13/06/2022

Bisbille sur la future livrée d' Air Force One !

1307568760.jpeg

Le nouvel avion présidentiel américain avait été sélectionné à l’époque par l’administration Obama. Le choix s’est porté sur la nouvelle génération du Boeing B747-8« Intercontinental ». Le remplacement des deux aéronefs de type B747-200 présidentiels (VC-25A) stationnés sur la base aérienne d’Andrews AFB est une grande priorité pour l'US Air Force. Les avions devaient entrer en service en 2024.Sous l’administration Trump, le concept a été validé. 

L'USAF travaille depuis au remplacement de sa flotte actuelle d'avions présidentiels, de deux VC-25A B747-200 livrés en 1991, avec deux B747-8 initialement construit pour le transporteur russe Transaero, qui a déposé son bilan en 2015 avant de pouvoir prendre livraison. 

Le design à la Trump ne plaît pas à Biden 

Lors de son mandat, le Président Trump a voulu changer la livrée traditionnelle bleu et blanc par une nouvelle peinture rouge, blanc et bleu issue du drapeau des Etats-Unis. La moitié supérieure de l'avion serait blanche, tandis que le bleu foncé couvrirait la moitié inférieure, y compris le ventre. Une bande rouge s'étendait du cockpit à la queue à travers la section médiane.

Or, on apprend maintenant que l'administration du président américain Joe Biden a abandonné ce design rouge, blanc et bleu de l'ancien président Donald Trump.

Pour ce faire l’administration Biden invoque que la livrée initiée par son prédécesseur augmenterait les coûts et retarderait la livraison des nouveaux avions et d’ajouter que des couleurs plus sombres, entre autres facteurs, sur le dessous de l'avion VC-25B pourraient contribuer à des températures dépassant les limites de qualification actuelles d'un petit nombre de composants sur l’avion.

Bataille entre pro-trump et Démocrates

Vrai ou faux, cette décision est devenue une nouvelle raison pour des affrontements entre pro-trump et démocrates. Pour les premiers, il s’agit pour l’administration Biden d’effacer toutes les traces du passage de D. Trump à la Maison Blanche.

Du retard

L'administration Biden n'a pas officiellement dévoilé un nouveau design pour la future flotte de VC-25A qui se trouve actuellement dans une usine Boeing à San Antonio, au Texas. Les appareils subissant d'importantes modifications pour les préparer à transporter le président. Ils arborent actuellement un simple peinture blanche et bleue avec des marques de l'US Air Force au fur et à mesure que les travaux avancent. Selon le nouveau calendrier de l’USAF, le premier VC-25A « Air Force One » ne sera disponible qu’à partir de 2026 soit avec plusieurs années de retard. 

476197332.jpg

Photos : 1 La livrée décidée par Trump 2 Possible livrée traditionnelle retenue par Biden@ Boeing 

 

12/06/2022

Nouvelle opération de mesure de la radioactivité !

522820032.jpg

Comme chaque année dans notre pays, des vols annuels de mesure de la radioactivité sont effectués par la Centrale nationale d’alarme CENAL. Cette année ils auront lieu du 13 au 17 juin 2022. Un hélicoptère Super Puma survolera les zones à mesurer à environ 90 mètres au-dessus du sol en suivant des couloirs parallèles. Cette méthode permet de relever la radioactivité au sol rapidement et à grande échelle. Grâce à ces résultats de mesure, il est plus facile de constater d’éventuels écarts par rapport à la normale en cas d’événement si l’on soupçonne une augmentation de la radioactivité.

Cette année, les mesures porteront sur la ville de Coire, le val Mesolcina et le val Calanca en tant que zones d’intérêt topographique (14 juin). En outre, la région située au nord-est de l’aéroport de Zurich sera survolée dans le cadre du programme de mesure des zones à forte densité de population (15 juin). Par ailleurs, des vols de routine seront effectués dans les environs des centrales nucléaires de Beznau et de Leibstadt (13 juin). Vers la fin de la semaine de mesure, un exercice d'une journée entière aura lieu sur la place d'armes de Thoune (16 juin).

Depuis plusieurs années, la CENAL poursuit un programme de mesure de la radioactivité des villes suisses. En cas de doute suite à un événement, les valeurs récoltées fourniront une base permettant de détecter tout écart par rapport à la situation normale. Les vols au-dessus des centrales nucléaires sont réalisés à la demande de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Mesure de la radioactivité normale : 

Les mesures aéroradiométriques, effectuées depuis un aéronef, permettent de relever la radioactivité au sol rapidement et sur une vaste surface. Chaque été, la CENAL organise une semaine de vols afin de collecter des valeurs et de garantir la capacité d’intervention des équipes de mesure et des appareils. Le programme se concentre sur les mesures de la radioactivité des agglomérations urbaines. Les années précédentes, elles ont été réalisées au-dessus de Zurich, Bâle, Genève, Berne et d’autres villes. (Sources DDPS)

4137199997.png

Photos : Hélicoptère Super Puma équipé pour effectuer les mesures de radioactivité @ DDPS

 

11/06/2022

Le HAL HTT-40 enfin certifié !

