22.05.2012

La Marine a reçu ses Super Etendard S5 !

 

MDBA Super Etendard modernise-098.jpg


 

La Marine vient de recevoir son dernier exemplaire du Super Etendard modernisé au standard 5 (SEM 5). Le 14 mai 2012, l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu a livré le Super Étendard modernisé (SEM) n°62, dernier SEM sorti des chaînes de maintenance du service industriel de l’aéronautique (SIAé), service relevant du chef d’état-major de de l’armée de l’air.

Durant 30 ans, l’AIA de Cuers-Pierrefeu a été un acteur prépondérant dans la disponibilité de la flotte SEM en réalisant plus de 140 visites d’entretien majeur. L’atelier a également assuré toutes les modifications et les mises au standard de l’avion demandées par la marine nationale, en raison de l’évolution des technologies et des besoins opérationnels.

A l'origine, le Super Étendard ne devait être qu'une évolution de l'Étendard IVM. Mais la refonte de l'avion et de son système d'armes fut si complète que le Super Étendard ne partage plus guère aujourd'hui qu'une partie de son nom (et d'excellente qualité de vol) avec le glorieux ancêtre. Le Super Étendard est un appareil dont les qualités manœuvrières en basse et moyenne altitude en font un remarquable avion d'assaut capable de traiter des objectifs maritimes ou terrestres avec des armements aussi diversifiés que l'armement nucléaire, les missiles anti-surface et air-sol, les bombes et le canon.

Les missions :

La première des missions du chasseur-bombardier embarqué est la dissuasion nucléaire. Mais l'avion est également bien connu pour former un couple redoutable avec le missile AM-39 "Exocet", conçu pour la lutte anti-navire. Il assure également des missions d'appui-feu au profit des troupes à terre.

Les missions de reconnaissance se font à l'aide d'un châssis amovible CRM 280, qui s'installe à la place des deux canons de 30 mm et qui contient deux caméras très différentes : la première panoramique, offre des clichés de très grandes précisions en couleur ou en noir et blanc pour les vols à basse altitude. La deuxième caméra, optimisée pour la reconnaissance à moyenne ou haute altitude, est numérique et filme en continu le sol.

Toutes ces évolutions ont été rendues possibles grâce à différents programmes de modernisation, qui ont successivement porté les Super Étendard au standard 1, 2 puis 3 et 4 et en ont fait des "SEM", alias "Super Étendard Modernisé". Et déjà se profile à l'Horizon un futur standard 5 qui devra permettre à l'avion de faire bonne figure jusqu'en 2015, date à laquelle il cédera complètement sa place au Rafale. Ce futur standard offrira une capacité nocturne totale au SEM et à ses pilotes, avec la mise en oeuvre d'un pod de désignation laser Damocles couplé à un FLIR pour la navigation nocturne. En attendant, les pilotes combattent la nuit à l'aide de JVN (jumelles de vision nocturne) dont l'emploi est rendu possible par une adaptation de l'instrumentation de bord.

Dès 1985, il est apparu que pour maintenir l'appareil en service jusqu'en 2010, maintenir ses capacités opérationnelles à un niveau suffisant et se prémunir des risques d'obsolescence de certains équipements ou composants, le système d'armes de l'appareil devait être modifié en profondeur. Un programme de modernisation fut lancé en juin 1986. Il concernait trois domaines principaux: la détection radar, le système de navigation et d'attaque, et l'ergonomie du poste de pilotage. Le Super Etendard modernisé (SEM) aura des capacités qui évolueront progressivement jusqu'au standard 5 de fin-2006.

L'intégration du radar Anémone en remplacement de l'Agave permit de multiplier par deux les portées de détection sur des cibles maritimes tout en assurant une meilleure discrétion des émissions électromagnétiques. Les nouveaux modes de fonctionnement de ce radar offrent des possibilités qui permettent d'optimiser l'utilisation des missiles AM 39 et ASMP. Le système de navigation et d'attaque conçu dans les années 1970 utilisait des calculateurs dont les possibilités d'évolution étaient très limitées. Pour permettre l'introduction de nouvelles conduites de tir et pouvoir dialoguer avec le nouveau radar Anémone, les calculateurs ont été modernisés: accroissement de la capacité de calcul, augmentation du nombre des liaisons de transfert de données, possibilité de modifier la programmation des équipements majeurs.

