22/10/2018

F-35, le choix belge qui fait grincer les dents des Européens !

f35-clean-belgium-page.jpg

On le sait depuis hier soir, l’information a transpiré au sein de la presse belge,  le gouvernement belge souhaite acheter 34 avions de combat Lockheed-Martin F-35A « Lightning II » pour remplacer  la flotte de  F-16 vieillissante. Le montant du contrat serait estimé à 3,6 milliards d'euros.

Un choix vécu comme une trahison : 

Il ne va pas être simple pour le gouvernement belge de justifier le choix d’un avion américain au détriment d’un aéronef européen. Que dire de Bruxelles, ce cœur de l’Union Européenne qui tourne le dos à un élément de la défense européenne pour ouvrir ses bras aux Etats-Unis ! Pour autant, l’offre officielle d’Airbus DS avec  l’Eurofighter T3 était bonne avec notamment des compensations industrielles de l’ordre de 19,3 milliards d’euros et plus de 6'700 emplois garantis. Et si d’aventure les deux offres officielles ne convenaient pas, il y avait celle de Dassault qui était disponible en parallèle. Il semble donc bien difficile aux avionneurs européens de vendre leurs produits à leurs voisins et « alliés économiques membres de l’UE ».

La raison belge : 

Le cas belge n’est pas une exception et démontre qu’une fois de plus il n’y a pas de « culture militaire pro-européenne ». Les intérêts de chacuns en matière de défense prennent le pas sur les considérations d’une défense européenne.  Dans le cas de la Belgique, on connaissait depuis le début de la compétition que certains signes prédestinaient une décision en faveur du F-35. En effet, le choix belge est motivé, depuis le début par le choix d'emporter la  bombe nucléaire américaine B61. En choisissant le F-35, la Belgique garde ainsi ses prérogatives déjà obtenues avec le F-16. Certes, la B61 est sous contrôle de l’US Air Force et les belges se retrouvent sous les ordres de ceux-ci. Mais, il semble bien que Bruxelles y trouve son compte, notamment au sein de l’Alliance Atlantique.

On regrettera qu’Airbus DS n’aie pas réussi à obtenir l’installation de la B61 sur l’Eurofighter, car l'issue du concours aurait pu être tellement différentes.

Et puis, il y a une  raison complémentaire dans le choix belge, elle concerne la possibilité de travailler directement avec la force aérienne néerlandaise qui a également choisi le F-35. A terme, il se pourrait même qu’une alliance puisse se faire avec la Norvège et le Danemark pour mettre en œuvre l’avion américain. Peu importe les nombreux problèmes qui gangrènes le programme F-35, il y a des intérêts plus élevés qui "justifient" le choix d'un Etat et tant pis, si celui-ci est difficilement compréhensible.

 

Photo :F-35A @ Lockheed-Martin

 

21/10/2018

La Belgique aurait choisi le F-35!

F-35A_flight_(cropped).jpg

Belgique: Le choix du F-35 pour remplacer les F-16 serait effectif. Plusieurs sources gouvernementales affirment que Charles Michel cherche la bonne manière de communiquer sur le sujet. Il ne va en effet, pas être facile de justifier ce choix face aux voisins européens !

Rien n'est confirmé pour l'heure, il faut attendre le communiqué officiel du gouvernement belge. Ce choix n'est pourtant pas une surprise, dès le début du concours,  de nombreux soupçons concernant un cahier des charges spécifique pour l'avion américain avaient été mentionnés. Certains avionneurs avaient même quittés le compétition parce qu'elle-ci semblait biaisée. A suivre...

 

 

14/10/2018

Les Alpha-Jet belges à vendre !

19450.jpg

La Défense belge a mis en vente 25 avions d'entraînement de type Alpha-Jet basés en France. La date limite de participation à cet appel d'offres, qui couvre les 25 avions ainsi que divers équipements, y compris les moteurs, la documentation technique et un simulateur, a été fixée au 7 novembre, selon un avis publié par la Direction générale de la Défense et des ressources matérielles (DG-MR).

