02/07/2012

Contrefaçons, l’armée US touchée !

 

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Les contrefaçons en matière de pièces d’aviation sont une réalité qui ne touche pas seulement les avions civils mais aussi les appareils militaires neufs ! Selon la dernière version d’un rapport du Comité des Forces armées qui comprend plus d’une centaine de pages, des pièces électroniques de contrefaçons en provenance de Chine équipent certains avions américains.

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Contrefaçon et aviation :

On distingue trois types de menaces : les pièces dites «vérolées» qui ont été réparées à moindre coût, sans respecter les spécifications du constructeur. Les pièces récupérées frauduleusement sur des avions accidentés voir «crashés» et remises sur le marché. Puis les pièces neuves mais,  dites «copies» qui ne respectent en aucun cas les normes de fabrication et de résistance de la pièce originale (plaquettes de freins, câblages divers, pièces de réacteur et même des instruments de vol ainsi que des composants électroniques) !

Par exemple : une pièce coûteuse à travailler comme un rivet en titane dont le prix et d’environ Chf 375.- à pour copie une même pièce pouvant coûter 8 fois moins cher !!

Ces fléaux touchent l’ensemble de l’aviation, un procès est actuellement en cours en Russie, mettant en cause une société qui prélevait des pièces d’avions de combat MIG-29 usagées et tentait de les revendre « comme neuves » à des Forces aériennes utilisatrices de ce chasseur !

 

Avion US touchés :

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Pendant de longues années, les militaires avaient pour habitude de développer des systèmes électroniques répondant à des normes particulièrement sévères et donc très chers. Pour réduire les coûts et donc répondre à la réduction des budgets militaire, de nombreux composants sont aujourd’hui en provenance de filières civiles.

De fait, des pièces issues de la sous-traitance aveugle équipent aujourd’hui des systèmes de pointes faisant partie de la défenses US. Ces pièces peuvent compromettre les performances et la fiabilité des appareils concernés, il existe un risque pour la sécurité nationale et les militaires qui utilisent les appareils.

Le Government of Accountability Office (GAO), organisme indépendant travaillant pour le congrès, avait mené l’enquête suite à une demande du Comité des forces armées. Une société fictive avait été créée, pour débusquer les revendeurs de pièces contrefaites. Les résultats dévoilés étaient saisissants : sur 16 pièces commandées, toutes étaient des contrefaçons. Le travail conjoint du comité et du GaO a permis de repérer plus de 1800 cas suspects de contrefaçons, soit plus d’un million de pièces au total. 70% sont issues de l’industrie chinoise.

Les appareils touchés :

Selon les premiers résultat de l’enquête, non seulement des avion mais également des hélicoptères sont touchés par cette problématique, parmi ceux-ci on retrouve, des pièces de Lockheed-Martin C-130J «Hercules», le Boeing P-8A «Poseidon» et les hélicoptères Sikorsky SH-60B «Black-Hawk» et Boeing CH-46 «Sea Night». On retrouve également le C-27 «Spartan».

Les solutions à ce problème :

Eviter que de futurs pièces de contrefaçons se retrouvent dans les chaînes d’approvisionnement et de logistique en augmentant les contrôles, réduire les risques d’acquisition de contrefaçon en s’assurant de la fiabilité des fournisseurs et supprimer les contrefaçons dès qu’elles sont détectées avant leur assemblage sur des appareils et établir des procédures de contrôle plus poussées . Augmenter la transparence de ce marché en fournissant des rapports écrits au gouvernement en renforcer la motivation à détecter les pièces de contrefaçon en s’assurant que les coûts de remplacement seront assurés par l’industriel et non par le gouvernement.

Du côté des constructeurs : Airbus & Boeing en tête, ont adopté un système de puce spécialement adapté aux normes de l’aviation, notamment une résistance aux changements de température que subit un aéronef en vol ! Par ailleurs, la dite puce est directement apposée sur la pièce par un procédé spécial évitant toute falsification !

Ces puces réduiront également le petit jeu de certaines compagnies aériennes  qui consiste à échanger des pièces d’un avion à l’autre et de faire croire en falsifiant les documents d’entretien, que l’avion a été réparé, et du coup « bon pour le vol » Si si cela existe !!

Par ailleurs l’arrivée de ce nouveau procédé permet une meilleure gestion des stocks dans les unités de maintenance. De plus, il possible de suivre les modifications apportées à une pièce d’un bout à l’autre de son cycle de vie. Les informations de maintenance, de dépannage, de conditionnement, y compris le lieu de production, sont fixées directement sur la pièce. Cela permet d’accélérer et d’alléger la charge administrative liée au suivi des pièces et d’éliminer le risque d’erreurs lié aux saisies manuelles. D’autre part, en favorisant le suivi automatique des pièces dès leur sortie d’usine, cette application va aider les constructeurs d’avions à renforcer la sécurité de leurs avions en luttant plus efficacement contre la contrefaçon. Ce système et également applicables pour les aéronefs militaire.

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Photos : 1 SH-60B @ Sikorsky 2 Moteur SNECMA @ SNECMA 3 Boieng P-8A «Poseidon» 4 Boeing CH-46»Sea Night»@ Boeing