07/12/2017

En refusant le Super Hornet, le Canada fait le jeu du F-35 !

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Je vous l’annonçais en novembre, le Canada tient à l’offre autralienne concernant une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion. Ottawa abandonne ainsi complètement son projet d'acheter des « Super Hornet » auprès de Boeing

Le gouvernement canadien devrait annoncer la semaine prochaine, l'achat des chasseurs F/A-18 australiens. Il s'agit des mêmes avions que ceux actuellement détenus par le Canada, ce qui devrait favoriser leur intégration à la flotte aérienne canadienne.

Nouveau retard dans la futur compétition ?

Ce choix aura des conséquences directes sur le budget d’équipement des forces armées du Canada. Et pourrait bien repousser un peu plus la compétition annoncée par le gouvernement le mois passé. L’achat d’avions d’occasions ne résoudra rien et va à l’encontre des recommandations de l’équipe d’experts de la RCAF veut que le processus d’un nouvel avion aille vite et que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

Pour certains, le gouvernement Trudeau semble faire un pas en avant, puis deux en arrière. Une situation qui renforce l’ancien gouvernement et qui pourrait faire douter les électrices et électeurs de l’actuel gouvernement, dont les promesses semblent oubliées.

Une situation qui avantage le F-35 :

Le F-35 de Lockheed Martin semble être le véritable gagnant du différent qui oppose Boeing avec le Canada, sur l'avion de ligne CSeries de Bombardier. Pour le Canada, il est peu logique d'exploiter deux types d'avions neufs. Un achat de 18 « Super Hornet » aurait été suivi de 47 autres. Pour une flotte unique et moderne.

Car le Canada qui renonce à l'accord sur le « Super Hornet » et se lance dans une compétition pour un chasseur de prochaine génération au cours des cinq prochaines années verra immanquablement le F-35 de Lockheed-Martin sortir inévitablement victorieux. Et ceci pour deux raisons, d’une part parce que l’accord signé précédemment n’a pas été dénoncé et de l’autre parce que pour des raisons d’interopérabilité avec le voisin américain, seul le F-35 sera disponible.

Bien sûr, le Canada pourrait également voir des offres pour du Gripen de Saab de l'Eurofighter et le Rafale de Dassault. Mais le Canada optera probablement pour le F-35, car la plupart de ses alliés pro-usa migrent vers le « Lightning II ».

 

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Photos : 1 Hornet display canadien @ RCAF 2 F-35 aux couleurs du Canada @ Alain Rioux

12/11/2017

Le Canada relance la compétition et veut plus d’avions !

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Le gouvernement canadien va publier une nouvelle demande de propositions pour son concours en vue du remplacement de la flotte actuelle de Boeing CF-18 « Hornet » d'ici 2019, avec l’attribution d'un contrat d'ici 2021, a annoncé le commandant de la Royal Canadian Air Force (RCAF) en fin de semaine.

Plus d’avions:

Le gouvernement actuel du Canada vise l’achat de 88 nouveaux nous chasseurs avions de combat pour venir équiper la RCAF, soit une augmentation par rapport au plan du gouvernement précédent visant l'achat de 65 jets.

Le Canada relance donc la compétition pour remplacer les CF-18 à la suite d'une promesse électorale du parti libéral du premier ministre Justin Trudeau de se retirer du controversé avion de combat interarmées Lockheed-Martin F-35. Le gouvernement étudie toutes les options, y compris le F-35, ainsi que celle du Boeing F/A-18 « Super Hornet » et ceci malgré la suite du différend commercial avec l’avionneur Boeing.

Il est par ailleurs, très intéressant de constater que l’actuel gouvernement semble suivre les recommandations de l’équipe d’expert de la RCAF désir que le processus aille vite, mais que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

La question qui se pose donc est aujourd’hui ouverte sur le budget qui sera disponible pour l’achat de 88 avions en lieu et place des 65 prévus initialement.

L’offre australienne toujours ouverte :

Pendant ce temps, le Canada envisage toujours l’option d’une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion.

Pour le chef de l'Aviation royale du Canada, le processus de la compétition doit impérativement se dérouler le plus rapidement possible afin d’obtenir une demande de proposition pour l'industrie d'ici 2019. « Nous sommes en discussions et avons eu des discussions avec un certain nombre de personnes qui envisagent d'être en concurrence pour cela » a déclaré le commandant de la RCAF, le Cmdt Michael Hood lors de la Dubai Air Chiefs Conference qui s’est tenue ce weekend lors de l’ouverture du Dubai Airshow 2017.

