23/02/2017

Sensible modernisation des Hornet suisses !

DSC_6419.jpg

Berne, ce matin le ministre de la défense Guy Parmelin a présenté le programme d’armement 2017 (PA17) à la presse. Une part importante des acquisitions se fera en faveur de l’aviation.

Combler le vide du non achat des Gripen :

Afin d’éviter toute lacune dans la protection de l’espace aérien, il est prévu d’engager les F/A-18 jusqu’à ce qu’une flotte des nouveaux avions de combat soit opérationnelle. Pour ce faire, la durée d’utilisation initialement prévue des F/A-18 doit être prolongée de 5 ans, soit jusqu’en 2030. L’objectif de la prolongation de la durée d’utilisation est de certifier les F/A-18 à 6000 heures de vol par appareil afin de pouvoir engager la flotte jusqu’à la fin du processus d’introduction du nouvel avion de combat en 2030. Actuellement, les F/A 18 sont certifiés aptes à effectuer 5000 heures de vol chacun. Ils auront atteint cette limite et donc la fin de leur durée technique d’utilisation plus tôt que ce qui avait été initialement planifié, soit en 2025 au plus tard. Les mesures requises concernent non seulement la structure des avions, mais aussi des sous-systèmes et des composants dont l’exploitation et l’entretien sont de plus en plus problématiques. La modernisation comprendra également les systèmes d’entraînement à l’engagement, des missiles et de l’avionique.

Pour prolonger l’efficacité opérationnelle, des missiles de type Raytheon AMRAAM AIM-120C7 feront l’objet d’une acquisition subséquente (second lot). Dans les domaines de la communication, de la navigation et de l’identification, des composants seront remplacés ou renouvelés afin de garantir l’interopérabilité jusqu’en 2030. Un nouvel appareil de vision nocturne intégré dans le casque permettra d’améliorer considérablement le champ de vision dans l’obscurité.

116829.jpg

Les points d’amélioration :

- Programme de remise en état de la structure et certification de celle-ci à 6000 heures de vol par appareil.

- Train de mesures logistiques visant à appuyer l’exploitation jusqu’en 2030.

- Adaptations des simulateurs, des systèmes d’instruction et du système de planification et de debriefing des missions.

- Acquisition subséquente de missiles à guidage radar AIM-120C7 AMRAAM

- Remplacement ou renouvellement des systèmes de communication et des appareils de vision nocturne avec adaptations des logiciels des aéronefs.

Pas d’équipement pour l’appuis au sol :

publicpreview-2.jpeg

Un élément imporant du programme à ce pendant été retiré du programme par le Conseil Fédéral, il s’agit de l’adaptation des « Hornet » avec la capacité de l’engagement à l’attaque au sol et à l’appuis des troupes au sol. Il était en effet, prévu à l’origine de doter nos Hornet de la capacité à engager des bombes à guidage laser/GPS. Cette option devait permettre de venir combler une importante lacune en terme de frappe de proximité, perdue avec le retrait des Hawker Hunter en 1994. La décision du Conseil Fédéral va à l’encontre de la proposition de notre ministre de la défense et va continuer à entrenir une grave faiblesse de notre défense. Une telle capacité aurait été un gain de temps et de compétence avant l’entrée en service du nouvel avion de combat, qui devra de toute manière être multirôle.

publicpreview-1.jpeg

Crédit EEP :

Les autres point du PA17 concernant l’aviation sont soumis avec le crédit EEP qui permettra de lancer l’évaluation d’un nouvel avion de combat. Il est en outre prévu de préparer le maintien de la valeur des avions PC-7 école et du système d’instruction des pilotes de jet avec le PC-21, ainsi que le remplacement du système de brouillage embarqué Vista 5. Il est en effet, prévu d’acquérir un nouveau système de brouillage-électronique embarqué, également capable de fonctionner dans le cadre de la Cyberguerre.

Centre de lutte incendie sur avions :

116892.png

La lutte contre les incendies sur des aéronefs doit être entraînée dans des conditions militaires aussi réelles que possible. Dans ce cadre, l’accent doit aussi être mis sur la manipulation des munitions et de l’armement. Les installations d’exercice pour la lutte contre les incendies des bases aériennes de Meiringen et de Dübendorf ne disposent toutefois plus d’une structure d’instruction moderne et ne peuvent être utilisées qu’avec une autorisation spéciale pour des raisons d’ordre environnemental. Lors des exercices d’engagement, du pétrole est utilisé pour la combustion, et de vrais agents d’extinction à base de poudre ou de mousse doivent être employés. La fumée et les odeurs incommodent fortement les habitations et les bâtiments commerciaux de la région.

Le futur centre d’instruction de lutte contre le feu « Phenix » satisfera à toutes les exigences environnementales ainsi qu’aux normes internationales et civiles concernant la lutte contre les incendies sur des aéronefs et les équipements techniques des bâtiments. A l’avenir, du gaz liquide sera utilisé comme combustible, ce qui permettra notamment de réduire la formation de fumées. L’instruction de lutte contre les incendies pourra donc être réalisée sans agents d’extinction nocifs pour l’environne- ment. Les eaux d’extinction et de surface seront acheminées dans un bassin de récupération et traitées afin d’être réutilisées dans les véhicules extincteurs. Pour des raisons de coûts, l’instruction sera concentrée à Payerne. Les deux autres sites de Meiringen et de Dübendorf seront fermés.

