21/11/2018

La situation de la RCAF est au plus mal !

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Le vérificateur général du Canada a démoli la version de l’actuel gouvernement du Canada en ce qui concerne l’état de  vieillissement des Boeing CF-18 « Hornet » en service dans un rapport épineux qui soulève des questions sur la sécurité nationale, voire la sécurité à long terme, quant à la viabilité des avions de combat de première ligne du pays.

En parallèle au lancement d’un programme d’acquisition d’un nouvel avion de combat, le gouvernement affirme que ces cavions d’occasions supplémentaires sont nécessaires pour remédier à la pénurie de CF-18 jusqu'à ce qu'un remplaçant ultramoderne puisse être acheté et livré, un processus de longue haleine qui se déroulera jusqu'en 2032, après quoi les CF-18 auront atteint l’âge de 50 ans.

 Mais le bureau du vérificateur général est arrivé à une conclusion très différente: l'armée n'a pas besoin d'avions supplémentaires car elle ne dispose même pas des pilotes et des mécaniciens pour exploiter ce qu'elle a déjà. Le bureau déplore le manque de personnel.

"La pénurie de personnel par rapport aux techniciens signifie qu'ils n'ont pas assez de techniciens pour préparer et entretenir les avions", a déclaré aux journalistes Casey Thomas, l'auditeur principal de l'étude sur les avions de combat.

Par ailleurs selon l’étude, la Royal Canadian Air Force aura besoin de former un grand nombre de nouveaux pilotes pour assurer la relève. Hors, la capacité de formation est en baisse et ne permettra pas d’assurer la relève.

"Le rapport du vérificateur général soulignait également l'inquiétude que le gouvernement envisage de verser 3 milliards de dollars dans les CF-18 actuels et que des chasseurs australiens supplémentaires permettraient de  continuer à voler jusqu'en 2032 ne soient pas suffisants, ces fonds n'améliorant pas les systèmes de combat des avions. Sans plus d'argent, ce qui, selon certains analystes, pourrait représenter des centaines de millions, voire des milliards de dollars, la flotte canadienne d'avions de combat deviendra encore plus obsolète. 

La fausse bonne idée :

Le gouvernement Trudeau a signé un contrat pour l’achat des 18 F/A-18 biréacteurs d’occasion en Australie. Les responsables ont fixé le coût à environ 500 millions de dollars. En parallèle le gouvernement a demandé aux responsables d'examiner les options pour améliorer les systèmes de combat des CF-18 et des chasseurs australiens, ce qui impliquerait d'investir davantage d'argent dans des avions de combat vieillissants.

Le gouvernement Trudeau a insisté sur le fait qu'il faisait preuve de diligence raisonnable, mais des critiques,  notamment de nombreux officiers de l'aviation et de la défense à la retraite l'ont accusé d'essayer de contourner les règles en matière d'approvisionnement pour éviter d'acheter le F-35.

L’actuel gouvernement tente tant bien que mal d’éviter la question du F-35, soit un élément  de campagne de l’actuel premier ministre.  Mais à l’évidence, le retrait de Dassault Aviation de la pseudo nouvelle compétition montre que le Canada est indubitablement lié à son voisin US. La signature d’un protocole d’achat de l’ancien gouvernement Harper  en faveur du F-35 et les premiers fonds canadiens alloués au programme le démontre. Il faudra bine un jour que M. Trudeau avoue sa faute envers ses électrices et électeurs.

 

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Photos : 1 CF-18 @ RCAF2 F-35 @ Lockheed Martin

 

 

 

 

07/11/2018

Rafale & Eurofighter, la bonne et la mauvaise nouvelle !

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Les temps sont durs pour les avionneurs européens face à la pression américaine avec le F-35. Les Etats n’ayant pas les mêmes vues stratégiques en matière d’acquisition d’avions de combat, ce qui donnent des sueurs froides aux fabricants du vieux continent. 

