29/02/2020

Plus que deux types de bombardiers pour l'USAF !

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L’avenir de la Force Stratégique Américaine se dessine actuellement avec la planification de l’équipement avenir. Des choix importants doivent être pris pour assurer la continuité de la dissuasion nucléaire d’une part et de disposer de bombardiers multirôles de l’autre.

Le redimensionnement de la flotte de B-1B « Lancer » :

Le premier appareil à faire les frais de la future réorganisation sera le Rockwell B-1B « Lancer ». Selon un rapport de l’Air Force, la flotte de bombardier est dans un état désastreux. Selon les statistiques de l’USAF, les 62 B-1B avaient un taux de mission de 51,75% en 2018. Mais en août dernier, le général John Hyten, vice-président of Joint Chiefs of Staff, a déclaré que seulement six B-1B étaient pleinement opérationnels. Cette situation est due à une augmentation de la demande d’utilisation de l’avion. En parallèle, les pièces de rechange font cruellement défaut. L’USAF est obligée de cannibaliser plusieurs appareils pour en faire voler un minimum. De plus, les pannes s’accumulent de mois en mois.

En conséquence, il est prévu dans le cadre du budget 2021 de retirer un total de 17 B-1B du service, soit les appareils ayant le potentiel le plus bas afin de disposer de pièces de rechange en suffisances. Par ailleurs, l’USAF va travailler à la réparation des B-1B qui ont le meilleur potentiel afin de tenir jusqu’à l’arrivée du B-21.  

Du B-2 au B-21 :

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De son côté le Northrop-Grumman B-2 « Spirit » doit pouvoir rester en ligne jusqu'à ce que le B-21 soit livré et certifié nucléaire, ce qui prendra probablement environ une décennie. L’USAF doit donc économiser les vols avec le B-2, dont la maintenance augmente avec le vieillissement de l’avion. Pour l’instant le B-2 reste l’option de pointe en matière pénétration l'espace aérien ennemi avec des armes nucléaires et conventionnelles.

Les décisions en matière de refonte de la flotte de bombardiers ont été détaillées le cadre de la demande de budget de l'administration Trump au Congrès. Le B-1 des années 1980 et le B-2 seront progressivement supprimés à mesure que de nouveaux B-21 entreront en service, a déclaré la secrétaire de l'Air Force, Heather Wilson. Le B-21 offrira aux États-Unis la capacité de frapper avec rapidité et discrétion. En parallèle, le B-52 subira une nouvelle cure de jouvence.  

L’avenir constitué du B-21 « Raider » et du B-52 :

En conséquence l’avenir des bombardiers au sein de l’US Air Force est constitué du nouveau B-21 « Raider » actuellement en cours de développement chez Northrop-Grumman et d’une version fortement modifiée du vénérable, mais toujours bien présent, B-52« Stratofortress » datant de l'époque de la guerre froide.

Bientôt « Centenaire » le B-52 :

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La longévité du B-52 se confirme encore un peu plus. Si celui-ci est « vieux » en termes d’âge, ils sont relativement jeunes en termes d'heures de vol, car ils ont été en alerte nucléaire pendant la guerre froide et n'ont finalement pas beaucoup volés. En améliorant les pièces clés du B-52, y compris le remplacement des moteurs, l'ajout d'un nouveau radar et d'autres nouvelles technologies, il est possible de faire des choses irréalisables avec un B-1 ou un B-2, a déclaré un responsable de l’USAF. On parle ici de flexibilité.

Initialement déployé comme bombardier nucléaire à longue portée et à haute altitude, il est devenu un spécialiste des bombardements au Vietnam, un incontournable dans le ciel de l'Irak pendant la première guerre du Golfe et, peu de temps après le 11 septembre 2001.

De nos jours, il est couramment utilisé comme support aérien pour les troupes terrestres américaines au Moyen-Orient, déployant souvent des missiles à guidage de précision. Bien que modernisé à plusieurs reprises au fil des décennies pour remplir son mandat en constante évolution, le B-52 conserve sa mission initiale : livrer des armes nucléaires.  

Faire voler le B-52 de nos jours, trouve sa logique en termes de perspectives de coût total, ainsi que de sa capacité de mission, de ses besoins d'approvisionnement et de maintenance par rapport aux heures de vol. Finalement, le B-52 s’avère peu gourmand financièrement, alors que le futur B-21 coûtera près de 17 milliards de dollars rien pour le développer.

Photos : 1 les actuels B-1B,  B-52 et B-2 2 le futur B-21 Raider 3 le B-52 @ USAF

04/09/2019

Les B-2 de l’USAF s’entraînent avec des F-35 de la RAF !

