20/04/2015

Avions de combat : ré-évaluation avancée !

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Je l’écrivais à la suite du vote raté en mai 2014 sur le financement des avions de combat Gripen, la situation va se détériorer pour nos Forces aériennes et il faudra remettre le projet à l’ouvrage très rapidement. 

 

Il y a quelques jours à peine, le 14 avril nous avions connaissance de la situation dramatique de la flotte (enfin, ce qu’il en reste) des derniers Northrop F-5E/F « Tiger II » dont, seul 26 exemplaires sont encore capables de s’envoler par beau temps uniquement !

 

Le ministre de la défense sous pression : 


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Notre ministre de la Défense Ueli Maurer a confié ce jour à la RTS que la situation était critique pour la police du ciel et que l'achat de nouveaux avions de combat sera évalué dès 2017. Soit avec une année d’avance sur le dernier calendrier évoqué dernièrement. 

Le conseiller fédéral a par ailleurs indiqué l'urgence de s'acheter de nouveaux avions. 

 

Il faut dire, que la situation de notre aviation est aujourd’hui grave, car les F-5 sont à bout de souffle et ne peuvent de toute manière pas affronter des avions de combat modernes ni répondre de manière satisfaisante à l’évolution des menaces aériennes. De plus, nos 32 Boeing ne suffisent pas en cas de conflit en Europe ou même si une situation de crise devait se prolonger. 

 

La situation est aujourd’hui particulièrement préoccupante en matière de capacité et de réponses à l’évolution des menaces aériennes. Ceci, notre ministre de la Défense l’a parfaitement compris. De plus, il faut y ajouter une forte demande des membres des Forces aériennes, dont l’inquiétude est grandissante sur le sujet. 

 

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Quatre avions au menu : 

 

Je vous l’annonçais quelques jours après la votation, quatre appareils seront pris en compte : les essais vont permettre une mise à jour des trois anciens concurrents que sont le Saab JAS-39 Gripen E MS21, le Dassault Rafale F3-R et l’Airbus Eurofighter T3A/B « Typhoon II ». Mais il faudra également compter sur un petit nouveau, le Lockheed-Martin F-35A « Lightning II ».Vivement 2017 !

 

Deux tranches :

 

Le ministre de la Défense à par ailleurs, confirmé l’achat de deux tranches du futur avions de combat, la première pour compenser le départ des F-5E/F « Tiger » et une seconde pour remplacer à terme les F/A-18C/D « Hornet ». 

 

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Photos : 1 Lockheed-Martin F-35A @USAF 2 Gripen NG@ SAAB 3 Dassault Rafale @ Armée de l’air 4 Airbus Eurofighter @ Airbus Group

 

 

18/02/2015

Rafale, la méthode Trappier !

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Le récent succès du Rafale en Egypte n’est pas une simple coïncidence, mais le résultat du travail d’une équipe, dirigée par un homme qui a le sens de la clientèle. Dassault peut aujourd’hui comme jamais, vendre son avion de combat à des clients encore frileux, il y a peu.

 

Le changement : 

 

Dassault aviation cherche à vendre elle Rafale à l’exportation depuis plus de douze années sans succès. Pourtant, la semaine dernière les choses ont changé avec l’Egypte. Il n’y a en fait, pas de miracle dans cette vente. Derrière ce premier succès, il a y le travail d’une équipe et d’un chef: Eric Trappier. 

 

Jusqu’ici, l’image du Rafale a été écornée face à la concurrence pour diverses raisons, Je l’expliquais dans un post antérieur, le Rafale ne manque pas de qualités, bien au contraire.   Le fait que celui-ci ne dispose pas encore de viseur de casque (système Gerfaut prévu pour 2006) faute de financement, ne doit pas écorner la réalité des compétences réelles de l’avion. Les erreurs de coordinations et communications entre politiques et l’équipe de vente de Dassault ont particulièrement affectés les dossiers d’exportations. Les méthodes parfois arrogante de l’ancien responsable des ventes également. 

