15/07/2018

Le KC-46A prêt pour la livraison !

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C’est une étape cruciale qui vient d’être franchie en ce qui concerne le programme de l’avion ravitailleur KC-46A « Pegasus ». L’avionneur Boeing et les équipes de l’US Air Force ont terminé tous les essais en vol requis pour la première livraison de l’avion. La semaine dernière, l'équipe en charge du KC-46 a conclu à la fois ses essais de certification de type militaire et les tests de certification de récepteur avec KC-135, F-16 et C-17. 

« Ceci est une réalisation importante sur le chemin vers la première livraison en octobre », a déclaré Mike Gibbons, Boeing ravitailleur KC-46A vice-président et gestionnaire de programme.

La certification du récepteur, qui a commencé en avril, a été menée de Boeing Field à Seattle et depuis Edwards Air Force Base, en Californie. Dans le cadre de l'essai, le KC-46 et des avions récepteurs ont effectué des vols à différentes vitesses à des altitudes et des configurations spécifiques pour assurer la compatibilité et les performances tout au long de l’enveloppe de chaque récepteur de ravitaillement en carburant. 

L'équipe de test KC-46 a terminé les essais en vol STC en avril et travaille maintenant à travers les documents associés avant l'attributionde la STC. Le programme a six avions à terminés 3’300 heures de vol et délestée deux millions de livres de carburant pendant le ravitaillement des vols avec sur des avons F-16, F/A-18, AV-8B, C-17, A-10, des avions KC-10 et KC-46. 

Le KC-46A «New Generation Tanker»:

Le KC-46A Pegasus «New Gen Tanker» est un gros porteur multi-mission, basé sur la cellule du B767 commercial. Pour ce faire, l’avion reprend les dernières innovations en matières d’écrans multifonctions en test actuellement sur le B787 «Dreamliner». Un nouveau système de ravitaillement permettra une augmentation du rythme de transfert de carburant, de plus, les charges et les opérations en sont simplifiées. Selon Boeing les risques d’industrialisations sont faibles, car l’avion s’appuie sur des moyens existants. Le «New Gen Tanker» se caractérise par une conception du contrôle de vol qui place l‘équipage aux commandes de l’ensemble de l’appareil, au lieu de permettre aux logiciels de limiter la manœuvrabilité au combat. Le «New Gen Tanker» met à la disposition des pilotes de l’USAF un poste de pilotage numérique avancé équipé des affichages électroniques du Boeing B787 «Dreamliner». Le «New Gen Tanker» dispose d’une technologie de ravitaillement en vol éprouvée et d’une perche KC-10 « NewGen » modernisée avec des capacités de ravitaillement étendues, un débit accru pour le transfert du carburant et un système à commandes de vol électrique (Fly by Wire).

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Photos :le KC-46A « Pegasus » @ Boeing

12/07/2018

L’US Army commande le MH-47G BlockII « Chinook » !

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Boeing a remporté un contrat de 140 millions de dollars pour la livraison de quatre hélicoptères Boeing MH-47G Block II « Chinook » pour venir équiper le « Special Operations Aviation Command » (USASOC) de l'US Army

Cette première commande lance ainsi le démarrage de la production du standard Block II, qui devrait se poursuivre vers la fin des années 2020, selon Boeing.

«L'armée utilise le MH-47G pour certaines de ses missions les plus difficiles», a déclaré Pat Donnelly, directeur des programmes de ventes militaires nationales et étrangères du programme CH-47.

«En intégrant les principales caractéristiques du Block II, nous prolongerons considérablement la durée de vie utile, améliorerons la performance et maintiendrons la position du « Chinook » en tant qu'hélicoptère d'opérations spéciales par excellence au monde.

A ce jour l’US Army exploite une flotte de 61 MH-47G au standard Block I. Le programme Block II intègre plusieurs améliorations la capacité de levage de l’hélicoptère.Commandée par le Commandement des opérations spéciales de l'armée américaine (USASOC), la flotte actuelle de MH-47G comprend les 61 hélicoptères reconstruits du Block I (62 ont été livrés, soit 35 CH-47D, 9 MH-47D et 18 MH-47E). 

Dérivé du célèbre hélicoptère « Chinook » de base le MH-47G est une plate-forme spéciale qui comprend des réservoirs de carburant à double capacité, une sonde de ravitaillement en vol, un système numérique avancé de contrôle de vol et des capteurs avancés, un système de guerre électronique. Le MH-47G utilise 2 moteurs T55-GA-714A équipés de suppresseurs d'échappement infrarouges IES-47 pour réduire la visibilité IR de l'hélicoptère. La cellule a une trappe abdominale, des fenêtres à bulles le long de chaque côté. Un treuil de sauvetage est monté au-dessus de la porte avant tribord. La fenêtre du tireur se trouve sur le fuselage bâbord, à l'arrière du poste de pilotage. 

