25/03/2020

Boeing prépare le redémarrage du B737 MAX !

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L’avionneur américain s’active malgré la crise du Coronavirus en vue du redémarrage de la production du B737 MAX en mai prochain. En parallèle, il s’agit également de mettre à jour les dizaines d’avions déjà produit qui attendent au sol.

Reprise en main du « MAX » :

Hormis le profond problème du MCAS qui a causé deux accidents mortels, Boeing a effectué un audit interne en décembre dernier pour déterminer si, il existait d’autres problèmes sur le « MAX ».  

Parmi les problèmes les plus urgents découverts figuraient des problèmes non signalés auparavant concernant le câblage qui permet de contrôler la queue du Max. La société cherche à savoir si deux faisceaux de câbles critiques sont trop proches l'un de l'autre et pourraient provoquer un court-circuit. Un court-circuit dans cette zone pourrait entraîner un crash si les pilotes ne répondaient pas correctement. Depuis, un correctif a été mis en place pour corriger le problème. A noter que ce problème n’est pas spécifique au « MAX » ni à Boeing.

Boeing a également récemment déclaré à la FAA qu'il avait découvert un problème de fabrication qui rendait les moteurs de l'avion vulnérables à la foudre.

Lors de l’assemblage du « MAX » les ouvriers ont rabattu la coque extérieure d’un panneau qui se trouve au sommet du carter du moteur afin d’assurer un meilleur ajustement dans l’avion. Ce faisant, ils ont enlevé par inadvertance le revêtement qui isole le panneau d'un coup de foudre, retirant une protection cruciale pour le réservoir de carburant et les conduites de carburant. Un correctif a été mis en place afin de rétablir la protection contre la foudre sur le panneau moteur et Boeing est déjà en train de résoudre le problème.

Une planification complexe :

Le calendrier de relance du « MAX » dépend de deux facteurs importants : la situation sur le front du COVID-19 et les décisions de la FAA en vue d’une obtention de l’autorisation de reprendre le service.

Selon un porte-parole de Boeing, l’avionneur a pris contact avec des fournisseurs, pour les avertir de se préparer à une relance du programme.

Toujours selon Boeing, ce dernier a travaillé à réduire les inefficacités, améliorer la qualité et faciliter la rentrée de l'avion sur le marché. 

Photo : B737 MAX @ Boeing

 

24/03/2020

COVID-19, la pire des crises pour l’aviation ?

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Le secteur de l’aviation à l’habitude des crises, entre les problèmes d’approvisionnement pour faire face à la demande des transporteurs, les problématiques du climat qui forcent le secteur à réagir vite, les mauvaises décisions engagées sur le « MAX », les crises pétrolières et financières, le terrorisme sans oublier le SRAS en 2003. Jusqu’ici, le secteur a pu rebondir. Mais la crise actuelle du COVID-19 pourrait bien avoir des effets catastrophiques pour l’ensemble des acteurs de l’aviation.

Suspension de la production :

Les deux avionneurs Airbus et Boeing ont dû prendre des mesures drastiques, Airbus réduit sa production de moitié pour l’instant et pourrait aller encore plus loin. Boeing a commencé à réduire sa production lundi et de cesser complètement ses activités le mercredi 25 mars. Les plans prévoient que la suspension durera 14 jours. En parallèle, se sont également tous les fournisseurs des deux grands avionneurs qui sont touchés par ces décisions.

Boeing appelle le gouvernement américain à fournir au moins 60 milliards de dollars d'aide aux fabricants de l'aérospatiale, tandis qu’Airbus prépare un soutien financier de l’ordre de 15 milliards d’euros pour l’instant. Les ressources de liquidité, qui s'établissaient auparavant à environ 20 milliards d'euros, comprenant environ 12 milliards d'euros d'actifs financiers et environ 8 milliards d'euros de lignes de crédit non utilisées, ont été renforcées par la conversion d'une ligne de crédit existante de 5 milliards d'euros en une nouvelle facilité s'élevant à 15 milliards d’euros. La liquidité disponible s'élève désormais à environ 30 milliards d'euros.

