12/07/2016

L’aéronavale dit adieu à ses Super Etendard !

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Ce mardi, après près de 42 ans de bons et loyaux services, la Marine française a dit adieu à ses cinq derniers Super Étendard encore en service. Un dernier vol a eu lieu aujourd’hui sur la base de l’aéronavale de Landivisiau.

Une première étape du retrait avait eu lieu en mars dernier, avec la fin de la carrière embarquée de l’avion. Le dernier appareil de la flotille 17F avait décollé pour la dernière fois du pont du « Charles-de-Gaulle ».

 Le Super Etendard modernisé (SEM) :

La Marine avait reçu dernier exemplaire du Super Etendard modernisé au standard 5 (SEM 5) le 14 mai 2012. L’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu avait livré le Super Étendard modernisé (SEM) n°62, dernier SEM sorti des chaînes de maintenance du service industriel de l’aéronautique (SIAé).

Durant 30 ans, l’AIA de Cuers-Pierrefeu a été un acteur prépondérant dans la disponibilité de la flotte SEM en réalisant plus de 140 visites d’entretien majeur. L’atelier a également assuré toutes les modifications et les mises au standard de l’avion demandées par la marine nationale, en raison de l’évolution des technologies et des besoins opérationnels.

A l'origine, le Super Étendard ne devait être qu'une évolution de l'Étendard IVM. Mais la refonte de l'avion et de son système d'armes fut si complète que le Super Étendard ne partage plus guère aujourd'hui qu'une partie de son nom (et d'excellente qualité de vol) avec le glorieux ancêtre. Le Super Étendard est un appareil dont les qualités manœuvrières en basse et moyenne altitude en font un remarquable avion d'assaut capable de traiter des objectifs maritimes ou terrestres avec des armements aussi diversifiés que l'armement nucléaire, les missiles anti-surfaces et air-sol, les bombes et le canon.

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Les missions :

La première des missions du chasseur-bombardier embarqué était la dissuasion nucléaire. Mais l'avion est également bien connu pour avoir formé un couple redoutable avec le missile AM-39 "Exocet", conçu pour la lutte antinavire. Il assura également des missions d'appui-feu au profit des troupes à terre.

Les missions de reconnaissance se sont éffectuées à l'aide d'un châssis amovible CRM 280, qui s'installe à la place des deux canons de 30 mm et qui contient deux caméras très différentes : la première panoramique, offre des clichés de très grandes précisions en couleur ou en noir et blanc pour les vols à basse altitude. La deuxième caméra, optimisée pour la reconnaissance à moyenne ou haute altitude, est numérique et filme en continu le sol.

Toutes ces évolutions ont été rendues possibles grâce à différents programmes de modernisation, qui ont successivement porté les Super Étendard au standard 1, 2 puis 3 et 4 et en ont fait des "SEM", alias "Super Étendard Modernisé". Puis se fut le standard 5 qui permis à l'avion de faire bonne figure jusqu'en 2015, date à laquelle, il céda complètement sa place au Rafale. Ce futur standard offert une capacité nocturne totale au SEM et à ses pilotes, avec la mise en oeuvre d'un pod de désignation laser Damocles couplé à un FLIR pour la navigation nocturne. En attendant, les pilotes combattaient la nuit à l'aide de JVN (jumelles de vision nocturne) dont l'emploi est rendu possible par une adaptation de l'instrumentation de bord.

Dès 1985, il est apparu que pour maintenir l'appareil en service jusqu'en 2010, maintenir ses capacités opérationnelles à un niveau suffisant et se prémunir des risques d'obsolescence de certains équipements ou composants, le système d'armes de l'appareil devait être modifié en profondeur. Un programme de modernisation fut lancé en juin 1986. Il concernait trois domaines principaux: la détection radar, le système de navigation et d'attaque, et l'ergonomie du poste de pilotage. Le Super Etendard modernisé (SEM) aura des capacités qui évolueront progressivement jusqu'au standard 5 de fin-2006.

L'intégration du radar Anémone en remplacement de l'Agave permit de multiplier par deux les portées de détection sur des cibles maritimes tout en assurant une meilleure discrétion des émissions électromagnétiques. Les nouveaux modes de fonctionnement de ce radar offrent des possibilités qui permettent d'optimiser l'utilisation des missiles AM 39 et ASMP. Le système de navigation et d'attaque conçu dans les années 1970 utilisait des calculateurs dont les possibilités d'évolution étaient très limitées. Pour permettre l'introduction de nouvelles conduites de tir et pouvoir dialoguer avec le nouveau radar Anémone, les calculateurs ont été modernisés: accroissement de la capacité de calcul, augmentation du nombre des liaisons de transfert de données, possibilité de modifier la programmation des équipements majeurs.