Le MH-47G dispose d'un cockpit numérique compatible avec les lunettes de vision nocturne. Il comporte 5 écrans d'affichage multifonctions (MFD) à cristaux liquides de 6x8 pouces et 2 unités d'affichage de contrôle (CDU). Le cockpit est conforme à la norme CAAS (Common Avionics Architecture System), partageant les mêmes unités de traitement et d'affichage que le MH-60M « Black Hawk ». Le CAAS a été développé pour les « Night Stalkers » puis adopté par l'armée. 

Les améliorations du standard Block II, qui sont en cours de développement pour la flotte de CH-47F de l'armée américaine, comprennent une nouvelles pâlles de rotor avancée (ACRB), dotée d'une géométrie pour augmenter la capacité de levage de 680 kg à 4 000 ft et 35 ° C en vol stationnaire et de nouveaux équipements électroniques.

Photo :MH-47G Block I @ US Army

09/07/2018

La Nouvelle-Zélande commande le P-8A « Poseidon » !

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Le ministère de la Défense de Nouvelle-Zélande a approuvé une commande de quatre avions de patrouille maritime Boeing P-8A « Poseidon ». Les quatre avions remplaceront la flotte vieillissante de Lockheed Martin P-3K « Orion ».

L'accord sera mené dans le cadre du mécanisme de vente militaire (FMS) du gouvernement américain. Les livraisons débuteront en 2023. Le choix semble avoir été fait en lien avec l'allié proche, l'Australie, un important exploitant du P-8A.

L'aéronef sera exploité par le 5e Escadron de la Royal New Zealand Air Force, qui exploite maintenant les « Orion ». L'arrivée du nouvel avion verra le déplacement de l'escadron de RNZAF Whenuapai à Ohakea.

Le Boeing P-8A "Poseidon":

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Le P-8A "Poseidon" est un avion de longue portée de lutte anti-sous-marine (ASM) et anti-surface (LAN), renseignement, surveillance et reconnaissance (RSR). Le P-8A est capable de longues patrouilles proche et loin des côtes.

Le P-8A "Poseidon" est conçu pour assurer l'avenir de la Marine à long rayon d'action dans les missions de patrouille maritime. Le P-8A offre une plus grande capacité de combat et demandera moins d'infrastructure tout en se concentrant sur la réactivité et l'interopérabilité avec les forces traditionnelles. L’avion pourra échanger ses informations avec l’ensemble des bâtiments de surface, sous-marins, avions et drones en service dans l’US-Navy.

Pour Boeing, le choix de base d’une cellule de B737 NG permet une réduction des coûts importante, le constructeur estime cette base permettra de décliner d’autres versions du P-8A afin  de remplacer plusieurs appareils actuellement en services et destinés à des opérations spéciales. Pour Boeing, il sera possible par exemple de remplacer les B707 et autres C-130 spécialisés dans les domaines de l’écoute électronique, commandement volant, guerre psychologique (PsyOps), brouillage.

Cet avion équipé de liaison 11, liaison 16 et de systèmes internet, doit agir dans un concept de guerre en réseau en collaboration avec la quarantaine de drones RQ-4N choisi dans le cadre du programme Broad Area Maritime Surveillance devant assurer une surveillance surface de longue durée et une variante du drone de combat Boeing ScanEagle, le MagEagle Compressed Carriage. 

Boeing a dû faire plus de 50 modifications coûtant un milliard de dollars pour adapter simplement la cellule de base du B737 pour satisfaire aux exigences de certification plus exigeante de la marine américaine. Le coût du développement est estimé à 5,5 milliards de dollars américain, tandis que le coût total (développement + appareils) est lui estimé à 20 milliards de dollars.

 

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Photos : 1P-8A « Poseidon » de l’USN P-8A australien @ Boeing

 

 

06/07/2018

Demandes d’offres envoyées pour le nouvel avion de combat !

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Cette fois nous sommes entrés de plein pied dans le lancement de l’évaluation du futur avion de combat, qui doit venir remplacer les derniers Northrop F-5 E/F « Tiger II » et les Boeing F/A-18 C/D « Hornet ». La demande d’offre doit permettre aux avionneurs d’entrer ou non dans la compétition. Les avionneurs doivent pour celà rendre leurs copies d’ici à fin janvier 2019.

Sur la base des exigences publiées par le DDPS le 23 mars 2018, armasuisse a, le 6 juillet 2018, envoyé la demande d'offre des prochains avions de combat aux organismes gouvernementaux des cinq constructeurs concernés: l’Allemagne (Airbus Eurofighter), la France (Dassault Rafale), la Suède (Saab Gripen E) et les Etats-Unis (Boeing F/A-18 Super Hornet, Lockheed-Martin F-35A). Après prise de contact par leur organisme gouvernemental, les constructeurs ont la possibilité de soumettre leur offre à armasuisse jusqu’à fin janvier 2019.

