12/11/2021

EasyJet rejoint l’initiative “Race to Zero” !

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Le transporteur « low cost » easyJet a rejoint l’initiative mondiale « Race to Zero », soutenue par les Nations Unies visant à atteindre le zéro-émission carbone nette d'ici 2050 au plus tard.  

En rejoignant « Race to Zero », la compagnie aérienne s'engage à se fixer un objectif transitoire et basé sur la science pour 2035 et à atteindre zéro émission nette d’ici 2050 en conformité avec les critères et les recommandations de l'initiative Science Based Targets (SBTi). La compagnie prévoit de présenter sa feuille de route vers le net zéro carbone dans les mois à venir.

En 2019, easyJet est devenue la première grande compagnie aérienne au monde à compenser toutes les émissions de carbone du carburant utilisé pour tous ses vols, et reste la seule grande compagnie aérienne en Europe à le faire. Un engagement qui n'entraîne aucun coût supplémentaire pour ses clients et qui soutient uniquement les projets certifiés par Gold Standard ou Verified Carbon Standard, normes de certification reconnues au niveau international.

La compagnie easyJet considère cette mesure comme provisoire et estime que l'aviation doit opérer des changements radicaux. Pour ce faire, easyJet travaille avec ses partenaires Airbus et Wright Electric pour accélérer le développement de technologies à zéro-émission. La compagnie est optimiste quant à la possibilité de faire voler régulièrement ses clients sur des avions électriques, hydrogènes ou hybrides d'ici 2035.

Le transporteur « low cost » exploite des avions de nouvelle génération Airbus Neo, permettant une réduction des émissions de carbone de 15 % et une réduction de 50 % du bruit. Ces nouveaux appareils font d’easyJet l'une des plus jeunes et des plus économes flotte en carburant d'Europe. 

La compagnie s'efforce également depuis de nombreuses années de réduire la consommation de carburant dans ses opérations quotidiennes, avec le roulage sur un seul moteur et l'utilisation d'informations météorologiques poussées pour améliorer son pilotage. Depuis 2000, easyJet a réduit de plus d'un tiers les émissions de carbone pour chaque kilomètre parcouru par un passager.

Diminution des plastiques jetables

Au-delà de la réduction de son empreinte carbone, easyJet se concentre sur la diminution du plastique - en 2020, plus de 27 millions d'articles en plastique à usage unique ont été éliminés - ainsi que sur la réduction des déchets au sein de ses opérations plus larges et de sa chaîne d'approvisionnement. A titre d’exemple, la compagnie a récemment introduit de nouveaux uniformes d'équipage fabriqués à partir de bouteilles en plastique recyclées. Quarante-cinq bouteilles entrent dans la composition de chaque tenue, ce qui permettrait d'éviter que 2,7 millions de bouteilles en plastique ne finissent dans des décharges ou dans les océans au cours des cinq prochaines années. Les vêtements sont fabriqués à partir d'un matériau de haute technologie issu de sources d'énergie renouvelables et dont l'empreinte carbone est inférieure de 75 % à celle du polyester traditionnel.

À propos de « Race to Zero »

« Race to Zero » est une campagne mondiale soutenue par l'ONU qui rassemble les acteurs non étatiques - y compris les entreprises, les villes, les régions, les institutions financières, éducatives et de santé - pour qu'ils prennent des mesures rigoureuses et immédiates afin de réduire de moitié les émissions mondiales d'ici à 2030 et d'offrir à terme un monde sans carbone plus sain et plus juste.Tous les membres s'engagent à atteindre le même objectif global réduire les émissions dans tous les domaines, rapidement et équitablement, conformément à l'accord de Paris, avec des plans d'action transparents et des objectifs solides à court terme.Menée par les champions de haut niveau pour l'action climatique - Nigel Topping et Gonzalo Muñoz - « Race To Zero » mobilise les acteurs en dehors des gouvernements nationaux pour qu'ils rejoignent l'Alliance Ambition Climat (Climate Ambition Alliance), qui a été lancée lors du Sommet de l'action climatique 2019 de l'UNSG par le Président du Chili, Sebastián Piñera.

