19/06/2018

Le Sénat américain bloque la livraison de F-35 à la Turquie !

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Je vous en parlais le 15 juin dernier, la mobilisation du Sénat américain à fonctionner un vote qui bloque temporairement la livraison des F-35 à la Turquie.                       

Le projet de Loi d’autorisation de la Défense nationale (NDAA) contenant l’amendement vise à interdire les ventes de F-35 à la Turquie doit encore être adopté par la Chambre et ne devrait pas devenir loi avant la fin de l’été.

 De fait, la vente de F-35 à la Turquie est momentanément bloquée à moins que Trump certifie que la Turquie ne menace pas l'OTAN, l'achat de matériel de défense de la Russie ou la détention de citoyens américains. L'amendement affirmait que l'achat du système S-400 en provenance de Russie augmentait les tensions et les risques pour l'alliance de l'OTAN. Il exige également la libération du pasteur américain Andrew Brunson, qui fait face à des accusations de terrorisme en Turquie.

Avant de pouvoir être légiféré, le projet de loi doit être concilié avec celui déjà adopté par la Chambre des représentants. Cette mesure de compromis doit ensuite être adoptée par les deux chambres et signée par Trump. 

Réaction en Turquie :

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu déclaré que la Turquie se tournerait vers d’autres marchés si les USA ne lui permettaient pas d’acheter les avions de combat F-35 auprès de l’avionneur  Lockheed-Martin.

Ankara a juré de riposter face à toute tentative de restriction en matière d’exportation de matériel militaire. Il semble que la visite du président russe Vladimir Poutine en avril dernier en Turquie a inclus des discussions de livraison en ce qui concerne le Sukhoi Su-57.

De son côté Lockheed-Martin s’attend toujours à remettre un F-35 à la Turquie, lors d’une cérémonie qui aura lieu à Fort Worth, au Texas, le 21 juin, mais l’avionneur ne sait pas, si l’avion pourra rejoindre la Turquie. Selon le calendrier, le premier avion aux couleurs de la Turquie doit rester aux USA durant 6 mois pour assurer la formation des pilotes turcs avant de s’envoler vers Ankara.

 

Photo :F-35 @ Lockheed-Martin

 

 

Des Rafale Marine à Meiringen !

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Le Département de la Défense confirme que le demain quatre Rafale Marine se poseront sur la base aérienne de Meiringen. L’Armée suisse offre aux pilotes français, dans le cadre de leur formation au vol de navigation, la possibilité de s’entraîner à atterrir sur un terrain d’aviation étranger en milieu alpin.

Les vols de navigation avec escale à l’étranger font également partie de la formation standard des pilotes suisses. L’aérodrome militaire de Meiringen est considéré comme exigeant et est donc populaire auprès des forces aériennes étrangères pour ce type d’entraînement. Les jets français voleront de Landivisiau (F) vers la Suisse. 

Sur le plan juridique, cette escale se fonde sur l’accord entre le Conseil fédéral et le gouvernement de la République française relatif aux activités communes d’instruction et d’entraînement des forces armées françaises et suisses.

Photo : Rafale Marine @ H. Canola

 

 

18/06/2018

Avions de combat, Bruxelles tente de reprendre la main !

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Après les nombreuses critiques survenues sur la manière de gérer le dossier de remplacement de la flotte d’avions de combat Lockheed-Martin F-16 AM/BM « Fighting Falcon », le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé en fin de semaine dernière un changement important dans le processus de sélection opérés par l'armée de l'air belge. Le choix final est pour l’instant repoussé à la mi-octobre.

Prolongation des F-16 et étude du Rafale :

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré que la Belgique allait évaluer de manière approfondie la mise à niveau de la flotte de F-16 ainsi que l'offre française basée sur le Rafale Dassault. Selon le Loi belge, l’option d’une offre hors concours peut être acceptée à la condition que les produits proposés au sein de l’offre officiel ne répondent pas correctement au cahier des charges. Cependant, le pays n’ayant pas donné d’avis sur les offres du F-35 et de l’Eurofighter, le gouvernement belge prend une initiative osée qui pourrait fâcher les deux avionneurs en course.

 Trois options :

Trois options vont être ouvertes en Belgique : l'extension de la durée de vie des F-16, l'achat de l'un des deux avions participant au concours RFGP en cours, à savoir l'Eurofighter et le Lockheed-Martin F-35, ainsi qu'une troisième option, la proposition française sur avec le Rafale.

A noter au passage qu’en choisissant l’option européenne de l’Eurofighter ou du Rafale, la Belgique se positionnerait directement en vue du futur avion de combat européen.

Reprendre la main :

Cette décision du Premier Ministre devrait permettre d’éteindre l’incendie de l’épineux dossier pour les prochaines semaines et satisfaire les partis d’oppositions au moins jusqu’à la fin de l’été. Reste qu’il va falloir étudier le dossier complet du Rafale qui n’a pas encore été transmis. En même temps, au vues des critiques du dossier, il aurait été ridicule de ne pas tenir compte de l’offre française qui est en soi aussi bonne que celle d’Airbus (Rafale = 5'000 emplois et 20 milliards d’euros de compensation, Eurofighter = 6'700 emplois et 19,3 milliards d’euros de compensation). Mais l’atout du Rafale se trouve notamment dans le rapport coût/efficacité plus avantageux avec une maintenance plus faible.

