13/02/2015

La France vend le RAFALE à l’Egypte !

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Enfin ! Le soulagement est énorme chez Dassault Aviation, ainsi que chez les nombreux fournisseurs de l’avion de combat Rafale. L’Egypte va signer ce lundi un contrat portant sur 24 avions Rafale.

 

 Les besoins Egyptiens :

 

L’Egypte se trouve dans une situation complexe et doit impérativement renforcer sa défense aérienne, composée de Mirage 5 et 2000 vieillissant. En effet,  l'Égypte fait face à un environnement sécuritaire très dégradé à ses frontières. D'un côté la Libye, livrée aux mains de milices tribales, est devenue un nouveau foyer de Daech et de l'autre, dans le désert du Sinaï, l'armée égyptienne lutte contre des intrusions de djihadistes venus de Syrie.

 

Un financement risqué :

 

La problématique principale de ce contrat vient du fait que l’Egypte n’a pas véritablement les moyens de se payer un avion comme le Rafale. En conséquence et pour appuyer cette vente, Paris a mis en place un système d’aide à l’exportation. L’Egypte ne peut payer que la moitié du contrat qui comprend également une frégate et des missiles de défense anti-aérienne de chez MBDA, soit un contrat de 5 milliards d’euros. Pour ce faire, Paris a mis en place un financement  via la Coface pour permettre à l'Egypte d'obtenir un un financement pour la seconde partie de la transaction.  Le Caire a négocié un crédit auprès d'un pool de banques que sont  le Crédit Agricole, la BNP Paribas et de la Société Générale.

 

L’anecdote :

 

Pour la petite histoire, on retiendra que Moscou a tenté ces dernières semaines d’interférer dans le dossier, mais sans succès. La Russie a en effet, essayé de placer son MiG-35 et de brûler ainsi,  la politesse à Dassault.

 

Commentaire :

 

Cette vente à l’Egypte est primordiale pour Dassault, en effet, si aucun contrat à l’exportation n’avait été signé cette année, la chaine de fabrication du Rafale aurait risqué une interruption en 2016, rendant ainsi toute chance d’exportation caduc. Cette première vente est doublement importante, d’abord du point vue industrielle et psychologique.

Mais il faudra d’autres contrats pour assurer la pérennité du programme Rafale, on pense bien sûr à l’Inde. L’Inde, justement les négociations ne sont pas terminées, New Dehli tente de faire baisser le prix, la question des responsabilités de fabrication de l’avion ne sont pas encore complètement clauses et la Russie tente de faire passer son Sukhoi Su-30MKII. Et puis il y a une chance du côté du Qatar avec 60 avions. En Suisse le dossier avion de combat n’est pas clos, on en reparlera d’ici 2018, mais là encore, les choses sont complexes.

 

Photo : Rafale en démonstration en Egypte @Dassault Aviation

 

05/01/2015

Rafale, l’Inde met la pression !

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New Dehli, en ce début d’année l’Inde vient de lancer une petite bombe, concernant le programme d’avion de combat Rafale. En effet, la division de la communication du ministère indien de la Défense annonçait en fin de semaine dernière, que celle-ci, pourrait remplacer l’achat de l’avion de combat français, par des chasseurs russes Su-30 MKI.

 

Cette déclaration fait suite à l’annonce du ministre indien de la Défense concernant les «difficultés» rencontrées, dans les négociations qui portent sur l’achat de 126 avions Rafale, pour un contrat estimé  à plus de 20 milliards d'euros, armements et soutien compris. Pour le ministre indien de la défense: « la France refuse de respecter les conditions posées par l'Armée de l'air indienne lors de l'appel d'offres».

 

La Russie se profile : 

 

La Russie tente de jouer les troubles-fêtes avec en arrière plan, le conflit qui envenime ses relations avec la France, en ce qui concerne la livraison retardée du premier bâtiment de type Mistral. Le ministère indien de la Défense confirme pour sa part que la Russie a offert un lot de Sukhoi Su-30MKI, avec construction en Inde pour un prix de revient de l’ordre de de 56 millions de dollars, soit plus de deux fois moins cher que le prix d'un Rafale. L’Inde est déjà en contrat avec le Su-30MKI, il serait donc facile de compléter ceux-ci

 

Réelle menace ou coup de bluff ?

 

Si l’offre de Moscou doit être prise au sérieux, l’annonce indienne a de quoi surprendre. En effet, si des erreurs ont été commises de part et d’autres dans le cadre de la proposition du Rafale à l’Inde au début du projet. Les deux parties ont réussi ces 12 derniers mois, à faire avancer de manière positive le dossier. Le cadre du montage des Rafale par Hindustan Aeronautics LTD (HAL) n’est plus un problème aujourd’hui, par exemple. Les négociations franco-indiennes sont désormais entrées dans une phase terminale, qui doit conduire à la signature de l’ambitieux contrat Rafale, d’ici six mois au plus tard.

 

Alors pourquoi cette annonce ? Justement, nous voici arrivé dans le dernier carré des négociations, L’Inde se retrouve en situation de force face à l’avionneur français qui peine à vendre son fleuron. Les indiens mènent en parallèle plusieurs programmes militaires particulièrement coûteux, avec les avions de combat Tejas et T-50 PAK-FA, avions ravitailleurs, avion de détection avancée, nouveaux avions écoles et hélicoptères (sans oublier la modernisation des Mirage 2000 et des Jaguar). Ce pays a tout intérêt à faire pression sur le prix ! Cette annonce indienne est une tentative de faire baisser le prix du Rafale, ni plus ni moins.