À propos de 2030 Breakthroughs

Les 2030 Breakthroughs articulent ce que les acteurs clés doivent faire, et à quel moment, pour apporter le changement de système dont nous avons besoin pour atteindre un monde résilient et sans carbone dans plus de 30 secteurs de l'économie réelle. Les 2030 Breakthroughs s'inspirent des Climate Action Pathways, un ensemble de feuilles de route sectorielles complètes visant à respecter l'accord de Paris conformément à la norme de 1,5 °C, élaborées par les Champions du haut niveau pour le climat des Nations Unies et le Partenariat de Marrakech.

Photo : A320 neo easyJet @ Matti Blume

 

11/11/2021

Premier vol d’un H225 avec 100% de biocarburant !

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Un hélicoptère Airbus H225 a effectué le tout premier vol avec du carburant aviation 100 % durable (SAF) équipant l'un des moteurs Safran Makila 2. Le vol, qui a eu lieu au siège de la compagnie à Marignane, marque le début d'une campagne de vols visant à évaluer l'impact du SAF non mélangé sur les systèmes de l'hélicoptère en vue de certifier l'utilisation de mélanges de SAF dépassant la limite de 50 % actuelle.

« Alors que tous les hélicoptères Airbus sont certifiés pour voler avec un mélange allant jusqu'à 50 % de SAF mélangé à du kérosène, l'ambition de notre société est de faire certifier ses hélicoptères pour voler avec 100 % de SAF dans la décennie. Le vol d'aujourd'hui est une première étape importante vers cet objectif », a déclaré Stefan Thome, vice-président exécutif, Ingénierie et directeur technique d'Airbus Helicopters.

La campagne de vols, qui fait suite aux précédents tests au banc de SAF sans mélange effectués par Safran Helicopter Engines dans son usine de Bordes, permettra de mieux comprendre les défis techniques liés à l'utilisation de 100 % de SAF. L'hélicoptère d'essai H225 a volé avec un SAF non mélangé dérivé d'huile de cuisson usagée, fourni par TotalEnergies, qui offre une réduction nette de 90 % de CO2 par rapport au carburéacteur ordinaire.

« Le SAF est un pilier important de la stratégie de décarbonisation d'Airbus Helicopters, car il permet une réduction immédiate des émissions de CO2 sans impact négatif sur les performances de l'hélicoptère », a ajouté Thome. « Je remercie nos partenaires Safran Helicopter Engines et TotalEnergies pour leur importante collaboration afin de faire du vol d'aujourd'hui une réalité. Une coopération accrue entre toutes les parties prenantes de l'industrie est essentielle pour surmonter les défis associés à la mise en œuvre à grande échelle de la SAF et pour faire de réels progrès dans la réduction des émissions de CO2 de l'industrie aéronautique ».

Afin de piloter le déploiement des biocarburants, Airbus Helicopters a lancé un groupe d'utilisateurs SAF dédié à la communauté des voilures tournantes. La société a également commencé à utiliser SAF pour des vols de formation et d'essai sur ses sites français et allemands.

 Photo : Le H225 lors de son vol @ Airbus Helicopters

19/09/2021

Les ATR bientôt certifiés pour le biocarburant !

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Il est urgent d’agir pour améliorer l’emprunte climatique de l’aviation, à ce sujet, l’avionneur ATR en collaboration avec la compagnie Braathens Regional Airlines (BRA) et la société Neste travaillent à la certification de biocarburant d'aviation 100 % (Sustainable Aviation Fuel) (SAF)) destiné aux appareils de type ATR.

La société finlandaise de carburant Neste va fournir du afin d'effectuer un vol d'essai avec un turbopropulseur ATR de la compagnie BRA brûlant 100 % de SAF dans un moteur et 50 % de SAF dans l'autre au début de l'année prochaine. Cette initiative a été lancée par le transporteur en vue de réduire de moitié l'utilisation de combustibles fossiles d'ici 2025 et d'être complètement sans énergie fossile d'ici 2030, et de « devenir la première compagnie aérienne au monde à zéro net 10 ans avant toute autre compagnie aérienne », a déclaré le président de la BRA, Per Braathen.

