17/06/2022

Les Pays-Bas opte pour l’Embraer KC-390 !

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C’est une petite surprise, les Pays-Bas ont choisi leur futur avion de transport tactique avec l’Embraer KC-390M. L’avion doit venir remplacer les actuels Lockheed Martin C-130H « Hercules » pour 2026.

Au total, ce sont 4 Lockheed C-130H « Hercules » qui doivent être remplacés de manière rapide. Initialement les Pays-Bas avaient l’intention de les utiliser jusqu’en 2031. Mais ceux-sont arrivent déjà en fin de vie et de nombreuses pannes péjorent leur utilisation.

Selon le plan du Ministre de la Défense des Pays-Bas, il est prévu d’acquérir 5 KC-390M. L’avion supplémentaire doit permettre de combler les besoins de l’armée et d’offrir une plus grande marge en terme de disponibilité. Il s’agit également de répondre en ce qui concerne aux menaces actuelles de la guerre en Ukraine. Les Pays-Bas contribuent également à combler un déficit européen. Une capacité de transport supplémentaire profite également à la rapidité de réponse. L'intention est que le C-390M participe également au Commandement européen du transport aérien. Il s'agit d'un partenariat dans le domaine du transport aérien de 7 pays européens. L'ajout du C-390M bénéficiera à la mutualisation et au partage des capacités dans un contexte européen. Cela se fait avec des types d'avions de transport similaires mais également différents.

Le choix

Le ministère de la Défense a fixé spécifiques pour son futur avion de transport tactique. Selon ces dernières, le KC-390M prend l’avantage sur le Lockheed Martin C-130J « Super Hercules » en ce qui concerne la disponibilité et obtient de meilleurs résultats sur un certain nombre d'exigences opérationnelles et techniques et nécessite moins de maintenance.

Embraer KC-390M

Le KC-390 est doté d’une avionique avec double affichage tête haute, avec un système de mission complet. L’avion est également doté d’un système complet d'autoprotection. Les pilotes disposent de commandes « fly-by-wire » avec système de contrôle de vol et des fonctions optimisées, qui assurent d’excellentes performances avec un équipage réduit. L’équipage dispose de quatre grands écrans reconfigurables et de deux manches latéraux, le KC-390 permet des utilisations sécurisées à partir de pistes semi-préparées.

L’avion a une capacité de décollage d’environ 72 tonnes avec une charge maximale de 20 tonnes. D’une longueur de 33,4 mètres et d’une hauteur de 11,4 mètres l’avion dispose d’une envergure de 33,9 mètres. Doté d’une porte cargo à l’arrière, l’avion peut être également aménagé rapidement pour le ravitaillement en vol, ainsi que pour des missions spécifiques, comme l’écoute électronique et le largage de parachutistes par exemple. Le KC-390 est motorisé par deux IAE V2500-A5. Selon l’avionneur Embraer, les deux moteurs à double flux et la conception en flèche des ailes le rendent plus efficace et lui confère « le coût du cycle de vie le plus bas du marché ».

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Photos : KC-390M @ Embraer

16/06/2022

Vol inaugural pour l’A321XLR !

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Le premier A321XLR (Extra Long Range) d'Airbus a accompli avec succès son premier vol. L'avion, MSN 11000, a décollé de l'aéroport de Hambourg-Finkenwerder à 11h05  pour un vol d'essais d’une durée d’environ 4h35 heures. L'équipage de l'avion était composé des pilotes d'essais expérimentaux Thierry Diez et Gabriel Diaz de Villegas Giron, ainsi que des ingénieurs d'essais Frank Hohmeister, Philippe Pupin et Mehdi Zeddoun. Pendant le vol, l'équipage a testé les commandes de vol, les moteurs et les systèmes principaux de l'avion, y compris les protections de l'enveloppe de vol, à grande et basse vitesse.

Philippe Mhun, EVP Programmes et Services d'Airbus a déclaré : "Il s'agit d'une étape majeure pour la famille A320 et ses clients dans le monde entier. Avec l'entrée en service de l'A321XLR, les compagnies aériennes seront en mesure d'offrir un confort long-courrier sur un avion monocouloir, grâce à sa cabine Airspace unique. L'A321XLR ouvrira de nouvelles routes avec des performances économiques et environnementales imbattables."

L'avion équipé de moteurs LEAP-1A de CFM International. L'entrée en service est prévue pour le début de 2024.

