25/03/2012

Airbus, Boeing et Embraer collaboreront sur les biocarburants !

 

433753858.jpg


 


Genève,  Airbus, Boeing et Embraer ont signé un protocole d’accord officialisant leur collaboration pour le développement de biocarburants ‘drop-in’ à un prix abordable. Cet accord a été signé lors du Sommet de l’Aviation et de l’Environnement de Genève, organisé par l’ATAG (Air Transport Action Group).

Le but poursuivit par les trois avionneurs est de rechercher des opportunités de collaboration en vue de s’adresser de façon unanime aux gouvernements, aux producteurs de biocarburants et aux autres parties prenantes majeures, afin de soutenir, promouvoir et accélérer la disponibilité de nouvelles sources de carburants aéronautiques durables.

Poursuivre l’évolution dans la bonne voie :

En finalité, cet accord doit permettre de poursuivre les avancées effectuées depuis près de 10 ans au sein de l’industrie aéronautique qui ont déjà permis de réduire l’empreinte en CO2. La production de biocarburants dit «Ethique» de manière durables doit permettre d’attendre les ambitieux objectifs de réduction des émissions de CO2. D’ici 2020 le biocarburant devra représenté 4%.

“Cette situation, où ces trois avionneurs leaders mettent de côté leurs différences concurrentielles et travaillent ensemble pour soutenir le développement de biocarburants, démontre la détermination de l’industrie et l’importance qu’elle attache aux solutions durables”, a déclaré pour sa part Paul Steele, Executive Director de l’ATAG. “Grâce à ce type d’accords de collaboration impliquant l’industrie dans son ensemble, l’aviation fait tout son possible pour obtenir des réductions mesurables des émissions de carbone, tout en continuant à assurer une forte valeur économique et sociale à l’échelle mondiale.”

Ces trois sociétés sont des membres affiliés du groupement des utilisateurs de carburant durable pour l’aviation (Sustainable Aviation Fuel Users Group), qui comprend 23 compagnies aériennes majeures consommant environ 25% du carburant utilisé annuellement par l’aviation.

Les chaînes de valeur réunissent les producteurs, les raffineries, les compagnies aériennes et les législateurs en vue d’accélérer la commercialisation des biocarburants durables. A ce jour, Airbus a établi des chaînes de valeur au Brésil, au Qatar, en Roumanie, en Espagne et en Australie, et prévoit la mise en place d’une chaîne de valeur sur chaque continent. Pour l’aviation, les alternatives aux biocarburants sont limitées.

EADS Innovation Works pilote la recherche en biocarburants du groupe EADS. Le protocole d’accord signé couvre également le développement de normes industrielles ouvertes, et de méthodologies permettant l’évaluation des cycles de vie du carbone et de l’énergie.

Airbus, Boeing et Embraer ont participé à un grand nombre de vols utilisant des biocarburants depuis que les organismes internationaux de normalisation ont donné leur accord pour leur utilisation commerciale en 2011.

 

459187849.jpg

 

 

De nombreux vols avec du biocarburants :

Les essais de vol avec un mélange de 20% de biocarburant mélangé à du kérosène normal sont devenu presque chose normale, avec de nombreuses compagnies en Europe, aux Etats-Unis et dernièrement en Chine. Au mois de juillet de l’année passée, la compagnie Lufthansa à même lancé quatre vols quotidiens aller-retour reliant Hambourg à Francfort sont  les premiers au monde à utiliser un mélange de biocarburants composé à 50% d'esters et d'acide gras hydrotraités.

Les militaires aussi :

Aux Etats-Unis, Boeing en collaboration avec l’US Air Force  et l’US Navy a testé les premiers vols supersoniques alimentés en biocarburant avec un A/10 Thunderbolt II Et un F/A-18 Super Hornet. Ces essais avec le motoriste General-Electric ont par ailleurs, confirmé en plus du CO2, que combiné à d’autres  efforts «verts» qui comprennent l’adjonction d’une tuyère à chevrons, où chaque lobe dentelé pénètre dans ou hors du flux primaire et génère un flux secondaire,  permet de réduire le bruit du moteur.