L’Alpha-Jet, dont 33 avaient été acquis à l'origine en 1973, est entré en service entre 1978 et 1980 et approche maintenant de la fin de sa vie utile, malgré une mise à niveau effectuée à partir de 2000. La flotte d’Alpha-Jet belge est actuellement basée à Cazaux, dans le sud-ouest de la France, où ils sont gérés par la Franco Belgian Fighter Pilot School, une école de pilotage baptisée Advanced Jet Training School (AJETS) créée en 2004. Cette école cessera formellement d’exister en décembre prochain.

ob_e9c506_dark-bat-002.jpg

La Force aérienne belge, dans l'attente du choix par le gouvernement d'un nouveau chasseur pour succéder à son F-16, a décidé de transférer la formation de ses pilotes dès 2019, pour une «période intérimaire» au sein de la Joint Pilot Euro-NATO Joint Training, opérant depuis la base aérienne de Sheppard, près de Wichita Falls, dans le nord du Texas, pour former ses futurs pilotes de chasse. 

Fermeture de l’AJETS :

L’école franco-belge Advanced Jet Training School (AJETS), destinée à la formation de pilotes militaires, est officiellement fermée. Cela s'est passé le jeudi 11 octobre lors d'une cérémonie de clôture à la base aérienne BA120 de Cazaux, dans le département de la Gironde. Sous la direction des ministres de la Défense de l’époque: Michèle Alliot-Marie et André Flahaut, les forces aériennes française et belge ont procédé en 2003 à une coopération de grande envergure pour la formation de leurs pilotes. Cette coopération est le résultat d'une surcapacité d'avions Alpha-Jet modernisés, d'un quota minimum d'étudiants-pilotes belges et d'une pénurie d'avions d'entraînement au sein de l'Armée de l'Air française. Les Alpha-Jets belges ont eu droit à une mise à jour à mi-vie (midlife update), avec un nouvel affichage tête haute, une navigation GPS et des symboles de tir, de sorte que les appareils étaient plus modernes et mieux équipés que les Français.

belgique,alpha-jet belges,force aérienne belge,école de pilotage,jet école,jets,blog défense,aviation et défense,les nouvelles de l'aviation

 

Photos :Alpha-Jet belges aux sein de l’AJETS @ FAB

18/06/2018

Avions de combat, Bruxelles tente de reprendre la main !

1310047.jpg

Après les nombreuses critiques survenues sur la manière de gérer le dossier de remplacement de la flotte d’avions de combat Lockheed-Martin F-16 AM/BM « Fighting Falcon », le Premier ministre belge Charles Michel a annoncé en fin de semaine dernière un changement important dans le processus de sélection opérés par l'armée de l'air belge. Le choix final est pour l’instant repoussé à la mi-octobre.

Prolongation des F-16 et étude du Rafale :

Le Premier ministre Charles Michel a déclaré que la Belgique allait évaluer de manière approfondie la mise à niveau de la flotte de F-16 ainsi que l'offre française basée sur le Rafale Dassault. Selon le Loi belge, l’option d’une offre hors concours peut être acceptée à la condition que les produits proposés au sein de l’offre officiel ne répondent pas correctement au cahier des charges. Cependant, le pays n’ayant pas donné d’avis sur les offres du F-35 et de l’Eurofighter, le gouvernement belge prend une initiative osée qui pourrait fâcher les deux avionneurs en course.

 Trois options :

Trois options vont être ouvertes en Belgique : l'extension de la durée de vie des F-16, l'achat de l'un des deux avions participant au concours RFGP en cours, à savoir l'Eurofighter et le Lockheed-Martin F-35, ainsi qu'une troisième option, la proposition française sur avec le Rafale.

A noter au passage qu’en choisissant l’option européenne de l’Eurofighter ou du Rafale, la Belgique se positionnerait directement en vue du futur avion de combat européen.

Reprendre la main :

Cette décision du Premier Ministre devrait permettre d’éteindre l’incendie de l’épineux dossier pour les prochaines semaines et satisfaire les partis d’oppositions au moins jusqu’à la fin de l’été. Reste qu’il va falloir étudier le dossier complet du Rafale qui n’a pas encore été transmis. En même temps, au vues des critiques du dossier, il aurait été ridicule de ne pas tenir compte de l’offre française qui est en soi aussi bonne que celle d’Airbus (Rafale = 5'000 emplois et 20 milliards d’euros de compensation, Eurofighter = 6'700 emplois et 19,3 milliards d’euros de compensation). Mais l’atout du Rafale se trouve notamment dans le rapport coût/efficacité plus avantageux avec une maintenance plus faible.