La charge de travail du pilote au cours des passes de tir est notablement allégée grâce à l'amélioration de l'ergonomie du poste de pilotage. L'intégration d'un combiné de visualisation tête haute et tête moyenne remplaçant l'ancien viseur et l'écran radar permet au pilote de disposer d'une image radar collimatée à l'infini supprimant ainsi le temps d'adaptation de la vue lors de la lecture des informations présentées. Le regroupement sur la poignée de pilotage et sur la manette de puissance de l'ensemble des commandes utilisées pour la mise en oeuvre du système d'armes lors des passes d'attaque, permet d'optimiser les enchaînements des actions du pilote et procure une plus grande souplesse en cas de situation imprévue : mauvaises conditions météorologiques ou évolution de la situation tactique autour de l'objectif. Bien qu'aucun armement nouveau n'ait été introduit dans la panoplie du Super Etendard dans la première phase de la modernisation, l'efficacité militaire de l'avion s'est trouvée nettement améliorée grâce à son nouveau radar et à la nouvelle ergonomie de son poste de pilotage. La livraison du premier appareil modernisé équipé du radar Anémone est intervenue en décembre 1993, la première flottille étant déclarée opérationnelle sur Super Etendard modernisé (SEM) en novembre 1995. Le dernier SEM a été livré en 1998. Le premier standard SEM est le standard 2, le standard 3 est introduit en 1995, le standard 4 en 2000, et le standard 5 en 2006.

 

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Photos : 1 SEM avec le pod Damocles pour la « Reco »@MN 2 & 3 SEM @ Laurent Casaert

09/07/2016

Des « Sea Hawk » pour la Marine israélienne !

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La Marine israélienne prévoit de se doter de huit hélicoptères de type Sikorsky SH-60F « Sea Hawk » d’occasions en provenance des stocks de l’US Navy. Ces hélicoptères seront utilisés à bord des quatre nouvelles frégates commandées au chantier naval allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS).

Confirmation américaine :

L'Agence américaine de défense et de sécurité pour la coopération (DSCA) vient de confirmer cette commande en fin de semaine dernière. La DSCA confirme également que le département d'Etat américain a approuvé la vente éventuelle d’un montant estimé à près de 300 millions de dollars pour les huit SH-60F « Sea Hawk ».

En plus des huit hélicoptères Sikorsky SH-60F « Sea hawk », le contrat comprend 12 moteurs General-Electric T-700-401C ainsi que les systèmes de navigation, communications, identification ami /ennemi, des mitrailleuses et des réservoirs de carburant auxiliaires.

Le Sikorsky SH-60F « Sea Hawk » :

Le SH-60F vola pour la première fois en 1987 et entra en service en 1989. Le SH-60F est assez proche du SH-60B. Ses missions sont pour l'essentiel les mêmes. Le SH-60F est conçu pour protéger avec d'autres hélicoptères une flotte entière à partir d'un bâtiment de surface. Il doit le protéger des menaces de surface dans un périmètre de 50 miles et jusqu'à 150 miles pour les menaces sous-marines. Il peut lancer et écouter les bouées acoustiques grâce à un quatrième homme d'équipage. Il traque les sous-marins grâce à son sonar actif AQS-13F (au lieu d'un MAD) et bénéficie d'un pilote automatique pour les phases de vol stationnaire. Il assure les missions de transport entre navires de la flotte.

 

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Photos : Sikorsky SH-60F « Sea Hawk »@ US Navy

08/07/2016

MiG-29K, l’Inde et la Russie contournent l’embargo !

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L’approvisionnement en systèmes pour les MiG-29K/KUB indiens n’est pas encore complètement réglé, la faute aux embargos combinés édictés par le gouvernement ukrainien qui empêchent l'exportation de tous les articles à usage militaire à la Russie, ainsi que les sanctions européennes et américaines qui interdisent l'exportation de composants militaires à Moscou.

La société russe RSK MiG éprouve des difficultés à livrer un avion complet qui intègre toutes les fonctionnalités promises à la marine indienne et ceci car certains fournisseurs se trouvent en Ukraine. De fait, l’Inde à jusqu’ici importé directement ces systèmes pour les intégrer sur sa flotte de MiG-29K/KUB. Certains systèmes qui auraient dû provenir de fournisseurs occidentaux sont remplacés par des produits entièrement russes.

A terme, l’Inde et la Russie prévoient de partager la fabrication de ces systèmes et de les intégrer directement sans avoir à dépendre de l’Ukraine ni de l’Occident.