Pour autant, quelque soit le choix final, le Gouvernement belge devra essuyer les pots cassés. Car en cas de choix du Rafale ou d’une hypothétique extension de vie des F-16 les deux avionneurs Lockheed-Martin et Airbus pourraient attaquer la décision en justice. A l’inverse, un refus du Rafale serait moins problématique, mais laisserait un goût amer à beaucoup de monde. On peut se demander, si au final, il ne serait pas plus judicieux de recommencer à zéro le concours avec l’ensemble des protagonistes et permettant également à Boeing et Saab de revenir en course. Une nouvelle compétition ou tous les aéronefs auraient des chances de se présenter sur un même pied d’estale serait également bon pour l’image du gouvernement belge.

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Photos 1 F-16 belges 2Les avions officiels : F-35 et Eurofighter, le Rafale en offre parallèle

 

 

 

 

 

 

17/06/2018

Lockheed-Martin fête les 75 ans de Skunk Works !

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L’avionneur américain fête les 75 ans de son bureau d’étude des Advanced Development Programs (ADP) plus connu sous le nom de « Skunk Works ». Ce bureau d’étude est à l’origine de nombreux programmes spéciaux qui ont révolutionné le monde de l’aéronautique.

Aucune mission n'est impossible :

Lockheed-Martin Skunk Works, c’est la volonté de développer rapidement des solutions nouvelles afin de garantir un avantage absolu. Ce qui distingue le Skunk Works, c'est son approche unique créée par le fondateur Kelly Johnson. Cette approche est encore attestée aujourd'hui par les petites équipes autonomes, les processus rationalisés et la culture qui valorise les leçons apprises lorsque vous êtes assez audacieux pour tenter quelque chose qui n'a pas été fait auparavant.

Pour les ingénieurs de Skunk Works, il est important de résoudre des problèmes difficiles, avec une attitude «positive»  et qui a donné lieu à de nombreuses premières dans le domaine de l'aérospatiale et à d'innombrables innovations technologiques. Le bureau d’étude à été fondé en 1943 lorsque le visionnaire Clarence "Kelly" Johnson a obtenu le feu vert pour créer un département d'ingénierie expérimental afin de commencer à travailler sur le chasseur à réaction secret XP-80 « Shooting Star ». Johnson et son équipe ont conçu et construit le XP-80 en seulement 143 jours, soit sept de moins que ce qui était requis. C'est ce projet qui a marqué la naissance de ce qui allait devenir le « Skunk Works » avec Kelly Johnson à sa tête.

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Ce qui a permis à Johnson de faire fonctionner le Skunk Works de manière si efficace et efficiente était son approche organisationnelle non conventionnelle. Il a enfreint les règles, défiant le système bureaucratique qui a étouffé l'innovation et entravé le progrès.

C'est cette approche unique qui a permis de créer des avions uniques comme leLockheed P-80 Shooting Star, le F-104 Starfighter , l’avion espion U-2et l’incroyable SR-71 « Balckbird » et le drone supersonique D-21, sans oublier le F-117.

En dehors de ses murs très opaques, personne ne sait combien de projets ont été développés par bureau secret de Lockheed et combien de flops ils ont eu. Par contre, la renommée de « Skunk Works » est reconnue à travers le monde entier, car celui-ci a repoussé de nombreuses barrières et est à l’origine de nombreuses innovations.

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Photos : 1 le SR-71 2 L’U-2 F-117 @ Lockheed

 

 

 

15/06/2018

La tension monte avec la livraison de F-35 à la Turquie !

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L’avionneur américain Lockheed-Martin prévoit de livrer officiellement le premier F-35A « Lighting II » à la Turquie lors d'une cérémonie à Fort Worth, au Texas, le 21 juin prochain et ceci, en dépit des protestations des législateurs et des diplomates américains.

Le F-35A restera aux États-Unis jusqu'à ce que les pilotes turcs soient formés pour piloter l'avion, après quoi il sera envoyé en Turquie.

Une fronde qui se renforce :

Cependant, les représentants américains et les sénateurs se sont opposés à ce que la Turquie reçoive le chasseur furtif à la pointe de la technologie après que le pays a signé un contrat avec la Russie pour acheter le système sol-air Almaz-Antey S-400 « Triumf », l'un des plus sophistiqués du monde et de part la politique menée actuellement par le pays. En effet, les législateurs et les fonctionnaires du Département d'État se sont également plaints du mépris du président turc Recep Tayyip Erdoğan en ce qui concerne la primauté du droit, la diminution des libertés individuelles, la consolidation du pouvoir et les décisions stratégiques, ainsi que les opérations de guerre en Syrie contre les forces kurdes.

Un nouvel effort est apparu ces dernières semaines au sein du Sénat et de la Chambre des représentants des États-Unis pour bloquer le transfert de l'avion à la Turquie à moins que le pays refuse d'acheter le système anti-aérien S-400 et modifie sa stratégie politique.

De son côté, la Turquie à menacé au moi de mai dernier de se tourner en direction du Sukhoi Su-57 (article avia news du 28.5.18).

La Turquie, alliée de l'OTAN a commandé 100 F-35A. Le premier lot de 14 appareils est déjà payé. Au total, 30 F-35A devraient être livrés à l'armée de l'air turque d'ici la fin de 2022.

A noter que pour l’instant, la Maison Blanche n’a pas encore pris position et se mue dans un silence assourdissant.

Photo :F-35A @ Lockheed-Martin