Sélectionner les bons biocarburants :

Le choix des biocarburants et le recul observé depuis près de 15 ans démontre ce qui est acceptable du point de vue de l’environnement et ce qui ne l’est pas ! Par exemple, l’utilisation de biocarburants favorisant la déforestation et /ou entrant en concurrence avec  les usages alimentaires, sans oublier l’épuisement des ressources en eau. Je n’ai pas oublié le GTL (carburant synthétique à base de gaz) qui s’avère certes alternatif, mais certainement pas bio, puisque la transformation de celui-ci en kérosène, produit énormément de CO2 !

Pour l’aviation commerciale, ce sont les SPK ( Synthetic paraffinic kerosene) fabriqué à partir d’huile végétales par exemple,  qui semblent être des plus prometteurs. Ces huiles, issue du « jatropha », de caméline ou même d’algue respectent les spécifications énumérées plus haut.

Ces SPK ont d’ailleurs eu l’occasion d’être testés en vol à plusieurs reprises, par les motoristes tels que : CFM International, General Electric, Pratt & Whitney et bien sûr Rolls-Royce. Plusieurs compagnies se sont associées à ces tests comme : Virgin Atlantic, Air New Zealand, Continental Airlines et Japan Airlines pour ne citer que celles-ci.

Utilisation prévue :

L’état des essais actuels permet de penser qu’une utilisation des biocarburants se fera vraisemblablement avec un mélange de l’ordre de 50% dans un premier temps, puis devrait augmenter progressivement jusqu’à atteindre les 80%. Ceci sans modification des moteurs ni des infrastructures aéroportuaires de distribution.

Les dernières révélations sur de tels mélanges montrent d’ailleurs une réduction de 60% à 80% des émissions de CO2, sans altération aucune des performances actuels avec le kérosène (Jet-A).

 

924148501.jpg

 

 

Photos : 1 Alaska Airlines a lancé des liaisons avec du biocarburant aux USA 2 A321 Lufthansa avec biocarburant 3 Le «Green» Hornet teste le vol supersonique

 

21:09 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : biocarburants, airbus, boeing, embraer, atag |  Facebook | |

13/04/2011

Le biokérosène se profile comme une bonne solution !

 

190957475.jpg

 

 

 

 

Depuis près de 3 ans de nombreux vols tests  au biokérosène à base de Jatropha ou de Cameline ont eu lieu (voir liens) avec succès, mais il manquait encore du recul ainsi que des études permettant de réunir les différentes expériences.

Collecte de données :

Business Matchmaking, Inc. a rassemblé les résultats de plusieurs tests effectués auprès des lignes aériennes sur du pétrole produit à partir de la plante Jatropha, comme substitut possible du kérosène et dont les résultats sont très prometteurs. Cette société sans but lucratif se spécialise dans les mises en relations des différents acteurs du secteur.

De nombreuses compagnies aériennes ont collaborés avec les grands constructeurs que sont Airbus et Boeing afin de tester en vol du carburant issus de plantes ressemblant au Jatropha ou de Cameline, qui poussent sur des terrains habituellement non utilisables pour l'agriculture.

Un rapport complet daté du 31 mars 2011 par la Faculté des études environnementales de l’Université de Yale et financé par Boeing, a conclu que  le Jatropha peut représenter des avantages environnementaux et socio-économiques. Cette étude est basée sur des critères de durabilité développés lors de la table ronde sur les carburants durables évalués sous des conditions agricoles réelles.

Les objectifs :

L'Organisation de l'aviation civile internationale des Nations Unies a établi un objectif de réduction des émissions de gaz carbonique produites par l'aviation en utilisant des carburants renouvelables. L'étude de Yale projette une réduction des gaz à effet de serre s'élevant à 60% si un carburant produit de Jatropha est utilisé au lieu d'un carburant produit de pétrole.

 

 

462886343.jpg

 

 

Le biokérosène (SPK) une solution viable ?

Mission NewEnergy, Limited, le plus grand producteur de Jatropha à l'hectare planté, emploie actuellement plus de 140 000 fermiers en Inde, auparavant pauvres et qui gagnent désormais leur vie en cultivant le Jatropha, sans le risque de compromettre l'offre ou le taux alimentaire. La société distribue actuellement ses produits en Europe et est dans le processus de lancer ses opérations aux États-Unis.

Les SPK ou Synthetic Paraffinic Kerosene sont fabriqués à partir d’huiles végétales issues du Jatropha ou de la Cameline et même parfois d’algues. Les différents tests en vol qui ont eu lieu depuis près de trois ans avec les différents acteurs et notamment les motoristes comme CFM International, General Electric. Pratt & Whitney et Rolls-Royce avec de nombreuses compagnies telles que : Air New Zealnd, Virgin Atlantic, Japan Airlines, Lufhansa et Continental Airlines ont tous été des succès d’intégration de biocarburant.