La mauvaise nouvelle :

Dans le cadre du remplacement de la flotte de Boeing CF-18 A/B « Hornet » canadiens (article du 31.10.18), l’avionneur français Dassault Aviation a annoncé ce matin se retirer du concours. En effet, selon  Dassault Aviation, il ne serait pas convaincu de pouvoir répondre aux exigences de sécurité requises et ceci en ce qui concerne les systèmes de communications. La France n'appartient pas à l'alliance des "Five eyes" (les "Cinq yeux") formée entre les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande et du Royaume-Uni, ce qui  complique les opérations en matière d’interopérabilité avec  les forces américaines. L’adaptation de ce système sur le Rafale est doublement problématique, d’une part en ce qui concerne d’éventuels surcoûts d’intégration, mais également du côté politique. 

Par ailleurs, il semble bien qu’un avion américain serait à priori privilégié par les canadiens selon Dassault Aviation. Les anglais semblent  maintenir l’offre de l’Eurofighter étant eux-mêmes membres du Club  « Five Eyes ». Reste l’avionneur suédois Saab, qui annonce ce soir être prêt pour l'intégration " 5-Eyes". Mais celà sera-t-il suffisant ?  

La bonne nouvelle :

Les nouvelles en provenance d’Allemagne sont par contre positives en ce qui concerne une nouvelle tranche portant du l’Eurofighter au nouveau standard « T3 ». En effet, le Parlement allemand prépare un programme doté d’un montant de départ de 2,5 milliards d’euros, qui sera complété jusqu’en 2029, en vue de l’acquisition du dernier standard de l’avion européen. L’objectif étant de venir remplacer les derniers Panavia Tornado en service. Le gouvernement allemand semble donc avoir tranché en faveur du jet européen au lieu du Lockheed- Martin F-35A qui était un temps sur les rangs.

Cette décision aura également comme conséquence, le maintien de la ligne de production allemande qui était jusqu’ici menacée de fermeture et portera à un peu plus de 140 le nombre d’Eurofighter en service au sein de la Luftwaffe. Avec une possible nouvelle commande de l’Espagne (article du 4.11.18) l’avenir de l’Eurofighter semble se diriger en direction d’un ciel plus clément.

Photo : Rafale & Eurofighter @ Armée de l’air

07/12/2017

En refusant le Super Hornet, le Canada fait le jeu du F-35 !

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Je vous l’annonçais en novembre, le Canada tient à l’offre autralienne concernant une acquisition de F/A-18A/B australiens d’occasion et ceci pour combler le vide jusqu’à l’arrivée du futur avion. Ottawa abandonne ainsi complètement son projet d'acheter des « Super Hornet » auprès de Boeing

Le gouvernement canadien devrait annoncer la semaine prochaine, l'achat des chasseurs F/A-18 australiens. Il s'agit des mêmes avions que ceux actuellement détenus par le Canada, ce qui devrait favoriser leur intégration à la flotte aérienne canadienne.

Nouveau retard dans la futur compétition ?

Ce choix aura des conséquences directes sur le budget d’équipement des forces armées du Canada. Et pourrait bien repousser un peu plus la compétition annoncée par le gouvernement le mois passé. L’achat d’avions d’occasions ne résoudra rien et va à l’encontre des recommandations de l’équipe d’experts de la RCAF veut que le processus d’un nouvel avion aille vite et que le nombre d’avions soit revu à la hausse. Il semble que cette fois les politiciens canadiens ont compris le besoin en dotation minimum et qu’une réduction du nombre d’avions serait problématique en terme de fonctionnement.

Pour certains, le gouvernement Trudeau semble faire un pas en avant, puis deux en arrière. Une situation qui renforce l’ancien gouvernement et qui pourrait faire douter les électrices et électeurs de l’actuel gouvernement, dont les promesses semblent oubliées.