La charge de travail du pilote au cours des passes de tir est notablement allégée grâce à l'amélioration de l'ergonomie du poste de pilotage. L'intégration d'un combiné de visualisation tête haute et tête moyenne remplaçant l'ancien viseur et l'écran radar permet au pilote de disposer d'une image radar collimatée à l'infini supprimant ainsi le temps d'adaptation de la vue lors de la lecture des informations présentées. Le regroupement sur la poignée de pilotage et sur la manette de puissance de l'ensemble des commandes utilisées pour la mise en oeuvre du système d'armes lors des passes d'attaque, permet d'optimiser les enchaînements des actions du pilote et procure une plus grande souplesse en cas de situation imprévue : mauvaises conditions météorologiques ou évolution de la situation tactique autour de l'objectif. Bien qu'aucun armement nouveau n'ait été introduit dans la panoplie du Super Etendard dans la première phase de la modernisation, l'efficacité militaire de l'avion s'est trouvée nettement améliorée grâce à son nouveau radar et à la nouvelle ergonomie de son poste de pilotage. La livraison du premier appareil modernisé équipé du radar Anémone est intervenue en décembre 1993, la première flottille étant déclarée opérationnelle sur Super Etendard modernisé (SEM) en novembre 1995. Le dernier SEM a été livré en 1998. Le premier standard SEM est le standard 2, le standard 3 est introduit en 1995, le standard 4 en 2000, et le standard 5 en 2006.

Les différentes phases de modernisation :

Standard 1 : Concerne une modernisation et une remise à niveau de base permettant à l’avion d’accueillir les modernisations futurs.Remise à niveau des panneaux d’interface armement et des circuits armements.Remplacement du calculateur UAT 40 par un appareil de nouvelle génération UAT 90. Remplacement de la centrale inertielle d’origine par un modèle permettant de prendre en compte la pente éventuelle de l’avion.

L’écran radar type oscilloscope est remplacé par une visu tête moyenne pouvant accueillir les images radar et celles transmises par la nacelle de désignation laser. La VTM est positionnée sous le nouveau collimateur plus large susceptible comme la VTM de recevoir une imagerie monochrome. Le pilote aura toutes les informations de ses capteurs présentées de manière uniforme et centrée il n’aura plus besoin de mettre la tête « dans la chaussette » de son écran radar avec les temps d’adaptation que cela nécessitait.

Modernisation de l’ergonomie du cockpit, les instruments de navigation son regroupés de manière différente passant de gauche à droite, la manette des gaz et le manche se couvrent de boutons et rapprochent l’avion du concept 3M (mains sur manche et manette). Le pilote pouvant activer les radios, les senseurs, et l’armement sans bouger ses mains.

 

MDBA Super Etendard modernise-065.jpg

 

 

Standard 2 : Le radar Agave est remplacé par l’Appareil Numérisé pour l’Exploitation des MOuvements Navals Eloignés; l’Anemone est un radar entièrement numérique. La principale différence avec l’Agave est une antenne plane à fentes de plus grand gain, donc amélioration des performances : portée et distance d’accrochage deux fois plus grande que sont prédécesseur, une amélioration technologique des circuits et l'utilisation d'un tube télévision associé à une mémoire numérique. La production en série est de 45 exemplaires seulement et c’est pourquoi la Marine souhaite conserver une compatibilité avec l’Agave grâce à un Boîtier d’adaptation et d’interface radar permettant de monter l’un ou l’autre des équipements dans la pointe avant.

L’atout essentiel de l’Anemone est de pouvoir fonctionner sur le mode Poursuite sur Information Discontinues qui garantie une plus grande discrétion d’émission tout en surveillant l’environnement autour de la piste verrouillée. C’est un radar à agilité de fréquences difficilement brouillable lors de sa sortie.