Les acteurs en perditions :

Les aéroports, les services de maintenance aviation, le tourisme (hôtel, voyagistes, sites de réservations, ainsi que les indépendants qui gravitent dans ce secteur) sont tous touchés de pleins fouets par la crise.

Les compagnies aériennes qui limitent au maximum les vols actuellement ne pourront pas tenir très longtemps, on parle de deux mois maximums et après ? Certains tiendront plus longtemps que d’autres, c’est là que la solidarité doit entrer en jeu.

Il faut donc s’attendre à ce que certains acteurs limitent leur développement après la crise. Gèle des embauches et d’ouverture de ligne par exemple. Il est fort possible que nous assistions à une nouvelle réorganisation du secteur aérien, comprenez par là des faillites et des rachats.

Pour autant, cette crise sera vaincue grâce au transport aérien. Le transport du fret continue d’œuvrer aux échanges et à l’approvisionnement des pays en nourriture, mais également en matériels médicaux. Les pays les moins touchés mettent à disposition des médecins, infirmières et ceux-ci arrivent rapidement grâce à l’avion justement. Le secteur de l’aviation bien que très touché, continue de jouer son rôle de « pont » entre les sociétés. Il ne faudra pas l’oublier.

L'aviation est un élément essentiel de l'économie mondiale et de la structure sociale et une fois l'urgence passée, la demande reviendra. Entre-temps, il y aura des victimes, en termes d'entreprises et d'emplois et, surtout, de personnes, mais l'aviation est un secteur très flexible et adaptable et pourra redémarrer une grande partie de son activité. Mais il lui faudra un sérieux coup demain. 

Préparer le redémarrage :

Le redémarrage ne se fera pas du jour au lendemain, des aides seront à prévoir pour l’ensemble du secteur. Comme je l’expliquais dans un article précédent, les transporteurs seront d’abord sollicités pour la demande des vols intérieurs et seulement plus tard pour les vols intercontinentaux. Ces derniers reprendront pleinement leurs droits une fois la crise terminée. Laissez tomber le secteur de l’aviation serait très grave pour l’ensemble de l’économie mondiale, car sans elle il sera impossible d’assurer le redémarrage du commerce mondial.

L’avenir sera difficile pour tous les secteurs, nous devrons revoir les dysfonctionnements de notre société qui se trouve particulièrement fragilisée en cas de pandémie. A ce cela, s’ajoute, les problèmes du climat, de la surpopulation, des énergies et des conflits avenirs qui en découleront. L’homme à encore du pain sur la planche.

 

23/03/2020

Le nouveau brouilleur du Growler bientôt prêt !

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Les ingénieurs de l'US Navy Naval Air Systems Command travaillent aux essais de la nouvelle nacelle de guerre électronique destinée aux avions de combat EA-18G « Growler ». Le nouveau système de la prochaine génération Jammer Mid-Band (NGJ-MB) donne d’excellents résultats.

Les éléments qui composent la nacelle NGJ-MB Engineering Development Model (EDM), développés par la société Raytheon à El Segundo, en Californie, ont effectué plus de 400 heures de fonctionnalités de base, de collecte de données sur les effets environnementaux électromagnétiques (E3) et de tests de performance sur une période de trois mois. Des essais en chambre anéchoïque au sein du centre de combat et d'évaluation environnementale d'Air Combat. Naval Air Station Patuxent River sont bientôt terminés. Les données saisies au cours de cette période ont également fourni des leçons qui profiteront à l'ensemble du programme de test NGJ-MB.

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La seconde phase d’essais va ainsi pouvoir débuter prochainement en vol au sein de l'Escadron d'essai et d'évaluation en vol (VX) 23 ce printemps. Les tests et l’intégration de la NGJ-MB sur l’EA-18G fait partie de la mise à niveau des avions de combat « Growler » Block 2. La nouvelle nacelle remplacera l'actuel système de brouillage tactique AN/ALQ-99 (TJS) qui remonte à la fin de la guerre du Vietnam.

