27/02/2021

Quel appareil pour remplacer le E-3 AWACS ?

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 L'US Air Force (USAF) prépare le remplacement de sa flotte d’avion d’alerte lointaine composée du Boeing E-3 Sentry Airborne Warning and Control System (AWACS). Actuellement L'USAF exploite 31 exemplaires de l'E-3, dont l’âge moyen est d'environ 42 ans.

Rappel :

La mise au point des premiers « AWACS » remonte à la Seconde Guerre mondiale avec le projet « Cadillac », mais devant le peu d’intérêt de l’époque, il faudra attendre les années 50 pour voir se concrétiser le projet avec l’EC-131 Warning Star dérivé du Super Constellation. Développé avant la mise au point des radars à effet Doppler ces avions étaient efficaces pour la détection à longue distance, mais avaient des performances faibles pour la détection vers le bas. Il faudra attendre 1964 et le Grumman E-2 Hawkeye de l’US Navy pour arriver au standard actuel des AWACS.

Le système d'avertissement et de contrôle aéroporté Boeing E-3G (AWACS) a défini un nouveau mode de guerre pour l'armée américaine lorsque le modèle original a été introduit en 1978. En centralisant la détection et le commandement et le contrôle aéroportés sur une plate-forme unique. Avec l’AWACS il est devenu possible d’improviser de nouvelles tactiques offensives et défensives en temps réel. Avec le temps, l’importance de l’E-3G en a fait une cible extrêmement précieuse pour un éventail d’armes émergentes, à longue portée appelées « tueurs AWACS ».

Aujourd’hui plusieurs modèles de systèmes radarisés aéroportés sont disponible sur le marché, notamment monté sur des jets d’affaires.

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Etude d’un remplaçant :

En conséquence, les responsables de l'US Air Force et de l'OTAN ont débutés une réflexion en vue du remplacement de leurs flottes d’avions E-3 respectives en utilisant une approche de systèmes distribués.  Toutes les options envisagées à ce stade ne sont pas encore pleinement développées. Il est important de se rappeler que la flotte E-3 remplit deux fonctions différentes : l’alerte avancée aéroportée (AEW) et le commandement et contrôle. 

La première fonction exige l'intégration d'un grand radar capable de détecter à de grandes distances. En plus de la puissance, le radar doit être incroyablement précis et discriminer les petites cibles à déplacement rapide, y compris les missiles de croisière, par rapport à l'encombrement de l'arrière-plan. Étant donné la vulnérabilité future d'une grande plateforme rayonnante dans l'atmosphère aux menaces potentielles, une option pourrait être de remplacer, ou au moins d'augmenter considérablement, la couverture AEW grâce à l'utilisation d'une constellation proliférée de petits satellites en orbite terrestre basse.

L’arrivée progressive d’avions de combat dotés de la capacité de guerre en réseau permet également de combler ce vide, du moins en partie. Une flotte d’avion engagés en réseau offre une très bonne couverture, mais encore faut-il que la dotation soit suffisante et engagée en nombre sur un territoire définis.  

Plusieurs options sont donc envisagées pour parfaire une future détection aérienne de qualité capable de faire face aux nouvelles menaces. Un nouvel appareil doté d’un radar aéroporté est également envisagé.

Et pourquoi pas l’E-7 « Wedgetail » ?

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Le chef d'état-major de l'US Air Force, le général Charles Brown, a refusé de commenter ce qui devrait remplacer l'E-3, mais a déclaré lors du Symposium sur la guerre aérospatiale de l'Air Force Association le 25 février dernier que toutes les possibilités devaient être étudiées. L’une des propositions concerne le choix potentiel du Boeing E-7 « Wedgetail ». Ce dernier est exploité par l'armée de l'air sud-coréenne, la Royal Australian Air Force et l'armée de l'air turque. La Royal Air Force britannique a également commandé l'avion. Plus petit, car monté sur une cellule de B737, il n’en reste pas moins très efficace, car doté des dernières technologies de capteurs. De plus, le système « Wedgetail » est mature et peut être disponible très rapidement. Il offrirait un nœud central capable de fonctionner en réseau et avec une constellation de satellites.