Une situation qui avantage le F-35 :

Le F-35 de Lockheed Martin semble être le véritable gagnant du différent qui oppose Boeing avec le Canada, sur l'avion de ligne CSeries de Bombardier. Pour le Canada, il est peu logique d'exploiter deux types d'avions neufs. Un achat de 18 « Super Hornet » aurait été suivi de 47 autres. Pour une flotte unique et moderne.

Car le Canada qui renonce à l'accord sur le « Super Hornet » et se lance dans une compétition pour un chasseur de prochaine génération au cours des cinq prochaines années verra immanquablement le F-35 de Lockheed-Martin sortir inévitablement victorieux. Et ceci pour deux raisons, d’une part parce que l’accord signé précédemment n’a pas été dénoncé et de l’autre parce que pour des raisons d’interopérabilité avec le voisin américain, seul le F-35 sera disponible.

Bien sûr, le Canada pourrait également voir des offres pour du Gripen de Saab de l'Eurofighter et le Rafale de Dassault. Mais le Canada optera probablement pour le F-35, car la plupart de ses alliés pro-usa migrent vers le « Lightning II ».

 

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Photos : 1 Hornet display canadien @ RCAF 2 F-35 aux couleurs du Canada @ Alain Rioux

16/10/2017

Canada, des Hornet d’occasions en attendant mieux ?

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Le feuilleton du remplacement de la flotte de Boeing CF-18 « Hornet » de la Royal Canadian Air Force (RCAF) est entré dans une nouvelle phase. On se souvient du choix de remplacement du gouvernement canadien avec une flotte intermédiaire de Boeing « Super Hornet ».

Guerre Boeing vs Bombardier :

Durant l’été, l’avionneur américain a porté plainte contre l’entreprise canadienne Bombardier devant le département du Commerce des Etats-Unis. A l’origine cette plainte est due à la commande par la compagnie Delta Air Lines de 75 avions Cséries auprès de l’avionneur canadien. Cette décision à visiblement vexé Boeing, Alors que celui-ci n’était même pas en concurrence. Mais il semble bien que le succès de la gamme Cséries rende les américains un peu nerveux. De fait, les USA pourraient taxer les avions canadiens de l’ordre de 220% estimant que ceux-ci bénéficient de subventions publiques.

Trudeau se tourne vers l’Australie :

Ne pouvant dès lors, plus opter pour l’instant pour des Boeing F/A-18 E/F « Super Hornet » neufs, le gouvernement Trudeau à esquisser un plan « B ». Pour éviter de retomber dans le piège du F-35, le Canada réfléchit au rachat de chasseurs australiens pour compléter la flotte de CF-18 d’ici à ce qu’on parvienne à une solution définitive. Ottawa a tenu à préciser que les avions australiens qu’il envisage d’acheter sont presque aussi vieux que les CF-18, mais ont beaucoup moins d’heures de vol.

Vers la fin d’août 2017, le Canada a entamé des discussions avec le gouvernement de l’Australie sur la possibilité d’acquérir les chasseurs F/A-18 et les pièces de rechange connexes que l’Australie prévoit de vendre.

Une mauvaise solution :

Cette solution de remplacement en attendant mieux n’est pourtant pas forcément une bonne idée. D’une part, il ne faut pas oublier qu’une possible revente des « Hornet » australiens ne pourra se faire qu’avec l’accord du Département d’Etat américain. De l’autre, il faut rappeler que l’US Navy va progressivement retirer ses « Hornet » à partir de 2023. De fait, Boeing ne livrera plus de mises à jour des logiciels à cette date. Un problème d’obsolescence va venir se poser rapidement pour ces avions en service. Les pays utilisateurs devront avoir trouvé un remplaçant d’ici 2030. Ce problème se pose déjà chez nous en Suisse et le Canada se retrouvera dans la même position inconfortable. Un tel choix ne fera que repousser l’inévitable : trouver un remplaçant aux Hornet !

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Photos : 1 CF-18 canadien@ RCAF 2 F/A-18 B australiens @ RAAF