16/08/2020

La conception du B-21 « Raider » touche à sa fin !

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L'US Air Force (USAF) est sur le point de terminer les conceptions critiques et l'ingénierie dite « dure » du bombardier à longue portée Northrop-Grumman B-21 « Raider » (LRSB). Cette étape terminée, l’avionneur pourra procéder à l’assemblage du premier prototype.  

Northrop-Grumman se dirige maintenant vers la production de l'avion et procéder à des activités de développement en vol simulé pour détecter les futurs correctifs. Cette nouvelle phase doit permettre de d’éliminer les éventuels défauts de conception de l’avion.

De leur côté, les fournisseurs commencent à livrer des pièces en vue de l’assemblage du premier B-21. L'USAF dispose d’un avion d'essai en vol qu'elle utilise pour héberger certains sous-systèmes destinés au B-21. Cette approche dite « parallèle » doit permettre de résoudre les éventuels « bugs » des sous-systèmes et des logiciels. De plus, cette méthode doit permettre de modifier au besoin ces systèmes pour qu’ils soient parfaitement adaptés au B-21, lors de l’intégration finale.

Le projet B-21 Long Range Strike- Bomber (LRS-B) :

L'Air Force affirme que chaque B-21 coûtera environ 564 millions de dollars (en dollars de l'exercice 2016) plus 23,5 milliards de dollars pour le développement global du programme, soit un total de près de 80 milliards de dollars pour 100 bombardiers. L’armée de l’air affirme également que le coût d’achat moyen de chaque B-21 sera d’environ un tiers de ce qu’il coûtait.

Sauf qu’historiquement, les nouveaux programmes de défense ont tendance à dépasser le budget de 20 à 30%, ce qui exercerait une pression supplémentaire sur le budget de l’armée de l’air.

Si tel est le cas, le coût total du développement et de la production de 100 bombardiers B-21 pourrait atteindre 96 à 104 milliards de dollars. A cela, il faut encore ajouter les coûts d'intégration de la nouvelle bombe à guidage nucléaire B61-12 et du nouveau missile de croisière nucléaire (LRSO) sur le B-21.

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Le programme LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la future stratégie militaire américaine dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient, que le programme se poursuivra en dépit d'une réduction de 487 milliards de dollars dans le budget du Pentagone, portant sur les 10 prochaines années.

Concernant le revêtement furtif : 

Selon les dernières informations disponibles et il y en a très peu, le futur bombardier B-21 devrait recevoir son revêtement furtif dans la même usine qui avait en son temps équiper l’actuel B-2 « Spirit ». Il s’agit des installations de la «42 Force Air Force Plant » à Palmdale, en Californie.

A ce sujet, Northrop-Grumman a reçu une modification de contrat de 35,8 millions de dollars en janvier dernier pour la construction d'une nouvelle installation destinée à la préparation du revêtement furtif de 45 900 pieds carrés sur le site de Palmdale.

Photos : image de synthèse du futur B-21 @ NG

 

 

29/02/2020

Plus que deux types de bombardiers pour l'USAF !

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L’avenir de la Force Stratégique Américaine se dessine actuellement avec la planification de l’équipement avenir. Des choix importants doivent être pris pour assurer la continuité de la dissuasion nucléaire d’une part et de disposer de bombardiers multirôles de l’autre.

Le redimensionnement de la flotte de B-1B « Lancer » :

Le premier appareil à faire les frais de la future réorganisation sera le Rockwell B-1B « Lancer ». Selon un rapport de l’Air Force, la flotte de bombardier est dans un état désastreux. Selon les statistiques de l’USAF, les 62 B-1B avaient un taux de mission de 51,75% en 2018. Mais en août dernier, le général John Hyten, vice-président of Joint Chiefs of Staff, a déclaré que seulement six B-1B étaient pleinement opérationnels. Cette situation est due à une augmentation de la demande d’utilisation de l’avion. En parallèle, les pièces de rechange font cruellement défaut. L’USAF est obligée de cannibaliser plusieurs appareils pour en faire voler un minimum. De plus, les pannes s’accumulent de mois en mois.