Boeing E-7 « Wedgetail » :

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Basé sur le Boeing 737-700 « Next-Generation » commercial, l'AEW&C E-7A « Wedgetail » est conçu pour fournir la surveillance de l’espace aérien et la gestion de celui-ci grâce à son radar à balayage électronique radar qui retransmet à l’équipage de la mission l’ensemble des cibles aériennes et maritimes en temps réel. L'équipage de mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Le radar MESA de Northrop-Grumman peut détecter jusqu’à 1’000 objets volants dans le même temps. Lorsque le degré de surveillance est en mode 360°, il peut détecter les avions ennemis dans un rayon de 370 km, et lorsqu’il concentre le faisceau dans une direction, il peut détecter des cibles à des distances allant jusqu'à 500 km. Avec les différents modes, le radar peut même détecter des cibles en mer. 

Le radar MESA est conçu pour un avion à réaction de taille moyenne, profitant de vitesses et d'altitudes plus élevées. Des altitudes de fonctionnement allant jusqu'à 40’000 pieds (par rapport aux altitudes typiques de 20’000 à 25’000 pieds des autres systèmes AEW) offrent un avantage de portée et de ligne de vue de 20 à 50% contre les missiles et les avions volant à basse altitude sur divers terrains. Ainsi, les temps d'alerte précoce et de réaction sont considérablement améliorés lorsque le temps presse. MESA est opérationnel quelques minutes après le décollage, à partir de 5 000 pieds et avec un fonctionnement à pleine puissance à 10’000 pieds. En tirant parti des fonctions de balayage électronique entrelacées, une image combinée de l'air et de la mer est rapidement développée. Les opérateurs de système et les commandants de combat ont désormais la flexibilité d'orchestrer les opérations aériennes et les mesures défensives avec un système radar / IFF facilement commandé via la console système. L'équipage de la mission peut diriger les forces offensives et défensives tout en maintenant une surveillance continue de la zone opérationnelle.

Photos : 1 Boeing E-3 AWACS@ USAF 2 Saab GlobalEye @ Saab 3 Boeing E-7 Wedgetail @ RAAF

 

20/02/2021

Troisième GlobalEye pour les EAU !

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 L’avionneur suédois Saab a livré le troisième exemplaire du « GlobalEye » destiné aux Emirats arabes unis (EAU). La réalisation de trois livraisons de l’avion d’alerte avancée « GlobalEye » en moins d’un an démontre que l’avionneur suédois maîtrise son produit de haute technologie. Deux autres appareils doivent encore être livrés, ils font partie de la seconde commande effectuée par le pays.

« En gérant l'ensemble du processus, y compris le développement et l'intégration des capteurs, nous contrôlons de manière unique chaque partie critique de ce programme complexe », déclare Micael Johansson, président et chef de la direction de Saab.

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Le GlobalEye AEW&C :

Basé sur une cellule de jet d’affaires Global 6000, le « GlobalEye » offre les plus récentes technologies, cet impressionnant biréacteur peut relier Paris à Tokyo sans escale avec huit passagers et de trois à quatre membres d’équipage (en mode jet privé). Il peut franchir 6’000 milles marins (11’100 km) à Mach 0,85 avec jusqu’à huit passagers. De son côté la Société de Défense et de la sécurité Saab a installé sa nouvelle version du système de radar Saab « Erieye ER » intégrant la technologie GaN (nitrure de gallium), le système « Swing Role Surveillance System » (SRSS) capable de détection simultanée et le suivi des cibles multiples dans les airs, sur terre et en mer.

Le système AEW&C « GlobalEye » dispose de la nouvelle version du radar « Erieye ER », le SRSS de type AESA qui offre une détection supérieure à 600 kilomètres. Les caractéristiques du système comprennent, la production d'onde adaptative (y compris la compression numérique, codées en phase d'impulsion), le traitement du signal et de poursuite de cible (TWS) tout au long de la couverture angulaire du système à l’aide de fréquences basses et moyennes. Le système permet une capacité de détection avant et en arrière du cap de l'avion.

En matière de détection maritime, le système est couplé avec le radar Leonardo 7500E AESA en bande I (8 à 12,5 GHz) ventral et d’une tourelle électro-optique. Le « GlobalEye » est capable de détecter des navires à environ 400 km et même des contacts plus petits, comme par exemple : un jet ski et des bateaux gonflables (CPCR) et un périscope de sous-marin à très longue portée au-delà des 100 nautiques miles. L’ensemble du système est capable de fonctionner dans un environnement de guerre-électronique et de cyberguerre. L’identification de piste aérienne est facilitée par un IFF Mode 5 (ou norme nationale du client).

