30/04/2018

Brésil, premier Skyhawk biplace modernisé !

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La marine brésilienne a pris livraison de son premier avion de combat modernisé McDonnell Douglas AF-1C « Skyhawk » biplaces le 24 avril dernier. La marine brésilienne exploite actuellement deux AF-1B Skyhawks monoplace modernisés. En avril 2009, Embraer a obtenu un contrat pour la mise à niveau de neuf A-4KU et de trois TA-4KU aux normes AF-1B et AF-1C.

Cependant, il a été décidé plus récemment de moderniser moins d'avions en raison des budgets contraignants et de la décision de mettre hors service le porte-avions São Paulo (A 12). Le premier AF-1B monoplace a été livré en mai 2015 à l'escadron VF-1 «Falcão» de la base aérienne navale de São Pedro da Aldeia et le second en avril 2016, mais ce dernier s'est écrasé le 26 juillet 2016.

 La modernisation comprend de nouveaux systèmes de navigation, d'armement,de communications tactiques et de capteurs. Embraer est le principal entrepreneur pour le programme A-4, avec la filiale brésilienne de Elbit AEL Sistemas responsable d'un nouveau cockpit doté d’écrans EFIS  qui remplace les instruments analogiques. Le contenu de la mise à niveau comprend des révisions structurelles et le renforcement, l’installation du radar Elbit M-2032 multi-mode,  une troisième radio VHF, une nouvelle liaison de données, un système Elta EL de génération d'oxygène (OBOGS), et la mise en place du concept HOTAS, un nouvel affichage tête haute (HUD) et un système de navigation aérienne tactique (TACAN).

Les AF-1 ont été initialement achetés par le Koweït en 1976 comme A-4KU « Skyhawk II », avec des livraisons se terminant en 1978 et les 23 exemples restants vendus au Brésil en 1997.

Amélioré en attendant  mieux !

Il s’agit là,  du plus gros contrat entre la société Embraer et la marine, l’objectif étant d’améliorer la technologie et de prolonger la vie des cellules en attendant un successeur aux AF-1 « Skyhawk » pour la marine de guerre brésilienne.

 Le bon vieux Skyhawk :

Le Douglas A-4 Skyhawk est un avion d’attaque léger spécialement construit pour opérer depuis un porte-avions. Robuste et pas cher, cette avions à rencontrer un gros succès avec pas moins de 3'000 exemplaires construits pour une dizaine de pays. Entrés en service en 1956 dans la Marine américaine, il est resté en production durant 27 ans !

Le premier prototype le XA4D-1 fit son premier vol le 22 juin 1954 et les premières livraisons commencèrent en 1956 pour l’US Navy et un an plus tard c’est l’US Marine Corps qui touchait ses premiers exemplaires du A-4.

Photo :McDonnell Douglas AF-1C biplace« Skyhawk » de la marine brésilienne @ S.Mendes

 

 

 

19/02/2018

Airbus relance l’idée d’un A320 MPA !

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L’avionneur européen semble se diriger en direction d’un programme militaire pour son A320neo. L’objectif étant de venir concurrencer par exemple le P-8A « Poseidon » de Boeing basé sur une cellule de B737.

Remplacer les Breguet Atlantique 2 & P-3 :

Si l’on se base sur les actuels avions Atlantique 2 (ATL2), ceux-ci vont rester en service jsuqu’en 2030 au plus tard. Par ailleurs, plusieurs marines utilisent encore les bons vieux P-3 « Orion » modernisés. Mais ceux-ci vont également devoir être remplacer d’ici 10 à 12 ans. Hors, si rien n’est fait en Europe, c’est Boeing et son P-8 qui risque de remporter la mise.

A-t-on perdu un temps précieux ?

Ce qui étonnera plus d’un, concerne le fait qu’Airbus avait déjà en son temps étudié une telle possibilité avec l'A319 MPA, soit est un aéronef de patrouille maritime à grande distance et ASW. L'avion devait être déployé dans des missions de lutte anti-sous-marine et anti-surface, de renseignement, de reconnaissance et de surveillance. A l’époque, l’étude démontrait que la capacité de recherche à basse altitude ou de recherche, le dépassement de la distance, l'endurance et la vitesse de transit rapide faisaient de l'A319 le meilleur avion de patrouille maritime de son aire de répartition.

