17/09/2022

Début de conception pour le CR929 !

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Vous le savez l’avionneur chinois va annoncer lundi la certification (avia news 13.09.22) de son avion de ligne C919 de 150 à 190 places futurs concurrents des A320 et B737. Cette semaine l’ingénieur en chef de la COMAC, Wu Guanghui, à déclarer que la conception préliminaire du gros-porteur CR929, développé en partenariat avec les russes de UAC, avait commencé.

"Nous avons sélectionné des fournisseurs pour les sections du fuselage et de la structure de la queue, et les travaux de conception préliminaires ont commencé", a déclaré Wu Guanghui aux médias.

Contrairement au C919, le jet longue distance disposera de la majeure partie de sa structure en matériau composite. Question motorisation la Russie développe le PD-35, mais en est aux premiers stades du projet tandis que la Chine ne dispose pas d'un turboréacteur similaire. Un choix de motorisation doit donc encore être fait par l’avionneur. A ce stade il est presque sûr que les motoristes Occidentaux tels que GE Aviation, Pratt & Whitney, Rolls-Royce ou Safran ne participent pas au programme.

De son côté, le ministre russe du Commerce et de l’industrie, Denis Manturov, a déclaré cet été que  le projet avait été repensé pour ne pas compter sur des composants occidentaux.

Selon le calendrier de COMAC, le premier vol est prévu pour 2025 avec le début des livraisons pour 2028. La problématique des moteurs semble pourtant rallonger ces délais.

Le CR929

La disposition générale et la géométrie principale ont été approuvées le 6 juin 2018 soit l’envergure et forme de l'aile, longueur du fuselage, dimensions du nez et de la queue, dimensionnement et forme des ailerons, emplacement des moteurs, train d'atterrissage et portes.

Il devrait être composé à plus de 50%, de système commun au C919 afin de maintenir la communité du cockpit avec le C919 ainsi que les systèmes électriques, y compris le contrôle environnemental, inversion de poussée, freinage et commandes de vol avec atténuation des rafales.

La version de base du CR929-600 pourra transporter 280 passagers dans un agencement à trois classes de 12’000 km. La famille comprendrait également le CR929-700 transportant 320 passagers sur 10’000 km et la version CR929-500 transportant 250 passagers sur 14’000 km.

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Photos : 1 maquette du CR929 2 la future famille CR929 @ COMAC

13/09/2022

Le C919 chinois certifié la semaine prochaine !

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L’avionneur chinois COMAC est maintenant entré dans la phase finale de la certification chinoise de son avion C919. Deux appareils ont rejoint la capitale chinoise, en préparation de la délivrance du certificat de type par la CAAC, qui devrait avoir lieu le 19 septembre prochain.  

Il s'agit de la première visite de l'avion monocouloir, le projet civil le plus avancé jamais développé en Chine. Les deux C919  immatriculés B-001F et B-001J participeront à la cérémonie de remise du certificat de type par la CAAC, l'autorité de l'aviation civile du pays.

Rappel

Le 23 juillet  dernier, l’avionneur chinois a que tous les vols d'essai du C919 avant la certification avaient été terminés, rapprochant l'avion de la certification de type dans les mois à venir. Cette annonce est également devenue l’évènement politique le plus important de Chine. Pour cette première certification d’un avion presque entièrement chinois, la COMAC a invité des responsables gouvernementaux du ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information (MIIT), du ministère des Finances et de l’Administration chinoise de l’Aviation (CAAC) à la cérémonie de célébration.

Afin d’obtenir sa certification, la CAAC a demandé une série de 300 heures d'essais fonctionnels et de fiabilité. Au cours de ces 300 heures, 150 heures de vol devaient être effectuées en combinaison avec d'autres tâches d'essais en vol de certification, et les 150 heures de vol restantes doivent être effectuées dans le cadre d'opérations indépendantes. Ces derniers tests ont été conçus pour démontrer l'état de préparation des opérations des compagnies aériennes, y compris les performances élevées des aérodromes, les essais d'atterrissage automatique, les services de rotation et de manutention des aéroports, les systèmes de cabine, les performances des fonctions de navigation et de connectivité.