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Photos : GlobalEye pour les EAU @ Saab

 

31/05/2019

Le Japon commence a recevoir ses E-2D « Advanced Hawkeye !

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Northrop Grumman Corporation a achevé sa première livraison d'un avion d’alerte précoce de nouvelle génération, E-2D « Advanced Hawkeye » à la Force japonaise d'autodéfense aérienne (JASDF).

«Le partenariat de longue date de Northrop Grumman avec le Japon ouvre un nouveau chapitre avec la livraison du premier E-2D au Japon», a déclaré Jane Bishop, vice-présidente et chef de l’équipe produit intégrée, programmes de surveillance aérienne embarquée, Northrop Grumman. "Cet avion offre une augmentation significative de la capacité d'alerte rapide et de surveillance pour dépasser les besoins de sécurité en constante évolution du Japon."

Le Japon exploite le Northrop Grumman E-2C Hawkeye depuis 1983 et est le plus grand exploitant d’E-2 en dehors des États-Unis. Le E-2D offre un saut technologique de deux générations, permettant à l’appareil de suivre les menaces à distance. L’appareil peut également être utilisé dans le cadre d’une assistance humanitaire et d’une capacité de secours en cas de catastrophe pour la coordination des urgences civiles.

Rappel :

Le ministère de la Défense de Tokyo a choisi l'E-2D en 2014 pour répondre aux besoins de la Force aérienne d'autodéfense japonaise pour les avions d'alerte avancée aéroportés. Il a d'abord commandé un exemplaire solitaire, doublant son engagement en août 2016. Le Japon exploite actuellement une flotte de 13 anciens « Hawkeye » de modèle C. Le nouveau modèle va remplacer progressivement l’ancien. 

En plus des neuf avions, le forfait comprend 28 moteurs Rolls-Royce T56-A-427A (18 installés et 10 pièces de rechange), dix radars Lockheed Martin APY-9 (neuf installés et un de rechange), ainsi qu'une gamme d'équipements connexe. 

Les E-2D japonais ont plusieurs modifications par rapport à celles de l'US Navy. Étant donné que le type fonctionnera à partir de bases terrestres et non de porte-avions. Les E-2 D japonais peuvent transporter du carburant supplémentaire dans une «aile humide», offrant une autonomie de 8 heures, contre 5 heures pour les E-2D américains. Les appareils sont dotés d’une capacité de ravitaillemment en vol.

Le Hawkeye E-2D « Advanced » :

Les systèmes du E-2D représentent un bond de plusieurs générations dans la technologie des systèmes embarqués d’alerte lointaine et doit permettre de s’adapter aux menaces d’aujourd’hui et de demain. Le Hawkeye E-2D « Advanced » dispose d’un grand nombre de nouveautés avec un radar AESA  AN/APY-9 qui remplace l’ancienne antenne mécanique, le radar permet une couverture totale à 360° et offre un suivi complet air et mer. L’appareil dispose également d’une nouvelle motorisation, soit le Rolls-Royce T-56-A-427A. Un cockpit entièrement numérique, d’un nouveau système d’identification ami/ennemi, de nouveaux postes de travail tactique ainsi que d’une nouvelle architecture électronique et de communication couplée à une liaison de données.

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Photos : 1 Le premier E-2D japonais le E-2D @ Northrop Grumman

 

10/04/2019

Début des essais pour le Merlin HM.2 ASaC !

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Le premier hélicoptère Leonardo AW101 Merlin HM.2 équipé du système de surveillance et de contrôle aéroporté Crowsnest (ASaC) vient de terminer son premier vol. Le maître d’oeuvre Lockheed-Martin UK, a confirmé que l’appareil d’essai avait décollé de l’installation Yeovil de Leonardo Helicopters équipée du système Crowsnest le 28 mars dernier.

Le programme « Crowsnest » permettra à la Royal Navy de retrouver une capacité d'alerte et de contrôle (AEW & C) aéroportée pour sa flotte de surface, en mettant l'accent sur les transporteurs de classe Queen Elizabeth. Le nouveau système devrait atteindre sa capacité opérationnelle initiale en 2020 et constituera un élément essentiel de la future capacité de projection de puissance de la marine (CEPP). Dans le passé, cette capacité AEW & C était fournie par la flotte Sea King ASaC.7 (SKASaC) jusqu’à la retraite des aéronefs en 2018.