Malheureusement cette solution novatrice à l’époque n’a pas trouvé preneur, laissant ainsi Boeing prendre l’ascendant avec son P-8A.

A320neo MPA :

En repartant de « zéro » avec l’A320neo en mode « MPA » Airbus pourrait bien cette fois venir contrer son concurrent américain. En effet, la France et l’Allemagne ont un calendrier similaire pour le remplacement de leur flotte d’avion de lutte anti-sous-marine et anti-surface. Les deux pays pourraient donc devenir les premiers clients de cette nouvelle version.

Le futur A320neo MPA reprendrait certaines caractéristiques développées à l’époque pour l’A319 MPA. L’installation d’un terminal d'information embarqué (OIT) transfèrera les informations de situation et des capteurs aux membres d'équipage. Il améliorera également la coordination de l'équipage et l'évaluation de la mission.

L'A320neo MPA devrait recevoir un système d'armes anti-sous-marins et anti-surface. L'avion pourra transporter une variété d'armes à l'intérieur et sur les ailes-pylônes. La soute à bombes interne pourra abriter huit postes d'armes pour des torpilles, des charges de profondeur, des mines et d'autres armes ASW. Avec quatre points sous les ailes pouvant contenir des missiles pour attaquer des cibles navales ou terrestres.

Le futur système de mission ouverte de intègrera un ensemble de capteurs multi-missions. Les capteurs couplés à des systèmes de communication modernes permettent à l'aéronef d'effectuer des opérations dans un environnement d'opérations réseau centré (NCO). La suite complète de capteurs ASW suit et identifiera des cibles sous et sur l’eau. Les systèmes de mission comprendront un radar de surveillance, un interrogateur IFF, une tourelle IR / EO, un système acoustique et un détecteur d'anomalies magnétiques (MAD). L'A3320neo MPA disposera d'un système tactique entièrement intégré (FITS),

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Photos : images de synthèse du futur A320neo MPA @ Airbus DS

 

 

 

07/10/2017

L’Argentine se procure 5 Super Etendard !

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Buenos Aires, négociait depuis près de 12 mois l’achat d’un petit lot de Super-Etendard modernisés (SEM) de la Marine Nationale française. Cette semiane l’accord a été signé pour la vente de 5 appareils d’occasions.

Les 5 Super Etendard qui rejoindront prochainement l’aéronavale argentine (Aviación Naval Argentina) sont des appareils retirés du service actif. Le contrat est estimé à environ 14,23 millions d'euros, dont 12,55 pour les avions de combat, les pièces de rechange, la documentation technique, et 1,68 million d'euros, pour le transport des avions.

Les Super Etendard vont venir renforcer la 2° Escuadrilla Aeronaval de Caza y Ataque avec déjà dotée de ce type d’avion sur la  Base Aeronaval Comandante Espora (BACE), située sur la côte est de l'Argentine. La Marine argentine avait acheté à Dassault Aviation 14 Super-Etendard en juillet 1979. Certains d'entre eux ont été engagés dans la guerre des Malouines.

Le Super Etendard modernisé (SEM) :

La Marine avait reçu le dernier exemplaire du Super Etendard modernisé au standard 5 (SEM 5) le 14 mai 2012. L’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu avait livré le Super Étendard modernisé (SEM) n°62, dernier SEM sorti des chaînes de maintenance du service industriel de l’aéronautique (SIAé).

Durant 30 ans, l’AIA de Cuers-Pierrefeu a été un acteur prépondérant dans la disponibilité de la flotte SEM en réalisant plus de 140 visites d’entretien majeur. L’atelier a également assuré toutes les modifications et les mises au standard de l’avion demandées par la marine nationale, en raison de l’évolution des technologies et des besoins opérationnels.

A l'origine, le Super Étendard ne devait être qu'une évolution de l'Étendard IVM. Mais la refonte de l'avion et de son système d'armes fut si complète que le Super Étendard ne partage plus guère aujourd'hui qu'une partie de son nom (et d'excellente qualité de vol) avec le glorieux ancêtre. Le Super Étendard est un appareil dont les qualités manœuvrières en basse et moyenne altitude en font un remarquable avion d'assaut capable de traiter des objectifs maritimes ou terrestres avec des armements aussi diversifiés que l'armement nucléaire, les missiles anti-surfaces et air-sol, les bombes et le canon.