L'A321XLR est le prochain stade de l’évolution de la famille d'avions monocouloirs A320neo. Il répond aux exigences du marché en termes de rayon d'action et de charge utile, créant ainsi plus de valeur pour les compagnies aériennes en offrant des services économiquement viables sur des routes plus longues que tout autre modèle d'avion comparable.

L'A321XLR offrira un rayon d'action sans précédent pour un avion monocouloir, allant jusqu'à 4 700 nm (8700 km), avec une consommation de carburant par siège inférieure de 30 % à celle des avions de la génération précédente, ainsi qu'une réduction des émissions de NOx et du bruit. À la fin du mois de mai 2022, la famille A320neo a accumulé plus de 8000 commandes de plus de 130 clients dans le monde. Les commandes d'A321XLR s'élèvent à plus de 500, provenant de plus de 20 clients.
Pour en savoir plus sur le premier vol de l'A321XLR,

La famille A320neo a cumulé près de 7’900 commandes de plus de 120 clients dans le monde. Les commandes d'A321XLR s'élevaient à 515 provenant de 25 clients. 

Photo : A321XLR lors de son premier vol @ Airbus / Lutz Borck

15/06/2022

Le transporteur russe Aeroflot se recentre sur des aéronefs russes !

 

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La guerre en Ukraine et l’embargo sur les pièces d’avions Airbus et Boeing poussent les transporteurs russes à se tourner en direction de productions nationales (avia news du 15.04.22) en remettant en activité de vieux avions. United Aircraft Corporation (UAC) du groupe Rostec l’a bien compris et relance des projets, tel le Tu-214. Cette situation pousse UAC à promouvoir et diversifier davantage sa production.

Grosse commande pour Aeroflot

Le transporteur Aeroflot prépare de son côté une importante commande qui pourrait compter jusqu’à 300 appareils. Un accord pourrait être dévoilé lors du prochain Forum économique international à Saint-Pétersbourg du 15 au 18 juin. Selon un porte-parole d’UAC la commande devrait porter sur les familles d’avions de ligne régionaux Irkut MC-21 et Sukhoi SSJ100 et d’un petit nombre du Tu-214.

Selon le directeur général de Rostec, Sergey Chemezov, le groupe prévoit de livrer 110 avions civils d’ici 2025 et 500 d’ici 2030. La plupart iraient au groupe Aeroflot, qui, outre la société principale basée à Moscou, comprend Rossiya à Saint-Pétersbourg et Podeda, la compagnie aérienne à bas prix opérant à partir de l’aéroport Vnoukovo à Moscou.

Relance de l’approvisionnement national

Les sanctions contre la Russie ont rendu indisponibles le MC-21-300 alimenté par des moteurs Pratt & Whitney PW1400G. De fait, l’avion sera livré avec des moteurs russes UEC PD-14.

Le nouveau moteur russe United Engine Corporation UEC PD-14 doit venir remplacer les moteurs Pratt & Whitney PW1400G dont la fourniture a été interrompue à l’origine par l'administration Trump, invoquant des sanctions contre les entités de défense russes. Le PD-14 est un turbofan de dernière génération, développé par la société russe UEC-Aviadvigatel pour devenir le groupe propulseur alternatif de l'avion de ligne bimoteur Irkout MC-21. Le PD-14 fut dévoilé début 2010, avec des coûts de développement de 1,1 milliard de dollars.

Le PD-14 a été développé sous le programme fédéral « Développement de l'équipement d'aviation civile en Russie en 2002-2015 », il s'agit du premier moteur civil de l'histoire de la Russie à avoir été développé avec sa nacelle.

Le moteur dispose d’une soufflante de 1,90 m de diamètre, composée de 18 pales à grande corde faites en alliage de titane. Ce diamètre de soufflante apporte un taux de dilution de 8,5 : 1, ce qui est significativement plus important que sur les moteurs russes précédents, mais toujours légèrement en-dessous des taux de 10 : 1 obtenus par le CFM LEAP-1A ou de 12 : 1 par le PW1400G de Pratt & Whitney. Ce dernier est le moteur de base sélectionné par Irkout pour équiper le MC-21 à son entrée en service.  Parmi les éléments modernes intégrés sur le moteur, on trouve des générateurs de tourbillons aérodynamiques tridimensionnels dans les chambres de combustion et des aubes de turbines en matériau monocristallin. De même, le carénage entourant le moteur ainsi que sa nacelle étant constitués à 65 % de matériaux composites.