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Le Thales « Searchwater » :


Le système comprend un radar Doppler à impulsions de haute puissance intégré aux systèmes Mk XII IFF, ESM et un système de navigation INS / GPS. Une interface homme-machine avancée, spécialement conçue par et pour les opérations ASaC, utilisant deux consoles d’opération, il assure une interaction opérateur efficace.

À partir de son point de vue unique, le système fournit: 
· Avertissement à long terme contre les attaques à haute et basse altitude sur terre, mer et air 
· Direction d'interception à grande distance des avions de combat utilisant un système de navigation INS / GPS haute résolution 
· Une unité C2 de défense aérienne sécurisée autonome 
· Un système de surveillance maritime sophistiqué permettant la détection de très petites cibles fugitives, telles que les jet-skis et les périscopes, en cas de bruit de fond important 
· Une extension des systèmes de surface pour fournir le ciblage à l'horizon, la recherche et le sauvetage et la surveillance côtière 
· Opérations spéciales de maintien de l'ordre 
En conditions de combat, il a été démontré que le système offrait une capacité d’effet «mini-JSTARS» avec une souplesse de réponse pouvant être commutée instantanément de Force Protection (Sea Shield) à Force Projection (Sea Strike) via une liaison de données sécurisée (Net).

Le Merlin HM.2 Crowsnest utilise des systèmes et du matériel de mission améliorés mis au point à l'origine pour la flotte de SKASaC, notamment le radôme distinctif latéral qui abrite le radar de Thales « Searchwater » et pivote sous l’aéronef pendant le vol depuis sa place initiale bâbord. Le radar à balayage mécanique offre une capacité de détection et de poursuite aérienne, maritime et terrestre à longue portée, ainsi que des mesures de soutien électronique entièrement intégrées. Le radar et le système de mission « Cerberus » associé, également fourni par Thales, ont évolué pour le Merlin HM.2 afin d'inclure de nouveaux modes radar,  ainsi que des améliorations de l'interface homme-machine, telles que la technologie à écran tactile. 

Un total de 10 systèmes « Crowsnest » a été commandé dans le cadre d'un contrat de 269 millions de livres sterling (351,7 millions de dollars) attribué à Lockheed Martin UK en 2017. Les 30 Merlin HM.2 de la Royal Navy, précédemment mis à niveau par Lockheed Martin UK dans le cadre du Programme de maintien de la capacité Merlin seront modifié par Leonardo Helicopters à Yeovil afin de garantir que les kits d'adaptation au rôle du « Crowsnest » puissent être intégrés.  

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Photos :AW101 Merlin HM.2 ASaC @ Leonardo

27/02/2017

Un troisième Saab GlobalEye pour les EAU !

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Les Émirats arabes unis (EAU) ont commandé un troisième exemplaire du Saab « GlobalEye » d’alerte précoce et de contrôle aéroporté (AEW&C). Le contrat est estimé à près de 238 millions de dollars. Cette commande vient compléter la première qui avait été passée en juin 2016.

Le Saab GlobalEye :

Le système GlobalEye est basé sur une cellule de Bombardier Global jet 6000 est doté d’une électronique suédoise de chez Saab. Le système AEW&C GlobalEye dispose de la nouvelle version du radar « Erieye », le SRSS de type AESA qui offre une détection supérieur à 600 kilomètres. Les caractéristiques du système comprennent, la production d'onde adaptative (y compris la compression numérique, codées en phase d'impulsion), le traitement du signal et de poursuite de cible (TWS) tout au long de la couverture angulaire du système à l’aide de fréquences basses et moyennes. Le système permet une capacité de détection avant et en arrière du cap de l'avion.

En matière de détection maritime, le système est couplé avec le radar Selex-ES 7500E en bande I (8 à 12,5 GHz) ventral. Le GlobalEye est capable de détecter des navires à environ 400 km et même des contacts plus petits, comme par exemple un jet ski et des bateaux gonflables (CPCR) et un périscope de sous-marin à très longue portée au-delà des 100 nautiques miles. L’ensemble du système est capable de fonctionner dans un environnement de guerre-électronique et de cyberguerre. L’identification de piste aérienne est facilitée par un IFF Mode 5 (ou norme nationale du client).

 

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Photos : Le GlobalEye @ Saab