L’AN/ALQ-249 « NGJ-MB » :

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L’AN/ALQ-249 « NGJ-MB » est un système d'arme d'attaque électronique aéroporté de grande capacité et à puissance élevée destiné à l'EA-18G « Growler ». La solution NGJ-MB de Raytheon fournira des capacités innovantes d'attaque et de brouillage électroniques aéroportées. L’architecture et la conception du NGJ-MB de Raytheon incluent la capacité de fonctionner à une portée considérablement améliorée, d’attaquer plusieurs cibles simultanément et de faire appel à des techniques de brouillage avancées. La technologie peut également être adaptée à d'autres missions et plateformes. La nouvelle nacelle de brouillage devra faire face à des menaces de plus en plus complexes qui exigent que les attaques électroniques aériennes soient plus sophistiquées que jamais, offrant une précision, une puissance, une vitesse de réaction et une directivité accrue.

Construits avec une combinaison de techniques de brouillage de faisceau agiles et de haute puissance, ainsi que d’électronique à semi-conducteurs à la pointe de la technologie l’ALQ-249 NGJ-MB offrira une architecture de systèmes ouverts économique pour les futures mises à niveau.

Fonctionnant dans la bande de fréquences de 509 MHz à 18 GHz, le NGJ est développée sous la forme de trois capacités distinctes, comprenant LB, la bande moyenne (MB) et la bande haute (HB). NGJ-LB (également connu sous le nom de bloc / incrément 2), NGJ-MB (bloc / incrément 1) et NGJ-HB (bloc / incrément 3) sont spécifiquement dirigés contre la bande basse fréquence (100 MHz à 2 GHz), moyen, (2 GHz à 6 GHz) et sections à large bande (6 GHz à 18 GHz) du spectre de la menace globale.

L’AN/ALQ-249 est un système monté dans une nacelle qui intègre les technologies numériques, logicielles et à réseaux à balayage électronique (AESA) afin de créer une capacité EA améliorée capable de perturber et de dégrader émetteurs radar et de communications hostiles. La nouvelle nacelle permettra de traiter les zones de mission de frappe en profondeur et le brouillage, le soutien de la guerre maritime, soutien au combat rapproché, guerre irrégulière communications et cibles avec armes non conventionnelles et air du champ de bataille. Elle pourra être utilisée également pour les opérations d'interdiction et d’escorte pénétrante.

Neutraliser les S400 russes :

Le NGJ est conçu pour brouiller et vaincre à la fois la technologie radar de surveillance qui peut alerter les défenses qu'un avion ennemi se trouve dans la zone ainsi que le radar d'engagement à haute fréquence qui permet aux défenses aériennes de cibler, suivre et détruire les avions attaquants.

Les avions de combat américains survolant la Syrie étaient à portée de missiles sol-air russes S-400 et S-300. Cette situation met en évidence l'importance de supprimer les défenses aériennes ennemies l'une des principales tactiques utilisées par les pilotes américains est le brouillage radar, la saturation des radars ennemis avec de faux signaux afin, qu'ils ne puissent pas suivre et tirer sur des avions amis. L'US Navy s'appuie aujourd’hui sur le système de brouillage ALQ-99 depuis près d'un demi-siècle. Mais les radars opposés ont gagné en capacité. Il faut impérativement un nouveau système.

Les ingénieurs de Rayhteon disent que le NGJ-MB pourra bloquer tout ce qui émet ou reçoit et la fréquence RF dans la gamme de fréquences du NGJ dont les systèmes russes S-300 et S-400. Le NGJ-MB permettra de par sa structure de s’adapter rapidement aux améliorations et aux futures menaces sol-air.

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Photos : 1 EA-18G Growler avec le NGJ-MB 2 Essais en chambre anéchoïde 3 NGJ-MB sous un Growler @ USAN

 

 

 

 

COVID-19, Airbus prend des mesures financières ! 

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Airbus a annoncé des mesures pour soutenir sa situation financière face aux défis économiques présentés par le coronavirus.

Les mesures comprennent une nouvelle facilité de crédit de 15 milliards d'euros (16,1 milliards de dollars), le retrait de sa proposition de dividende pour 2019 et la suspension du financement complémentaire des retraites, a déclaré Airbus dans un communiqué du 23 mars.