Les offres doivent notamment contenir les éléments suivants:

  • calcul du nombre d’avions requis selon le constructeur pour accomplir les missions de l’armée de l’air suisse (et notamment de faire voler quatre avions en permanence pendant quatre semaines) 
  • prix pour 40 et 30 avions, frais logistiques et armement compris comme base pour la détermination ultérieure du nombre requis.
  • informations et propositions de coopération entre forces armées et autorités de passation des marchés.
  • indication quant à la possibilité de compensations.

Evaluation et analyse des coûts/de l’utilité :

Puis, les indications des constructeurs seront analysées dans le détail. Pour ce faire, le DDPS a défini une pondération des quatre critères d'évaluation principaux concernant l’utilité du système:

  • efficacité (opérationnelle, autonomie)  55%
  • assistance produit (facilité d’entretien, autonomie dans l’assistance)  25%
  • coopération  10%
  • compensations directes  10%

Cette pondération vaudra aussi pour le système de défense sol-air (DSA) pour lequel la demande d'offre devrait être envoyée à la fin de l’été.

Cette fois-ci, la comparaison des candidats pour le nouvel avion de combat et le nouveau système de défense sol-air se basera, en plus de l’utilité globale, sur les coûts d’achat et d’exploitation.

Etapes suivantes :

De mai à juillet 2019, les avions de combat passeront les uns après les autres des essais en vol et au sol à Payerne, après quoi une deuxième demande d’offre sera envoyée par armasuisse en novembre 2019 avec des réponses attendues pour fin mai 2020. Les constats effectués pendant les essais en vol et au sol, ainsi que l’évaluation de la première offre seront intégrés dans cette deuxième demande d'offre. Celle-ci demandera aux constructeurs de proposer une offre la plus avantageuse possible pour la Suisse.

Le rapport d’évaluation sera établi de juin à fin 2020 pour ensuite être soumis au Conseil fédéral en même temps que celui du système de défense air-sol afin de décider du modèle. (sources DDPS).

Ce à quoi il faut s’attendre :

Le renouvellement de notre flotte aérienne intéresse au plus au point les avionneurs qui doivent vendre absolument. Nous pouvons déjà être assurés de la participation des avions européens (Rafale, Gripen, Eurofighter). L’avionneur américain Boeing étati un peu en retrait ces derniers mois, mais il semble bine que la politique d’exportation de l’administration Trump permette cette-fois à l’avionneur de répondre par la positive. Rien n’est jouer par contre pour le F-35, dont certains critères (maintenance et codes sources) ne répondent pas à la demande suisse.

Fortes compensations :

Je reviendrais sur les crittères techniques au moment venu, mais pour l’emporter les avionneurs doivent « garantir 100% » de compensations industrielles. Pour tenter de remporter le contrat en Suisse, les avionneurs vont rivaliser d’offres toutes plus avantageuses les unes que les autres ,avec probablement des garanties supérieurs à 100%. Mais là encore, nous aurons l’occasion d’y revenir.

 

 

 

05/07/2018

Boeing prend le contrôle d’Embraer avions commerciaux !

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Avec le rapprochement d’Airbus/Bombardier avec la gamme CSeries, c’est au tour de Boeing et Embraer  de de sceller une union entre les deux divisions commerciales. Cette union devrait permettre à l’avionneur américain de contrôler près de 80% de la nouvelle coentreprise qui gèrera l’ensemble des avions commerciaux du brésilien Embraer.

En conséquence, Boeing va gérer la totalité des activités des avions de ligne régionaux ERJ et E2-Jet d'Embraer de 70 à 150 sièges. Boeing investira un montant de 3,8 milliards de dollars dans la coentreprise. On notera là une différence avec Airbus qui n’a pas investi financièrement au sein du groupe canadien Bombardier.

Pour l’avionneur américain, ce partenariat s'inscrit clairement dans le cadre de la stratégie à long terme de Boeing, qui consiste à investir dans la croissance organique et à redistribuer de la valeur à ses actionnaires, tout en concluant des accords stratégiques qui améliorent et accélèrent les projets de croissance.

Ce partenariat doit encore obtenir un feu vert de l'Etat brésilien, qui détient un droit de veto sur les décisions stratégiques pour l'avenir de son fleuron industriel de l’aéronautique brésilienne. Mais plusieurs personnalités politiques se sont déjà déclarées en faveur d'un tel accord, pourvu qu'il laisse leur indépendance aux activités militaires d'Embraer.

 

Pour autant, il y aura une exception en ce qui concerne l’avion de transport multi-missions KC-390, qui sera lui aussi intégré dans une coentreprise, dont le but sera de le promouvoir.

 

Renforcement du Duopol Airbus/Boeing :

 

Avec ces deux nouveaux partenariats, nous assistons à un renforcement en ce qui concerne le segment des avions régionaux des deux avionneurs Airbus et Boeing. De leur côté, Bombardier et Embraer vont pouvoir bénéficier de la puissance commerciale de leur nouveau partenaire. La question sera de savoir jusqu’à quand ce modèle fonctionnera avant de donner lieu à une absorption complète du canadien et du brésilien par les deux grands avionneurs ?

 

Photo : B737 MAX et E-2 Jet @ Boeing