) 1 (F-22 Raptor), -80 , -81 (F-35). Le SABR a fait ses débuts sur un F-16 en novembre 2009. Le cockpit et les systèmes de guerre-électronique sont également modernisés avec l’adjonction d’un nouvel affichage supplémentaire, améliorant la sensibilisation à l'espace de combat.

En parallèle aux mises à jour électronique, les F-16 de Singapour sont doté des armes suivantes : Bombes GBU-38 « Joint Direct Attack Munition » de GBU-39 Small Diameter Bomb, CBU-105 Sensor Fuzed Weapon, et de  GBU-49/50 Enhanced Paveway II dual-mode guided bombs. Les missiles AIM-120C7 AMRAAM et AIM-9X viendront compléter l’armement en mode air-air.

Le F-35 en 2026

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Le remplaçant du F-16, sera le F-35 Joint Strike Fighter qui devrait être livré vers 2026. Le ministère de la Défense avait annoncé en 2019 l'acquisition de quatre modèles B du F-35, qui seront déployés sur le continent américain pour l'entraînement et l'évaluation. Le nombre total de F-35B n'a pas encore été divulgué.

Le major-général Khong a déclaré : "Nous avons mis en place des processus d'évaluation rigoureux avons suivi de près les développements du F-35. Nous veillerons à ce que les F-35B répondent à nos exigences avant de les introniser pour les opérations."

Singapour deviendra ainsi le premier opérateur de F-35 en Asie du Sud-Est et le quatrième en Asie-Pacifique après l’Australie, le Japon et la Corée du Sud. Il deviendra également la première force aérienne du Sud-Est asiatique équipée d'un avion furtif.

Photo : 1 F-16D RSAF @ Dave Cheng 2 F-35B lors du Salon de Singapour @ RSAF

 

05/02/2022

La Jordanie va pouvoir acheter des F-16 additionnels !

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Dans le cadre d’une amélioration de sa Force aérienne, la Jordanie prévoit de moderniser sensiblement ses avec l’achat de 12 avions de combat F-16 neufs. Ces appareils doivent venir remplacer des modèles plus anciens déjà en service.

Rappel

La Jordanie dispose à ce jour de 79 F-16 soit 43 F-16AM et 14 F-16BM acheté aux USA qui ont été complétés par 25 F-16AM/BM MLU belges et 15 F-16 AM MLU néerlandais.

Autorisation de vente

Le Département d'État a pris une décision approuvant la vente militaire étrangère au gouvernement jordanien d'avions F-16 C/D Block 70 et d'équipements connexes pour un coût estimé à 4,21 milliards de dollars. L'Agence de coopération en matière de sécurité pour la défense a délivré aujourd'hui la certification requise informant le Congrès de cette éventuelle vente. 

Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et les objectifs de sécurité nationale des États-Unis en aidant à améliorer la sécurité d'un Allié majeur non membre de l'OTAN qui est une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique au Moyen-Orient. 

La vente proposée améliorera la capacité de la Jordanie à faire face aux menaces actuelles et futures en assurant une interopérabilité continue avec les forces américaines et de la coalition. Ces avions moderniseront la flotte d'avions de combat jordaniens et répondront aux exigences opérationnelles associées aux objectifs régionaux de la coalition américaine, tels que la lutte contre les organisations extrémistes violentes, la lutte contre les acteurs étatiques et non étatiques malveillants et la défense des frontières. La Jordanie n'aura aucune difficulté à absorber ces équipements dans ses forces armées. 