Per Braathen admet volontiers que le biocarburant coût aujourd’hui plus cher que le traditionnel kérosène d’origine fossile. Cependant, il a affirmé que lui et sa clientèle étaient prêts à payer le prix le plus élevé.

La coopération entre ATR, BRA et Neste fait suite à l'entreprise Perfect Flight en 2019 dans laquelle chaque aspect d'un vol BRA ATR72-600 avec 72 passagers a été optimisé, y compris l'utilisation d'un mélange de 50 %  de carburant conventionnel et 50 % de SAF, la quantité maximale autorisée par la réglementation en vigueur. La démonstration a conduit à une économie de 46% des émissions de CO2 par rapport à un vol standard BRA.

Neste : la course à la décarbonisation

Le raffineur finlandais Neste se veut le pionnier de la décarbonisation de l’aviation. L’objectif et de devenir le N°1 sur le marché des SAF. Le principal obstacle réside dans les coûts qui sont de l’ordre de 3 à 5 fois plus élevés  que le kérosène fossile. Ce surcoût par rapport aux énergies fossiles perdurer jusqu’en 2050, le temps que les technologies évoluent. Mais d’après d’autres estimations fournies par Neste, l’impact des SAF sur le prix du billet d’avion ne serait en moyenne que de 10% supplémentaires par passager sur un vol Helsinki-Singapour, par exemple, donc parfaitement acceptable pour le passager et ceci en y ajoutant le fait que les avions seront encore plus économes en carburant dans durant les prochaines années.

Photo : ATR 72-600 de BRA @ BRA

17/07/2021

Pratt & Whitney Canada se lance dans la motorisation hybride !

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Le motoriste canadien Pratt & Whitney a annoncé cette fin de semaine une initiative forte en vue du développement d’un programme de motorisation hybride. De son côté le gouvernement du Canada apportera un important soutien à ce projet.

Projet P804

C’est en 2019 que le motoriste Pratt & Whitney en collaboration avec Collins Aerospace ont confirmé le développement d’une propulsion hybride électrique. Il s’agit de lié deux technologies où les sources d’énergie indépendantes l’une de l’autre peuvent être utilisées en même temps ou individuellement. Le projet 804 est sous la direction de M. Jean Thomassin qui est le directeur. Il va superviser les efforts de construction et de mise au point du démonstrateur hybride électrique de Pratt & Whitney.

Le projet P804 a pour but premier de faire la validation du concept de propulsion hybride avec une installation en parallèle, c’est-à-dire que les deux moteurs et les deux types d’énergies peuvent être utilisés en même temps pour faire tourner une seule hélice. L’avion de démonstration sera un DASH8-100 est sera équipé d’un moteur PW121 de série d’un côté. De l’autre côté il sera équipé d’un système de propulsion hybride d’une puissance de 2 mégawatts composé d’un moteur électrique et d’une turbine à gaz optimisée pour le vol en croisière, chaque moteur fournissant 1 mégawatt.

Le projet P804 doit également démontrer que cette technologie peut être installée sur des avions existants. Après la phase de validation, il sera alors possible de débuter la mise au point d’un premier système pour un modèle d’avion en particulier. Puis viendra le temps ou les avionneurs pourront développer de nouveaux appareils autour de cette technologie.

Généraliser et investir dans cette technologie

Selon M. Thomassin, cette technologie pourra être utilisée sur plusieurs catégories d’avions allant des plus petits appareils de l’aviation générale jusqu’aux jet régionaux. La propulsion hybride en parallèle permet de fournir un surplus de puissance durant le décollage et la montée jusqu’à l’altitude de croisière puis le moteur électrique cesse de fonctionner. Pour que ce système soit pleinement efficace, il est important d’avoir juste assez d’accumulateurs servant au décollage et à la montée. Avoir un surplus d’accumulateurs entrainerait un surpoids inutile qui ferait diminuer les économies de carburant.