En conséquence, il est prévu dans le cadre du budget 2021 de retirer un total de 17 B-1B du service, soit les appareils ayant le potentiel le plus bas afin de disposer de pièces de rechange en suffisances. Par ailleurs, l’USAF va travailler à la réparation des B-1B qui ont le meilleur potentiel afin de tenir jusqu’à l’arrivée du B-21.  

Du B-2 au B-21 :

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De son côté le Northrop-Grumman B-2 « Spirit » doit pouvoir rester en ligne jusqu'à ce que le B-21 soit livré et certifié nucléaire, ce qui prendra probablement environ une décennie. L’USAF doit donc économiser les vols avec le B-2, dont la maintenance augmente avec le vieillissement de l’avion. Pour l’instant le B-2 reste l’option de pointe en matière pénétration l'espace aérien ennemi avec des armes nucléaires et conventionnelles.

Les décisions en matière de refonte de la flotte de bombardiers ont été détaillées le cadre de la demande de budget de l'administration Trump au Congrès. Le B-1 des années 1980 et le B-2 seront progressivement supprimés à mesure que de nouveaux B-21 entreront en service, a déclaré la secrétaire de l'Air Force, Heather Wilson. Le B-21 offrira aux États-Unis la capacité de frapper avec rapidité et discrétion. En parallèle, le B-52 subira une nouvelle cure de jouvence.  

L’avenir constitué du B-21 « Raider » et du B-52 :

En conséquence l’avenir des bombardiers au sein de l’US Air Force est constitué du nouveau B-21 « Raider » actuellement en cours de développement chez Northrop-Grumman et d’une version fortement modifiée du vénérable, mais toujours bien présent, B-52« Stratofortress » datant de l'époque de la guerre froide.

Bientôt « Centenaire » le B-52 :

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La longévité du B-52 se confirme encore un peu plus. Si celui-ci est « vieux » en termes d’âge, ils sont relativement jeunes en termes d'heures de vol, car ils ont été en alerte nucléaire pendant la guerre froide et n'ont finalement pas beaucoup volés. En améliorant les pièces clés du B-52, y compris le remplacement des moteurs, l'ajout d'un nouveau radar et d'autres nouvelles technologies, il est possible de faire des choses irréalisables avec un B-1 ou un B-2, a déclaré un responsable de l’USAF. On parle ici de flexibilité.

Initialement déployé comme bombardier nucléaire à longue portée et à haute altitude, il est devenu un spécialiste des bombardements au Vietnam, un incontournable dans le ciel de l'Irak pendant la première guerre du Golfe et, peu de temps après le 11 septembre 2001.

De nos jours, il est couramment utilisé comme support aérien pour les troupes terrestres américaines au Moyen-Orient, déployant souvent des missiles à guidage de précision. Bien que modernisé à plusieurs reprises au fil des décennies pour remplir son mandat en constante évolution, le B-52 conserve sa mission initiale : livrer des armes nucléaires.  

Faire voler le B-52 de nos jours, trouve sa logique en termes de perspectives de coût total, ainsi que de sa capacité de mission, de ses besoins d'approvisionnement et de maintenance par rapport aux heures de vol. Finalement, le B-52 s’avère peu gourmand financièrement, alors que le futur B-21 coûtera près de 17 milliards de dollars rien pour le développer.

Photos : 1 les actuels B-1B,  B-52 et B-2 2 le futur B-21 Raider 3 le B-52 @ USAF

31/12/2018

Le Congrès veut limiter l’achat de F-35 !

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Washington, le Bureau du budget du Congrès a présenté au gouvernement fédéral américain un certain nombre d’idées permettant de réduire les coûts, notamment la réduction du nombre d’achats supplémentaires de Lockheed-Martin F-35 « Lightning II », le retrait des flottes de bombardiers Rockwell B-1B Lancer et reporter le développement du bombardier furtif Northrop Grumman B-21.