Les transporteurs chinois achètent chinois 

Le duopole Airbus/Boeing tient encore la corde en Chine avec de nombreuses commandes. Cependant, les deux avionneurs ont souligné dernièrement que les commandes diminuent progressivement par rapport aux besoins de la Chine et de l’autre la libération d’options se fait attendre. En contrepartie, les transporteurs chinois accentuent leurs commandes en direction de l’avionneur national COMAC. Deux appareils émergent, il s’agit du COMAC ARJ-21 de 78 à 90 places et du COMAC C919 de 150 à 190 places, soit le concurrent direct des A320 et B737. 

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Or les appareils de 70 à 190 places sont exactement taillés pour répondre aux besoins du marché intérieur chinois. Or, c’est bien là que se trouve le véritable enjeu du marché aérien dans les prochaines années. Sur ce créneau. Airbus et Boeing font maintenant jeu égal avec les deux aéronefs chinois qui profitent de la préférence nationale. Pour exemple, l’ARJ-21 a engendré près de 208 commandes et près de 815 pour le C919. 

L’ARJ21 tout comme le C919 profitent de technologies étrangères en ce qui concerne la motorisation et l’avionique par exemple. Certaines entreprises occidentales bénéficient donc de ces commandes. Mais à termes, COMAC ne veut plus dépendre de fournisseurs étrangers et être capable de se fournir exclusivement chez des fabricants chinois. 

Made in China 2025 

La Chine débute un processus d’indépendance vis-à-vis des aéronefs étrangers à travers un plan nommé : Made In China 2025.  Un défi technologique dont le régime communiste a fait un enjeu de prestige : ne pas avoir d'avion "made in China", c'est se trouver "à la merci des autres", avait déploré le président Xi Jinping en 2014. 

Selon les prévisions, la Chine aura besoin de 6’800 avions de ligne sur les vingt années à venir, soit un triplement de la flotte du pays durant cette période. L’avionneur chinois COMAC compte bien avoir sa part du gâteau et prendre des parts de marché actuellement détenues par Airbus et Boeing.

Pour l’avionneur COMAC il s’agit également de venir taquiner les deux grands avionneurs sur le marché de l’international. Cependant, l’avionneur chinois devra pour cela s’imposer en tant qu’avionneur de prestige. D’une part, car il faudra encore obtenir une certaine « crédibilité » et de l’autre faire face à la longue histoire des avions commerciaux d’Airbus et Boeing qui disposent également d’un réseau de service après-vente et d'entretien très étoffé. Sans oublier que les avions chinois devront obtenir les certifications des différents régulateurs internationaux. Mais la Chine est en marche, elle va offrir d’ici quelques années une nouvelle concurrence dans le secteur de l’industrie aéronautique.

Le C919 :

Le site de Shangai devrait, selon le groupe, pouvoir produire à terme, chaque année 20 exemplaires du C919 et 50 avions de transport régional ARJ21 (70 à 90 places). Le C919, C désigne autant la Chine que le constructeur Comac, le premier 9 étant le  symbole de longévité et le 19 final, faisant référence à ses 190 places. L’avion de type monocouloir sera capable de transporter entre 150 à 200 passagers.

Si celui-ci est de conception chinoise dans son ensemble, les premières versions sont motorisées par le groupe CFM International (SNECMA & General Electric) qui fourniront  la première version de leur nouveau réacteur le Leap-X1C. La soufflante du moteur LEAP-X1C comportent dix-huit aubes, soit 50 % de moins que celle du CFM56-5C, et 25 % de moins que celle du CFM56-7B.

Nexcelle, société partenaire du groupe livre les nacelles et les inverseurs de poussées. A terme ces moteurs seront fabriqués en Chine. Cependant, le groupe COMAC entrevoit déjà la possibilité d’équiper dans un deuxième temps, le C919 par une motorisation entièrement de conception chinoise.

Partenariat international :

La Chine a parfaitement compris les enjeux d’une telle industrie, si le besoin était jusqu’à maintenant d’aller chercher de l’aide en Occident, l’avenir permettra la conception complète d’aéronefs en Chine, mais en ayant la même stratégie que ces concurrents. La vision chinoise n’est autre que de chercher des partenariats d’équipementiers susceptibles de lui fournir des systèmes complets. Traiter les Occidentaux en partenaire et d’ouvrir le marché des équipements (trains d’atterrissage, système de navigation, sièges passagers) pourrait permettre à la Chine d’ouvrir son marché à l’exportation pour ces avions, qui pour l’instant sont destinés aux compagnies chinoises.