Pour la Russie et l’Inde c’est l’occasion de diminuer la dépendance en matière de systèmes militaires et de renforcer la coopération et le développement de ceux-ci. Comme dans la cas des moteurs d’hélicoptères, l’embargo semble au final jouer en la faveur des russes.

 

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Le MiG-29K/KUB :

Le MiG-29K/KUB est un appareil multirôles, destiné à assurer la maîtrise aérienne et à remplir différentes missions de combat de jour comme de nuit, dans toutes les conditions météorologiques et ceci depuis un porte-avions. Cette version navalisée du célèbre appareil russe, tant le monoplace «K» que le biplaces «KUB» font partie de la génération améliorée de la famille MiG-29.

Cette nouvelle génération de MiG se classe au sein des appareils dit : 4+ multirôles destinés à la défense aérienne des missions des forces navales, la supériorité aérienne gagne, la mer et au sol la destruction des cibles avec la haute précision guidée jour et nuit des armes et dans toutes les conditions météorologiques.

Les MiG-29K/KUB sont basés sur les porte-avions, dont le tonnage est de 28.000 tonnes, équipés de rampe de décollage et d'atterrissage. Les principales innovations du MiG-29K/KUB sont :

- L'amélioration de la cellule avec environ 15% d'application de matériaux composites. 

- L'aile pliante est aménagée avec une amélioration du dispositif hypersustentateur.

- Système de contrôle  Fly-by-Wire avec quadruple redondance.

- Réduction considérable de la signature radar.

- Augmentation de la charge des armes, stockées sur huit points externes.

- Augmentation de la capacité interne de carburant et en vol possibilité de ravitaillement.

La motorisation comprend deux moteurs Klimov RD-33MK avec puissance accrue, équipé d'une chambre de combustion sans fumée et le nouveau système de contrôle électronique (de type FADEC).

Les MIG-29K/KUB dispose d’un radar  multi-mode "pulse-Doppler" de type "Zhuk-ME" fabriqué par "Fazotron-INPI" Corporation. En comparaison avec les radars de la génération précédente, le  "Zhuk-ME" dispose d’un plus grand angle de balayage en azimut, offrant une portée de détection deux fois plus longue. Le  "Zhuk-ME" permet le suivi de 10 cibles aériennes avec quatre cibles en tirs simultané de missiles. Par la suite, les MiG-29K/KUB devraient recevoir le radar «Zhuk-AE» doté d’une antenne à balayage électronique (AESA). Les MiG-29K/KUB sont équipés d’un canal IRST et d’un système de désignation laser d’illumination, destiné aux cibles terrestres

A ce jour, l’Inde a passé commande pour 16 Mig-29K/KUB avec options pour 30 et la Russie pour 20 appareils.

 

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Photos : 1 & 3 MiG-29KUB russe@ RACMiG 2 MiG-29KUB marine indienne @ Indian Navy

24/05/2015

L’aéronavale russe en plein développement !

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L’aéronavale russe est en pleine mutation, l’arrivée de nouveaux avions et projet d’un nouveau porte-avions vont profondément renforcer les capacités de la marine russe ces prochaines années.

 

Nouveaux aéronefs: 

 

Le Sukhoi SU-30SM a reçu l’approbation de la marine pour un approvisionnement à large taux de production. Selon l'amiral Chirkov, cette acquisition de SU-30SM est prévue dans le cadre d'un achat important qui comprend 21 nouveaux avions qui devront être livré d’ici 2020. Les SU-30SM se différencient des SU-30MKI indiens par leurs équipements entièrement russes, leur système d'identification "ami/ennemi" et par d’autres éléments. Pour développer cette version, Sukhoi profita de son expérience avec le programme SU-35 en ce qui concerne par exemple l’avionique. Tout comme la version MKI, le SM dispose de plans canard et de tuyères à poussée vectorielle couplées aux moteurs Saturn Lyulka AL-31Fl.

L’appareil dispose d’un radar à antenne à balayage électronique (AESA) de type Zhuk-AE du fabricant russe Phazotron. L’antenne en bande X permet de suivre 30 cibles aériennes en mode piste, pendant l’exploration et d’engager 6 cibles simultanément en mode attaque. L’avionique est également de dernière génération avec écrans multifonctions (EFIS), système de positionnement par satellite GLONASS et un nouveau système de communication sécurisé.

L’armement est multiple pour permettre l’engagement air-air et air-sol mais également air-surface. L’option de dissuasion nucléaire est également possible avec capacité de frappe d’interdiction et la suppression des défenses antiaériennes.