Un centre pour systèmes aéronautiques à Emmen :

publicpreview.jpeg

Le domaine des essais en vol d’armasuisse est responsable de l’évaluation, de l’acquisition et de l’autorisation des aéronefs immatriculés à l’échelon étatique. Il se trouve sur la Base aérienne d’Emmen, qui est accessible à tous les aéronefs usuels. Les essais en vol sont effectués en collaboration avec RUAG, l’entreprise de la Confédération active dans les secteurs de l’armement et des technologies, dont l’emplacement principal pour la maintenance industrielle des avions se trouve sur cet aérodrome. Les lo- caux actuels d’armasuisse sont loués auprès de RUAG. La densification de la zone prévue par RUAG modifie la situation. Les contrats de location actuels seront résiliés. Au nord de la piste de la base aérienne, il a été possible de trouver un terrain à bâtir qui se prête aux essais en vol, à l’exploitation des drones et au service de police aérienne afin d’y ériger une nouvelle construction.

Le centre pour systèmes aéronautiques d’Emmen rassemblera les connaissances techniques du DDPS dans le domaine de l’aviation. Il comprendra cinq box pour avions ainsi qu’une halle de stationnement. La possibilité d’utiliser les box à différentes fins permettra d’améliorer la flexibilité de l’exploitation tout en optimisant l’occupation de l’infrastructure. Les synergies ainsi réalisées réduiront l’utilisation de terrains constructibles ainsi que les coûts de construction et d’exploitation à Emmen. En outre, la nouvelle construction permet- tra de diminuer le nombre de véhicules-ci- ternes devant traverser la piste, ce qui fera baisser la charge de travail ainsi que les risques d’accident. De plus, les nouveaux box disposeront d’une installation pour les avaries, ce qui permettra de réduire sensiblement les dangers pour l’environnement lors du ravitaillement en carburant.


Photos : 1 F/A-18 C Hornet à Payerne @ P.Kummerling 2 Tir d’un AIM-120 AMRAAM 3 Hornet en vol 4 simulateur Hornet 5 Centre lutte incendie 6 Centre systèmes aéronautique @ DDPS

 

 

26/02/2016

Pièces de rechange pour les F/A-18 !

DSC_3197.jpg

Dans le cadre du programme d’armement 2016 (PA16) il est notamment prévu de combler les besoins en pièces de rechange, pour la flotte de 31 avions de combat Boeing F/A-18C/D « Hornet ». Le montant de l’acquisition des pièces détachées est de 127 millions de francs.

Les besoins :

Les avions de combat F/A-18 « Hornet » vont être de plus en plus sollicités en vue de la souveraineté de l’espace aérien, avec le mise en activité progressive de la QRA24/24 (fin des heures de bureau). La non disponibilité des quelques 30 F-5 « Tiger II » encore en service pour ce type de tâches et la récente renonciation à acquérir pour l’instant de nouveaux avions de combat, qui auraient déchargé les appareils existants dans les domaines du service de police aérienne, oblige les Forces aériennes à augmenter les heures de vol sur les F/A-18. En conséquence les besoins en maintenance de la flotte de « Hornet » vont augmenter ces prochaines années. Il est donc nécessaire de palier rapidement à cette demande, afin que la flotte de F/A-18 puisse garder une bonne disponibilité jusq’en 2025.

Par ailleurs, avec le retrait de la flotte de F/A-18 C/D « Hornet » au sein de l’US Navy prévue en 2023, il est devenu nécessaire d’acquérir ce matériel de remplacement (pour les avions et l’équipement au sol), car celui-ci ne sera bientôt plus disponible sur le marché.

Acquisition :

Pour répondre rapidement aux besoins de la maintenance de la flotte de F/A-18, il est prévu d’acquérir les éléments suivants : des gouvernes de vol, des cylindres pour commandes de vol, des pièces de rechange pour réacteurs, divers engrenages, des composants de train d’atterrissage, des réservoirs de carburant.

FA18_freigestellt_black_lowrez.jpg

On précise au DDPS que l’acquisition du matériel de remplacement est nécessaire indépendamment d’une prolongation de l’utilisation des F/A-18 et de la futur réforme des F-5 Tiger.

La situation d’approvisionnement :

La fin de la production du standard C/D du F/A-18 et le prochain retrait de celui-ci, au sein de la Marine américaine, va considérablement compliquer l’approvisionnement en pièces détachées, si actuellement certaine lignes de production sont encore en fonctionnement, celles-ci vont progressivement fermer d’ici trois ou quatre ans. Cette situation aura comme conséquence d’augmenter le coûts des pièces encore sur le marché. Il faudra également tenir compte que certaines d’entres-elles se feront rares et ne seront plus disponibles d’ici quelques années.

Photo : Boeing F/A-18 C Hornet à Payerne @ P.Kümmerling