Le secteur civil mais aussi militaire :

En plus de  l'aviation civile, des études sont effectuées à l'heure actuelle dans le milieu militaire en ce qui concerne le pétrole produit à partir de Jatropha.  Pour mémoire je vous rappelle les premiers tests effectués au printemps 2010, un A-10 Warthog de l’USAF a effectué un vol d’essai depuis la base d’Eglin, en Floride, avec des moteurs alimentés par un mélange de kérosène JP-8 et d’un biocarburant (Hydotreated Renewable Jet, HRJ) à base de cameline, une plante avec laquelle l’on fabrique habituellement de l’huile végétale. Des tests similaires devaient être conduits avec d’autres appareils. Puis se fût l’US Navy avec son « Green Hornet » soit un F/A-18F Super Hornet qui a décollé du centre de Patuxent River pour un vol d’une durée de45 minutes avec à son bord du carburant alternatif.

Depuis, l’US Air Force a certifié, en février dernier, le C-17 Glomaster III a volé en emportant ce type de mélange. Et le 18 mars, sous l’égide du 411th Flight Test Squadron, un F-22 Raptor a effectué un vol supersonique avec de la cameline dans ses réservoirs. Il s’agissait, au cours de cette campagne d’essais, d’évaluer le comportement de l’appareil ainsi que ses performances à différentes vitesses et altitudes.

Le F-22 Raptor a ainsi atteint la vitesse de Mach 1,5 à 40.000 pieds d’altitude et effectué plusieurs manoeuvres. En donnant apparemment satisfaction. D’ici 2012, tous les appareils de l’US Air Force devront être en mesure de voler avec des biocarburants, dont l’usage sera généralisé en 2016.

924148501.jpg

 

 

Les trois axes :

Pour permettre au secteur aérien d'être encore moins polluant, trois axes sont clairement identifiés : L'arrivée du biocarburant comme nous venons de la voir, mais malheureusement celui-ci devra être encore associés à du kérosène d'origine fossile. Les nouvelles technologies permettent à l'aviation d'être plus efficient en matière de consommation et de bruit, la génération actuel d'avions civils permet des économies de l'ordre de 25% par rapport aux modèles des années 80. Mais la nouvelle génération d'avions que représente les B787 et A350 couplé aux nouveaux moteurs permettra à elle seule de gagner encore 25% d'économie en une seule génération, sans oublier l'aviation militaire avec les moteurs dotés de "SuperCruise" permettant décollage et vol supersonique sans postcombustion ! Troisième et dernier axe, concerne les nouvelles approches de type SESAR, soit l'amélioration de la gestion du trafic aérien (ATM) qui apportera une réduction des émissions de CO2 de l’ordre de 10% en généralisant l'emploi des moyens modernes de navigation satellitaires pour mettre en œuvre des procédures de décollage et d'approche des aéroports plus précises, moins bruyantes et plus économes en carburant. Cette méthode consiste, lors de la phase de décollage, à faire voler l'avion à sa vitesse de croisière en permanence, à l'optimum de son aérodynamique et de ses moteurs. La réduction de consommation et donc d'émission envisageable, peut atteindre 5%.

  • Descente continue
    Une descente continue sans aucun palier, du début de descente à l'atterrissage, améliore la performance écologique et surtout réduit les nuisances sonores perçues par les riverains.
  • Procédures spécifiques d'approche
    L'aviation d'affaires est pionnière dans le développement d'approches spécifiques qui réduisent les nuisances sonores perçues par les riverains grâce aux performances de ses avions, notamment leur capacité d'approches à forte pente.

Biokérosène, nouvelles technologies et nouvelles procédures feront économiser énormément de carburants et limiteront les rejets de CO2.

Farnborough f22.jpg

 

Tous les liens sur les articles concernant les biocarburants pour avion :

http://psk.blog.24heures.ch/tag/biokérosène

http://psk.blog.24heures.ch/tag/aviation+commerciale+et+écologie

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/03/25/bio-kérosène-l-aventure-continue.html

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2010/04/28/premiers-v...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2009/10/21/la-situati...