 

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Photos : 1 CF-17 de présentation 2017 2 CF-18B @ RCAF

 

 

17/10/2017

Alliance Airbus Bombardier !

 

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L’annonce du rapprochement entre les avionneurs Airbus et Bombardier en ce qui concerne le programme CSéries vient bouleverser le secteur des transporteurs civiles. Ce nouveau partenariat voit Airbus prendre une part majoritaire du programme d'avions moyen-courrier CSeries du canadien Bombardier.

Selon les termes de l'accord, Airbus détiendra approximativement 50,01% de l'entité qui gère le programme CSeries, alors que Bombardier et Investissement Québec, bras du gouvernement provincial, ne détiendront respectivement plus que 31 et 19%. Si le siège du programme et la ligne d'assemblage principale resteront basés au Québec, une seconde ligne d'assemblage sera établie à Mobile, Alabama (Sud des États-Unis), où Airbus a aussi installé une ligne d'assemblage finale pour sa famille A320.

Un partenariat commercial fort :

Cette alliance aura plusieurs effets importants. D’une part l’ouverture d’une chaîne de fabrication du Cséries aux Etats-Unis aura pour effet de contrer la volonté américaine de taxer l’avion canadien à 220%. A noter que de son côté Boeing a fait savoir que pour lui que ce rapprochement ressemble à « un accord discutable entre deux compétiteurs dépendant grandement des subventions de l'État pour contourner que ce rapprochement ressemble à «un accord discutable entre deux compétiteurs dépendant grandement des subventions de l'État pour contourner la décision américaine d'imposer des droits compensatoires et antidumping au CSeries ».

Si Airbus n’injectera pas d’argent directement, sa capacité commerciale permettra à Bombardier de profiter d’un accès sans précédent en direction des transporteurs clients de l’avionneur européen. Par ailleurs, des économies importantes pourront être faites en terme de production chez les deux avionneurs.

 

De l’autre côté Airbus bénéficiera d’un renfort sur le segment des avions monocouloirs de 100 à 150 places. Certes, il y a bien l'A319, mais celui-ci se vend mal depuis cinq ans.

Une mauvaise nouvelle pour la concurrence :

Si Boeing peu grincer des dents, l’avionneur américain ne sera pas pour autant le plus touché par cette alliance. Les acteurs du segment des 80 à 150 places seront les premiers à en faire les frais, Mitsubishi avec son MRJ, Sukhoi et son SSJ100 et d’une certaine manière le brésilien Embraer avec sa gamme ERJ. Mais l’alliance Airbus/Bombardier aura également un poids conséquent sur le marché chinois et les créations locales qui sont en difficultés.

Et après ?

Cette alliance aura-t-elle d’autres développements ? Bombardier pourrait apporter à Airbus une gamme complète d’avions d’affaires (LearJet, Challenger, Global) et en ce qui concerne les petits jets régionaux,  le CRJ et le turbopropulseur Q400 complètent à merveilles la gamme. Peut-on également imaginer un futur partenariat militaire sur l’Eurofighter et même l’après Typhoon ? Tout est envisageable aujourd’hui.

 

Photo : CS100 de SWISS @ Bombardier

 

 

16/10/2017

Canada, des Hornet d’occasions en attendant mieux ?

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Le feuilleton du remplacement de la flotte de Boeing CF-18 « Hornet » de la Royal Canadian Air Force (RCAF) est entré dans une nouvelle phase. On se souvient du choix de remplacement du gouvernement canadien avec une flotte intermédiaire de Boeing « Super Hornet ».

Guerre Boeing vs Bombardier :

Durant l’été, l’avionneur américain a porté plainte contre l’entreprise canadienne Bombardier devant le département du Commerce des Etats-Unis. A l’origine cette plainte est due à la commande par la compagnie Delta Air Lines de 75 avions Cséries auprès de l’avionneur canadien. Cette décision à visiblement vexé Boeing, Alors que celui-ci n’était même pas en concurrence. Mais il semble bien que le succès de la gamme Cséries rende les américains un peu nerveux. De fait, les USA pourraient taxer les avions canadiens de l’ordre de 220% estimant que ceux-ci bénéficient de subventions publiques.