Standard 3 : Intégration de l’armement guidé laser grâce à la nacelle de désignation diurne ATLIS II. Dans un premier temps les SEM reçoivent l’AS 30 L(S) S . L’AS 30 L a une portée de 10/12 kilomètres une vitesse de Mach 1,5 et une charge militaire de 240 kgs. Mais en raison du coût de l’engin (près de 3 millions de francs de l’époque) rapidement les GBU 12, 14 et 16 (corps de bombe US de 500 livres plus kit de guidage Paveway II de Raytheon) sont intégrés en crash programme au cours de la guerre en ex-Yougoslavie.

Standard 4 : Il est divisé en deux phases. La première porte sur l’autoprotection avec l’ouverture des points dits «0» sous voilure pour accueillir deux lances-leurres Alkan 5080. A ceci s’ajoute l’adjonction d’un détecteur d’alerte radar Sherloc en plus des traditionnels pods de brouillage EM actifs Barracuda et lance paillettes Phimat emportés en point «2» de voilure. Le Système d’Auto Protection (SAP) assure le choix des moyens de leurrage en fonction de la situation.

La seconde est l’intégration du châssis photo CRM 280 de 200 kgs, combinant une caméra numérique noir et blanc et un appareil photo argentique couleur. Au niveau des améliorations la centrale inertielle reçoit une hybridation GPS ce qui permet son recalage automatique. De plus désormais au standard S4 les avions reçoivent la capacité complète de désignation et de tir laser simultanés.

Standard 5 : 35 avions ont été concernés. Le S5 concerne la nacelle de désignation laser, le pilote automatique, de nouvelles radios sécurisées et dédoublées. Désormais outre le tir nocturne d’armement laser la nacelle offre une visualisation infrarouge dans le cockpit sur le VTH ou la VTM. Le cockpit est traité pour l’emploi des jumelles de vision nocturnes. La nacelle est équipée d’une fonction pointage qui permet dans l’IR de désigner à un ailier ou à un contrôleur au sol l’objectif désigné. Equipé d’une centrale inertielle autonome Damoclès se repointe automatiquement sur la cible à l’occasion d’une éventuelle seconde passe.

Le S5 est doté d’un nouveau pilote automatique numérique beaucoup plus performant que le vieux SFENA des années 70. Enfin depuis trois ans les SEM S5 peuvent tirer la GBU 49 de 500 livres qui outre sont guidage laser peut être délivrée sur un objectif dont les coordonnées GPS ont été données à la bombe en cours de vol via un bus numérique standard 1760.

MDBA Super Etendard modernise-067.jpg

 

 

Photos : Super Etendard @ Laurent Casaert

 

11.03.2012

Inde, mieux faire connaitre la gamme Falcon !

 

041UPA_110917_0376MR.jpg


 

Hyderabad Begumpet Airport en Inde, Dassault Aviation va lancer une grande offensive sur le marché indien avec sa gamme d’avions d’affaires Falcon. Suite aux choix de l’avion de combat Rafale, le constructeur français va tenter de mieux faire connaître ses avions privés.

Dassault a construit sa réputation en Inde avec ses avions de combat Mirage 2000 et récemment le Rafale.  Aujourd'hui, la réputation d'excellence de conception est également motivée par les avions d'affaires comme le Falcon 7X, le Falcon 900LX et le Falcon série 2000. La famille d'avions d'affaires Falcon offre d’excellentes performances en matière de confort et d’économie de carburant.

Dassault lance une opération de séduction afin de consolider sa position dans le domaine de l'aviation d'affaires, car en Inde, un nombre croissant d'entreprises et de propriétaires privés sont susceptible de devenir clients. 

L'investissement privé dans les infrastructures de l'aviation du pays et le soutien de plus en plus élevé par les autorités indiennes rende ce marché dynamique encore plus attrayant.