Ghtt40-index.jpg

Le régulateur indien enfin a validé la certification de l’avion école de base HAL, le  HTT-40. Cela ouvre la voie à l'intégration éventuelle de l'avion dans l'armée de l'air indienne. L'avion Hindustan Turbo Trainer-40 (HTT-40) développé en Inde a reçu son certificat d'autorisation de navigabilité du Center for Military Airworthiness and Certification (CEMILAC).

La porte ouverte à la production

Cette certification ouvre la porte à la finalisation du contrat qui devrait être signé en octobre ou novembre 2022. La production pourrait démarrer 18 mois. L’avionneur indien HAL précise qu’il pourrait fabriquer 24 avions par année au sein de deux sites d’assemblage situés à  Bangalore et à Nashik.  

Rappel

En août 2020, le Bureau d'information de la presse (PIB) du gouvernement indien a annoncé que le Conseil d'acquisition de la défense (DAC) du ministère de la Défense, dirigé par le ministre de la Défense Rajnath Singh, avait préparait l’achat potentiel de 70 avions Hindustan Turbo Trainer-40 (HTT-40) de la société publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL).

HAL HTT-40

Le prototype HTT-40 propulsé par un turbopropulseur Honeywell TPE331-12B a effectué son premier vol d'essai en juin 2016, après un retard de six ans.

Le HTT-40 a été développé pour remplacer le HPT-32 « Deepak » conçu par HAL, qui a été refusé par l’IAF en juillet 2009 à la suite d'accidents récurrents. Une fois intronisé, le HTT-40 est destiné à compléter les 75 avions école de base Pilatus PC-7 Mk II qui sont en service IAF depuis 2013.

Le HTT-40 est un aéronef à voilure fixe incorporant une conception de cellule tout en métal. Sa masse au maximale au décollage et de 2’800 kg et peut être configuré pour porter des armes, en vue de l’entrainement, mais également pour des missions de contre-insurrection. Le cockpit climatisé peut accueillir deux membres d'équipage, dont un instructeur et stagiaire dans la configuration des sièges en tandem de type « zéro-zéro ». Il intègre une avionique avec écrans multifonctions et des systèmes de navigation et de communication modernes. La motorisation du HHT40 comprend une turbine Honeywell TPE331-12B dotée d’un FADEC et qui développe une puissance maximale de 950 ch sur l'arbre (shp). Le HTT40 devrait pouvoir atteindre une vitesse maximale de 450 kilomètres par heure pour un rayon d’action 1’000 km. La vitesse de décrochage avec les volets est de 135 km/h.

Organisation à l’Indian Air Force

L’Indian Air Force (IAF) prévoit une formation en trois phases pour ses élèves pilotes. La formation de base (BTA) s’effectue sur l’avion suisse Pilatus PC-7MKII, puis la phase II, dite intermédiaire doit être faite sur l’avion indigène HAL HTT-40. Puis, la phase avancée se termine sur le jet anglais BAe Hawk. 

Un aéronef qui ne fait pas l'unanimité:

Le HAL HTT-40 ne fait pas l'unanimité au sein de l'école de pilote de l'IAF. De nombreuses critiquent mettent en doute l'ergonomie du poste de pilotage, la mauvaise visibilité depuis la place de l'instructeur, ainsi que les finitions de l'avion. En 2015, un groupes d’instructeurs indiens demande de stopper le programme HTT-40 et de commander davantage de PC-7MK II. Mais pour les politiciens indiens, cet appareil tout comme d'autres créations indiennes, sont le signe que le pays à sa place au sein des nations de l'aviation.

1169887072.jpg

Photos : HTT-40 @ HAL

10/06/2022

La Norvège ne veut plus du NH90 !

 

norvège,nh90,les nouvelles de l'aviation,nhibdsutries

 

Trop c’est trop ! La Norvège a résilié son contrat pour les hélicoptères NH90 et restituera tous les appareils tout en exigeant le remboursement intégral soit près de 525 millions de dollars. Au total, ce sont 14 hélicoptères qui sont concernés.

Rappel

La Norvège a commandé 14 hélicoptères NH90 pour les garde-côtes et la lutte anti-sous-marine en 2001. Ils devaient initialement être livrés fin 2008. A ce jour, seuls huit ont été livrés dans une configuration pleinement opérationnelle.