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A la fin du mois d’août, trois bombardiers B-2 de la 509ème escadre de la base aérienne de Whiteman se sont déployé en Angleterre sur les installations de la RAF à Fairford près de Gloucestershire. Cet aérodrome est également  la centre des opérations avancées pour les bombardiers stratégiques américains en Europe.

Le déploiement de ces trois B-2 « Spirit » a permis de mettre en place un entraînement inédit avec les F-35 de la Royal Air Force le 29 août dernier. C’est première fois que des avions de combat étrangers de cinquième génération s’intégraient dans un exercice avec des bombardiers furtifs américains.

"Nous sommes ravis que l'USAF et la Task Force Bomber soient ici au Royaume-Uni et que nos pilotes de F-35 aient la possibilité de voler aux côtés et de s'entraîner avec les équipages de bombardiers B-2", a déclaré le capitaine de groupe Richard. Yates, chef d'état-major de l'état-major de la bataille aérienne du Royaume-Uni, dans un communiqué de presse de la RAF: "C'est la première fois qu'un autre pays le fait."

La formation vise à améliorer l’interopérabilité des bombardiers stratégiques avec les avions de combat de cinquième génération des alliés européens et à démontrer l’engagement des États-Unis à dissuader les agressions de l’adversaire sur le continent, selon un communiqué de presse de l’US Air Force.

Un tel exercice permet aux aéronefs alliés de renforcer les capacités d'intégration de ceux-ci de travailler les procédures d’engagement au sein  l'OTAN. Ce fut également l’occasion pour les pilote de B-2 de se familiariser avec le théâtre opérationnel européen.

Photo : B-2 et F-35 @ USAF

17:58 Écrit par Pascal dans aviation | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : otan, f-35, b-2, usain, raf, blog defence |  Facebook | |

21/04/2016

Les USA ont besoins de 175 à 200 bombardiers stratégiques !

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Selon l’US Air Force Global Strike Command (AFGSC), soit l’unité de commandement des missions nucléaires des Etats-Unis, les besoins en ce qui concerne la dotation en bombardiers stratégiques seraient de 175 à 200 appareils.

Actuellement, l’AFGSC prépare la publication d’une analyse de ses besoins en ce qui concerne la future flotte combinée de bombardiers stratégiques et conventionnels. Le groupe de travail, a par ailleurs, confirmé cette semaine que le nombre définitif de bombardier sera basé autour d'une exigence opérationnelle "minimum" portant sur 100 Northrop-Grumman B-21, soit le nouveau bombardier stratégique de l’US Air Force.

La situation aujourd’hui :

L’US Air Force compte actuellement, un total de 159 bombardiers dans son inventaire qui comprend les flottes de B-1B, B-52H et B-2A.

Le B-21, future épine dorsale :

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L’entrée en service du futur Northrop-Grumman B-21 se fera progressivement à partir de 2025, si tout va bien. Il remplacera en priorité les Boeing B-52H « Stratofortress » et les Rockwell B-1B et finalement l’actuel Northrop B-2.Mais, avant d’en arriver là, le B-21 volera avec un mélange des aéronefs actuellement en service.

Rappel :

Le programme du B-21 LRS-B prévoit de mettre au point une nouvelle génération de bombardier stratégique furtif, capable d’emporter des armes conventionnelles et nucléaires. Il doit venir compléter le nouveau dispositif de l’USAF qui comprend l’arrivée du F-35, des nouveaux ravitailleurs KC-46A et la modernisation des F-15. Le programme LRS-B a été officiellement lancé en 2012. Le projet LRS-B est considéré, comme prioritaire, pour la stratégie militaire américaine future dans le Pacifique Occidental et le Moyen-Orient. Le budget estimé pour le développement et la production du B-21 s'élève à 33,1 milliards de dollars pour la période 2015-2024. Le coût unitaire estimé est 606 millions.

La problématique des coûts :

A travers cette étude, l’US Air Force Global Strike Command prépare lentement, mais sûrement la dure réalité, que celle des coûts du futur programme de bombardier B-21. En effet, le budget actuel de l’Air Force permettra tout juste de construire 100 B-21. Hors, pour espérer pouvoir disposer de 175 à 200 nouveaux bombardiers et remplacer complètement les trois aéronefs en service, l’Air Force aura besoin de près de 80 milliards de dollars, uniquement pour ce projet. Les initiant de ce groupe de travail compte donc sur le temps pour obtenir les fonds nécessaires à l’objectif. En effet, il faudra du temps pour fabriquer B-21 en plus d'organiser et de former le personnel navigant et la maintenance. L’objectif principal est de s’assurer pour l’instant que les exigences du commandement central des États-Unis en vue de la modernisation de la flotte de bombardement seront possibles.

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Photos : 1 Rockwell B-1B 2 B-21 @ Northrop-Grumman 3 B-52H @ USAF