 


Photos : 1 B777 British Airways @ Rui Miguel Rodrigues 2 B737-800 Continental @Continental 3 Premier vol du «Green Hornet» @US Navy 4 F-22, c’est un appareil similaire qui a voler avec du jatropha@ US Air Forces


 

21/10/2009

La situation sur les biocarburants pour l’aviation

 

 

42264_1254267057.jpg

 

 

A l’approche de cette fin d’année, il est temps de faire le point sur la situation des biocarburants  destinés à l’aviation. Je propose ici de faire l’état des lieux, afin d’y voir un peu plus clair.

Nombreux tests :

Depuis les débuts de ce blog, j’ai relaté les divers tests concernant les biocarburants effectués à ce jour. J’ai également fait la part des choses, avec ce qui était acceptable du point de vue de l’environnement et ce qui ne l’était pas ! Par exemple, l’utilisation de biocarburants favorisant la déforestation et /ou entrant en concurrence avec  les usages alimentaires, sans oublier l’épuisement des ressources en eau. Je n’ai pas oublié le GTL (carburant synthétique à base de gaz) qui s’avère certes alternatif, mais certainement pas bio, puisque la transformation de celui-ci en kérosène, produit énormément de CO2 !

Il nous reste donc la pile à hydrogène, dont les essais en vol en Espagne sont particulièrement concluant, mais resteront pour l’instant cantonné aux drones et à l’aviation légère.

Pour l’aviation commerciale, ce sont les SPK ( Synthetic paraffinic kerosene) fabriqué à partir d’huile végétales qui semblent être des plus prometteurs. Ces huiles, issue du « jatropha », de caméline ou même d’algue respectent les spécifications énumérées plus haut.

Ces SPK ont d’ailleurs eu l’occasion d’être testés en vol à plusieurs reprises, par les motoristes tels que : CFM International, General Electric, Pratt & Whitney et bien sûr Rolls-Royce. Plusieurs compagnies se sont associées à ces tests comme : Virgin Atlantic, Air New Zealand, Continental Airlines et Japan Airlines pour ne citer que celles-ci.

 

 

61407_1242151665.jpg

 

 

Bio kérosène, un double intérêt :

L’intérêt marqué par les compagnies aériennes pour ces nouveaux carburants et double, non seulement il s’agit de lutter contre le réchauffement climatique, mais l’opportunité de disposer de carburants moins chers, accentue cette motivation, lorsque l’on sait que le kérosène actuel représente la première charge d’une compagnie aérienne.

Utilisation prévue :

L’état des essais actuels permet de penser qu’une utilisation des biocarburants se fera vraisemblablement avec un mélange de l’ordre de 50% dans un premier temps, puis devrait augmenter progressivement jusqu’à atteindre les 80%. Ceci sans modification des moteurs ni des infrastructures aéroportuaires de distribution.

Les dernières révélations sur de tels mélanges montrent d’ailleurs une réduction de 60% à 80% des émissions de CO2, sans altération aucune des performances actuels avec le kérosène (Jet-A).

 

 

93616_1243827431.jpg

 

 

Favoriser les biocarburants :

Forts de ces récentes conclusions plusieurs associations comme l’IATA ( Association Internationale des Transporteurs Aériens) et l’ICAO ( Organisation de l’Aviation civile Internationale) ont engagé une course contre-la-montre dans le but  d’encourager leurs membres à poursuivre dans cette voie, afin de réduire de 2% à 3% l’an, les émissions de CO2 et ceci jusqu’en 2020, puis obtenir une réduction de moitié de ces émissions d’ici 2050.

Pour ce faire, il faut en priorité obtenir une certification pour ces nouveaux biocarburants d’ici la fin  2010 déjà! Le prochain sommet de l’IATA à Copenhague qui se tiendra du 7 au 18 décembre aura comme but cet objectif !

En parallèle, je ne peux oublier de mentionner ici les essais actuels en cours dans l’US Air Forces, qui dispose de moyens considérables et qui comme c’est souvent le cas, la chose militaire fait avancer la technologie !

50480_1250600828.jpg

 

Liens sur les vols avec  biocarburants déjà publiés :

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/02/11/premier-vo...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/04/03/premier-vo...

http://psk.blog.24heures.ch/archive/2008/03/25/bio-kérosène-l-aventure-continue.html


Photos : 1 B737-600 Condor, 2 Déco Frontier Airlines  A319, 3 B757 American Airlines, 4 B757 Capital Cargo. @ Fabricio Jimenez