Le détail

La commande jordanienne comprend  12avions F-16 C Block 70, 4 avions F-16 D Block 70,  21 moteurs F100-GE-129D ou moteurs F100-PW229EEP 16 installés, 5 de rechange, vingt et 21 générateurs d'affichage programmables améliorés (iPDG) 16 installés, 5 de rechange,  21 radar Northrop-Grumman AESA AN/APG-83 Scalable Agile Beam Radars (SABR) 16 installés, 5 de rechange, 21 ordinateurs de mission modulaires (MMC) 7000AH, 27 LN-260 (ou équivalent) Système de positionnement global (GPS) intégré Systèmes de navigation inertielle (INS) (EGI) avec module anti-usurpation de disponibilité sélective (SAASM) et service de positionnement précis (PPS), 6 modules de ciblage avancé AN/AAQ-33 (ATP), 31 terminaux à faible volume de la liaison 16 (pour les aéronefs et les stations au sol), 72 lanceurs LAU-129, 21 canons M61A1 Vulcan, 100 kits KMU-556 Joint Direct Attack Munition (JDAM) pour 2’000LB GBU-31, 102 kits KMU-572 JDAM pour 500LB Laser JDAM GBU-54, 100 MAU-209 Computer Control Group (CCG) pour bombes  Paveway II (PWII) GBU-10, 102 MXU-651 Air Foil Group (AFG) pour 2’000LB PWII GBU-10 100 MAU-210 Enhanced Computer Control Group (ECCG) pour 500LB Enhanced Paveway II (EP II) EGBU-49, 103 MXU-650 Air Foil Group (AFG) pour 500LB EP II EGBU-49, 200 corps de bombe MK-84 ou BLU-117 (ou équivalent), 204 corps de bombe MK-82 ou BLU-111 (ou équivalent)  6 bombes inertes MK-82,  et 2 entraîneurs du groupe de contrôle informatique (CCG) MAU-169.

Sont également inclus les radios AN/ARC-238, AN/APX-126 ou ami ou ennemi d'identification avancée (AIFF) équivalent avec transpondeur interrogateur combiné (CIT), le viseur de casque Joint Helmet Mounted Cueing System II (JHMCS II) ou Scorpion Hybrid Optical-based Inertial Tracker (HObIT), système Viper AN/ALQ-254 ou systèmes de guerre électronique intégrés (GE) équivalents,  Systèmes de distribution de contre-mesures AN/ALE-47 (CMDS),  Dispositifs cryptographiques KY-58M, dispositifs cryptographiques KIV-78,  chargeurs de clés simples (SKL), Système de planification de mission conjointe (JMPS) ou équivalent,  Munitions PGU-28 High Explosive Incendiary (HEI), Munitions d'entraînement PGU-27,  cartouches à impulsion ARD-446, cartouches à impulsion ARD-863, cartouches à impulsion BBU-36, ainsi que diverses équipement secondaires.

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Photos : F-16 jordanien @ RAFJ

 

27/10/2021

Le Congrès ne veut pas d’une vente de F-16 à la Turquie!

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Le bras de fer continue entre Washington et Ankara à propos de la demande de cette dernière d’acquérir des avions de combat F-16 supplémentaires en vue d’un dédommagement suite à l’expulsion du de la Turquie du programme F-35.

Rappel

Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington semblait ouvert à la demande d’Ankara, il y encore une semaine, pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens, mais les politiques américains semblent voir cette possible vente d’un bon œil.

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan. 

Une lettre à Biden

11 législateurs de la Chambre des représentants des États-Unis, à la fois démocrates et républicains, ont envoyé une lettre au président américain Joe Biden et au secrétaire d'État Anthony Blinken et ont exhorté l'administration Biden à ne pas vendre d'avions de combat F-16 à la Turquie. Quelques extraits de la lettre : 

"Bien que nous soyons convaincus que le Congrès s'unira pour bloquer de telles exportations si ces plans progressent, les États-Unis ne peuvent pas se permettre de transférer des équipements militaires de pointe au gouvernement turc pour le moment", indique la lettre conjointe des législateurs.« Nous ne pouvons pas compromettre notre sécurité nationale »

