11/06/2020

Premier avion électrique certifié en Europe !

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L'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (EASA) a annoncé la certification du premier électrique, un Pipistrel Velis Electro. Il s’agit de la première certification de type mondiale d'un avion entièrement électrique et une étape importante dans la quête d'une aviation écologiquement durable.

Le Velis Electro est un avion biplace destiné principalement à la formation des pilotes. La société Pipistrel, basé en Slovénie, est l'un des principaux concepteurs et fabricants de petits aéronefs, spécialisé dans les aéronefs haute performance à haut rendement énergétique et abordables. Le Velis Electro rejoint une gamme de produits d'avions similaires, mais à propulsion conventionnelle.

La certification, achevée en moins de trois ans, n'a été possible que dans ce délai en raison de la coopération étroite entre Pipistrel et l'AESA, dans le but commun de garantir que l'avion répondait aux normes de sécurité élevées requises pour la certification. Le projet a également apporté d'importants enseignements qui soutiendront les futures certifications de moteurs et d'avions à propulsion électrique.

L'avion est propulsé par le premier moteur électrique certifié, le E-811-268MVLC, certifié par l'AESA pour Pipistrel le 18 mai 2020. 

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Le projet de certification s'est développé en deux volets, tout d'abord les activités de certification typiques liées à l'avion et en parallèle un programme coordonné d'essais en vol utilisant une flotte d'Alpha-Electros (non certifiés) sous le permis de l'AESA pour voler.

Avoir la capacité d'exploiter un avion similaire signifiait que l'équipe de l'AESA, qui comprenait des membres des Autorités Nationales de l'Aviation (France DGAC FR et Suisse FOCA), avait accès aux données opérationnelles nécessaires à l'activité de certification, tout en mettant en évidence les besoins opérationnels pour permettre à l'électricité aviation.

Au cours de ces projets, l'AESA a acquis une expérience de première main en vol électrique, en apprenant davantage sur les batteries et leurs systèmes de gestion, ainsi que sur les unités de puissance des moteurs électriques. Ces informations ont été utilisées pour développer la condition spéciale E & HPS afin de permettre davantage le vol électrique.

Le Pipistrel Velis Electro :

Le Velis Electro est propulsé par un moteur électrique Pipistrel E-811 de 76 ch (58 kW) développé avec les sociétés d'ingénierie slovènes Emrax et Emsiso, entraînant une hélice composite à trois pales à pas fixe de Pipistrel.

La masse maximale au décollage est de 600 kg (offrant une charge utile de 170 kg, une vitesse de croisière 170 km/h et une autonomie pouvant atteindre 50 minutes.

Le Pipistrel Velis Electro peut être exploité commercialement et est entièrement approuvé pour la formation des pilotes. L’entreprise prévoit de livrer plus de 30 exemplaires cette année à des clients dans sept pays.

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 Photos : 1 Velis Electro 2 le moteur électrique @ Pipistrel

 

 

29/05/2020

Premier vol d’un Cessna 208B à moteur électrique !

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Inimaginable, il y a 20 ans, l’électrisation des avions légers est aujourd’hui une réalité. On ne compte plus les modèles d’avions à moteur électrique en développement. Hier, l’envol d’un Cessna 208B « Grand E-Caravan » marque un pas important dans la transition énergétique, car il s’agit du plus grand appareil doté à ce jour de cette motorisation.  

Hier, 28 mai, pour la première fois un Cessna 208B « Grand Caravan » ou E-Caravan » à moteur électrique a décollé de Moses Lake, marquant une nouvelle étape dans un projet qui vise à offrir un vol tout électrique sans rejet de Co2 ni de Nox. En prenant son envol, le « Grand E-Caravan » est devenu, le plus gros avion de transport de passagers ou de fret entièrement électrique à avoir volé.