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Photos : Super Etendard SEM @ Laurent Casaert

 

 

10/05/2017

Le premier Super Lynx portugais modernisé en approche !

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Le premier des cinq hélicoptères AgustaWestland Super Lynx Mk 95 exploités par la Marine portugaise sera livré en juin. Les Super Lynx portugais ont débuté un programme de modernisation au sein des installations de Leonado à Yeovil au Royaume-Uni.

Le contrat de modernisation a été signé en 2016 et porte sur une enveloppe de 75 millions de dollars. La mise à niveau comprend le remplacement des moteurs originaux Rolls-Royce Gem 42 par des Rolls-Royce/Honeywell  LHTEC CTS800-4N plus puissants. Une nouvelle avionique avec écrans couleurs dotée d’un système de navigation par satellite, un nouvel ordinateur de gestion de mission et un système d'évitement de collision. Le programme mettra également à jour les logiciels du radar RDR-1500B et du sonar trempé AN/ AQS-18V.

La mise à niveau étendra également la durée de vie de la flotte et permettra de résister à l'obsolescence de navigabilité et lui permettra de respecter les nouvelles normes de vol européennes qui entreront en vigueur en 2018.

Le Super Lynx au Portugal :

La Marine portugaise exploite 5 hélicoptères AgustaWestland MK95 achetés en 1990 au sein de ses installations de Montijo. Les hélicoptères effectuent des missions de guerre antisurface et anti-sous-marine, de recherche et sauvetage ainsi que l’évacuation sanitaire. Les Super Lynx sont également régulièrement déployés sur les frégates de la marine Vasco da Gama-classe et Bartolomeu Dias.

Photo : AgustaWestlans Super Lynx portugais@ Marine du portugal

 

12/07/2016

L’aéronavale dit adieu à ses Super Etendard !

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Ce mardi, après près de 42 ans de bons et loyaux services, la Marine française a dit adieu à ses cinq derniers Super Étendard encore en service. Un dernier vol a eu lieu aujourd’hui sur la base de l’aéronavale de Landivisiau.

Une première étape du retrait avait eu lieu en mars dernier, avec la fin de la carrière embarquée de l’avion. Le dernier appareil de la flotille 17F avait décollé pour la dernière fois du pont du « Charles-de-Gaulle ».

 Le Super Etendard modernisé (SEM) :

La Marine avait reçu dernier exemplaire du Super Etendard modernisé au standard 5 (SEM 5) le 14 mai 2012. L’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu avait livré le Super Étendard modernisé (SEM) n°62, dernier SEM sorti des chaînes de maintenance du service industriel de l’aéronautique (SIAé).

Durant 30 ans, l’AIA de Cuers-Pierrefeu a été un acteur prépondérant dans la disponibilité de la flotte SEM en réalisant plus de 140 visites d’entretien majeur. L’atelier a également assuré toutes les modifications et les mises au standard de l’avion demandées par la marine nationale, en raison de l’évolution des technologies et des besoins opérationnels.

A l'origine, le Super Étendard ne devait être qu'une évolution de l'Étendard IVM. Mais la refonte de l'avion et de son système d'armes fut si complète que le Super Étendard ne partage plus guère aujourd'hui qu'une partie de son nom (et d'excellente qualité de vol) avec le glorieux ancêtre. Le Super Étendard est un appareil dont les qualités manœuvrières en basse et moyenne altitude en font un remarquable avion d'assaut capable de traiter des objectifs maritimes ou terrestres avec des armements aussi diversifiés que l'armement nucléaire, les missiles anti-surfaces et air-sol, les bombes et le canon.

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Les missions :

La première des missions du chasseur-bombardier embarqué était la dissuasion nucléaire. Mais l'avion est également bien connu pour avoir formé un couple redoutable avec le missile AM-39 "Exocet", conçu pour la lutte antinavire. Il assura également des missions d'appui-feu au profit des troupes à terre.

