02/07/2015

Le F-35 est mauvais en dogfight !

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C’est une petite bombe qui vient d’éclater, suite à la publication d’un rapport de l’US Air Force concernant les essais en combat aérien, avec le Lockheed-Martin F-35 « Joint Strike Fighter ». A vrai dire, les résultats de l’évaluation sont sévères à l’encontre de l’avion.

 

Inférieur au F-15, F-15 et F/A/18 :

 

L’évaluation a été effectuée sur demande de l’US Air Force et devait permettre d’évaluer le comportement du F-35 face à des appareils tels que le F-16, F-15 et accessoirement F/A-18 pour la Marine. Si les essais ont principalement été menés contre un F-16, les résultats ont créés une véritable stupeur au sein de l’USAF.

Le pilote d'essai en chef, qui a une expérience de vol du sur F-15E, F-16 et F/A-18F, explique que la manoeuvrabilité du F-35A est "sensiblement inférieure au F-15E" en raison de ses petites ailes, de plus,

face à un F-16, le résultat est sans appel, le F-35 s’est révélé inférieur en combat aérien rapproché (Dogfight) à chaque engagement.

Dans le rapport, le pilote d'essai a noté l'absence de visibilité vers l'arrière de l'habitacle, en raison de la taille du casque. Il  avait également des difficultés en levant les yeux, ce qui rend difficile de repérer l'agile F-16 au-dessus et derrière, soit des configurations normales en combat aérien rapproché.

"Le casque était trop grand pour l'espace intérieur de la canopée et ne permet pas de voir correctement derrière l'avion," note le rapport. "Chaque fois que le casque a été plaqué contre la verrière, le pilote a continué à chercher son adversaire en tournant son cou, entraînant une modification de la symbologie du viseur de casque, qui ne se trouvait plus en face des yeux !".

Pour terminer, le taux de virage est jugé inférieur au F-16.

 

Du côté de chez Lockheed-Martin :

 

Chez l’avionneur américain, on explique de manière « un peu empruntée » que le F-35 est conçu pour "tirer et tuer" ses ennemis sur de longues distances, et que lors d’essais simulés le F-35 avait remporté toutes les victoires face à des avions de la génération actuel et ceci grâce à ses capteurs de nouvelle génération. Et Lockheed-Martin d’ajouter que de toute manière dans un environnement de combat moderne seul, le F-35 pourrait survivre » et ceci notamment grâce à sa furtivité ». En conclusion l’avionneur déclare qu'il est trop tôt pour "tirer des conclusions définitives sur la manoeuvrabilité de l'avion, celui-ci étant encore en développement » !

 

Commentaire :

 

A vouloir pousser les compromis à l’extrême, on peut une nouvelle fois s’interroger sur la réussite de ce projet, aérodynamisme mal adapté et qui génère des faiblesses en matière de manoeuvrabilité de l’avion, des problèmes de conception du viseur de casque, qui pourront être corrigés, non sans, un risque de surcoût, même léger.

La réponse de l’avionneur est par contre inquiétante, certes, l’avion est en développement, mais les carences de celui-ci sont encore énormes, pour un aéronef dont le taux de production est déjà activé, même à un faible taux. De plus, chacun sait qu’en quelques minutes une formation de chasse  passe du combat BVR (au-delà de la portée visuelle) au Dogfight (combat rapproché), de fait il est impératif que l’avion puisse être engageable et bon dans cette configuration du combat. L’argumentation de la supériorité à distance et de la furtivité ne tiennent non plus pas la route, les aéronefs actuels sont tous capables de tirer loin, d’ailleurs l’armement du F-35 est le même que pour un Rafale, Eurofighter et Gripen avec le Meteor. Quant à la furtivité, un F-35 ne l’est plus lorsque celui-ci, est doté de pylône sous les ailes, il devient même parfaitement détectable avec un radar classique à antenne mécanique. L’arrivée des radars AESA et des optroniques IRST rendent par ailleurs, la furtivité quasi obsolète.

 

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Photos : F-35A et F16 danois @ Danish air force 2 F-16 et F-35 de l’USAF @ USAF