Porte s’est ouverte :

Le vol commercial tout électrique économiquement réalisable est resté insaisissable pendant des années, entravé en grande partie par la densité d'énergie relativement faible des batteries, qui a limité la portée et la charge utile des avions. Mais la révolution est en « vol » avec les nombreuses initiatives à travers le monde.

La société de propulsion Magnix en collaboration avec AeroTEC, un spécialiste de l'ingénierie et des essais en vol, affirment que leur « Grand E-Caravan » modifié prouve que les petits avions tout électriques peuvent opérer de manière faisable et économique sur de courtes routes que les compagnies aériennes ont abandonnées depuis longtemps.

Le Cessna 208B « Grand E-Caravan » :

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Pour cette réalisation, l’équipe Magnix et AeroTech a remplacé le turbopropulseurs PT6A de Pratt & Whitney Canada générant 867 shp par une motorisation électrique Magni500 de Magnix, un système de propulsion tout électrique de 750 ch. Le Magni500 du « Grand E-Caravan » est alimenté par un système de batterie au lithium-ion de 750 V pesant environ une tonne, Magnix étudie d'autres technologies, notamment les batteries au lithium-soufre et les piles à hydrogène.

« Selon sa configuration, la « Grand E-Caravan » propulsée par Magni500 peut transporter 4 à 5 passagers sur des vols allant jusqu'à 100 miles, en tenant compte du besoin de réserve d'énergie.

Magnix et AeroTEC travaillent à la certification de cet avion d'ici la fin de 2021. Pour les initiateurs de cette technologie, les progrès en matière de batteries permettront bientôt de transporter 9 passagers sur 100 miles.

Pour Magnix et AeroTEC les Cessna 208B « Grand E-Caravan » dotés de moteur électrique Magni500 peuvent être exploités sur des itinéraires de moins de 500 miles qui relient les villes au sein des régions.   

Voler propre est une réalité :

Contrairement aux vols expérimentaux réalisés jusqu’à maintenant, le Cessna 208 Caravan est destiné à transporter des passagers, même si pour son premier vol il n’avait à son bord que son pilote. L’objectif de Magnix et AeroTech est de montrer que des vols commerciaux électriques sont maintenant possibles, même si un avenir plus vert avec des avions de 100 passagers ne deviendra pas réalité avant plusieurs. »

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Photos : Le Cessna 208B « Grand E-Caravan » et son moteur Magni500@ Magnix & AeroTech

 

 

 

21/11/2019

easyJet s’engage davantage pour le climat !

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Le transporteur «  low cost » easyJet  s’est engagé à 100% des émissions carbone de ses vols. De plus, la compagnie a signé un engagement avec l’avionneur européen Airbus en vue d’une initiative en matière de recherche et développement (R&D) d’un futur avion hybride électrique. Cette nouvelle action complète l’initiative engagée en 2018 avec Wright Electric, dans le but de travailler sur un moteur électrique pouvant convenir à un aéronef de neuf places.

Continuer à réduire les émissions de CO2 :

L’innovation et l’avant-gardisme ont toujours été au cœur de la stratégie de la compagnie aérienne. Et ceci malgré les accusations portées sur le mode de vol de la compagnie. Depuis 2000, easyJet a réduit ses émissions de CO2 par passager et par kilomètre de plus de 32%.

Afin d’augmenter son action en vue d’une aviation commerciale toujours plus respectueuse de l’environnement, easyJet propose désormais des « vols zéro carbone » sur l’ensemble de son réseau. La compagnie compense ses émissions à travers des programmes accrédités Gold Standard et VCS (Verified Carbon Standard), soit deux normes particulièrement strictes. En contrepartie, des actions vont être engagées sur la reforestation, les énergies renouvelables et les programmes communautaires.

 Cependant, la Direction d’easyJet précise que la compensation des émissions de carbone n’est qu’une mesure provisoire en attendant que de nouvelles technologies soient mises au point. L’objectif étant de pouvoir à terme, offrir des vols ayant un impact quasi-nul sur l’environnement  à mesure que de nouvelles technologies émergent.

