23/09/2021

Grosse incursion chinoise dans l’espace aérien taïwanais !

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La Force aérienne taïwanaise était en alerte ce jeudi matin pour intercepter pas moins de 19 avions de combat chinois qui sont entrés dans sa zone de défense aérienne, a annoncé le ministère taïwanais de la Défense. Les incursions de la PLAAF sont légion, et de plus en plus massives. Retour sur la tension militaire qui secoue depuis des années le détroit de Taïwan.

14 avions de combat chinois

L’incursion de l’aviation militaire chinoise de ce matin comprenait 14 avions de combat, soit 12 Shanyang J-16 multirôle et 2 bombardiers Xian H-6 à capacité nucléaire. Si les incursions chinoises sont régulières, Taïwan fait maintenant face à une pression accrue avec un nombre important d’avions de combat. La première a été effectuée en avril dernier avec pas moins de 25 avions de combat qui chinois sont entrés dans la zone d’identification de défense aérienne (ADIZ) taïwanaise. Pas moins de 18 chasseurs accompagnaient des bombardiers à long rayon d’action.

La Force aérienne taïwanaise a dû adapter sa tactique en fonction des violations constantes de son espace aérien. Par exemple, si, il ne s’agit que d’un appareil, elle ne se précipite plus pour le rejoindre, mais le suit avec ses systèmes de missiles sol-air. Par contre, les incursions massives comme celle de ce matin, sont systématiquement contrées.

Répétition d’une possible invasion ou guerre psychologique ?

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Ces incursions massives de la Chine sont un nouveau mode de pression. La Chine n’a pas peur de se montrer au grand jour et de faire valoir sa toute nouvelle puissance dans la région. La volonté de s’emparer de Taiwan est bien présente. Qu’il s’agisse d’une attaque soudaine et rapide ou d’une invasion à grande échelle. Mais Pékin semble préférer une réunification plus pacifique avec ce qu’elle nomme communément île de Formose. Détruire les actifs de cette dernière n’est. La Chine semble donc bien jouer au chat et à la souris avec Taïwan en espérant que cette dernière craquera sous la pression. Mais rien n’est moins sûr, en effet, la petite île ne cesse de renforcer ses capacités de défense et de frappes capables de mettre à mal une possible agression chinoise. 

De son côté, la Chine est plus forte que jamais Pékin peut, à présent, prétendre disposer d’une marine puissante. Cette amélioration de la marine chinoise s’inscrit dans une logique doctrinale selon laquelle les forces navales d’un pays montrent la puissance de celui-ci. La marine chinoise dispose désormais de 350 bâtiments de guerre dont 130 étant considérés comme des « combattants de surface majeur ». On compte donc dans l’inventaire chinois deux portes avions et un troisième en construction, 6 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins et une flotte de destroyers, de corvettes et de frégates, dont la qualité ne cesse d’augmenter tant en qualité qu’en technologie embarquée. La puissance navale chinoise s’appuie également sur une aviation de plus en plus performante et nombreuse qui est aujourd’hui la troisième au monde avec un total de 2’500 aéronefs. S’ajoute ensuite une gamme de missile complète, largement capable d’atteindre Taïwan. Il manquait à Pékin les moyens de mener un débarquement, c’est presque chose faite avec l’arrivée de navires de débarquement de classe Yuzhao Type 071 et de navires d'assaut amphibies de classe Yushen Type 075, cet ensemble comprendra bientôt un total 32 navires lourds, 16 de taille moyenne et 29 transports de tanks. A cela, il faut ajouter des ravitailleurs en vol Y-20, des aéronefs de détection avancée AEW&C et des appareils de guerre électronique.

Difficile de dire si Pékin osera la confrontation, mais les risques d’un accident augmentent dans ce jeu dangereux ou les nerfs sont soumis à une pression toujours plus forte.

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Photos : 1 F-16 Taïwanais interceptant un Xian H-6  2 Scramble avec un F-CK-1 Ching Kuo @ TaF 3 Shenyang J-16 chinois @ TaF

 

 

10/03/2019

Taïwan prépare le successeur du Ching Kuo !

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Taïwan prépare activement le remplacement de son avion de combat indigène Ching Kuo en développant un nouvel avion indigène. L’avion devrait être de 5èmegénération.

Pression chinoise :

Taïwan fait face à la montée en puissance militaire chinoise dans la région. La croissance de l’Armée populaire de libération (APL) de la Chine, inquiète plus que jamais le ministère de la Défense nationale (MND) de Taiwan. Selon un récent rapport de la défense, la Chine déploie ses armes les plus récentes dans les régions militaires de Nanjing et de Guangzhou, toutes deux adjacentes à l’île de Taiwan.

Un nouvel avion indigène :

Le directeur du département de la planification stratégique du ministère de la Défense M. Wu Pao-kun, a déclaré lors d'une conférence de presse que l'avion de la prochaine génération devait posséder des caractéristiques de furtivité et pouvoir effectuer des décollages courts, sans plus de précision. Le major-général Tang Hung-an, chef de la division de la planification du commandement de la force aérienne, a déclaré à la même conférence de presse que le plan de mise en place du futur avion de combat de la prochaine génération dans son pays se déroulait comme prévu.

Pour développer le futur avion de combat le Ministère de la Défense et l’avionneur Aerospace Industrial Development Corp (AIDC) travaillent en collaboration avec l'Institut national des sciences et technologies de Chung-Shan. Cet institut a dévoilé en février 2017 une antenne réseau à balayage électronique active, ainsi que sur le système de communication de l'avion, son viseur de casque et son revêtement absorbant les ondes radar qui pourrait être utilisés dans des avions de la prochaine génération. L'institut développe également le moteur de l'avion.

 

Achat aux USA freinés ?

Je vous l’annonçais en décembre dernier, Taïwan semble donc se désintéresser du F-35 à plus forte raison avec la création de son propre avion de 5èmegénération. Par contre, le pays ne peut attendre l’arrivée du futur avion indigène. Pour cela Taïwan a confirmé sa demande d’acquisition d’un nombre probable de 66 Lockheed-Martin F-16/21 Block70 « Viper » auprès du Département d’Etat américain. Mais il semble que les Etats-Unis ne veulent pas froisser Pékin et tentent de ralentir cette vente. Une action qui pousse un peu plus Taïwan en direction d’une certaine indépendance en matière d’industrialisation militaire.

 

Dans un premier temps, ces appareils devraient venir remplacer les derniers Northrop F-5 E/F « Tiger II » de la base aérienne de Zhi-Hang, puis les Mirage 2000.

 

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Photos : 1 Chung Kuo @ Denis Chang 2F-16/21 Block70 @ Lockheed-Martin