Cette décennie, comme la précédente sera chinoise, il va falloir compter sur l’aéronautique chinoise et ceci très rapidement, car celle-ci, devrait se positionner comme le troisième fournisseur d’avion commercial derrière Airbus et Boeing d’ici 15 ans. 

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Photos : 1 & 3 le C919 @ COMAC 2 Comparatif cabine

 

 

 

28/01/2021

La Chine favorise son avionneur !

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La crise du COVID est bien maîtrisée en Chine et le trafic aérien a pratiquement retrouvé sa pleine capacité en ce qui concerne les vols intérieurs. Cette reprise génère de nouvelles opportunités pour le développement des voies aériennes du pays.

A la fin du mois d'août dernier, le nombre moyen de vols quotidiens assurés par l'industrie chinoise de l'aviation civile s'est élevé a 1,6 million, soit environ 80% du volume enregistrée à la même période l'an dernier. Le volume de passagers transportés sur les routes aériennes nationales a repris environ 90% du niveau enregistré l'année dernière, tandis que le fret aérien soutien sa performance au niveau de 2019.

Les regards se tournent vers la Chine :

La nouvelle bonne santé du transport aérien chinois pousse les acteurs de l'industrie du monde entier à regarder en direction de ce marché dans l’attente d’un retour à la normale dans les autres régions de la planète. La Chine est devenue en quelques années le premier marché en Asie et pour beaucoup de compagnies aériennes ce retour à la normale incite à investir sur ce dernier.

Les avionneurs comme Airbus et Boeing tentent également de relancer les commandes sur ce marché avec diverses initiatives, dont la mise en place de procédures qui visent à minimiser les risques sanitaires liés au transport aérien. En effet, selon le FMO, la Chine devrait maintenir l'élan d'une reprise progressive au second semestre de cette année.

Les transporteurs chinois achètent chinois :

Le duopole Airbus/Boeing tient encore la corde en Chine avec de nombreuses commandes. Cependant, les deux avionneurs ont souligné dernièrement que les commandes diminuent progressivement par rapport aux besoins de la Chine et de l’autre la libération d’options se fait attendre. En contrepartie, les transporteurs chinois accentuent leurs commandes en direction de l’avionneur national COMAC. Deux appareils émergent, il s’agit du COMAC ARJ-21 de 78 à 90 places et du COMAC C919 de 150 à 190 places, soit le concurrent direct des A320 et B737.

Or les appareils de 70 à 190 places sont exactement taillés pour répondre aux besoins du marché intérieur chinois. Or, c’est bien là que se trouve le véritable enjeu du marché aérien dans les prochaines années. Sur ce créneau. Airbus et Boeing font maintenant jeu égal avec les deux aéronefs chinois qui profitent de la préférence nationale. Pour exemple, l’ARJ-21 a engendré près de 208 commandes et près de 815 pour le C919.

L’ARJ21 tout comme le C919 profitent de technologies étrangères en ce qui concerne la motorisation et l’avionique par exemple. Certaines entreprises occidentales bénéficient donc de ces commandes. Mais à termes, COMAC ne veut plus dépendre de fournisseurs étrangers et être capable de se fournir exclusivement chez des fabricants chinois.

Made in China 2025 :

La Chine débute un processus d’indépendance vis-à-vis des aéronefs étrangers à travers un plan nommé : Made In China 2025.  Un défi technologique dont le régime communiste a fait un enjeu de prestige : ne pas avoir d'avion "made in China", c'est se trouver "à la merci des autres", avait déploré le président Xi Jinping en 2014.

Selon les prévisions, la Chine aura besoin de 6’800 avions de ligne sur les vingt années à venir, soit un triplement de la flotte du pays durant cette période. L’avionneur chinois COMAC compte bien avoir sa part du gâteau et prendre des parts de marché actuellement détenues par Airbus et Boeing.

Pour l’avionneur COMAC il s’agit également de venir taquiner les deux grands avionneurs sur le marché de l’international. Cependant, l’avionneur chinois devra pour cela s’imposer en tant qu’avionneur de prestige. D’une part, car il faudra encore obtenir une certaine « crédibilité » et de l’autre faire face à la longue histoire des avions commerciaux d’Airbus et Boeing qui disposent également d’un réseau de service après-vente et d'entretien très étoffé. Sans oublier que les avions chinois devront obtenir les certifications des différents régulateurs internationaux. Mais la Chine est en marche, elle va offrir d’ici quelques années une nouvelle concurrence dans le secteur de l’industrie aéronautique.