Réduire le déficit :

Dans le cadre du rapport intitulé "Options pour réduire le déficit: 2019 à 2028", la CBO a décrit des dizaines de réductions des dépenses discrétionnaires, au sein et en dehors du département de la Défense, qui pourraient réduire l’écart entre les recettes et les dépenses du gouvernement américain. L’analyse de l’agence a été faite à la lumière d’un déficit fédéral qui devrait atteindre en moyenne 5,1% du PIB entre 2022 et 2025, pertes qui entraîneraient la dette du gouvernement fédéral à des niveaux supérieurs à ceux de la Seconde Guerre mondiale.

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Développement de la mixité :

Le plan visant à annuler des achats supplémentaires de F-35 entre 2019 et 2028, devrait permettre de réaliser une économie de 13 milliards de dollars pour le Pentagone, selon le CBO. Au lieu d’acheter le F-35, l’US Air Force achèterait 510 F-16 Fighting-Falcon au standard « Block70/75 « Viper » ainsi que 250 F-15 « Advanced Eagle » et la Marine et le Corps des Marines achèteraient 394 F/A-18 « Advanced Super Hornets jusqu’en 2028. Ces achats auraient lieu dans les mêmes délais que celle actuellement en place pour les F-35. Les services continueraient à exploiter les 429 F-35 déjà achetés.

«L’avantage de cette option est qu’elle réduirait les coûts de remplacement des avions de combat plus anciens du DoD tout en fournissant aux nouveaux F-15 , F-16 et F/A-18  avec des capacités améliorées (notamment des radars modernes, des armes de précision et des communications numériques). Ces avions sont capables de vaincre la plupart des menaces auxquelles les États-Unis sont susceptibles de faire face dans les années à venir », indique la CBO. "Les F-35 déjà achetés renforceraient le dispositif furtif de bombardiers B-2 et F-22 actuellement en service, ce qui améliorerait la capacité des services à opérer contre des adversaires dotés de systèmes de défense anti-aérienne sophistiqués."

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Le risque de retarder le B-21 :

Cependant, le changement le plus important dans les plans d'achats de l'US Air Force pourrait être de retarder le développement du bombardier furtif B-21, ce qui permettrait d'économiser environ 32 milliards de dollars entre 2020 et 2028, selon le CBO. Le B-21 devrait entrer en service entre le milieu et la fin des années 2020. Un des avantages de cette approche serait que le programme B-21 pourrait tirer parti des futures technologies aérospatiales non encore disponibles, soutient le CBO.

«Tirer parti des développements technologiques futurs pourrait être particulièrement utile pour les systèmes d’armes qui devraient être utilisés pendant plusieurs décennies», explique l’agence. «Même avec 10 ans de retard, un nouveau bombardier serait encore disponible avant que les bombardiers d’aujourd’hui n’aient atteint la fin de leur vie utile.»

Correction de doctrine :

On le perçoit depuis un certain temps, la doctrine du "tout furtif"avec les F-22 et F-35 ne séduit plus. En cause, les coûts d’achat et d’heures de vol qui péjorent la dotation. Hors, il est devenu évident que la dotation avec un nombre d’avions suffisant pour permettre de tenir lors d’opérations extérieures (OpEx) et de maintenir un nombre adéquat d’aéronefs pour assurer la sécurité du territoire américain, l’entraînement et la formation de nouveaux pilotes n’est pas compatible avec un nombre restreint d’avions fussent-ils furtifs.

 

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Photos : 1 mixité F-35/F-15@ USAF 2 F-15 Advanced 3 Advenced Super Hornet@ Boeing 4 F-16 Viper @ lockheed Martin

21/04/2016

Les USA ont besoins de 175 à 200 bombardiers stratégiques !

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Selon l’US Air Force Global Strike Command (AFGSC), soit l’unité de commandement des missions nucléaires des Etats-Unis, les besoins en ce qui concerne la dotation en bombardiers stratégiques seraient de 175 à 200 appareils.