Lancement du SSJ-100 NEW

De son côté, Sukhoi prépare activement une nouvelle version de son SuperJet SSJ-100, le SSJ-NEW qui sera équipé de moteurs UEC PD-8 russes, plutôt que le Powerjet SaM146 résultant d'un projet commun avec le motoriste français Safran.

United Engine Corporation (UEC) a terminé avec succès le programme d'essais au banc du premier prototype du moteur PD-8 en mai dernier. Les tests ont confirmé que le moteur et ses systèmes peuvent fonctionner selon les paramètres de base définis dans les termes de référence et que les solutions de conception utilisées dans le produit sont correctes. Les ingénieurs ont effectué le nombre nécessaire d'essais pour enregistrer les paramètres de base du moteur dans tous les modes de fonctionnement, du mode « ralenti » au mode « plein gaz ». Le moteur PD-8 tire largement parti de l'expertise acquise lors du travail sur le moteur PD-14 son grand frère.

De fait, la nouvelle version sera fabriquée avec 95% de composants fabriqués en Russie. Outre la réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers, l'idée est de rendre l'avion moins cher et donc plus attractif pour les opérateurs régionaux. La certification de type de la nouvelle version serait prévue pour 2023, les premières livraisons aux compagnies aériennes ayant lieu en 2024.

Concernant les aménagements intérieurs des appareils, les équipementiers russes ont également commencé à fabriquer des intérieurs pour les différents modèles d’avions, qui remplaceront ceux précédemment expédiés du Royaume-Uni et des États-Unis et d’Italie.

UAC travaille également à l’exportation en visant différents marchés comme l’Asie, l’Amérique Latines, l’Afrique et le Moyen-Orient. Pour le groupe russe, la nouvelle gamme d’avions de ligne représente une alternative aux aéronefs Occidentaux, tant du point de vue du prix que de la dépendance politique.

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Photos : 1 SSJ100 2 MC-21 @ UAC

14/06/2022

Activation d’un escadron de F-35 Aggressors !

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L’utilisation d’avions de combat Lockheed Martin F-35 « Lightning II » au sein d’une unité dite « Aggressor » est une réalité. Je vous en avais parlé en 2019 déjà.

Le 9 juin dernier, lors d’une cérémonie l’US Air Force activé le 65th Agressor Squadron (AGRS) au sein du 57th Wing sur la base aérienne de Nellis dans le Nevada. L’unité va exploiter des Lockheed Martin F-35A « Lightning II » dans le rôle d’entraînement au combat aérien de type « Red Air ». L’objectif étant d’entraîner le combat aérien dissemblable et d'évaluer et de développer de nouvelles tactiques. Pour ce faire,

Le 65th Squadron devra ainsi soutenir plusieurs activités telles que les exercices d’entraînement conjoints, des missions de formation de l’école d’armes de l’USAF, des programmes d’essais et d’évaluation opérationnels.

Rappel

La décision d’utiliser des F-35A de première génération au rôle d’adversaire a été prise en 2019, dans le cadre d’un programme global visant à améliorer les tactiques de combat en raison des menaces croissantes de cinquième génération de chasseurs en provenance de Chine, telles que le Chengdu J-20 et, dans une moindre mesure, le Su-57 russe. Cela a déjà impliqué l’utilisation de F-22 et F-35 de première ligne réguliers pour jouer le rôle de « l’ennemi » et à certaines occasions a attiré les rescapés de la flotte secrète de Lockheed Martin F-117 « Nighthawk » pour fournir des cibles furtives.

Développer la guerre en réseau  

L'utilisation de F-35 furtifs permettra au 65ème AGRS de reproduire des tactiques et des capacités d'adversaires potentiels de la cinquième génération. Il s’agit d’une réponse directe au développement des aéronefs adverses comme les J-20 et J-31 chinois et le Su-57 russe. En parallèle, les futures tactiques devront pouvoir s’appliquer de manière étendue face à la prochaine prolifération d’avions de 5ème et 6 ème générations. L’utilisation du F-35 permettra de jouer avec la signature afin de familiariser les pilotes avec ce type de réaction. De l’autre, les adversaires du F-35 devront faire face aux capacités de leurrage de leurs capteurs. Sans oublier les réactions de rapidités offertes grâce au capacités de guerre en réseau. 