« Suite à l'annonce en septembre du président Erdoğan selon laquelle la Turquie achètera une tranche supplémentaire de systèmes de défense antimissile russes S-400, nous ne pouvons pas nous permettre de compromettre notre sécurité nationale en envoyant des avions fabriqués par les États-Unis à un allié du traité qui continue de se comporter comme un adversaire. »."Comme vous le savez, l'administration Trump a officiellement retiré la Turquie de son programme d'avions de combat interarmées F-35 (FSJ) après que le président Erdoğan a exécuté le premier achat de systèmes russes S-400 par la Turquie, une décision qui a empêché la Turquie de compromettre le système F-35."Avec le soutien d'une coalition bipartite de membres du Congrès, cette politique de bon sens s'est poursuivie sous votre administration ."Tant que le président Erdoğan fera avancer son projet expansionniste en Méditerranée orientale, la Turquie continuera de menacer notre sécurité nationale et la sécurité de nos alliés les plus proches dans la région - la Grèce, Israël et Chypre. Nous vous exhortons à agir dans notre intérêt national et pour le bien de la stabilité en Méditerranée orientale en refusant de renforcer l'arsenal vieillissant d'avions de combat de la Turquie, et nous attendons avec impatience votre réponse."

Reste à voir comment l’Administration Biden va réagir à cette demande particulièrement nette du Congrès et comment le contentieux entre les deux pays va pouvoir se régler à l’avenir.

 

19/10/2021

Des F-16 pour la Turquie ?

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Le contentieux entre la Turquie et les Etats-Unis sur le programme F-35 pourrait être réglé avec la livraison d’avions de combat F-16. Washington vient de proposer une compensation de l’ordre de de 1,4 milliard de dollars à la Turquie pour le programme multinational F-35.  

40 F-16 « Viper »

Washington semble ouvert à la demande d’Ankara pour la livraison de 40 Lockheed Martin F-16 Block 70/72 « Viper » ainsi que 80 kits pour moderniser des appareils aux standards plus anciens. Pour l’instant, un tel contrat n’a pas encore été notifié au Congrès, rien encore confirmé dans ce dossier.  

Ankara dans une situation complexe

Avec son exclusion du programme F-35, Ankara se retrouve dans une certaine mesure dans une situation de faiblesse, le pays pourrait en effet, très vite se retrouver avec une force aérienne affaiblie vis-à-vis de ses voisins. Ankara ne pouvant disposer du F-35, seul le développement de son propre avion de 5 ème génération, le TF-X pourrait combler ce vide et/ou l’achat d’un avion du côté de la Russie. Pour autant la Turquie rencontre de gros problèmes pour son avion de combat national, notamment en ce qui concerne la motorisation. Des discussions avec Moscou sont en cours depuis plusieurs mois, mais l’acquisition d’un avion ou de technologie pourrait pousser Ankara hors de l’Otan.  

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » : 

Le Lockheed-Martin F-16 « Viper » Block70/72 est le dernier et le plus avancé de la famille des « Fighting Falcon ». La configuration F-16V comprend de nombreuses améliorations destinées à maintenir le F-16 à la pointe des avions de combat. Selon Lockheed-Martin, cette nouvelle version va fournir des capacités de combat de pointe tout en restant une solution évolutive et abordable pour le client.

Le F-16V dispose d’un nouveau radar à antenne électronique Electronically Scanned Array (AESA) Northrop-Grumman APG-83 « Radar Scalable Agile Beam ». L'APG-83 fournit aux pilotes une vision inégalée en matière de détail de la zone de cibles et d’affichages cartographiques numérique couplé à un système IRST. L’avionique est également améliorée avec un écran géant 6x8 central (CPD) à haute résolution, un nouveau bus de données à haute vitesse. Les capacités opérationnelles sont améliorées grâce à un nouveau système de liaisons de données Link-16 « Theater Data Link », l’adjonction de la dernière version de la nacelle de désignation « Sniper », d’un nouveau système de navigation et de précision par GPS. L’avion est également doté du système automatique Ground Collision Avoidance (Auto GCAS). En matière d’armement, le F-16V permet d’emporter l’ensemble des armes disponibles et futures en de l’US Air Force.