Actuellement, l’AFGSC prépare la publication d’une analyse de ses besoins en ce qui concerne la future flotte combinée de bombardiers stratégiques et conventionnels. Le groupe de travail, a par ailleurs, confirmé cette semaine que le nombre définitif de bombardier sera basé autour d'une exigence opérationnelle "minimum" portant sur 100 Northrop-Grumman B-21, soit le nouveau bombardier stratégique de l’US Air Force.

La situation aujourd’hui :

L’US Air Force compte actuellement, un total de 159 bombardiers dans son inventaire qui comprend les flottes de B-1B, B-52H et B-2A.

Le B-21, future épine dorsale :

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L’entrée en service du futur Northrop-Grumman B-21 se fera progressivement à partir de 2025, si tout va bien. Il remplacera en priorité les Boeing B-52H « Stratofortress » et les Rockwell B-1B et finalement l’actuel Northrop B-2.Mais, avant d’en arriver là, le B-21 volera avec un mélange des aéronefs actuellement en service.

Rappel :

Le programme du B-21 LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif, capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la stratégie militaire américaine future dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient. Le budget estimé pour le développement et la production du B-21 s'élève à 33,1 milliards de dollars pour la période 2015-2024. Le coût unitaire estimé est 606 millions.

La problématique des coûts :

A travers cette étude, l’US Air Force Global Strike Command prépare lentement, mais sûrement la dure réalité, que celle des coûts du futur programme de bombardier B-21. En effet, le budget actuel de l’Air Force permettra tout juste de construire 100 B-21. Hors, pour espérer pouvoir disposer de 175 à 200 nouveaux bombardiers et remplacer complètement les trois aéronefs en service, l’Air Force aura besoin de près de 80 milliards de dollars, uniquement pour ce projet. Les initiant de ce groupe de travail compte donc sur le temps pour obtenir les fonds nécessaires à l’objectif. En effet, il faudra du temps pour fabriquer B-21 en plus d'organiser et de former le personnel navigant et la maintenance. L’objectif principal est de s’assurer pour l’instant que les exigences du commandement central des États-Unis en vue de la modernisation de la flotte de bombardement seront possibles.

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Photos : 1 Rockwell B-1B 2 B-21 @ Northrop-Grumman 3 B-52H @ USAF

 

27/02/2016

L’US Air Force a dévoilé le bombardier B-21 !

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Ce vendredi, l'US Air Force en collaboration avec Northrop-Grumman a révélé les grandes lignes du futur bombardier stratégique furtif du 21e siècle. Ce nouveau bombardier issu de la récente campagne Long Range Strike-Bomber (LRS-B) portera le nom de B-21.

La désignation officielle intervient, alors que l’US Air Force a pour la première fois transmis une image de synthèse officielle du futur B-21. On peut dès lors remarqué, la ressemblance avec le Northrop B-2. On pensait jusqu’ici, que le futur bombardier prendrait la dénomination de B-3, hors selon, la secrétaire de l’US Air Force Deborah Lee James, la désignation B-21 fera référence au premier bombardier américain du 21ème siècle. En effet, les actuels B-52H, B-1B et B-2 sont tous issus du siècle dernier.

Le nouveau bombardier furtif coûtera près de 23,5 milliards de dollars, soit un prix unitaire estimé à 564 millions de dollars. Les exigences pour l’US Air Force concernent 174 unités du nouveau bombardier, mais les finances actuelles ne pourront permettre l’achat que de 100 appareils.

Rejet de la plainte Lockheed-Boeing :

Le projet de développement du B-21 va se poursuivre et ceci après la tentative de protestation des deux perdants Lockheed-Martin et Boeing. En effet, Government Accountability Office (GAO) a rejeté celle-ci, laissant ainsi, le champ libre à Northrop-Grumman pour poursuivre les travaux de mise au point du futur bombardier.

Rappel :

Le programme LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la future stratégie militaire américaine dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient, que le programme se poursuivra en dépit d'une réduction de 487 milliards de dollars dans le budget du Pentagone, portant sur les 10 prochaines années.

 

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Photos : images de synthèse du futur B-21 @ Northrop-Grumman/USAF