Pour rendre pérenne cette technologie, le gouvernement du Canada va investir jusqu'à 693 millions de dollars pour soutenir ce projet novateur de l’industrie aérospatiale canadienne. De leurs côtés, Bell Textron Canada, CAE Électronique et Pratt & Whitney Canada, ont annoncé plus de 2 milliards de dollars d'investissements privés et publics pour relancer l'industrie aéronautique canadienne durement secouée depuis 16 mois par la pandémie de COVID-19. La région de Québec sera directement impactée par ces investissements et pourrait bien devenir le nœud central du projet. L'ensemble de ces projets devrait permettre la création de 1’000 nouveaux emplois au Québec dans le secteur aérospatial en plus d'offrir des stages de perfectionnement à plus de 6’200 étudiants. 

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Photos : 1 DASH 8-100 2 Moteur PW @ Pratt & Whitney

16/06/2021

Le retour des moteurs à rotors ouverts !

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Les moteurs à rotors ouverts ne sont en soi pas nouveaux, dans les années 80 déjà des essais avaient été réalisés. Puis abandonné notamment pour des questions de réduction de bruit, une nouvelle génération tente maintenant de revenir sur le devant de la scène.

Projet RISE

Les motoristes General Electric Aviation et Safran ont lancé en début de semaine un programme de démonstration et de maturation technologique dans le cadre de leur coentreprise CFM pour une famille de moteurs à rotor ouvert qui fonctionneraient soit au carburant d'aviation durable (SAF) à 100 %, soit à l'hydrogène liquide d'ici le milieu de la prochaine décennie. Baptisé Rise (Revolutionary Innovation for Sustainable Engines), le programme de développement vise une amélioration de 20 % de la consommation de carburant et des émissions de CO2 par rapport à la famille CFM Leap actuelle.

CFM prévoit des essais au sol sur des modules moteurs dans les installations de GE et de Safran à partir du milieu de cette décennie, suivis d'essais en vol sur un banc d'essai GE « peu après », selon Olivier Andriès, PDG de Safran, qui, avec le directeur général de GE Aviation, John Slattery ont organisé un briefing en ligne au cours duquel ils ont également annoncé la prolongation du partenariat CFM jusqu'en 2050.

Andriès a souligné que l'annonce de Rise n'équivalait pas à un lancement de moteur mais plutôt à un engagement formel à poursuivre les études pour un successeur de Leap sur lequel GE et Safran collaborent depuis 2019. Apparaissant également à l'événement en ligne, le vice-président de l'ingénierie de GE Aviation, Mohamed Ali a qualifié l'objectif de 20 % de consommation de carburant et de réduction de CO2 de "l'amélioration la plus importante" que les entreprises aient jamais réalisée. Les technologies à l'étude comprennent les avancées en matière d'architecture et de matériaux ainsi que l'électrification hybride pour les systèmes moteur et cellule.

Une équipe d'ingénierie conjointe GE-Safran a défini ce que les entreprises appellent une feuille de route technologique complète, comprenant des aubes de ventilateur composites, des alliages métalliques résistant à la chaleur, des composites à matrice céramique (CMC) et la fabrication additive. Le programme Rise comprend plus de 300 composants, modules et versions complètes de moteurs.

Le concept

Les deux motsoristes prévoient d'utiliser un seul rotor dans leur plan, par opposition aux conceptions contrarotatives envisagées dans les études antérieures, y compris l'UDF de General Electric dans les années 1980 et plus récemment, les études à rotor ouvert de Safran développées dans le cadre du programme de recherche européen Clean Sky en 2017.

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"Nous avons récemment pu utiliser ces apprentissages, dans les deux entreprises, en plus d'une utilisation considérable de la puissance de calcul qui est devenue plus récemment disponible", a ajouté Ali. « Et maintenant, nous sommes en mesure d'en faire un seul ventilateur… et de concevoir des pales spécialement pour cela. Cela réduit non seulement le poids et réduit la complexité ; cela augmente l'efficacité et crée le même confort du point de vue du bruit auquel tous les passagers se sont habitués. Andriès a ajouté que cette conception à rotor ouvert n'entraînerait pas plus de bruit - ni à l'intérieur ni à l'extérieur - que le Leap d'aujourd'hui.

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Photos : 1 & 3 Projet RISE 2 L’UDF des années 80 @ CFM