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Photos : 1 F-16 turc @ Armée de l’air turque 2 F-16 Viper @ LM

23/09/2021

Grosse incursion chinoise dans l’espace aérien taïwanais !

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La Force aérienne taïwanaise était en alerte ce jeudi matin pour intercepter pas moins de 19 avions de combat chinois qui sont entrés dans sa zone de défense aérienne, a annoncé le ministère taïwanais de la Défense. Les incursions de la PLAAF sont légion, et de plus en plus massives. Retour sur la tension militaire qui secoue depuis des années le détroit de Taïwan.

14 avions de combat chinois

L’incursion de l’aviation militaire chinoise de ce matin comprenait 14 avions de combat, soit 12 Shanyang J-16 multirôle et 2 bombardiers Xian H-6 à capacité nucléaire. Si les incursions chinoises sont régulières, Taïwan fait maintenant face à une pression accrue avec un nombre important d’avions de combat. La première a été effectuée en avril dernier avec pas moins de 25 avions de combat qui chinois sont entrés dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) taïwanaise. Pas moins de 18 chasseurs accompagnaient des bombardiers à long rayon d’action.

La Force aérienne taïwanaise a dû adapter sa tactique en fonction des violations constantes de son espace aérien. Par exemple, si, il ne s’agit que d’un appareil, elle ne se précipite plus pour le rejoindre, mais le suit avec ses systèmes de missiles sol-air. Par contre, les incursions massives comme celle de ce matin, sont systématiquement contrées.

Répétition d’une possible invasion ou guerre psychologique ?

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Ces incursions massives de la Chine sont un nouveau mode de pression. La Chine n’a pas peur de se montrer au grand jour et de faire valoir sa toute nouvelle puissance dans la région. La volonté de s’emparer de Taiwan est bien présente. Qu’il s’agisse d’une attaque soudaine et rapide ou d’une invasion à grande échelle. Mais Pékin semble préférer une réunification plus pacifique avec ce qu’elle nomme communément île de Formose. Détruire les actifs de cette dernière n’est. La Chine semble donc bien jouer au chat et à la souris avec Taïwan en espérant que cette dernière craquera sous la pression. Mais rien n’est moins sûr, en effet, la petite île ne cesse de renforcer ses capacités de défense et de frappes capables de mettre à mal une possible agression chinoise. 

De son côté, la Chine est plus forte que jamais Pékin peut, à présent, prétendre disposer d’une marine puissante. Cette amélioration de la marine chinoise s’inscrit dans une logique doctrinale selon laquelle les forces navales d’un pays montrent la puissance de celui-ci. La marine chinoise dispose désormais de 350 bâtiments de guerre dont 130 étant considérés comme des « combattants de surface majeur ». On compte donc dans l’inventaire chinois deux portes avions et un troisième en construction, 6 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et une flotte de destroyers, de corvettes et de frégates, dont la qualité ne cesse d’augmenter tant en qualité qu’en technologie embarquée. La puissance navale chinoise s’appuie également sur une aviation de plus en plus performante et nombreuse qui est aujourd’hui la troisième au monde avec un total de 2’500 aéronefs. S’ajoute ensuite une gamme de missile complète, largement capable d’atteindre Taïwan. Il manquait à Pékin les moyens de mener un débarquement, c’est presque chose faite avec l’arrivée de navires de débarquement de classe Yuzhao Type 071 et de navires d'assaut amphibies de classe Yushen Type 075, cet ensemble comprendra bientôt un total 32 navires lourds, 16 de taille moyenne et 29 transports de tanks. A cela, il faut ajouter des ravitailleurs en vol Y-20, des aéronefs de détection avancée AEW&C et des appareils de guerre électronique.

Difficile de dire si Pékin osera la confrontation, mais les risques d’un accident augmentent dans ce jeu dangereux ou les nerfs sont soumis à une pression toujours plus forte.

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Photos : 1 F-16 Taïwanais interceptant un Xian H-6  2 Scramble avec un F-CK-1 Ching Kuo @ TaF 3 Shenyang J-16 chinois @ TaF