Pour autant, quelque soit le choix final, le Gouvernement belge devra essuyer les pots cassés. Car en cas de choix du Rafale ou d’une hypothétique extension de vie des F-16 les deux avionneurs Lockheed-Martin et Airbus pourraient attaquer la décision en justice. A l’inverse, un refus du Rafale serait moins problématique, mais laisserait un goût amer à beaucoup de monde. On peut se demander, si au final, il ne serait pas plus judicieux de recommencer à zéro le concours avec l’ensemble des protagonistes et permettant également à Boeing et Saab de revenir en course. Une nouvelle compétition ou tous les aéronefs auraient des chances de se présenter sur un même pied d’estale serait également bon pour l’image du gouvernement belge.

tmp962400506016169986.jpg

Photos 1 F-16 belges 2Les avions officiels : F-35 et Eurofighter, le Rafale en offre parallèle

 

 

 

 

 

 

13/02/2018

Remplacement des F-16 Belges, l’évaluation des offres débute ce jeudi !

1476377267.jpg

Demain, la Belgique entame de plein pied la compétition en vue de remplacer la flotte actuelle d’avions de combat F-16 « Fighting Falcon » avec l’évaluation des offres reçues. Pour le gouvernement il s’agit également de boucler l’épineux dossier d’ici l’été.

Selon la demande, les offres "Request for Government Proposal" ou RfGP des avionneurs doivent être rendues ce jeudi 14 février. Grâce à celles.ci, il sera alors possible d’évaluer celle qui sera la plus comptatible avec les besoins de la Froce aérienne belge.

Pour ce faire, l’évaluation sera effectuée jusqu’en mai par l’intermédiaire de groupes de travail en ce qui concerne trois domaines: les capacités (avec une pondération de 57%), les coûts (33%) et les "intérêts de sécurité essentiels" (NSI, ou retours économiques, 10%). Sur la base de ces données, une recommandation sera transmise au ministre de la Défense, Steven Vandeput en ce qui concerne le choix définitif.

Deux concurrents :

belgique,f-16,fab,eurofighter,f-35,rafale,dassault,blog défense,aviation belge,aviation et défense

Selon la demande officielle, deux concurrents sont en compétition, Lockheed-Martin avec le F-35A « Lightning II » et Airbus DS avec l’Eurofighter « Typhoon II » T3. L’avionneur français ayant choisi de contouner la demande d’offre, celui-ci tente d’entrer en négociation directement de gouvernement à gouvernement pour offir le Rafale F-3R.

La question de l’offre parallèle de la France n’est pour l’instant pas réglée, le gouvernement belge n'a toujours pas tranché sur la suite à donner à cette proposition politique. "Nous sommes toujours dans l'analyse juridique", a récemment affirmé le Premier ministre Charles Michel et d’ajouter "D'abord, la clarté juridique. Ensuite, l'appréciation politique".

La France maintien sa position :

Ce matin le président-directeur général du groupe français Dassault Aviation, Éric Trappier, a signé en Belgique un total de treize accords de coopération « Memorandums of Understanding" (MoU) avec des industriels belges dans le cadre de la proposition de partenariat stratégique franco-belge relatif à l’avion de comabt Rafale, que Paris présente en dehors du cadre légal défini. Par ailleurs la France promet un retour global industriel et sociétal d'au moins 20 milliards d'euros sur 20 ans, répartis en fonction du poids économique des régions, a réaffirmé mardi M. Trappier.

1434601506976.jpg

Une situation rocambolesque :

Les mauvaises langues parlent d’une « histoire belge » pour qualifier cette compétition. Mieux certains s’interrogent aujourd’hui dans la presse sur la réelle valeur de celle-ci. Pour bons nombres d’observateurs, le F-35 de Lockheed-Martin est le favori et cela explique les déffections de Boeing avec le « Super Hornet » et de Saab avec son Gripen E et confirme la stratégie de Dassault.

Le gouvernement aurait dû, par ailleurs, trancher le cas juridique de l’offre française avanr la date du 14 février pour clarifier non seulement sa position, mais également le cadre de la démarche française, il n’en est rien.

Au moins du côté de chez Dassault on aura permis d’une part, de parler du Rafale dans ce dossier et de  l'autre de créer un peu plus le débat en ce qui concerne la volonté ou non de maintenir une industrie européenne de défense.

La suite au prochain épisode !

DA00030423_Si.jpg

Photos : 1 F-16 belge@ FAB 2 F-3@ USAF 3 Eurofighter@ BAe 4 Rafael @ Dassault