Pour l’USAF, c’est une préparation nécessaire à la profonde révolution du combat aérien qui se prépare. Lors de précédents exercices « Red Flag », le F-35 a démontré le changement de paradygme du combat moderne avec des taux de létalités extrême dépassant parfois le 20 contre 1 face à différents adversaires de 4ème et 4++ génération, y compris des aéronefs européens. L’apport du F-35 à jouer le « rôle du méchant » offre ainsi une importante plus-value.

L’US Air Force veut de part cette décision accentuer la formation de ses unités, tant dans la continuité du combat aérien traditionnel qu’en direction de la guerre en réseau et de la furtivité. On peut reconnaitre ici que l’US Air Force prend très au sérieux la menace posée par les adversaires au cours de la prochaine décennie et que la mission de l'agresseur est absolument essentielle pour y faire face.

 « L’utilisation du F-35 comme agresseur permet aux pilotes de s’entraîner contre des menaces peu observables similaires à celles que les adversaires développent », a déclaré le colonel Scott Mills, commandant du 57th Wings.

Quel avenir pour les unités « Aggressors » ?

Si l’usage d’anciens aéronefs pour former des unités simulant l’ennemi est d’actualité, leurs avenirs pourraient être remis en question dans un proche avenir. L’intérêt aujourd’hui de l’USAF est de travailler dans l’interopérabilité entre ses flottes de 4 ème et 5 ème génération. Très bientôt, nombreux seront les Forces aériennes qui disposeront d’une flotte unique de F-35. Ce dernier permet non seulement un entraînement via le simulateur au sol, mais l’avion dispose de son propre programme interne de simulation. Un pilote peu très simplement s’envoler et activer ce dernier qui lui fournira des scénarii à jour en ce qui concerne n’importe quelles menaces combinées (avions, drones, défense sol-air) et ceci dans un vol bien réel. Là, encore c’est une révolution directement issue de la 5 ème génération qui se profile, avec comme résultat une suppression plus rapide des anciennes flottes. A voir, si l’avenir sera constitué de flottes « Aggressors » spécifiques de 5 & 6 générations ?  

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Photos : F-35A du 65th Aggressor Squadron @ USAF             

Des Hornet suisses à Ocean Hit 22 !

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Dans le cadre d’un exercice aérien international en France, des avions de combat Boeing F/A-18 C/D « Hornet » des Forces aériennes suisses participent à l’exercice Ocean Hit 22 sur la base aérienne navale de Landivisiau en Bretagne. L’exercice est 13 au 24 juin.

Nos pilotes s’entraîneront en collaborations avec  les armées de l'air française, grecque, britannique ainsi que de la marine nationale. Le but est d'entraîner des scénarios complexes de défense aérienne.


OCEAN HIT 2022

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Est un exercice interallié majeur de préparation opérationnelle au combat de haute intensité. OCEAN HIT 2022 est organisé par le groupe aérien embarqué (GAé) sur la façade Atlantique avec le concours de navires de la Marine nationale, de troupes de l’armée de terre et d’aéronefs des forces aériennes suisses, grecques, britanniques et françaises. Il vise à renforcer la capacité d’intervention en coalition depuis la mer vers la terre, la protection d’une force navale et le support aux troupes au sol, dans un contexte d’affrontement face à des menaces aux capacités similaires. Les forces en présence s’entraineront à la mise en œuvre d’armement réel en mer, après avoir franchi les défenses ennemies constituées d’aéronefs et de systèmes surface air modernes.  Durant deux semaines, soutenus par un ravitailleur A330 MRTT et un avion de contrôle avancé E-3F, des F-18, F-16, F-35, Rafale Air, Mirage 2000, hélicoptères Caïman et avions de type Atlantique 2 combattront aux côtés des Rafale Marine et E-2C du GAé. Afin de préparer les opérations depuis le porte-avions Charles de Gaulle, un des enjeux de l’exercice résidera dans la capacité à travailler depuis différentes bases de départ, dans un environnement rendu complexe par les capacités de renseignement et d’interception CYBER de l’ennemi. Une partie des aéronefs participant à l’exercice sera ainsi déployée sur la base d’aéronautique navale de Landivisiau, d’autres interviendront directement depuis leurs bases respectives. (Source Marine Nationale).

Photos : Forces aériennes suisses & Marine nationale