Les raisons qui fâchent

En février, le ministère norvégien de la Défense a demandé qu'un examen complet des capacités d'hélicoptères maritimes du pays soit mené. L'examen a conclu que même avec des investissements financiers supplémentaires importants, il ne serait pas possible d'amener les performances et la disponibilité du NH90 à un niveau qui répondrait aux exigences norvégiennes. En effet, la flotte est actuellement tenue de fournir 3’900 heures de vol par an, mais ces dernières années, elle n'a fait en moyenne qu'environ 700 heures.

Selon la Norvège, les nombreux retards de livraisons, des erreurs et des pertes de temps en maintenance ont finalement poussé le pays à une décision de retrait de la flotte.

"Malheureusement, nous sommes arrivés à la conclusion que, quel que soit le nombre d'heures de travail de nos techniciens et le nombre de pièces que nous commandons, cela ne rendra jamais le NH90 capable de répondre aux exigences des forces armées norvégiennes", a déclaré Bjørn Arild Gram. "une décision sérieuse."

Le ministère norvégien de la Défense a déclaré qu'il entamerait prochainement le processus d'identification d'un hélicoptère maritime alternatif.

Du côté de NHIndustrie

Dans un communiqué, NHIndustries s'est dit "extrêmement déçu par la décision prise par le ministère norvégien de la Défense et réfute les allégations portées contre le NH90 ainsi que contre la société". Il a ajouté qu'il n'avait pas eu la possibilité de discuter de ses dernières propositions et qu'il considérait la résiliation norvégienne du contrat comme "juridiquement sans fondement".

Photo : NH90 norvégien@ Force armée norvégienne

 

09/06/2022

10 ans de retard pour le SCAF? 

2711200870.jpeg

L’annonce à de quoi intriguer, pour autant elle provient du PDG de Dassault, Éric Trappier en personne. On savait que le système Future Combat Air System (FCAS)/Système de Combat Aérien Futur (SCAF) ne serait pas disponible dans un premier standard avant 2040 – 2045, mais la date de 2050 est maintenant énoncée.

Pour Eric Trappier, les retards persistants dans l'accord sur les conditions de développement du SCAF retarderont l'entrée en service du nouvel avion de combat de nouvelle génération (NGF ) élément du programme d'au moins dix ans. Selon le calendrier actuel publié, le premier vol du démonstrateur NGF était prévu pour 2027, la conception finale proposée étant gelée en 2030 avant une date de mise en service proposée de 2040 – 2045 . S'adressant aux médias, Éric Trappier, a déclaré que la date de mise en service actuellement prévue n'est plus tenable, 2050 étant un calendrier plus réaliste.

Cette déclaration est intervenue trois mois après avoir annoncé le 4 mars que les travaux de développement sur le système NGF du SCAF avaient effectivement été interrompus, Dassault, Airbus et Indra n'ayant pas pu s'entendre sur les conditions de partage de la phase 1B, et qu'il avait retiré ses ingénieurs hors du programme jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée.

Le problème

L’histoire semble se répéter au sein des grands programmes militaires européens. Le problème repose toujours sur la maîtrise d'œuvre du système. Dans le cas présent il implique Dassault en tant que maître d’œuvre, mais qu'Airbus souhaite partager. Mais pour Eric Trappier cette question est hors de propos. On assiste clairement à un profond désaccord sur la nature de la coopération entre Dassault, Airbus et Indra.

Rappel sur la répartition des travaux

Dassaut Aviation aura la charge de travail du NGF sur les lots stratégiques et secondaires phase 1B, en tant maitre d'œuvre soit 38%. 

Airbus obtient 62% (Allemagne 32%, Espagne 30%) : L'Allemagne va s'occuper de la conception des drones avec MBDA  et Satnus, du Cloud avec Thales et Indra. De son côté l'Espagne aura la charge des technologies de furtivités et des capteurs avec Indra, Thales et l'Allemand FCMS. La motorisation sera du ressort d'une joint-venture entre Safran, MTU et ITP.  

Un plan B ?

Pourrait-ont imaginer un « plan B » ? Dassault avait en son temps quitter le consortium Eurofighter à l’époque et développer seul le Rafale. Imaginer refaire reprendre un même chemin aujourd’hui est problématique. Le développement d’un avion de 6 -ème génération est estimé dans une fourchette de

50 et 80 milliards d’euros. Il faut y ajouter des compétences technologiques énormes, afin de ne pas encore une fois, se retrouver en retard face à la concurrence américaine.

Conclusion

Une fois de plus l’Europe se retrouve face à ses vieux démons, une politisation qui ralentit les efforts du fait d’un égo surdimensionnés pour certains ce qui a pour conséquence de freiner les industriels et le développement de la technologie. Les Forces aériennes européennes n’ont de fait pas d’autres alternatives que de se tourner en direction du F-35. A l’avenir, si une solution européenne n’est pas viable, le programme américain Next Generation Air Dominance (NGAD) sous le concept  « Digital Century » risque bien de doucher les espoirs des avionneurs européens.  

Photo : Image de synthèse du SCAF @ Dassault Aviation