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Photos : 1 Roll Out du C919 2 ARJ21 de China Southern @ COMAC

11/03/2020

L’ARJ21 chinois enfin prêt !

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L’avionneur chinois Comac semble « enfin » arrivé au bout du tunnel avec son avion de ligne ARJ-21-700. Pour mémoire, le premier vol d’essai de l’ACAC ARJ21-700 a eu lieu le 28 novembre 2008. Puis, l’ARJ21-700 a effectué dès juillet 2009 son plus long vol d’essai entre Shanghaï et Xian, soit une distance de 1’300 kilomètres parcourus en deux heures. L’avion se trouvait en configuration de 90 sièges avec une autonomie maximale de 3'700 kilomètres. Baptisé Xian Feng (Phénix volant). Ce premier vol marquait le début des essais de finalisation pour la préparation aux vols avec passagers et son intégration dans les aéroports. Mais depuis, de nombreux problèmes sont apparus dans le développement de l’avion.

Nombreuses modifications :

La nouvelle version de l’ARJ21 de cette année bénéficie d'une refonte complète du poste de pilotage comprenant un regroupement mieux organisé de commutateurs, d'instruments et d'affichages pour accroître la conscience de la situation et simplifier la charge de travail. L'un des plus grands obstacles au développement depuis le début des essais en vol de l'avion en 2008 concernait l'intégration de l’avionique. Les concepteurs s'attendent à ce que la nouvelle configuration, testée avec succès sur le simulateur de vol de l'ARJ21, réduise considérablement la quantité de formation des pilotes.

Deux lignes de production : 

COMAC va accélérer la production de son biréacteur régional ARJ21-700 à la suite de l'ouverture officielle d'une deuxième chaîne de montage à l'aéroport international de Shanghai Pudong. L'avion n°132 a terminé son premier vol d'essai vendredi dernier, restant en l'air pendant 3 heures et 50 minutes avant de retourner en toute sécurité à sa base. Les responsables ont déclaré que, bien que les travaux sur la ligne de production se soient progressivement accélérés depuis l'année dernière, le vol marque la première fois qu'un ARJ21 a traversé tout le cycle d'assemblage pour un vol d'essai de production dans les installations de Pudong.

La dernière ligne de fabrication détient la capacité d'assembler 30 avions par an avec de la place pour créer une deuxième ligne afin d'augmenter encore les taux de production. Comac avait précédemment déclaré qu'elle aurait besoin d'une nouvelle ligne en raison de contraintes d'espace dans son usine de fabrication d'avions de Shanghai Changzhong Road, car la capacité de cette usine ne peut pas dépasser 15 ARJ21 par an. À ce jour, Comac a livré un total de 23 ARJ21 à des opérateurs chinois. Ces derniers subissent de nombreuses mises à jour en fonction de l’avancée des améliorations en cours.

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Le COMAC ARJ-21 :

Premier avion de ligne chinois (avec une aide américaine (dérivé du B717) et européenne) l’ARJ-21. L'ARJ21 (Jet régional avancé pour le 21ème siècle) a été indépendamment développé par la Chine, mais avec des fournisseurs occidentaux. Avec une consommation plus faible et une durée de vol plus longue, l'ARJ21 réduira les coûts aériens de 8% à 10% pour les compagnies aériennes chinoises, dont la plupart utilisent actuellement des avions de plus de 140 sièges pour les vols courts et longs courriers.

Le poste de pilotage est équipé de cinq écrans EFIS Rockwell Collins 10 x 8 haute résolution à cristaux liquides avec affichage adaptatif du vol. Honeywell fournit les commandes de vol de type fly-by-wire. Le reste de l’avionique est basée sur le système Rockwell Collins Pro Line 21, VHF-4000 4000 IRU de données numériques audio et de liaison numérique, un Rockwell Collins 4200 FMS de gestion de vol offrant de multiples « Wavepoint » de navigation couplé aux temps de vol et de carburant, le système comprend tous les standards aux instruments et le niveau terminal d'arrivée des routes et des approches (SID et STAR).

Les systèmes de navigation comprennent un radar météorologique Rockwell Collins, un avertissement de trafic et d'évitement des collisions système (TCAS) et d'un système de données de l'air.