Environ 20 Falcon sont actuellement exploités sur les aéroports de Delhi, Mumbai, Bangalore, Chennai, Pune et à Hyderabad. Plusieurs avions supplémentaires sont en commande pour la livraison aux clients indiens au cours des deux prochaines années. Près de la moitié des nouvelles commandes d'avions concerne le Falcon 7X de Dassault, soit l’aéronef phare de la gamme, le premier jet d'affaires certifié par un système entièrement numérique de commande de vol.

Le Falcon 7X peut se connecter de Mumbai à Cape Town, par exemple, ou de Bangalore à l'aéroport de London City  dans le coeur de Londres. 

Falcon-7X-BMW_Elegance_Vue-Fixe-02MR.jpg


 

Photos :  1 Falcon 7x en vol 2 intérieur du 7x @ Dassault Aviation

 

14.02.2012

Le Falcon 7X a atteint 100.000 heure de vol !

 

7X_0149M.jpg


 

Saint-Cloud, France, le Falcon 7X de Dassault a accumulé plus de 100.000 heures de vol qui marque un jalon important pour les avions de la compagnie.

Le Falcon 7X a été livré pour la première fois en Juin 2007, et depuis ce temps 133 ont été mis en service dans 31 pays. Le Falcon 7X est le premier jet d'affaires à intégrer un système de vol de contrôle numérique, qui fournit une enveloppe avec une plus grande sécurité. L'avion est également livré en standard avec le poste de pilotage EASy. Cockpit EASy de nouvelle génération avec minimanche latéral, Digital Flight Control System, système Primus Epic d’Honeywell, automanette et affichage tête haute optionnel Collins, et système de vision améliorée EFVS (Enhanced Flight Vision System).

 

clip_image002small.jpg

 

 

Le Falcon 7X est alimenté par trois moteurs Pratt & Whitney PW307A Canada de 6402 lb (28,5 kN) de poussée chacun (SL ISA+17 °C) et offre une efficacité de carburant supérieure de 15 à 30% face aux autres aéronefs de la même catégorie.

Le Falcon 7X vole plus vite, Seul jet d’affaires long-courrier certifié par l’AESA et la FAA pour décoller de l’aéroport de London City, le Falcon 7X possède un rayon d’action de 5 950nm (11 000km) lorsqu’il transporte huit passagers à Mach 0.80.Il ouvre une nouvelle ère d’innovation, de confort et de performances. Le Falcon 7X parcourt 11 000 km (5950 nm) sans escale et relie Paris à Tokyo,  New York à Dubaï, Berlin à Los Angeles,  Johannesburg à Londres, il est le seul jet d’affaires long-courrier certifié par l’AESA et la FAA.

_MG_5724M.jpg

 

 

Photo : 1 Dassault Falcon 7X @ Katsuko Tokunaga 2 cockpit @ Dassault Aviation

 

03.11.2011

Avions de combat : constructeurs sous pression !

 

1551501454.jpg


 

La Suisse choisira avant la fin de l’année son nouvel avion de combat, je vous propose un ultime volet sur l’avancée du dossier. Les prix ont baissé et les intérêts politico-industriels refont surfaces ! Les responsables politiques se succèdent à Berne pour expliquer les avantages des avions qu’ils défendent, le suédois suivit du ministre de la défense française Gérard Longuet suivit mardi prochain de  l’allemand Thomas de Maizière.

La concurrence à joué son rôle :

La stratégie mise en place par le DDPS et Armasuisse à très bien fonctionné et la crise de la monnaie européenne apporte la cerise sur le gâteau ! Rappelez-vous, on parlait d’un achat à 5 milliards, hors, La semaine dernière c’est un Ueli Maurer (Chef du DDPS) pas peu fier d’annoncer que les mises à jour des offres ne dépasseront pas 4 milliards pour la plus élevée (fourchette de prix) ! La baisse de l’euro, combinée à la stratégie de concurrence ont obligés les trois constructeurs à revoir leurs prix.

Saab Gripen, Dassault Aviation et Cassidian (EADS) doivent impérativement vendre et se devaient d’amener sur la table un projet dont le budget correspond aux finances de la Suisse,  sous peine d’être purement et simplement écarté.