 

De plus, en parallèle à l’arrivée prochaine des SU-30SM, la marine russe est actuellement en cours d’introduction du MiG-29K/KUB, dont une vingtaine aéronefs sont prévu, dans le cadre d’un premier lot d’acquisition. Le MiG-19K/KUB est un appareil multi-rôles, destinés à assurer la maîtrise aérienne et à remplir différentes missions de combat de jour comme de nuit, dans toutes les conditions météorologiques et ceci depuis un porte-avions. Cette version navalisée du célèbre appareil russe, tant le monoplace «K» que le biplaces «KUB» font partie de la génération améliorée de la famille MIG-29.

Les MiG-29K/KUB sont basées sur les portes-avions dont le tonnage est de 28.000 tonnes, équipés de rampe de décollage et d'atterrissage d'arrêt.

Les MiG-29K/KUB dispose d’un radar multi-mode "pulse-Doppler" de type "Zhuk-ME" fabriqué par "Fazotron-INPI" Corporation. En comparaison avec les radars de la génération précédente, "Zhuk-ME" dispose d’un plus grand angle de balayage en azimut, offrant une portée de détection deux fois plus longue. Par la suite, les MIG-29K/KUB devraient recevoir le radar «Zhuk-AE» doté d’une antenne à balayage électronique (AESA). Les MiG-29K/KUB sont équipés d’un canal IRST et d’un système de désignation laser d’illumination pour cibles terrestres.

 

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Projet d’un porte-avions nucléaire : 

 

La marine russe prévoit par ailleurs, de lancer un nouveau projet concernant un porte-avions nucléaire de nouvelle génération, connu sous le nom de projet 23000E Chtorm (Tempête). Selon les premières informations disponibles, le futur porte-avions russe sera long de 330 m, large de 40 m, pour un déplacement d'eau de 90.000 à 100.000 tonnes et une vitesse maximale de 30 nœuds (vitesse de croisière de 20 nœuds). Son tirant d'eau serait de 11 mètres. Son équipage comprendra entre 4.000 et 5.000 personnes. Le bâtiment doit pouvoir embarquer

entre 80 et 90 aéronefs (avions et hélicoptères), dont des MiG-29K SU-30SM, hélicoptères Ka-27 & Ka-52K.

 

 

Photos : 1 Sukhoi Su-30SM @ Svido Stanislav 2 MiG-29K @ Marine russe 

24/04/2012

Rafale Marine F1 bientôt au standard F3 !

 

 

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La nouvelle va ravir les pilotes de l’aéronavale française qui l’attendait depuis longtemps. Dix Rafale Marine au standard F1 vont être modernisé au standard F3 et vont venir grossir les rangs des vingt appareils déjà livré dans cette version. Il s’agit des dix aéronefs les plus ancien, qui avaient été livrés au début des année 2000 est mis en «cocon» dans l’attente d’une modernisation.

Le standard F1 du Rafale, ne permet qu’un emploi très limité de l’avion, soit les capacités air-air et de ravitaillement en vol. Le standard F3 permet l’engagement omnirôle de l’aéronef aussi variées que l’attaque air-sol, air-surface et la reconnaissance ainsi que la  dissuasion nucléaire.

Une grosse organisation :

Pour mener à bien cette modernisation, plusieurs acteurs du programme Rafale et de l’armée française sont engagés, il s’agit de Dassault Aviation, MBDA, Thales, Sagem, et d’organismes d’Etat tels que le Service industriel de l’aéronautique (SIAé), la Marine nationale et la Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de la défense (SIMMAD).

La mise à niveau des Rafale F1 consiste à revoir en profondeur les systèmes pour leur donner les mêmes capacités que les avions de standard F3,qui actuellement produits sur la chaîne de montage de Dassault. L’un des grand défis consistera à équilibrer le calendrier du rétrofit et/ou la la sortie d’un fuselage du Service industriel de l’aéronautique pour pouvoir s’intercaler dans la chaîne de production. Chaque phase doit donc être parfaitement cadencée pour ne pas désorganiser l’ensemble de la production industrielle des avions Rafale.

Qualification du F3 :

La Délégation générale pour l'armement (DGA) a prononcé le 1er juillet 2008  la qualification de la version totalement polyvalente de l'avion Rafale, dénommée standard «F3». Le Rafale au standard F2, actuellement en service dans l'armée de l'air et la Marine nationale, permet déjà d'assurer les missions de défense aérienne et d'attaque au sol. Le standard F3 apporte les capacités d'attaque anti-navire et de reconnaissance aérienne, ainsi que de dissuasion nucléaire

Rappel :

Le Rafale est en service dans la marine depuis 2004 et l'armée de l'air depuis 2006. Le Rafale constituera à terme l'unique avion de la composante aérienne de combat en France .

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Photos : Rafale Marine @ Dassault Aviation/Marine nationale