Le retrait de la proposition de dividende 2019 a une valeur de rachat de 1,4 milliard d'euros. De plus, l'avionneur retire ses prévisions pour 2020 et maintiendra ce qu'il appelle une «forte concentration sur le soutien aux clients et la livraison».

« Notre première priorité est de protéger les personnes tout en soutenant les efforts mondiaux pour freiner la propagation du coronavirus », explique le directeur général Guillaume Faury.

« Nous protégeons également nos activités pour protéger l'avenir d'Airbus et nous assurer de pouvoir reprendre des activités efficaces une fois la situation rétablie. Nous avons retiré nos prévisions pour 2020 en raison de la volatilité de la situation. Dans le même temps, nous nous engageons à garantir à tout moment la liquidité de l'entreprise par une politique de bilan prudente. Je suis convaincu qu'Airbus et le secteur aérospatial au sens large vont surmonter cette période critique. »

La nouvelle facilité de crédit de 15 milliards d'euros s'ajoute à une facilité de crédit renouvelable existante de 3 milliards d'euros. La société a identifié d'autres mesures qui pourraient être prises au fur et à mesure que la pandémie suit son cours.

Les ressources de liquidité, qui s'établissaient auparavant à environ 20 milliards d'euros, comprenant environ 12 milliards d'euros d'actifs financiers et environ 8 milliards d'euros de lignes de crédit non utilisées, ont été renforcées par la conversion d'une ligne de crédit existante de 5 milliards d'euros en une nouvelle facilité s'élevant à € 15 milliards. La liquidité disponible s'élève désormais à environ 30 milliards d'euros. (sources Airbus)

Photo : la famille Airbus d’avions de ligne

22/03/2020

Le second Tu-22M3M s’est envolé !

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Le deuxième Tupolev Tu-22M3M modernisé d’essais a effectué son vol inaugural depuis l'aérodrome de Kazan Gorbunova. Ce vol comprenait des évaluations des caractéristiques de décollage et d'atterrissage de l'avion, ainsi que d'autres vérifications des divers systèmes.

Ce second appareil modernisé dans le nouveau standard « M3M » va prochainement rejoindre le premier appareil en vue de la poursuite des vols d’essais.

Rappel :

Le premier Tupolev Tu-22 M3M avait effectué son premier vol le 28 décembre 2018. Parmi les nombreuses modifications apportées à l’avion, on notera notamment des modifications en ce qui concerne la géométrie variable, le remplacement de 80% de l’avionique par des systèmes numériques, notamment de nouveaux équipements de navigation, de communication, de ciblage et de guerre électronique, ainsi que des commandes de moteur et de carburant.

Le Tupolev Tu-22M3M : 

Les Tu-22M seront portés au standard M3M par Tupolev (UAC), ils seront munis de nouveaux équipements. Le Tu-22 modernisé au standard « M3M » démultiplie les performances opérationnelles de l'appareil, avec notamment de nouveaux équipements électroniques, moyens de liaison et une avionique modernisée.

Selon les renseignements disponibles, les avions modernisés seront équipés du missile X-32 (Kh-32) de la prochaine génération, qui est actuellement en cours de développement sur la base du X-22 (Kh-22), avec de nombreuses améliorations comme la portée accrue jusqu'à 1000 km et une vitesse jusqu'à 5 Mach en phase terminale. Ce missile devrait entrer en service en 2020. L’avion emporte également les nouveaux missiles Kh-55 avec une ogive explosive ou à fragmentation élevée d’un poids de 350-400 kg. Le Tu-22M3M peut également transporter le missile aéro-balistique Rhaduga Kh-15. Le bombardier sera capable de transporter jusqu'à trois missiles Kh-32 ou 12 Kh-15. Les Kh-15 et Kh-32 peuvent également être équipés d'ogives nucléaires ou conventionnelles. Doté de réservoirs plus gros, le Tu-22M3M sera capable d’emporter ses missiles de croisière sur 2’410 kilomètres. Le nouveau bombardier devrait entrer en service dans l'armée de l'air russe d'ici 2021. La Russie prévoit de transformer jusqu'à 30 Tu-22 en version plus avancée, Tu-22M3M.

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Photos : 1 Tu-22 M3M lors de son premier vol  2 Tu-22M @ Rostec