L’avion le moins cher reste le Gripen avec une offre à environ 3 milliards, alors que  l’Eurofighter  ferme la marche à environ 4 milliards. Le Rafale est quant à lui entre les deux.

La situation des trois concurrents :

avions_rafale_la_clau.jpg


 

Le Rafale de Dassault Aviation :

L’avion français reste sans nul doute le favori avec un prix qui se situe, donc, parfaitement dans la ligne de crédits imposé. Ayant réussi le mieux les tests avec 95% de réussite, le Rafale est également proposé avec un partenariat industriel complet qui touche l’avion lui-même mais également la gamme de jets d’affaires «Falcon», le motoriste SNECMA/CFM International et l’ensemble des équipementiers connexes.

Mais le meilleur avion a-t-il été rattrapé par ces concurrents ? La réponse est non, le Rafale est le seuil proposé immédiatement avec un radar à antenne à balayage électronique (AESA) et plusieurs éléments testés à l’époque seront de la seconde génération comme l’optique frontale (OSF) et l’architecture électronique.

Le point faible ? L’avion français n’a pas trouvé à ce jour preneur à l’étranger et certain y voie là, un risque pour notre pays de devenir entièrement dépendant des futurs choix français. Oui, sauf que le Rafale se vendra certainement au EAU et reste bien placé en Inde et leader au Brésil, cette situation va donc évoluer.

Thumbnail.jpg

 

 

Le Gripen de Saab :

L’avion suédois reste donc le moins cher et peut donc jouer sur l’effet du prix. Mais l’argumentation des suédois va jouer également sur le fait que le Gripen à évolué grâce au démonstrateur NG (Gripen Nouvelle Génération). La version proposée à la Suisse sera remotorisée (General-Electric F414) et donc plus puissante, l’architecture électronique sera plus récente et dès 2016 il sera possible d’installer le radar Ericsson RAVEN ES-05 à antenne à balayage électronique (AESA). Mais attention l’avion est le plus petit, l’expérience nous montre qu’il est toujours plus complexe de modernisé un appareil n’ayant que peu de place libre.

Saab propose un travail de collaboration pour la mise à jour de l’ensemble de la flotte  des Gripen en services dans le monde et ceci en pleine collaboration avec l’aviation suédoise. L’offre est donc intéressante à la condition, que l’ensemble des clients du Gripen, désirent une telle modernisation. Il existe cependant une inconnue, la viabilité du constructeur SAAB sur le long terme !

AIR_Eurofighters_Italian_Break_lg.jpg

 

L’Eurofighter de Cassidian (ex EADS) :

L’avion le plus cher mais qui rentre malgré tout dans les chiffres. Le consortium européen offre un Eurofighter amélioré avec un radar plus puissant  la version CAPTOR-M. Cette version du radar fait partie de la tranche 3A qui prépare l’arrivée en 2016 du CAPTOR-E à antenne à balayage électronique qui pourra être montée en rattrapage. Cassidian offre un partenariat industriel fort avec ses sociétés comme Airbus, Eurocopter, CASA ainsi que les équipementiers du groupe.

Pourtant un risque existe en matière de collaboration du fait de la complexité du consortium Cassidian dont les procédures sont ralenties du fait de l’externalisation des chaines de montage aux quatre pays producteurs.

 

Le choix du partenariat :

Comme je l’écrivais dans mon dernier article sur le sujet, le choix du nouvel avion de combat revêt une double importance, un partenariat militaire sur le développement de l’avion à long terme (30 ans) et sur l’activité du tissus industriel. L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire, mais sera vital en matière de places de travail, alors que nous vivons une période difficile en matière d’emploi !

Liens :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2011/10/21/eurofighte...

Photos : 1 Les tests selon Nicolas PUG  2 Rafale @ Dassault Aviation 3 Gripen et Gripen NG @ Saab 4 Eurofighter @ Aeronautica Militare

 

28.10.2011

Inde : bataille finale entre le Rafale et l’Eurofighter !