 

Analyse  :

 

Cette dernière ligne droite pour le Rafale en Inde est aussi l’occasion d’un dernier bras-de-fer dans des négociations qui durent depuis plus de deux ans. L’Inde n’a pas intérêt à faire capoter cet achat, bien au contraire. L’offre de transfert de technologie est bien trop importante pour cela.

Finalement, le plus grand risque aujourd’hui, concerne une éventuelle vente à perte du Rafale (si le prix devait par trop baisser). Perte qui serait compensée par l’Etat français, soit le contribuable. La vente du Rafale à l’Inde comporte encore quelques embûches qu’il ne faut pas sous-estimés. 

 

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Photos : 1 Rafale aux couleurs indiennes, encore incertain ? @ Dassault 2 Sukhoi Su-30MK1 Indien@ IAF

 

03/08/2014

Inde, le Tejas l’épine dans le pied du Rafale!

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New Dehli, l’avion de combat indien HAL Tejas MkI va recevoir son  approbation opérationnelle finale (FOC) d’ici 2015, en parallèle, le Tejas MKII est attendu pour 2020.

L’arrivée tant attendue de l’avion de combat indien, pose dorénavant un vrai problème sur la finalisation du contrat Rafale, nous allons voir ici, les détails de ce feuilleton.

 

Arrivée du Tejas : 

 

Près de trois décennies, après qu'il a été conçu, le LCA (Light Combat Aircraft) Tejas MKI est en passe de pouvoir équiper l’aviation indienne : actuellement le Tejas est composé à 80% d’élément indiens. Deux premiers escadrons doté de 20 appareils chacun sont actuellement en constitution avec lesquels, les pilotes pourront commencer à se familiariser avec le nouvel appareil, destiné à remplacer les versions les plus anciennes du MiG-21. 

 

Le Tejas MkI est doté du moteur américain General-Electric F-404. Le HAL Tejas est doté d’un radar multimode à effet Doppler, disposant des modes  air-air, air-sol, air-mer. L’appareil dispose également d’une nacelle FLIR et d’un désignateur laser. 

 

L’Indian Air Force (IAF) compte surtout sur l’arrivée du second standard du Tejas, le MKII, qui sera conforme aux exigences prévues dans les besoins fixés en 1985. Il faudra donc à l’IAF patienter encore un peu avec la mise à niveau au standard MkII. Le standard MkII, dont les essais avec des tirs réels ont été validés le 10.12.2013, mais il faudra attendre 2016 pour débuter la production de prés-séries et finalement doté l’IAF d’ici 2020. 

L'armée de l'air indienne a prévu de se doter de quatre escadrons (80 avions) de la variante MkII d’ici 2020, puis d’augmenter la commande d’ici 2025.

 

Moins de Rafale ?

 

Les nombreux retards du programme LCA du Tejas avaient à l’époque contraint l’Inde à entrevoir une solution de rechange avec le programme (Medium Multi-rôle Combat Aircraft (MMRCA) dont le Rafale fut déclaré vainqueur en décembre 2011. Mais avec les avancées du Tejas, le programme Rafale fait aujourd’hui office de doublon. Si l’on ne parle pas d’abandonner l’achat de l’avion français, ce qui serait incompréhensible de la part des négociateurs français, des rumeurs de réduction du nombre de Rafale serait actuellement envisagées. En effet, le ministre de la Défense et ministre des Finances du nouveau gouvernement propose de réduire le nombre d'avions de 126 à 80, voir même 60, afin de réduire le budget mis à disposition du ministère pour l’achat des avions français.

Hors, de l’avis même du commandant de l’IAF, descendre sous le seuil de 80 avions sonnerait la fin du contrat Rafale ! L’IAF préférant commander plus de Tejas MKII et compléter ceux-ci, avec un nombre plus élevé du futur Sukhoi T-50 (PAK-FA) russe, dont l’Inde est également partenaire de développement.


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Bataille politique : 

 

Le Team Dassault qui négocie le contrat Rafale en Inde à fort à cravacher sur cet épineux dossier. D’abord, avec les nombreux changements indiens qui imposent du jour au lendemain de nouvelles directives, comme l’adjonction du missile Brahmos par exemple. Le fait que les employés de HAL ne possèdent pas le niveau pour le montage du Rafale sur place. Imaginez, que même Pilatus a refusé le montage du PC7MKII pour cette même raison. 

Mais il faut également signaler les lenteurs de l’administration indienne, qui à force de trainer les pieds en deviennent suspectes. Souvenez-vous, l’Inde n’avait plus d’avion école, le choix de l’avion suisse Pilatus PC7MKII a été réglé en six mois et le contrat signé en 8 mois seulement. Comme quoi l’administration indienne peut travailler rapidement. 

 

Quel avenir pour le contrat Rafale : 

 

Mais dans le cas du Rafale, on sent très clairement que celle-ci tend à faire trainer les choses, afin de favoriser l’arrivée du Tejas. Car un Rafale qui arriverait trop rapidement signerait un coup de frein dévastateur à l’avion indien. Il faut comprendre que si le Tejas, même dans sa version MKII, sera inférieure au Rafale, ce projet ne représente rien de plus, que l’autonomie aéronautique indienne ! Par conséquent tout est fait en faveur du Tejas.

Reste donc L’IAF, qui pourrait faire pression en faveur de l’avion français, en cas de nouveaux retards sur le MKII. Un compromis pourrait alors permettre de faire passer le Rafale, tout en gardant le Tejas, mais avec de commandes étalées sur un plus long termes, de quoi satisfaire tout le monde.


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Photos : 1& 3 HAL Tejas MKI @ HAL 2 Rafale B @ Dassault Aviation