Les missions de reconnaissance se sont éffectuées à l'aide d'un châssis amovible CRM 280, qui s'installe à la place des deux canons de 30 mm et qui contient deux caméras très différentes : la première panoramique, offre des clichés de très grandes précisions en couleur ou en noir et blanc pour les vols à basse altitude. La deuxième caméra, optimisée pour la reconnaissance à moyenne ou haute altitude, est numérique et filme en continu le sol.

Toutes ces évolutions ont été rendues possibles grâce à différents programmes de modernisation, qui ont successivement porté les Super Étendard au standard 1, 2 puis 3 et 4 et en ont fait des "SEM", alias "Super Étendard Modernisé". Puis se fut le standard 5 qui permis à l'avion de faire bonne figure jusqu'en 2015, date à laquelle, il céda complètement sa place au Rafale. Ce futur standard offert une capacité nocturne totale au SEM et à ses pilotes, avec la mise en oeuvre d'un pod de désignation laser Damocles couplé à un FLIR pour la navigation nocturne. En attendant, les pilotes combattaient la nuit à l'aide de JVN (jumelles de vision nocturne) dont l'emploi est rendu possible par une adaptation de l'instrumentation de bord.

Dès 1985, il est apparu que pour maintenir l'appareil en service jusqu'en 2010, maintenir ses capacités opérationnelles à un niveau suffisant et se prémunir des risques d'obsolescence de certains équipements ou composants, le système d'armes de l'appareil devait être modifié en profondeur. Un programme de modernisation fut lancé en juin 1986. Il concernait trois domaines principaux: la détection radar, le système de navigation et d'attaque, et l'ergonomie du poste de pilotage. Le Super Etendard modernisé (SEM) aura des capacités qui évolueront progressivement jusqu'au standard 5 de fin-2006.

L'intégration du radar Anémone en remplacement de l'Agave permit de multiplier par deux les portées de détection sur des cibles maritimes tout en assurant une meilleure discrétion des émissions électromagnétiques. Les nouveaux modes de fonctionnement de ce radar offrent des possibilités qui permettent d'optimiser l'utilisation des missiles AM 39 et ASMP. Le système de navigation et d'attaque conçu dans les années 1970 utilisait des calculateurs dont les possibilités d'évolution étaient très limitées. Pour permettre l'introduction de nouvelles conduites de tir et pouvoir dialoguer avec le nouveau radar Anémone, les calculateurs ont été modernisés: accroissement de la capacité de calcul, augmentation du nombre des liaisons de transfert de données, possibilité de modifier la programmation des équipements majeurs.

La charge de travail du pilote au cours des passes de tir est notablement allégée grâce à l'amélioration de l'ergonomie du poste de pilotage. L'intégration d'un combiné de visualisation tête haute et tête moyenne remplaçant l'ancien viseur et l'écran radar permet au pilote de disposer d'une image radar collimatée à l'infini supprimant ainsi le temps d'adaptation de la vue lors de la lecture des informations présentées. Le regroupement sur la poignée de pilotage et sur la manette de puissance de l'ensemble des commandes utilisées pour la mise en oeuvre du système d'armes lors des passes d'attaque, permet d'optimiser les enchaînements des actions du pilote et procure une plus grande souplesse en cas de situation imprévue : mauvaises conditions météorologiques ou évolution de la situation tactique autour de l'objectif. Bien qu'aucun armement nouveau n'ait été introduit dans la panoplie du Super Etendard dans la première phase de la modernisation, l'efficacité militaire de l'avion s'est trouvée nettement améliorée grâce à son nouveau radar et à la nouvelle ergonomie de son poste de pilotage. La livraison du premier appareil modernisé équipé du radar Anémone est intervenue en décembre 1993, la première flottille étant déclarée opérationnelle sur Super Etendard modernisé (SEM) en novembre 1995. Le dernier SEM a été livré en 1998. Le premier standard SEM est le standard 2, le standard 3 est introduit en 1995, le standard 4 en 2000, et le standard 5 en 2006.

 

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Photos : 1 SEM avec le pod Damocles pour la « Reco »@MN 2 & 3 SEM @ Laurent Casaert