23/04/2020

L’Allemagne prépare son plan pour acquérir 138 avions de combat !

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Vous le savez, l’Allemagne prévoit d’acquérir une double flotte d’avions de combat pour remplacer les vieux Panavia Tornado d’une part et de remplacer les Eurofighter de première génération de la tranche 1.

138 avions concernés :

Au total, le pays prépare l’achat de 138 avions, soit de 45 Boeing composé de 30 F/A-18 E/F Advanced Super Hornet BlockIII et de 15 EA-18 « Growler » BlockII. En parallèle le pays prévoit l’achat de 93 Airbus DS Eurofighter avec capacité de reconnaissance.

Le futur avion de combat européen, qui est développé dans le cadre du projet "Next Generation Weapon System" avec la France et l'Espagne, ne sera pas disponible avant 2040. Par conséquent, il doit y avoir une solution de transition basée sur des modèles disponibles sur le marché pour remplacer les Tornado  devenus obsolètes et avant le lancement du futur système aérien de combat SCAF. Le développement du Future Combat Air System n’est de fait pas en danger.

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Préparation du projet :

Cette acquisition étant particulièrement importante en ce qui concerne la modernisation de la Luftwaffe, car elle doit également permettre de combler les lacunes actuelles essentiellement dues à la faiblesse des acquisitions effectuées ces dernières années.  

Le ministère allemand de la Défense prévoit de commencer à se procurer les nouveaux avions en 2025. Il s’agit d’une capacité militaire importante de la Bundeswehr, exigée à la fois par le Livre blanc du gouvernement fédéral et par les alliés de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). La planification de cette opération a déjà commencé, car le temps presse: "Afin de maintenir une capacité ininterrompue, l'approvisionnement doit commencer à partir de 2025", a déclaré le ministère. "Pour pouvoir remplacer la Tornado en temps utile, le processus d'approvisionnement doit donc être entamé dès maintenant."

L'Eurofighter constituera l'épine dorsale de la Luftwaffe. Les  45 avions américains Advanced Super Hornet et Growler sont une solution de transition pour la participation à la mission nucléaire et pour le combat électronique aéroporté.

Les pays partenaires informés des projets :

Le ministère de la Défense s'appuie sur un calcul mixte. D'une part, selon le ministère, des investissements devraient être consentis pour «développer les capacités des industries de défense allemande et européenne» afin de maintenir et de promouvoir leur propre savoir-faire technique et industriel. En revanche, les avions de chasse américains qui seront achetés sont déjà pleinement développés et disponibles sur le marché de l'armement.

Des discussions initiales avec l'administration américaine ont déjà eu lieu. La France et la Grande-Bretagne, pays partenaires, ont également été informées du processus de planification.

Décision d'achat dans deux ans au plus tôt :

Mercredi, la proposition de la ministre de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a été présentée à la commission de la défense du Bundestag. Si les députés sont d'accord avec la proposition, la planification détaillée commence. 

Ceux-ci devraient être présentés au Parlement au cours de la prochaine législature - en d'autres termes, en 2022 au plus tôt, probablement en 2023. Le Bundestag prendra alors la décision finale sur l'investissement.

L’Advanced super Hornet n’est actuellement pas certifié pour l’emport de la bombe B-61. Le fait de tempérer l’achat sur deux ans au moins, doit permettre au Pentagon d’autoriser la certification afin que l’avion puisse être homologué pour la livraison à l’Allemagne. C’est également une garantie pour le ministère de la Défense allemand.

Les exigences satisfaites :

Le plan, divulgué le 21 avril par la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer,  satisfait les trois exigences distinctes de la Luftwaffe en matière d'approvisionnement d'avions de combat.

Ces trois exigences comprennent le programme de remplacement Tornado pour 85 nouveaux appareils, le projet Quadriga pour 38 nouveaux appareils de type Eurofighter et le programme d'attaque électronique (EA) Luftgestützte Wirkung im Elektromagnetischen Spektrum (luWES) pour 15 nouveaux appareils de type Growler, ainsi que 55 Eurofighter et 30 Super Hornets.