 

Mais en janvier 2013 lorsqu’Eric Trappier prend ses fonctions de PDG de Dassault Aviation, le vent semble tourner. En effet, Eric Trappier jouit d’une image d’un vendeur hors pair. On parle même dans les coulisses de « commerçant dans l’âme ». Il faut se rappeler, que la vente des 60 Mirage 2000 aux Emirats Arabes Unis en 1998, c’est lui. Tout comme le programme de drone de démonstration nEUROn, dont il est à l’origine. Mais Eric Trappier 

sait également faire l’unanimité au-delà du groupe Dassault Aviation. Cet homme connait ses dossiers et peut se montrer très convaincant. 

 

Pourtant Eric Trappier n’est pas homme a ce laisser manipuler par les clients, il déclarait récemment à propos du dossier indien : «Chacun est responsable de ce qu’il fait. Nous sommes responsables de l’organisation du programme, c’est-à-dire de fournir la licence et à ce titre, on fournit les outils, la documentation, l’assistance technique, la formation, on vérifie les normes de qualité... Après, celui qui prend le marteau et qui tape sur la tôle, c’est un Indien. S’il tape à côté, il sera responsable, c’est normal».

 

 

Ce qui change : 

 

Mais l’homme est capable d’écouter ses clients et d’y répondre, prenez par exemple le dossier du Rafale aux EAU. Son prédécesseur avait fini par fâcher les Emiratis, qui ne voulaient plus entendre parler de Dassault. Ceux-ci avaient d’ailleurs entamés des discussions avec Airbus sur l’Eurofihgter. Et bien aujourd’hui, la méthode Trappier a permis de renouveler le dialogue sur la question du Rafale aux EAU. De la même manière, au Qatar, le dossier était passé à la vitesse minime ces derniers mois. L’arrivée de la nouvelle communication lancée par Eric Trappier semble raviver les espoirs. 

 

Analyse : 

 

Il fallait un changement au sein de Dassault Aviation, il est là ! La nouvelle communication, la prise ne compte du besoin de clients et les qualités du commercial Eric Tappier semble enfin porter leurs fruits. Bien évidemment, nous ne sommes plus à l’époque du Mirage III, et le Rafale ne pourra pas réitérer le succès de celui-ci à l’exportation. 

 

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Photos 1 le Rafale de Dassault 2 Eric Trappier @ Dassault Aviation

 

 

 

13/02/2015

La France vend le RAFALE à l’Egypte !

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Enfin ! Le soulagement est énorme chez Dassault Aviation, ainsi que chez les nombreux fournisseurs de l’avion de combat Rafale. L’Egypte va signer ce lundi un contrat portant sur 24 avions Rafale.

 

 Les besoins Egyptiens :

 

L’Egypte se trouve dans une situation complexe et doit impérativement renforcer sa défense aérienne, composée de Mirage 5 et 2000 vieillissant. En effet,  l'Égypte fait face à un environnement sécuritaire très dégradé à ses frontières. D'un côté la Libye, livrée aux mains de milices tribales, est devenue un nouveau foyer de Daech et de l'autre, dans le désert du Sinaï, l'armée égyptienne lutte contre des intrusions de djihadistes venus de Syrie.

 

Un financement risqué :

 

La problématique principale de ce contrat vient du fait que l’Egypte n’a pas véritablement les moyens de se payer un avion comme le Rafale. En conséquence et pour appuyer cette vente, Paris a mis en place un système d’aide à l’exportation. L’Egypte ne peut payer que la moitié du contrat qui comprend également une frégate et des missiles de défense anti-aérienne de chez MBDA, soit un contrat de 5 milliards d’euros. Pour ce faire, Paris a mis en place un financement  via la Coface pour permettre à l'Egypte d'obtenir un un financement pour la seconde partie de la transaction.  Le Caire a négocié un crédit auprès d'un pool de banques que sont  le Crédit Agricole, la BNP Paribas et de la Société Générale.

 

L’anecdote :

 

Pour la petite histoire, on retiendra que Moscou a tenté ces dernières semaines d’interférer dans le dossier, mais sans succès. La Russie a en effet, essayé de placer son MiG-35 et de brûler ainsi,  la politesse à Dassault.

 

Commentaire :

 

Cette vente à l’Egypte est primordiale pour Dassault, en effet, si aucun contrat à l’exportation n’avait été signé cette année, la chaine de fabrication du Rafale aurait risqué une interruption en 2016, rendant ainsi toute chance d’exportation caduc. Cette première vente est doublement importante, d’abord du point vue industrielle et psychologique.