Trudeau se tourne vers l’Australie :

Ne pouvant dès lors, plus opter pour l’instant pour des Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » neufs, le gouvernement Trudeau à esquisser un plan « B ». Pour éviter de retomber dans le piège du F-35, le Canada réfléchit au rachat de chasseurs australiens pour compléter la flotte de CF-18 d’ici à ce qu’on parvienne à une solution définitive. Ottawa a tenu à préciser que les avions australiens qu’il envisage d’acheter sont presque aussi vieux que les CF-18, mais ont beaucoup moins d’heures de vol.

Vers la fin d’août 2017, le Canada a entamé des discussions avec le gouvernement de l’Australie sur la possibilité d’acquérir les chasseurs F/A-18 et les pièces de rechange connexes que l’Australie prévoit de vendre.

Une mauvaise solution :

Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. D’une part, il ne faut pas oublier qu’une possible revente des « Hornet » australiens ne pourra se faire qu’avec l’accord du Département d’Etat américain. De l’autre, il faut rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. Les pays utilisateurs devront avoir trouvé un remplaçant d’ici 2030. Ce problème se pose déjà chez nous en Suisse et le Canada se retrouvera dans la même position inconfortable. Un tel choix ne fera que repousser l’inévitable : trouver un remplaçant aux Hornet !

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Photos : 1 CF-18 canadien@ RCAF 2 F/A-18 B australiens @ RAAF

13/09/2017

Feu vert au Super Hornet pour le Canada !

 

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Le Département d'État des États-Unis vient d’approuver une vente potentielle d’avions de combat Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » au Canada. La valeur totale estimée du contrat est de 5,23 milliards de dollars.

Rappel :

Cette approbation fait suite à une demande d’information du Canada en mars de cette année. Le standard concerné est le BlockII du « Super Hornet ». La confirmation du gouvernement Trudeau d’opter pour le « Super Hornet » lui permet de rassurer son électorat. En effet, lors de la campagne le futur premier Ministre avait marteler qu’il fera tout pour ne pas acheter le F-35. Pourtant, cette solution est-elle véritablement la bonne ? Visiblement les accords passés par l’ancien gouvernement Harper lient plus que jamais le pays (participations financières et industrielles) au programme F-35. Ne pouvant donc pas annuler la commande, le gouvernement actuel temporise avec cet achat, qui ne permettra pas de moderniser suffisamment la Royal Canadian Air Force.

Les États-Unis et le Canada pourraient conclure un accord officiel sur la flotte de « Super Hornet » au début de 2018. A noter que le différent sur le commerce angagé par Boeing contre Bombardier Commercial Aircraft pourrait ralentir sérieusement la conclusion du contrat. Dans ce cas le Canada pourrait être tenté d’acquérir une série de F/A-18 A/B d’occasions auprès de l’Australie. Cette option ne semble pas du goût de la Royal Canadian Air Force, qui à juste titre désire un avion moderne et ne veut pas faire du neuf avec du vieux.

L’offre américaine :

L’offre américaine comprend : 10 avions F/A-18E « Super Hornet » Block II et 8 avions F/A-18F « Super Hornet » BlockII. 8 moteurs de rechange F414-GE-400 et pièces détachées. 20 radars AN/APG-79 Active Scanned Array (AESA), 20 canon M61A2 20MM, 28 systèmes AN/ALR-67 (V) 3 de contre-mesures électronique, 15 nacelles AN/AAQ-33 « Sniper Advanced Targeting Pod », 20 système de radio tactique conjoint (MIDS-JTRS), 30 viseur de casque Boeing (JHMCS) ainsi que des lunettes de vision nocturne AN/AVS-9, 28 systèmes de contre-mesures intégrées AN/ALQ-214, 130) rails lanceurs de missiles guidés LAU-127 E, des systèmes de contre-mesures électroniques AN/ ALE-47, des radios tactiques AN/ARC-210 et IFF AN/APX-111.

Questions armement il est prévu 100 missiles air-air AIM-9X-2 Sidewinder Block II, 30 AIM-9X-2 Sidewinder Block II d'entraînement, 8 missiles d'entraînement spécial AIM-9X-2 Sidewinder Block II (NATM), 20 AIM-9X-2 Sidewinder Block II d'orientation tactique, 16 AIM-9X-2 Sidewinder Block II CATM. Le contrat prévoit également des systèmes complets de formation et de traitement de mission. Des missiles AMRAAM en nombre non précisé.

 

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Photos : 1 Super Hornet @ Daniel Gorun 2 Super Hornet @ Chema Gomez