Avec ce choix, l’Allemagne opte pour un compromis qui va soutien le Consortium « Eurofighter » à travers Airbus DS et sa chaîne d’assemblage en Allemagne. Ce choix permet également à l’Espagne de continuer dans l’achat de la nouvelle version de l’Eurofighter dotée du radar AESA CAPTOR-E. En parallèle, l’avion américain offre avec le choix stratégique de B-61 de permettre à l’Allemagne de garder ses prérogatives au sein de l’Otan. Contrairement à la Belgique qui a les mêmes besoins en ce qui concerne le B-61 l’Allemagne peut ainsi mettre en avant qu’elle ne lâche pas l’Europe avec un noyau d’avions de combat central européens et un avion moins problématique que le F-35.

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Photos : 1 Advanced Super Hornet & Eurofighter Quadriga 2 Image de synthèse d’un Super Hornet aux couleurs de la Luftwaffe 3Eurofighter @Airbus DS

15/10/2019

Incirlik, nouveau bras de fer USA/Turquie ?

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L’opération militaire turque en Syrie pose de plus en plus la question du maintien de celle-ci au sein de l’Otan. En effet, la position turque est devenue de plus en plus instable au sein de l’Alliance Atlantique. Suite à l’arrêt du programme de vente d’avions F-35 en raison de l’achat de batteries de missiles russes S-400, la tension monte encore entre les deux pays.

Intimidation :

Selon le Pentagone, une frappe d'artillerie turque présumée a atterri vendredi à environ 300 mètres d'un avant-poste de commando américain près de Kobani, en Syrie. Certains soldats et experts en artillerie estiment que la frappe d'artillerie était intentionnelle, car l'armée turque disposait de coordonnées détaillées sur la grille lui indiquant l'emplacement des troupes américaines. Le Washington Post a cité un officier compétent de l'Armée de terre ayant déclaré que des obus d'artillerie avaient été tirés des deux côtés de l'avant-poste, créant ainsi un "effet de bracketing".

En réponse aux tirs d’artillerie turque, Jeffrey Lewis, expert en contrôle des armements, a tweeté: «Sérieusement, il est temps de sortir nos putains d’armes nucléaires de la Turquie ».

Armes nucléaires à Incirlik :

La remarque de J. Lewis n’est pas anodine et met en avant l’inévitable question du maintien d’armes nucléaires sur la base aérienne d’Incirlik en Turquie. On estime le nombre d’armes nucléaires à Incirlik, à environ 50 bombes B61. Le maintien de celles-ci suscite de plus en plus d’inquiétudes. Le New York Times a rapporté lundi que des responsables des départements d'État et de l'Énergie avaient passé en revue les projets d'évacuation des armes nucléaires durant une cession extraordinaire ce week-end.

Rappelons que la présence d’armes nucléaires à Incirlik, bien qu’elle n’ait jamais été confirmée publiquement, ni niée par le gouvernement américain, a longtemps été un secret de polichinelle. Le secret est devenu encore moins secret plus tôt cette année lorsqu'un sénateur canadien a publié, apparemment par accident, un document contenant les bases sur lesquelles les États-Unis détiennent des armes nucléaires.

Pour l’instant rien n’est décidé, le site de l’USAF confirme que face à la montée des tensions avec la Turquie, l'ancienne secrétaire de l'Air Force, Deborah Lee James, n'a ni confirmé ni démenti la présence d'armes nucléaires dans ce pays. Mais hypothétiquement parlant, elle a dit que si les armes nucléaires devaient être retirées de cette base, ce serait une opération compliquée. Cela nécessiterait des négociations avec le pays qui deviendrait le nouvel hôte des armes. Et cela demanderait beaucoup de travail logistique et de sécurité.

L’armée de l’air a déclaré lundi qu’elle n’avait apporté aucun changement aux opérations quotidiennes à la base aérienne d’Incirlik en Turquie, alors même que les forces turques continuaient de pénétrer sur le territoire syrien, ce qui avait incité les forces américaines à se retirer. Il est évident qu’un redéploiement des bombes B61 sur un autre site, si il est ordonné, prendra du temps et ne pourra se faire en quelques jours.

La petite phrase :

Un haut responsable de l’US Air Force a déclaré au Times que les armes «étaient désormais essentiellement des otages du président turc Recep Erdogan», car le retrait de ces armes sonnerait le glas de la fin de l’alliance des États-Unis avec la Turquie, mais leur conservation les rendrait vulnérables. Tout est dit !

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Photos : 1 F-15 E à Incirlik 2 Stock bombes B61 @USAF

10:09 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : incirlik, f-15, b61, usaf, turquie, syrie, blog défense |  Facebook | |