 

_BT_5448.jpg


 

Le programme MMRCA (remplacement des Mig-21) qui a été lancé en août 2007 après six années de longues  réflexions devrait toucher à sa fin prochainement. Après un processus d’évaluation qui permis d’éliminer plusieurs concurrents, soit le Mig-35, Le F-16 Super Viper, le F/A-18 Super Hornet et le Gripen NG , une «short list» définitive met au prise les deux derniers concurrents que sont : le Rafale de Dassault Aviation et l’Eurofighter d’EADS/CASSIDIAN.

La dernière bataille :

La dernière passe d’armes, va donc être lancée, entre les deux appareils européens le 4 novembre prochain avec la remise aux autorités indiennes des offres commerciales, des deux constructeurs, avec à la clef, un contrat de 12 milliards de dollars pour 126 avions !

Le vainqueur de l'appel d'offres ne sera pas choisi immédiatement, les militaires souhaitent étudier les deux offres en détail. Mais cette étape marque l'entrée dans une nouvelle phase, où les propositions financières seront comparées.

Les offsets (compensations industrielles) ont déjà été négociés. Sur les 126 avions fournis, 108 seront assemblés sur place par Hindustan Aeronautics. La décision finale doit être donnée avant mars 2012, pour une première livraison en 2014.

800px-Eurofighter_Typhoon_AUT.jpg

 

 

Analyse :

Dans ce dossier, l'Inde se retrouve à arbitrer un vieux conflit européen qui date des années 1980. A cette époque, les Européens n'ont pas réussi à s'entendre sur un avion de combat européen sur le modèle d'Airbus. Les Français défendaient le modèle d'un avion multimission, contrairement aux Allemands et aux Britanniques. De cette divergence stratégique sont nés Eurofighter qui construit le Typhoon et le Rafale de Dassault. En l'absence de réelle nationalité, le Typhoon pourrait souffrir de la mobilisation du corps diplomatique français auprès des autorités indiennes.

L'Histoire a montré que la diplomatie est déterminante dans l'issue de ces appels d'offres. Ainsi, Dassault s'offre une petite vengeance face au F-16 américain de Lockheed Martin. Washington ne lésine pourtant pas sur les pressions diplomatiques et financières pour vendre son matériel militaire, et pour éliminer ses concurrents notoires. Ainsi en est-il du gouvernement brésilien qui avait élevé le Rafale au rang de favori, avant de changer d'avis et de remettre à plat l'appel d'offre, à la faveur d'un changement de gouvernement.

Le consortium EADS/CASSIDIAN pour l’Eurofighter, en tout cas, y croit dur comme fer : le directeur général Enzo Casolini s'attend à une bonne nouvelle en provenance de l’Inde. L'Eurofighter est en tout cas régulièrement présenté comme le favori de la compétition indienne (du moins par certains). L’avion dispose même  de certaines ambitions au Japon, chasse gardée traditionnelle des Américains. Pour EADS la capacité de de lobbying développée à travers les instances diplomatiques des pays partenaires (Angleterre, Allemagne, Italie, Espagne) et de la grande tradition des liens entre Britannique et Indien peuvent faire la différence.

Mais il faudra compter sur le prix, en effet, une forte différence pourrait déclencher un choix rapide alors que l’inverse amènera de longues discussions. De plus, les indiens vont longuement étudier les coûts de mise en oeuvre et de maintenance ainsi que les coûts de production de l’avion choisit sur une chaîne de fabrication locale. Là, l’Eurofighter n’est de loin pas le favori avec une organisation industrielle baroque en matière de programme, l'Eurofighter est le seul chasseur dont les ailes sont fabriquées dans des pays différents, l'aile gauche par l'italien Alenia et l'aile droite par EADS en Espagne. Coût estimé : 2,2 milliards de livres selon le NAO, soit les deux tiers des surcoûts.

Bref, rien n’est véritablement joué dans cet appel d’offre, à suivre !

Lien sur le programme MMRCA :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/08/19/l-inde-va-remplacer-ses-mig-21.html


Photos : 1 Rafale @ Dassault 2 Eurofigter @ EADS