Engagement avec Airbus :

Pour permettre l’émergence de nouvelles technologies, easyJet a signé avec son fournisseur d’aéronefs Airbus, un protocole d’accord en vue de la recherche conjointe et le développement d’un  avion hybride électrique. Pour ce faire, trois projets distincts vont être lancés :

Le premier doit permettre de définir les impacts et exigences nécessaires à l’introduction à grande échelle d’avions durables de nouvelle génération (avions hybrides).

Le second vise a stimulé l’innovation dans le cadre directe de la réduction des émissions de carbones et la neutralisation de celles-ci.

L’utilisation de carburants durables pour l’aviation (SAF - sustainable aviation fuels) dès qu’ils seront disponibles en suffisance et commercialement viables.

En parallèle, easyJet travaille à l’introduction de nouvelles technologies à court terme, comme le roulage sur piste sur charge électrique, l’utilisation d’unités auxiliaires d’alimentation électrique ainsi que la réduction des émissions carbone provenant des activités au sol, grâce par exemple à l’utilisation d’énergies renouvelables.

Réduction de carbone, les faits :

Depuis 2000, easyJet a réduit de plus d’un tiers (33,67%) les émissions carbones pour chaque kilomètre parcouru par passager. Autres initiatives : l’introduction de chariots, tapis et sièges plus légers, le roulage sur piste avec un seul moteur et le retrait des manuels en papier des avions. En 2015, easyJet s’est fixé un objectif renforcé de réduction de ses émissions carbone par passager/kilomètre à savoir, atteindre une réduction de 10% des émissions carbone par passager/kilomètre d’ici 2022 par rapport à 2016. Johan Lundgren, PDG d’easyJet, a déclaré avoir « besoin que les gouvernements soutiennent les efforts pour la décarbonation de l’aviation en réformant la fiscalité appliquée à notre industrie, en encourageant les initiatives positives, en finançant la recherche et le développement de nouvelles technologies et enfin en s’assurant que les pionniers ne soient pas pénalisés ».

Guillaume Faury, PDG d’Airbus, ajoute de son côté : « La performance environnementale est une priorité absolue d’Airbus et nous sommes fiers d’avoir easyJet comme partenaire pour notre recherche sur les avions hybrides et électriques. Airbus s’engage à atteindre les objectifs de décarbonation de l’aviation. En concentrant nos efforts de recherche sur les technologies de propulsion hybride et électrique, nous jouons un rôle de premier plan, aux côtés de nos clients, dans le développement de technologies propres et sûres pour l’avenir durable de notre industrie ».

Photo : Projet d’avion hybrides avec Airbus @ Airbus

18/03/2019

Premier vol réussi pour un bio-kérosène révolutionnaire !

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Je vous propose une série spéciale sur le biokérosène et les actions menées au sein du secteur de l'industrie de l'aviation. Ce dossier a pour but de vous démontrer que contrairement à la croyance populaire et de certains médias, l'aviation n'est pas le pollueur que l'on veut bien accuser, même si il reste encore du pain sur la planche. Les essais de bio-kérosène pour l’aviation ne sont pas nouveaux. Il y a quelques  semaines, nous avons vécu une première mondiale avec un premier vol exécuté à l’aide d’un nouveau type de biocarburant à base de salicorne. Cette réalisation réussie a été organisée en partenariat avec l’avionneur américain Boeing et le transporteur des Emirats Arabe Unis Etihad Airways ainsi que le motoriste General Electric. L’avion, un Boeing B787-9 « Dreamliner » doté de moteurs GEnx-1B, s’est envolé pour un vol commercial d’Abu Dhabi à Amsterdam. 