L'avion est propulsé par deux General Electric CF34-10A et sont équipés d’un FADEC couplé à un contrôle des vibrations et d’inversion de poussée fournit le suisse Vibrometer SA. Le canadien CAE a fourni le simulateur de vol de ARJ-21.

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Photos : 1 & 3 ARJ21-700 2 Cockpit @ COMAC

 

 

 

24/10/2019

Le cinquième C919 a pris son envol !

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Le cinquième prototype de l’avion de ligne chinois COMAC C919 a effectué son premier vol d'essai à Shanghai ce jeudi. Ce premier vol d’une durée de 97 minutes a permis d’effectuer les premières vérifications. Ce prototype va permettre de débuter les essais de cabine pour passagers, ainsi que les équipements de service pour ceux-ci. Les trois premiers prototypes étaient dédiés aux performances et ses systèmes dynamiques et électriques. Le quatrième prototype est engagé pour les essais des systèmes de mission de l’avionique.

Rappel :

Le C919 de l’avionneur chinois Comac s’adresse au marché des aéronefs moyen-courriers biréacteur à fuselage étroit. Le développement a débuté en 2008 et le premier prototype s’est envolé en 2017. Cependant, la Chine ne dispose pas du savoir-faire des Occidentaux en la matière. La COMAC doit donc faire appel à plusieurs équipementiers européens et américains.

Des retards :

L’avion a accumulé plusieurs retards, ce qui repousse la date de certification. Le nombre d'heures de vol n’était que de 150 environ en 2018, sur les quelque 2’000 requises pour l’obtention d’une certification de la part de la FAA et de l’EASA. On s’attend d’hors est déjà à un décalage des premières livraisons, prévues initialement en 2020 à la compagnie chinoise China Eastern.

Cyber-espionnage :

La fourniture d’équipements occidentaux ne comble pas les faiblesses de l’industrie aéronautique chinoise. En effet, suite aux nombreuses cyber-attaques détectées entre 2010 et 2015 chez des fournisseurs aéronautiques occidentaux, l’entreprise spécialisée en protection informatique CrowdStrike a pu prouver l'activité d'un groupe de pirates chinois et des agences de renseignement chinoises pour faire avancer plus rapidement le développement du C919. Ce travail d’espionnage était notamment coordonné avec le gouvernement chinois, afin de combler le fossé technologique nécessaire à la production du C919.

Concurrencer Airbus & Boeing :

Pour la Chine, l’objectif est clair, il faut venir concurrencer les A320 d’Airbus et B737 de Boeing. Pour l’avionneur chinois COMAC, il s’agit de s’assurer une part de marché suffisante sur le secteur national en premier lieu. A ce jour, l’avionneur chinois revendique 765 commandes pour son C919, presque exclusivement de la part de compagnies chinoises. Mais, dans un second temps, il s’agira de s’attaquer à l’exportation.

Cependant, les choses ne seront pas faciles pour l’avionneur. Convaincre des compagnies internationales d’acheter son aéronef ne sera pas chose facile. Les avionneurs occidentaux Bombardier et Embraer ont eux-mêmes, toutes les difficultés à venir s’implanter sur les parts de marché détenues par le duopole que représente Airbus/Boeing. La reprise des activités du CSéries par Airbus, renommé A220 et le partenariat obligé entre Embraer et Boeing en sont les meilleurs exemples.  Il sera difficile de venir batailler face à des avionneurs ayant une longue tradition et une longue expérience dans le domaine.

Le COMAC C919 :

Le C919, « C » désigne autant la Chine que le constructeur COMAC, le premier « 9 » étant le symbole de longévité et le « 19 » final, faisant référence à ses 190 places. L’avion de type monocouloir sera capable de transporter entre 150 à 200 passagers en deux classes dans un rayon de 4’075km. Les premières versions de l’avion sont motorisées par le groupe CFM International (SNECMA & General Electric) qui fournit la première version de leur nouveau moteur le Leap-X1C. La soufflante du moteur LEAP-X1C comporte dix-huit aubes, soit 50 % de moins que celle du CFM56-5C et 25 % de moins que celle du CFM56-7B. Nexcelle, société partenaire du groupe, livre les nacelles et les inverseurs de poussée. A terme ces moteurs seront fabriqués en Chine. Cependant, le groupe COMAC entrevoit déjà la possibilité d’équiper dans un deuxième temps, le C919 par une motorisation entièrement de conception chinoise.

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Photos : 1 Le cinquième prototype 2 COMAC 919 @COMAC