Mais il faudra d’autres contrats pour assurer la pérennité du programme Rafale, on pense bien sûr à l’Inde. L’Inde, justement les négociations ne sont pas terminées, New Dehli tente de faire baisser le prix, la question des responsabilités de fabrication de l’avion ne sont pas encore complètement clauses et la Russie tente de faire passer son Sukhoi Su-30MKII. Et puis il y a une chance du côté du Qatar avec 60 avions. En Suisse le dossier avion de combat n’est pas clos, on en reparlera d’ici 2018, mais là encore, les choses sont complexes.

 

Photo : Rafale en démonstration en Egypte @Dassault Aviation

 

05/01/2015

Rafale, l’Inde met la pression !

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New Dehli, en ce début d’année l’Inde vient de lancer une petite bombe, concernant le programme d’avion de combat Rafale. En effet, la division de la communication du ministère indien de la Défense annonçait en fin de semaine dernière, que celle-ci, pourrait remplacer l’achat de l’avion de combat français, par des chasseurs russes Su-30 MKI.

 

Cette déclaration fait suite à l’annonce du ministre indien de la Défense concernant les «difficultés» rencontrées, dans les négociations qui portent sur l’achat de 126 avions Rafale, pour un contrat estimé  à plus de 20 milliards d'euros, armements et soutien compris. Pour le ministre indien de la défense: « la France refuse de respecter les conditions posées par l'Armée de l'air indienne lors de l'appel d'offres».

 

La Russie se profile : 

 

La Russie tente de jouer les troubles-fêtes avec en arrière plan, le conflit qui envenime ses relations avec la France, en ce qui concerne la livraison retardée du premier bâtiment de type Mistral. Le ministère indien de la Défense confirme pour sa part que la Russie a offert un lot de Sukhoi Su-30MKI, avec construction en Inde pour un prix de revient de l’ordre de de 56 millions de dollars, soit plus de deux fois moins cher que le prix d'un Rafale. L’Inde est déjà en contrat avec le Su-30MKI, il serait donc facile de compléter ceux-ci

 

Réelle menace ou coup de bluff ?

 

Si l’offre de Moscou doit être prise au sérieux, l’annonce indienne a de quoi surprendre. En effet, si des erreurs ont été commises de part et d’autres dans le cadre de la proposition du Rafale à l’Inde au début du projet. Les deux parties ont réussi ces 12 derniers mois, à faire avancer de manière positive le dossier. Le cadre du montage des Rafale par Hindustan Aeronautics LTD (HAL) n’est plus un problème aujourd’hui, par exemple. Les négociations franco-indiennes sont désormais entrées dans une phase terminale, qui doit conduire à la signature de l’ambitieux contrat Rafale, d’ici six mois au plus tard.

 

Alors pourquoi cette annonce ? Justement, nous voici arrivé dans le dernier carré des négociations, L’Inde se retrouve en situation de force face à l’avionneur français qui peine à vendre son fleuron. Les indiens mènent en parallèle plusieurs programmes militaires particulièrement coûteux, avec les avions de combat Tejas et T-50 PAK-FA, avions ravitailleurs, avion de détection avancée, nouveaux avions écoles et hélicoptères (sans oublier la modernisation des Mirage 2000 et des Jaguar). Ce pays a tout intérêt à faire pression sur le prix ! Cette annonce indienne est une tentative de faire baisser le prix du Rafale, ni plus ni moins.

 

Analyse  :

 

Cette dernière ligne droite pour le Rafale en Inde est aussi l’occasion d’un dernier bras-de-fer dans des négociations qui durent depuis plus de deux ans. L’Inde n’a pas intérêt à faire capoter cet achat, bien au contraire. L’offre de transfert de technologie est bien trop importante pour cela.

Finalement, le plus grand risque aujourd’hui, concerne une éventuelle vente à perte du Rafale (si le prix devait par trop baisser). Perte qui serait compensée par l’Etat français, soit le contribuable. La vente du Rafale à l’Inde comporte encore quelques embûches qu’il ne faut pas sous-estimés. 

 

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Photos : 1 Rafale aux couleurs indiennes, encore incertain ? @ Dassault 2 Sukhoi Su-30MK1 Indien@ IAF