Un nouveau biocarburant :

On doit cette réalisation à une association à but non lucratif de la Khalifa University d’Abu Dhabi, la Sustainable Bioenergy Researc (SBRC). Ce Consortium de recherche sur la bioénergie durable (SBRC) est une entité créée par le Masdar Institute et faisant partie de l'Université des sciences et technologies de Khalifa.

Des recherches ont montré que ce carburéacteur propre pouvait être produit à partir de terre du désert et d'eau de mer grâce à un processus agricole innovant. Le projet soutient les plans de diversification des Emirats Arabes Unis et de leur engagement en faveur de la durabilité.

Le vol entre Abou Dhabi et Amsterdam a marqué une étape majeure dans la mise au point d’un carburant propre et alternatif pour réduire les émissions de carbone. L'initiative aborde également la sécurité alimentaire dans les Emirats Arabes Unis à travers la culture des fruits de mer en tant qu'élément central du processus.

Les partenaires de la SBRC ont travaillé ensemble pour prouver le concept d'une chaîne de valeur complète centrée sur le système énergétique et agricole de l'eau de mer (SEAS). Il s'agit d'une plateforme industrielle synergique qui soutient le secteur de l'aviation, l'industrie pétrolière et gazière, la production alimentaire ainsi que la création d'une nouvelle alternative agricole spécifique aux Émirats arabes unis.

Le carburant durable pour ce vol a été dérivé de l'huile de plantes de Salicornia cultivée dans une ferme SEAS de deux hectares située à Masdar. Le SEAS est le premier écosystème désertique au monde conçu pour produire du carburant en eau salée. Les poissons et les crevettes élevés dans l’installation fournissent des éléments nutritifs aux plantes 

La décarbonisation de l’industrie :

La décarbonisation en profondeur des industries à forte intensité énergétique a un effet d'entraînement sur la sécurité alimentaire et l'action climatique. Les carburants aéronautiques propres et alternatifs constituent une solution innovante et durable pour réduire de manière significative les émissions nocives de carbone. Avec ce premier vol commercial, nous avons la preuve qu’aujourd’hui ce concept novateur répond aux défis de l'énergie de demain.

Cette réalisation historique de l'Université de Khalifa et de ses partenaires marque un nouveau départ pour l'utilisation du combustible propre pour l’aviation commerciale. Par ailleurs, ce nouveau carburant propre permet la mise en place d’une chaîne de valeur durable des biocarburants.

Aviation et effet de serre :

Au niveau mondial, le trafic aérien représente environ 11% de la consommation de carburant et environ 2% des émissions de CO2. Le kérosène fossile représente également le coût le plus élevé de fonctionnement pour les compagnies aériennes. La recherche de la diminution de la consommation est un but depuis plusieurs années. Avionneurs et motoristes y travaillent et ont accompli d’énormes efforts en 60 ans. Les avions de dernière génération (B737MAX, B787, B777X, A320neo, A330neo, A350) ont une consommation 70% inférieure à celle des aéronefs des années 60. Mais ce n’est pas terminé, d’ici 2025 celle-ci devrait encore diminuer de l’ordre de 5%. Si l’économie réalisée est un moteur économique pour l’aviation, l’arrivée de biokérosène en est un autre. L’arrivée prochaine de biocarburants fabriqués à partir de biomasse, plantes ou de déchets, va contribuer à améliorer nettement le bilan environnemental tout en garantissant la pérennité du transport aérien. Leur utilisation réduit de 50 à 90 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport au kérosène actuel, tout en réduisant aussi, à des degrés divers et en fonction de la structure chimique du carburant de synthèse, les émissions de polluants par rapport aux carburéacteurs fossiles, oxydes de soufre et particules notamment. A terme, le prix de ces nouveaux carburants sera également abordable et moins sujet aux fluctuations du marché, garantissant ainsi une meilleur stabilité de prix et d’approvisionnement.

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Photos : Le B787 « Dreamliner » d’Etihad Airways qui a réalisé ce vol @ Etihad Airways